Un documentaire d'animation terriblement émouvant et surtout en alternance entre la poésie des images et le réalisme cru de cette guerre... Racontant a travers les dessins sa propre histoire et celle de ses camarades , le scénario est un recueil de témoignages recrées grâce a l'animation , et en moments de doutes , de gloires ou de destruction , l'histoire retrace avec une précision glaçante mais ultra réaliste ce qu'a été la guerre du Liban , un massacre inhumain pour tous... Niveau voix , tous les personnages sont réels et ont donc les voix des vrais personnes donnent un côté totalement sincère , et les hésitations nous font sortir de la poésie visuelle pour rentrer dans le concret , une alternance vocale et visuelle très réussi ! Dans sa mise en scène , Ari Folman a voulu rajouter un degré d'art et de rêve dans ses récits biographiques , a travers des scènes de rêves ou des ralentis au style vraiment beau . Un très beau film , de l'animation sincère , poétique et surtout qui nous enseigne une vérité sur un conflit méconnu .
Une oeuvre forte, dure, indispensable, sur l'un des épisodes les plus dramatiques de l'histoire récente du Proche-Orient. Les dessins sont d'une beauté sublime, parfaitement accompagnés par une voix-off qui apporte une plus-value incontestable au film, à l'image de "Persepolis", avec lequel on ne peut éviter la comparaison. Résolument plus dur, l'humour étant absent du récit, "Valse avec Bachir" est tout aussi violent dans la dénonciation politique, ici du rôle joué par l'armée israëlienne lors du massacre de Sabra et Chatilla. Brillant.
Si il souffre de quelques lenteurs (ça s'est pour la toute petite ombre au tableau), Valse avec Bachir permet au réalisateur Ari Folman d'exorciser ses démons. Le réalisateur nous livre une partie enfouie de son passé, la guerre du Liban et plus précisément, les massacres de Sabra et Chatila. Un sujet fort et poignant pour un film magnifique, tant sur le plan de la narration que sur celui de l'animation. Le film est emprunt de poésie malgré les souvenirs dramatiques qui s'enchaînent. Une poésie parfois belle, souvent désabusée, dans les images, dans les scènes, renforcée par cette animation qui semble détacher l'ensemble d'une réalité trop dure à supporter. En lui même, Valse avec Bachir résonne comme un rêve, un cauchemar qu'Ari Folman essaie de recomposer tout en nous montrant l'atrocité de la guerre, les cicatrices et le déni qu'elle engendre, le tout sans oublier l'Histoire, aussi dégueulasse soit-elle. Et finalement, au terme de cette plongée, de cette quête du souvenir, comme un coup de poing en pleine poitrine, la réalité, l'acceptation. Voilà un film autobiographique à l'échelle Humaine, une oeuvre forte, sensible et intelligente qui ne se veut pas un documentaire sur la guerre du Liban mais qui met en lumière des évènements passés sans cesse rattachés au présent. Encore une fois, magnifique.
Contrairement à beaucoup de personnes, l'esthétique du film m'a énormément plu, pas que ça ne m'a pas gêné pour la suite, j'ai vraiment trouvé le dessin beau. Le genre est plutôt innovant, un film-documentaire animé parlant de la guerre, de ses troubles avec surréalisme et parfois humour. Le film est plus qu'un documentaire, c'est un récit autobiographique, avec une trame, du suspens et un but. Celui d'une personne qui veut retrouver "sa mémoire". Le film aborde ses sujets toujours avec justesse et délicatesse par ses dialogues simple et naturel, le côté documentaire. Chaque rencontre que fait le héros sont teintés de mystères et sont illustrés pour offrir des moments humainement affreux, celle en mer par exemple ou celle de la valse, terrible et poétique à la fois. Il est clair que le choix du documentaire animé est judicieux car il permet d'illustrer les récits des interviewés et d'y peindre une couche de romance et de surréalisme. Certaine répliques m'ont fait rire et désemparer par leur absurdité : "Tir". "Mais on ne devrais pas prier ?". "Alors prie et tir". Ce film a été une véritable et originale découverte pour moi, je le conseille vivement à tous.
Dommage que le dessin soit aussi moche et rende le film particulièrement mou, car tout le reste est plutôt bon, le sujet intéressant, et le dessin plutôt joli.
Un sommum d'intelligence et d'animation ! Un chef d'oeuvre humaniste et dérangeant ! Je ne vais pas m'étendre,mais ce film,humain,atteint parfois des pures moments de grâce ! De plus,il ne tombe pas dans la prétention ou dans l'intellectualisme fermé : abordable,impressionnant,grandiose.Un grand film,engagé et sensible !
Très orginal. Un mélange entre un film d'animation, un film de guerre et un documentaire. Une quête de la vérité intérieure par le réalisateur et personnage principal du mal qui nous amènera à découvrir sa jeunesse au début de la guerre du Liban. Enfin, les dernières images sont vraiment terribles et résument bien ce qui c'est passé. Montrer l'horreur de la guerre par des dessins n'est pas chose aisée mais ici c'est très réussi. En plus, les doublages sont excellent.
Tout comme les nombreux morceaux de chants de soldats façon musique de teuf venant se heurter à des quasi pantomimes (impression qu'ils viennent se cogner à la guerre)... on plonge dans "La valse de Bachir", comme dans un espace-temps au ralenti, ultra fictif, explosé et contrecarré par une BO déchirante et bien réelle. Comme si, et c'est là où Folman gagne, tout, y compris le présent, n'était qu'un rêve halluciné. Un mariage (parfois un divorce) formidable entre le son et la dépouille esthétique et symbolique des corps qui rendent le tout parfaitement machinal, dépressif, primaire.