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5,0
Publiée le 10 juin 2026
Avec Valse avec Bachir, Ari Folman transforme l’enquête autobiographique en une exploration vertigineuse de la mémoire, du traumatisme et de la culpabilité collective. Le choix de l’animation ne crée jamais de distance avec la réalité ; il permet au contraire de pénétrer au plus près des souvenirs fragmentés, des cauchemars et des zones d’ombre laissées par la guerre. Chaque séquence possède une force visuelle hypnotique, oscillant entre rêve et documentaire, jusqu’à faire ressentir physiquement la confusion mentale du narrateur. Folman interroge avec une honnêteté rare les mécanismes de l’oubli et de l’autoprotection, sans jamais chercher à se dérober aux implications morales de son récit. Une œuvre d’une puissance émotionnelle et politique exceptionnelle, dont le dernier mouvement demeure l’un des plus bouleversants et saisissants du cinéma contemporain.
Le récit, construit comme une enquête intérieure, mêle témoignages, rêves et réminiscences dans une progression presque hypnotique. Peu à peu, le film dévoile non seulement un passé enfoui, mais aussi la manière dont l’esprit humain se protège de l’horreur en la refoulant. Cette dimension psychanalytique donne au film une profondeur rare, transformant le récit individuel en réflexion universelle sur la culpabilité, la responsabilité et la mémoire collective.
Le metteur en scène israélien Ari Folman s’inspire de ses propres souvenirs et de témoignages pour livrer ce documentaire animé revenant sur la guerre au Liban. Formidable travail de mémoire autant que de psychanalyse « Valse avec Bachir » est une œuvre sincère et percutante ainsi qu’un véritable brulot anti-guerre par sa mise en avant de l’absurde du conflit armée.
J'ai eu beaucoup de mal avec ce film dont le propos est long à devenir compréhensible. Pendant toute la première moitié, j'ai eu présente à l'esprit cette réplique de La Grande Vadrouille : "Ach, la guerre Gross Malheur !", tant je trouvais long ce temps passé sur les traumatismes de ceux qui protégèrent et facilitèrent - même malgré eux - un épouvantable massacre. Il faut donc se forcer, supporter une animation assez pauvre à mon sens, pour aller au bout et commencer à ressentir un peu d'empathie pour les antagonistes. Film discutable, aux intentions sans doute louables mais au développement bancal. Finalement, sa force sera peut-être d'obliger les plus jeunes spectateurs à se replonger dans l'histoire compliquée d'un Liban dont le monde n'a pas supporté l'originalité et sa qualité de vivre ensemble.
Reflet et récit des guerre qui ravage les humains qui vivent en Israël, cette campagne si difficile est sensibilisée par des dessins qui interpellent le téléspectateur à chercher l'émotion via le coup de crayon. Magnifique
Valse avec Bachir est un film très beau mais très dur. L'animation est vraiment sublime et le rythme du film nous fait bien ressentir les aléas entre moments de camaraderie entre soldats et la terreur de la guerre. Pas forcément le film le plus original sur le sujet je trouve, mais ça reste très prenant et bien réalisé, je ne peux que recommander.
Film poignant. Un homme essaye de remonter le fil de ses souvenirs de guerre enfouis. Il part à la rencontre de ceux qui étaient là aussi, à l'époque.
Une histoire que je ne connaissais pas. Un conflit dont je n'avais entendu parler que de loin. "Valse avec Bashir" m'a fait plonger petit à petit dans l'enfer de ce que c'est qu'une guerre. Il montre aussi comment les humains se protègent de l'horreur : ils mettent à distance, ils oublient.
La technique d'animation est à l'économie, on peut imaginer qu'il n'y avait pas un énorme budget. Mais l'essentiel y est : les personnages, les lieux, les actions nous emportent avec eux vers le coeur de l'enfer. Que l'animation soit réussie techniquement n'a que peu d'importance.
