Quatre nuits d'un rêveur
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gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 avril 2011
La première chose que je me suis dit en lançant la vieille copie VHS de qualité assez déplorable, c'est aïe, c'est un Bresson en couleur, et dieu sait que ça ne me réussi pas trop. J'aime tellement le noir et blanc chez Bresson, ça colle parfaitement avec l'austérité de son cinéma.
Donc ces quatre nuits sont en couleurs, je partais avec un avis négatif, malgré que je ne sache rien du film. Puis j'ai vu cette jeune fille superbement jouée par Isabelle Weingarten, à la fois belle et fragile, et là tous mes doutes se sont envolés.
On accède à ne oeuvre belle et fragile, dans ce qu'il y a de plus beau dans l'art. C'est absolument sublime, le film touche à des sentiments profonds, enlève tout le reste pour ne filmer que ça.
Je suis retombé dans ce qui fait le succès de Mouchette, Au Hasard Balthazar ou le procès de Jeanne D'arc : une fille magnifiquement bien filmée, fragile, douce…
Bresson arrive à filmer son actrice nue, sans que ça soit vulgaire, mais avec une beauté sans pareil, et ceci dans une scène qui mériterait d'être au panthéon du cinéma, parce que simplement elle est d'une richesse rare, Bresson filme l'invisible, filme l'âme de cette fille.
Le personnage masculin n'est pas en reste non plus, il possède une sincérité touchante.

L'histoire est juste sublime, je repense à cette fin d'une beauté absolue, tellement vraie, belle, triste…
Teresa L.
Teresa L.

21 abonnés 148 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 mars 2013
Deux étoiles parce qu'il s'y trouve quelque chose de Bresson dans ce Bresson. Et pourtant non... L'emploi du modèle y trouve ses limites. Le personnage masculin est fade, le personnage féminin pas beaucoup plus abouti. L'histoire semble excessivement romantique et sans grande crédibilité. Les cadrages se répètent. Le principe de la métonymie agace dès lors qu'il cesse d'être créatif. Lorsque Guillaume Des Forets déambule dans la ville, cela fait penser aux surréalistes, et, puisque même le réalisateur semble privilégier les sorties de piste à ce moment précis, le spectateur en fait autant. L'ambiguïté insufflée au même sujet par Visconti dans ses Nuits blanches est totalement expurgée ici.
Yves G.

1 845 abonnés 4 017 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 26 février 2025
Jacques est un peintre solitaire prompt à s’enflammer au contact des jeunes femmes qu’il croise lors de ses longues errances parisiennes. Une nuit, alors qu’il traverse le Pont-Neuf, il croise Marthe et la sauve de la noyade. Elle lui raconte son histoire et le désespoir dans lequel l’a plongé la disparition de son amant. Jacques s’éprend de Marthe et entend vibrer sa voix dans tous les bruits du monde.

Robert Bresson est, sans doute possible, l’un des plus grands réalisateurs du siècle dernier. Il a signé des chefs d’oeuvre : "Les Dames du bois de Boulogne", "Le Journal d’un curé de campagne", fiévreuse adaptation du fiévreux roman de Bernanos à l’excipit célèbre : « Tout n’est que grâce »), "Un condamné à mort s’est échappé" (que j’avais vu en 1993 au festival du film d’Histoire de Pessac et qui m’avait marqué durablement), "Procès de Jeanne d’Arc" (que j’ai revu aux 3 Luxembourg assis à côté de Jeanne Delay), "Au hasard Balthazar" (qui m’avait fait découvrir l’oeuvre littéraire de Anne Wiazemsky), "Mouchette….

On se demande pourquoi ressort en ce pâle mois de février 2025 l’un de ses films les moins connus.
Après "Pickpocket" et "Une femme douce", Bresson adapte une nouvelle fois Dostoïevski. Quelques années avant lui, Visconti s’était déjà inspiré de la même nouvelle, confiant à Marcello Mastroianni le rôle joué ici par Guillaume des Forêts (un bel inconnu dont ce fut le seul rôle au cinéma).

Le film est d’un romantisme échevelé. Il met en scène deux jeunes gens solitaires et passionnés. C’est l’histoire d’un amour impossible et l’illustration de la théorie stendhalienne de la cristallisation amoureuse.

Son hiératisme un peu démodé m’avait déjà tenu à distance des "Nuits Blanches" de Visconti. S’ajoute ici le non-jeu revendiqué des acteurs de Bresson, ses « modèles » à la voix blanche, dénués d’expression. Je conçois qu’on puisse crier au chef d’oeuvre. Mais hélas, je suis passé à côté….
chrischambers86

