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En 1971, âgé de 70 ans, Robert Bresson adapte pour la deuxième fois consécutivement Fiodor Dostoïevski. Après « Femme douce » (1969) ce sera « Quatre nuits d’un rêveur » tirée de « Les nuits blanches » une autre nouvelle du grand écrivain russe déjà portée à l’écran par Luchino Visconti en 1955. Le réalisateur a déjà au cours des vingt années précédentes réalisé ses films les plus importants mais il va pourtant approchant de la fin de sa carrière proposer un film d’une fraîcheur inattendue empreinte d’une forme de naïveté qui porte à penser que le cinéaste accompli et reconnu qu’est Robert Bresson laisse pour l’occasion parler le jeune homme un peu ténébreux qu’il était peut-être dans un Paris de la Belle Epoque qui respirait alors du même vent de liberté que celui qui souffle sur le Paris post mai 1968 du film . Le jeune homme d’alors se pensait peintre avant de bifurquer vers le cinématographe comme il désignait toujours le « 7ème art » qu’il concevait avant tout comme un art majeur.
Jacques (Guillaume des Forêts) est un jeune bourgeois assurément romantique, dissimulant maladroitement sa timidité derrière une prose un peu emphatique qu’il se répète en boucle, mais néanmoins ferme sur ses principes ainsi que sur les décisions qui en découlent. spoiler: En face une Marthe (Isabelle Weingarten) au romantisme plus volatile que celui de Jacques, qui un soir sur le Pont-Neuf à Paris la prend par le bras alors qu’elle se questionne sur un possible saut dans la Seine. Un suicide envisagé parce que le locataire d’une chambre de l’appartement de sa mère avec lequel elle a entamé une liaison d’un soir, ne lui a jamais donné de nouvelles après que le lendemain même il s’envolait pour une faculté aux Etats-Unis avec la promesse faite d’une liaison durable.
Robert Bresson a repris le découpage temporel de la nouvelle de Dostoïevski en quatre nuits, omettant la cinquième partie faite d’une matinée. Les deux premières voient chacun présenter à l’autre son parcours de vie. Jacques tout d’abord qui est un rêveur assez peu sûr de lui derrière une attitude un peu bourrue et parfois bravache, préférant s’inventer des aventures vénitiennes qu’il enregistre sur son magnétophone ou peindre des toiles un peu convenues pour concrétiser son passage aux Beaux-Arts. Marthe vivant en promiscuité avec sa mère s’interroge de manière plus concrète sur son avenir d’où son obsession à vouloir convaincre à toute force son amoureux éphémère de l’emmener avec lui en Amérique.
En somme deux jeunes de l’après 1968 comme le montre avec une affection sincère et touchante un Robert Bresson pourtant venu d’un autre temps, filmant les groupes de folk ou de musique brésilienne saisis en pleine rue alors que passent les bateaux mouches illuminant les rebords de Seine. spoiler: La quatrième nuit est celle d’une idylle en train de poindre timidement entre deux tempéraments plutôt opposés et fortuitement unis pour un court moment après leur rencontre « extraordinaire » sur le Pont-Neuf. Deux êtres traversant ce passage indéfini entre l’adolescence et l’âge adulte et qui vont reprendre sans trop de dommage la quête solitaire de leurs véritables désirs.
Un ton primesautier nimbe ces « quatre nuits d’un rêveur » montrant à ses fidèles comme à ses détracteurs que le rigoriste parfois taciturne qu’était Robert Bresson pouvait aussi se laisser aller à imprimer la relation amoureuse sur la pellicule de son « cinématographe » à travers une histoire somme toute banale mais très joliment rendue avec en sus une touche de sensualité tout aussi délicate et réussie que surprenante.
