Dans un scenario d’un rare mauvais goût, indiscutablement classable dans les pires machins de l’histoire du cinéma, on a ici un mitraillage ininterrompu d’inepties, d’invraisemblances et de lourdeurs qui auraient pu supposer de la pitrerie au début, même bien épaisse, mais qui ambitionne pourtant bel et bien le genre western je crois. Sans aucune exagération, on a environ une incohérence par plan et une ânerie grasse par phrase éructée. Cette ennuyeuse fanfaronnade de 1979 nous fait supporter le dur quotidien d’un ramassis de sombres brutes bourrées et salaces qui négocient joyeusement les massacres des castors et de la nature, ça c’est pour représenter la glorieuse Amérique civilisatrice des trappeurs ; aux prises avec ces crapules d’Indiens, bons américains caricaturalement grimés, faut pas déconner, bruyants, violeurs, voleurs, maladroits, assassins, sourds et aveugles dans la nature, sauf les quelques femmes et intellos qui veulent bien partager la crasse alcoolisée des Blancs, of course.
1h40 d’affligeances sémantiques et de combats de crabes où se font dézinguer dans la désinvolture Indiens et animaux, sous une musique de cartoon violonisée et d’édifiantes farces sentimentales, ce poncif du western bouffon agglutine à chaque scène les incohérences circonstancielles, sous un pseudo-humour modèle 15 tonnes dont chaque tirade m’a rappelé les beuveries bovinées les plus primaires de mon service militaire. On ne peut même pas parler de sensibilité éculée car même dans les années 70 j’ai du mal à imaginer pareille daube. Après Ben Hur, Soleil vert ou a La planète des Singes, comment Charlton Heston a-t-il pu accepter un truc aussi ridicule ?