J'ai eu un peu peur les premières minutes du style de l'animation qui peut paraître très amateur, voire manquant de moyens, mais au final l'esthétisme et l'harmonie des couleurs nous font comprendre que tout a été voulu pour être comme cela et on passe vite au-dessus. De plus, malgré le fait que ce ne soit qu'un documentaire, avec plusieurs passages de simples entretiens, je n'ai pas vu les 90 min passer. L'intrigue est présente, ça avance vite, et j'ai trouvé que le film était très immersif, on s'attache aux personnages probablement encore plus puisque l'on sait que cela s'est vraiment produit. Pour finir, étant grand fan des films à réflexion nous montrant l'atrocité des actions humaines, les dernières images cette fois-ci d'archives font basculer le film d'animation dans le réel et la claque est encore plus grande. "Persepolis" avait mis la barre haute, "Valse avec Bachir" n'a pas a rougir !
Franchement déroutant que ce film d'animation aux allures de documentaire, alliant une virtuosité technique à un propos subtil et intelligent. L'atmosphère désabusée qui s'en dégage, encore renforcée par les plans finaux (bien réels), fait de Valse Avec Bachir une prouesse dans son genre, avec sa progression lente dans les méandres d'une mémoire traumatisée, interrogeant autant que dénonçant les horreurs de la guerre. Une œuvre à la plastique maîtrisée et en parfait accord avec le propos.
Le réalisateur israélien Ari Folman signe un long-métrage d’animation remarquable tout en étant proche du documentaire, ce qui lui vaut le César du meilleur film étranger en 2009. Il s’agit d’un long travail d’introspection du réalisateur sur son rôle au cours du massacre du camp de Sabra et Chatilla durant l'intervention militaire israélienne au Liban en 1982. A partir d’interviews réelles d'amis de l'époque ayant également participé à ces atrocités, cette œuvre interroge sur la culpabilité que chaque homme conserve après avoir été acteur d’un tel évènement. Ce parcours de psychanalyse sur la mémoire et l'oubli est mis en scène au moyen d’un graphisme sombre mais de grande qualité. L’esthétisme des images, assorti d’une bande-son enjouée, permet de créer un filtre avec la funeste réalité. Bref, une œuvre puissante dénonçant intelligemment les horreurs de la guerre.
Film d animation retraçant les souvenirs de guerre, c est excellent au plan du trait qui restitue et appuie l histoire, c est aussi un scénario intelligent et une trame restituée avec talent dans cette enquête. Une rareté, une pépite cinématographique.
En partant à la recherche de ses souvenirs dans une volonté d'éclaircir un passé traumatisant, le narrateur dévoile des scènes révélatrices non d'une réalité mais d'une vérité intime et d'images symboliques. Poignant réquisitoire acerbe contre toute guerre dont l'absurdité et l'abêtissement sont poussés jusqu'à un surréalisme burlesque, le film marque par son esthétique inspirée de la bande dessinée entre morne luminosité et rayons surnaturels. Universalisant son propos sur la nécessaire diffraction de l'être en proie à l'horreur, le réalisateur replace cependant son récit dans une réalité historique violemment illustrée par les ultimes images d'archives. Un coup de poing mémorable.
Une Œuvre d'art ! Musique, image, propos... Un sans faute. Pour quelqu'un come moi qui à parfois du mal à regarder la réalité crue de certain reportage sur ces sujets difficiles, Valse avec Bachir réussi à montrer l'horreur mais de façon détourné grâce à l'animation ( Certainement une des plus belle que j'ai jamais vu). Ainsi on supporte mieux la vision terrible de ce conflit, de ce massacre sans pour autant perdre en intensité. Cette Valse de l'horreur émeu et touche plus encore que la plupart des documentaire en image réel car bien souvent malheureusement on est habituer a voir ce genre de choses atroce en allumant la télé. Ici c'est par cette forme détourné que le film est formidable. D'autant plus grâce à sa fin qui nous confronte brutalement a la réalité avec les images d'archives. Bouleversant, j'en est mal au ventre.
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1,0
Publiée le 19 octobre 2021
De nombreux critiques ont salué l'utilisation d'une animation sombre pour examiner la réaction du réalisateur Ari Folman et d'autres soldats israéliens pendant la première guerre du Liban en se concentrant en particulier sur les massacres perpétrés contre les Palestiniens par les phalangistes dans les camps de réfugiés de Sabra et Shatilla après l'assassinat du chef charismatique des phalangistes Bashir Gemayel. Cette histoire importante n'aurait peut-être pas pu faire l'objet d'un documentaire conventionnel. Et les vrais archives filmées de cette guerre sont si minces qu'elle n'aurait probablement pas fonctionné non plus en tant que fiction...