Jacques (Guillaume des Forêts) est un jeune bourgeois assurément romantique, dissimulant maladroitement sa timidité derrière une prose un peu emphatique qu’il se répète en boucle, mais néanmoins ferme sur ses principes ainsi que sur les décisions qui en découlent. spoiler: En face une Marthe (Isabelle Weingarten) au romantisme plus volatile que celui de Jacques, qui un soir sur le Pont-Neuf à Paris la prend par le bras alors qu’elle se questionne sur un possible saut dans la Seine. Un suicide envisagé parce que le locataire d’une chambre de l’appartement de sa mère avec lequel elle a entamé une liaison d’un soir, ne lui a jamais donné de nouvelles après que le lendemain même il s’envolait pour une faculté aux Etats-Unis avec la promesse faite d’une liaison durable.
Robert Bresson a repris le découpage temporel de la nouvelle de Dostoïevski en quatre nuits, omettant la cinquième partie faite d’une matinée. Les deux premières voient chacun présenter à l’autre son parcours de vie. Jacques tout d’abord qui est un rêveur assez peu sûr de lui derrière une attitude un peu bourrue et parfois bravache, préférant s’inventer des aventures vénitiennes qu’il enregistre sur son magnétophone ou peindre des toiles un peu convenues pour concrétiser son passage aux Beaux-Arts. Marthe vivant en promiscuité avec sa mère s’interroge de manière plus concrète sur son avenir d’où son obsession à vouloir convaincre à toute force son amoureux éphémère de l’emmener avec lui en Amérique.
En somme deux jeunes de l’après 1968 comme le montre avec une affection sincère et touchante un Robert Bresson pourtant venu d’un autre temps, filmant les groupes de folk ou de musique brésilienne saisis en pleine rue alors que passent les bateaux mouches illuminant les rebords de Seine. spoiler: La quatrième nuit est celle d’une idylle en train de poindre timidement entre deux tempéraments plutôt opposés et fortuitement unis pour un court moment après leur rencontre « extraordinaire » sur le Pont-Neuf. Deux êtres traversant ce passage indéfini entre l’adolescence et l’âge adulte et qui vont reprendre sans trop de dommage la quête solitaire de leurs véritables désirs.
Un ton primesautier nimbe ces « quatre nuits d’un rêveur » montrant à ses fidèles comme à ses détracteurs que le rigoriste parfois taciturne qu’était Robert Bresson pouvait aussi se laisser aller à imprimer la relation amoureuse sur la pellicule de son « cinématographe » à travers une histoire somme toute banale mais très joliment rendue avec en sus une touche de sensualité tout aussi délicate et réussie que surprenante.
Réadaptation du classique de Dostoieveski : « Les nuits blanches », Bresson se détache de toutes les similitudes au livre, afin de nous offrir ses 4 nuits où un amour aurait pu naître. Malheureusement, le surplus de flashback et la monotonie du jeu du tandem d’acteurs enlève toute la féerie et l’onirisme du classique russe.
Mon premier Bresson.
J’ai mis du temps à entrer dans le film, à en saisir le rythme, le vide apparent.
Mais c’est l’après qui frappe.
Les scènes, d’abord anodines, reviennent comme des fantômes silencieux…
Et sans prévenir, le film vous rattrape.
Ce que je croyais froid, distant, sans émotion, s’est logé quelque part en moi,
et m’a assommé bien après la dernière image.
J’ai mis du temps à entrer dans le film, à en saisir le rythme, le vide apparent.
Mais c’est l’après qui frappe.
Les scènes, d’abord anodines, reviennent comme des fantômes silencieux…
Et sans prévenir, le film vous rattrape.
Ce que je croyais froid, distant, sans émotion, s’est logé quelque part en moi,
et m’a assommé bien après la dernière image.
Fidèle à lui-même, Robert Bresson livre avec « Quatre nuits d'un rêveur » un film déconcertant, qui n'a pas très bien vieilli. Nombreux furent les rires gênés dans la salle, moqueurs ou exaspérés, face à ce style ampoulé et kitsch au possible...
Le non-jeu des acteurs, ces dialogues réduits à leur simple fonctionnalité, ce fétichisme des mains et des pieds, malaisant quand on regarde ces êtres humains ramenés à des poupées monocordes face à ce cinéaste démiurge, la femme presque réduite à un objet, cette masculinité passablement toxique... Il y a beaucoup de choses à dire de ce film, et pas forcément en bien...
Pour autant, comme toujours chez Bresson, il y a des passages renversants. Brefs, mais inoubliables. Comme ces vues de Paris, la nuit, de la Seine, des quais et des bateaux qui s'élancent dans l'obscurité, absolument sublimes. Ou encore ces gestes gracieux, captés par une caméra maniériste. Ou bien sûr, cette adaptation intelligente de la nouvelle de Dostoïevski, dont Bresson garde les différents degrés de lecture, l'immense tristesse, l'humour amer et la grande cruauté.
Bresson s'aventure aussi à dépeindre ses contemporains, entre joueurs de bossa nova et hippies musiciens. Tout en manifestant aussi son attrait pour la peinture moderne, lui qui rêvait d'un cinéma moderne, presque abstrait. Le tout fait parfois un peu composite, et s'éparpille un peu trop, multipliant les moments bancals. Mais mis bout-à-bout, cela en fait une œuvre témoin d'une époque révolue.
A mon sens, avec « Une femme douce », « Quatre nuits d'un rêveur » figure dans le ventre mou de la filmographie tardive de Robert Bresson. Il s'essaie à la couleur sans toujours en tirer grand-chose, et livre des films intéressants, mais inégaux. Avec « Lancelot du Lac », il nous offrira un film là encore très décrié, mais que j'ai beaucoup aimé. Et ses deux derniers longs métrages, « Le Diable probablement » et « L'Argent », le verront asseoir sa maîtrise du cinématographe, avec deux œuvres sombres et puissantes.
Pour autant, la ressortie en salles (et sans doute bientôt en support physique) de « Quatre nuits d'un rêveur » est bien un petit événement cinématographique. Petit car ce n'est pas l'un des meilleurs films de Bresson, mais événement, car il était introuvable depuis plusieurs dizaines d'années, et parce qu’il constitue un des chaînons manquants de sa filmographie, dans cette transition vers la couleur. Tout en reprenant l'une de ses influences majeures : l'écrivain tourmenté Fiodor Dostoïevski, dont il avait déjà adapté « Crime et Châtiment » pour son chef-d’œuvre « Pickpocket », et la nouvelle « Une femme douce ».
Le non-jeu des acteurs, ces dialogues réduits à leur simple fonctionnalité, ce fétichisme des mains et des pieds, malaisant quand on regarde ces êtres humains ramenés à des poupées monocordes face à ce cinéaste démiurge, la femme presque réduite à un objet, cette masculinité passablement toxique... Il y a beaucoup de choses à dire de ce film, et pas forcément en bien...
Pour autant, comme toujours chez Bresson, il y a des passages renversants. Brefs, mais inoubliables. Comme ces vues de Paris, la nuit, de la Seine, des quais et des bateaux qui s'élancent dans l'obscurité, absolument sublimes. Ou encore ces gestes gracieux, captés par une caméra maniériste. Ou bien sûr, cette adaptation intelligente de la nouvelle de Dostoïevski, dont Bresson garde les différents degrés de lecture, l'immense tristesse, l'humour amer et la grande cruauté.
Bresson s'aventure aussi à dépeindre ses contemporains, entre joueurs de bossa nova et hippies musiciens. Tout en manifestant aussi son attrait pour la peinture moderne, lui qui rêvait d'un cinéma moderne, presque abstrait. Le tout fait parfois un peu composite, et s'éparpille un peu trop, multipliant les moments bancals. Mais mis bout-à-bout, cela en fait une œuvre témoin d'une époque révolue.
A mon sens, avec « Une femme douce », « Quatre nuits d'un rêveur » figure dans le ventre mou de la filmographie tardive de Robert Bresson. Il s'essaie à la couleur sans toujours en tirer grand-chose, et livre des films intéressants, mais inégaux. Avec « Lancelot du Lac », il nous offrira un film là encore très décrié, mais que j'ai beaucoup aimé. Et ses deux derniers longs métrages, « Le Diable probablement » et « L'Argent », le verront asseoir sa maîtrise du cinématographe, avec deux œuvres sombres et puissantes.
Pour autant, la ressortie en salles (et sans doute bientôt en support physique) de « Quatre nuits d'un rêveur » est bien un petit événement cinématographique. Petit car ce n'est pas l'un des meilleurs films de Bresson, mais événement, car il était introuvable depuis plusieurs dizaines d'années, et parce qu’il constitue un des chaînons manquants de sa filmographie, dans cette transition vers la couleur. Tout en reprenant l'une de ses influences majeures : l'écrivain tourmenté Fiodor Dostoïevski, dont il avait déjà adapté « Crime et Châtiment » pour son chef-d’œuvre « Pickpocket », et la nouvelle « Une femme douce ».
1h23 seulement, et ce film m’a pourtant paru en durer 3. Personnellement je ne retiens rien de positif. De très nombreuses séquences se traînent sans que l’on comprenne où l’on va et quel est l’objectif, et de plus les personnages m’ont laissé totalement froid. J’étais intrigué en rentrant dans la salle et j’en sors déçu.
Du vrai Besson. Dans la scène d’ouverture, le cinéaste fait percevoir la nature de son personnage par la juxtaposition de quatre plans ; puis, il donne une force à certains moments par l’utilisation simultanée du hors-champ et de la bande son (le premier « rapport » entre Marthe et le locataire) ; ou par une sorte de distanciation avec musique décalée ; et comme d’habitude chez lui, par la neutralité du ton employé par les acteurs, donnant plus de place au texte et à la mise en scène. Mais aussi un Bresson surprenant, par sa capacité à capter une ambiance Parisienne post soixante-huitarde, avec une jeunesse au parfum de liberté et d’insouciance, baignée dans des musiques du monde. Le tout donne un film prégnant, particulier, un peu magique, qui interroge sur le rapport entre le réel et l’idéal, et culmine dans un grand moment d’émotion.
au secours...guidé par les 4 "T" de Telerama, et de certaines critiques cinéphiles, je me décide à franchir le pas...je n'ai rien trouvé à sauver. Les acteurs jouent abominablement, des dialogues sans intérêt et très mièvres, des coupures, des raccords improbables, le ridicule des situations...qui ont provoqué dans la salle et à moi même des fous rires difficilement contenus...au moins j'ai bien rit, tellement ce que je voyais était improbable... à partir de la 2eme moitié du film, la 1ere je l'ai passé à lutter contre un sommeil marquant la fin de journée. non vraiment, je ne suis pas du tout sensible à ce film, et bcp autour de moi ne l'ont pas été non plus...mystère...
Jacques est un peintre solitaire prompt à s’enflammer au contact des jeunes femmes qu’il croise lors de ses longues errances parisiennes. Une nuit, alors qu’il traverse le Pont-Neuf, il croise Marthe et la sauve de la noyade. Elle lui raconte son histoire et le désespoir dans lequel l’a plongé la disparition de son amant. Jacques s’éprend de Marthe et entend vibrer sa voix dans tous les bruits du monde.
Robert Bresson est, sans doute possible, l’un des plus grands réalisateurs du siècle dernier. Il a signé des chefs d’oeuvre : "Les Dames du bois de Boulogne", "Le Journal d’un curé de campagne", fiévreuse adaptation du fiévreux roman de Bernanos à l’excipit célèbre : « Tout n’est que grâce »), "Un condamné à mort s’est échappé" (que j’avais vu en 1993 au festival du film d’Histoire de Pessac et qui m’avait marqué durablement), "Procès de Jeanne d’Arc" (que j’ai revu aux 3 Luxembourg assis à côté de Jeanne Delay), "Au hasard Balthazar" (qui m’avait fait découvrir l’oeuvre littéraire de Anne Wiazemsky), "Mouchette….
On se demande pourquoi ressort en ce pâle mois de février 2025 l’un de ses films les moins connus.
Après "Pickpocket" et "Une femme douce", Bresson adapte une nouvelle fois Dostoïevski. Quelques années avant lui, Visconti s’était déjà inspiré de la même nouvelle, confiant à Marcello Mastroianni le rôle joué ici par Guillaume des Forêts (un bel inconnu dont ce fut le seul rôle au cinéma).
Le film est d’un romantisme échevelé. Il met en scène deux jeunes gens solitaires et passionnés. C’est l’histoire d’un amour impossible et l’illustration de la théorie stendhalienne de la cristallisation amoureuse.
Son hiératisme un peu démodé m’avait déjà tenu à distance des "Nuits Blanches" de Visconti. S’ajoute ici le non-jeu revendiqué des acteurs de Bresson, ses « modèles » à la voix blanche, dénués d’expression. Je conçois qu’on puisse crier au chef d’oeuvre. Mais hélas, je suis passé à côté….
Robert Bresson est, sans doute possible, l’un des plus grands réalisateurs du siècle dernier. Il a signé des chefs d’oeuvre : "Les Dames du bois de Boulogne", "Le Journal d’un curé de campagne", fiévreuse adaptation du fiévreux roman de Bernanos à l’excipit célèbre : « Tout n’est que grâce »), "Un condamné à mort s’est échappé" (que j’avais vu en 1993 au festival du film d’Histoire de Pessac et qui m’avait marqué durablement), "Procès de Jeanne d’Arc" (que j’ai revu aux 3 Luxembourg assis à côté de Jeanne Delay), "Au hasard Balthazar" (qui m’avait fait découvrir l’oeuvre littéraire de Anne Wiazemsky), "Mouchette….
On se demande pourquoi ressort en ce pâle mois de février 2025 l’un de ses films les moins connus.
Après "Pickpocket" et "Une femme douce", Bresson adapte une nouvelle fois Dostoïevski. Quelques années avant lui, Visconti s’était déjà inspiré de la même nouvelle, confiant à Marcello Mastroianni le rôle joué ici par Guillaume des Forêts (un bel inconnu dont ce fut le seul rôle au cinéma).
Le film est d’un romantisme échevelé. Il met en scène deux jeunes gens solitaires et passionnés. C’est l’histoire d’un amour impossible et l’illustration de la théorie stendhalienne de la cristallisation amoureuse.
Son hiératisme un peu démodé m’avait déjà tenu à distance des "Nuits Blanches" de Visconti. S’ajoute ici le non-jeu revendiqué des acteurs de Bresson, ses « modèles » à la voix blanche, dénués d’expression. Je conçois qu’on puisse crier au chef d’oeuvre. Mais hélas, je suis passé à côté….
Je comprends tous les commentaires qui qualifient le film de chef d’œuvre ,mais ne peux m’empêcher de me dire qu’on dirait surtout une parodie d’un film de Rohmer par les Inconnus.
Le rêveur du Pont Neuf
Dévasté après être sorti de la séance, je ne sais pas quoi dire de plus sur le film. Bresson pose encore une fois une atmosphère si particulière de ce Paris nocturne, c'est un cinéaste de l'ambiance. On comprend tout du film non pas par les dialogues mais par les regards, les silences, les gestes...
Dévasté après être sorti de la séance, je ne sais pas quoi dire de plus sur le film. Bresson pose encore une fois une atmosphère si particulière de ce Paris nocturne, c'est un cinéaste de l'ambiance. On comprend tout du film non pas par les dialogues mais par les regards, les silences, les gestes...
Ce film rare est un chef d’œuvre qui va inspirer toute une armée de grands cinéastes, tel que Wenders, Eudtache, Ackerman et même Carax. Mention spéciale pour le jeu des acteurs dont la très regretté Isabelle Weingarten, peut-être la plus belle actrice des années 1970.
Adapté par Robert Bresson comme " une femme douce", d'une nouvelle de Dostoïevski, " quatre nuits..." (1972), fait l'objet d'une ressortie en salles.
Comment ne pas songer ici au jeune Bresson, peintre lui-même et déjà rêveur qu'il enregistrerait bientôt ( caméras et micros) comparables au magnétophone qu'utilise Jacques ?
Ce que montre finalement Bresson ( situant la nouvelle de l'écrivain russe dans le Paris contemporain de sa réalisation) c'est la place qu'occupe certaines histoires d'amour à sens unique.
Intensément éprouvées, même malheureusement, elles feront aussi partie d'une vie ( et d'une oeuvre).
Leos Carax se souviendra de " les quatre nuits..." avec son " les amants du pont neuf".
L'amateur de cinéma du patrimoine ne laissera pas passer cet opus de Robert Bresson, longtemps invisible sur grand écran.
Comment ne pas songer ici au jeune Bresson, peintre lui-même et déjà rêveur qu'il enregistrerait bientôt ( caméras et micros) comparables au magnétophone qu'utilise Jacques ?
Ce que montre finalement Bresson ( situant la nouvelle de l'écrivain russe dans le Paris contemporain de sa réalisation) c'est la place qu'occupe certaines histoires d'amour à sens unique.
Intensément éprouvées, même malheureusement, elles feront aussi partie d'une vie ( et d'une oeuvre).
Leos Carax se souviendra de " les quatre nuits..." avec son " les amants du pont neuf".
L'amateur de cinéma du patrimoine ne laissera pas passer cet opus de Robert Bresson, longtemps invisible sur grand écran.
Après "Une femme douce" (1969), Robert Bresson utilise de nouveau la couleur et signe un film à nul autre pareil, tirè d'une nouvelle de Dostoïevski! Le style est dèpouillè et symbolise bien cette conception intelligente et très rèflèchie du 7e art! Une vision juste, unique et moderne d'une autre èpoque! L'histoire est simple, mais chaque plan est joliment cadrè (le bateau qui passe by night), et on peut quasiment sentir la nuit parisienne du dèbut des seventies! Pour qui a vu la magnifique et tourmentèe Isabelle Weingarten dans ce premier rôle au cinèma (l'amour pur et innocent selon Bresson), une actrice est nèe, incomprèhensiblement confinèe à un anonymat regrettable malgrè Jean Eustache et Manoel de Oliveira! Si vous vous baladez un jour à Paris, peut-être irez-vous du côtè du Pont-Neuf à la recherche de la femme idèale, celle que l'on ne voit qu'en rêve...
« Quatre nuits d’un rêveur » est la deuxième tentative pour Bresson d’adapter une nouvelle de Dostoïevski à l’écran, ici à partir de la nouvelle « Nuits blanches ». Si la réalisation peine face au brillant et cruel film que Visconti réalisa quatorze ans plus tôt, certains points sont malgré tout positifs. En premier un sens du récit qui fait la part belle à la poésie, avec un traitement de la couleur brillant, délicat et éclairant à la fois sur les arts plastiques et sur les nuits qui découpent l’histoire. Après l’échec pictural de Gislain Coquet pour « Une femme douce » Bresson confia, avec bonheur, la photographie à Pierre Lhomme. Mais le cinéaste adepte du minimalisme, ne saura pas apporter de la sensualité à la superbe plastique dévoilée d’Isabelle Weingarten, si bien que l’érotisme recherché est aussi sexy que la blancheur d’un lavabo d’hôpital ! Montrer une passion infiniment triste avec un détachement si aseptisant, qu’il banalise la cruauté de la fin qui passe presque inaperçue, empêche toute émotion de s’inviter. A force de ne pas y aller, refusant à la fois le spectacle, la psychologie des personnages et le théâtre filmé, le réalisateur rend cette histoire d’amour abstraite, malgré les scènes de nus et à cause de l’expression délavée d’une tendresse pourtant inhérente au récit. En partie raté et surtout ennuyeux.
Un rêve éveillé, un songe capricieux, voilà comment je définirais cette œuvre de Bresson. Intemporel, bercé par les couleurs chaudes de Pierre Lhomme, ce film d'une grande exigence laisse une empreinte profonde sur le spectateur, tout comme le personnage de Marthe change la vie du jeune peintre à jamais. L'utilisation de la musique, l'irruption des musiciens même, sont des choses totalement nouvelles à ce stade de la filmographie de l'auteur de "Mouchette", donnant un caractère éminemment moderne à l'histoire, confirmé par le choix minimaliste des décors.
Un des chefs-d’œuvre du cinéaste.
Un des chefs-d’œuvre du cinéaste.
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