16 164 abonnés 13 121 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 janvier 2024
Après "Une femme douce" (1969), Robert Bresson utilise de nouveau la couleur et signe un film à nul autre pareil, tirè d'une nouvelle de Dostoïevski! Le style est dèpouillè et symbolise bien cette conception intelligente et très rèflèchie du 7e art! Une vision juste, unique et moderne d'une autre èpoque! L'histoire est simple, mais chaque plan est joliment cadrè (le bateau qui passe by night), et on peut quasiment sentir la nuit parisienne du dèbut des seventies! Pour qui a vu la magnifique et tourmentèe Isabelle Weingarten dans ce premier rôle au cinèma (l'amour pur et innocent selon Bresson), une actrice est nèe, incomprèhensiblement confinèe à un anonymat regrettable malgrè Jean Eustache et Manoel de Oliveira! Si vous vous baladez un jour à Paris, peut-être irez-vous du côtè du Pont-Neuf à la recherche de la femme idèale, celle que l'on ne voit qu'en rêve...
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 juin 2020
« Quatre nuits d’un rêveur » est la deuxième tentative pour Bresson d’adapter une nouvelle de Dostoïevski à l’écran, ici à partir de la nouvelle « Nuits blanches ». Si la réalisation peine face au brillant et cruel film que Visconti réalisa quatorze ans plus tôt, certains points sont malgré tout positifs. En premier un sens du récit qui fait la part belle à la poésie, avec un traitement de la couleur brillant, délicat et éclairant à la fois sur les arts plastiques et sur les nuits qui découpent l’histoire. Après l’échec pictural de Gislain Coquet pour « Une femme douce » Bresson confia, avec bonheur, la photographie à Pierre Lhomme. Mais le cinéaste adepte du minimalisme, ne saura pas apporter de la sensualité à la superbe plastique dévoilée d’Isabelle Weingarten, si bien que l’érotisme recherché est aussi sexy que la blancheur d’un lavabo d’hôpital ! Montrer une passion infiniment triste avec un détachement si aseptisant, qu’il banalise la cruauté de la fin qui passe presque inaperçue, empêche toute émotion de s’inviter. A force de ne pas y aller, refusant à la fois le spectacle, la psychologie des personnages et le théâtre filmé, le réalisateur rend cette histoire d’amour abstraite, malgré les scènes de nus et à cause de l’expression délavée d’une tendresse pourtant inhérente au récit. En partie raté et surtout ennuyeux.
 Stallworth
Stallworth

6 abonnés 143 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 10 mars 2025
1h23 seulement, et ce film m’a pourtant paru en durer 3. Personnellement je ne retiens rien de positif. De très nombreuses séquences se traînent sans que l’on comprenne où l’on va et quel est l’objectif, et de plus les personnages m’ont laissé totalement froid. J’étais intrigué en rentrant dans la salle et j’en sors déçu.
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 avril 2015
Un rêve éveillé, un songe capricieux, voilà comment je définirais cette œuvre de Bresson. Intemporel, bercé par les couleurs chaudes de Pierre Lhomme, ce film d'une grande exigence laisse une empreinte profonde sur le spectateur, tout comme le personnage de Marthe change la vie du jeune peintre à jamais. L'utilisation de la musique, l'irruption des musiciens même, sont des choses totalement nouvelles à ce stade de la filmographie de l'auteur de "Mouchette", donnant un caractère éminemment moderne à l'histoire, confirmé par le choix minimaliste des décors.
Un des chefs-d’œuvre du cinéaste.
Noistillon
Noistillon

94 abonnés 408 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 juin 2012
Grand amateur du travail de Robert Bresson, je ne peux cacher ma déception à la vision de ces Quatre nuits d'un rêveur. Il y a certes des scènes de toute beauté mais l'ensemble est peu intéressant et ne captive pas.
swaf75
swaf75

1 abonné 18 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 février 2025
Je comprends tous les commentaires qui qualifient le film de chef d’œuvre ,mais ne peux m’empêcher de me dire qu’on dirait surtout une parodie d’un film de Rohmer par les Inconnus.
Sagis
Sagis

6 abonnés 46 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 5 mars 2025
au secours...guidé par les 4 "T" de Telerama, et de certaines critiques cinéphiles, je me décide à franchir le pas...je n'ai rien trouvé à sauver. Les acteurs jouent abominablement, des dialogues sans intérêt et très mièvres, des coupures, des raccords improbables, le ridicule des situations...qui ont provoqué dans la salle et à moi même des fous rires difficilement contenus...au moins j'ai bien rit, tellement ce que je voyais était improbable... à partir de la 2eme moitié du film, la 1ere je l'ai passé à lutter contre un sommeil marquant la fin de journée. non vraiment, je ne suis pas du tout sensible à ce film, et bcp autour de moi ne l'ont pas été non plus...mystère...
TwinPeaks2003
TwinPeaks2003

6 abonnés 138 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 février 2025
Le rêveur du Pont Neuf

Dévasté après être sorti de la séance, je ne sais pas quoi dire de plus sur le film. Bresson pose encore une fois une atmosphère si particulière de ce Paris nocturne, c'est un cinéaste de l'ambiance. On comprend tout du film non pas par les dialogues mais par les regards, les silences, les gestes...
arnaud1972
arnaud1972

42 abonnés 102 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 octobre 2009
sorti en 1971, ce film de bresson est encore une fois un acte de poèsie pure.
un jeune peintre oisif et idéaliste s'éprend d'une jeune femme qu'il a sauvé du suicide mais la passion n'est pas réciproque...
adapté d'une nouvelle de dostoievski, ce film est emprunt d'une grande force mélancolique (rare de nos jours), il préfigure indéniablement le chef d'oeuvre de jean eustache "la maman et la putain" deux ans plus tard.
Enfin, la chanson du bateau mouche (balade brésilienne voix et guitares) est d'une belle sensibilité.
p.s : on peut voir ce film sur YOUTUBE
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 mars 2025
Fidèle à lui-même, Robert Bresson livre avec « Quatre nuits d'un rêveur » un film déconcertant, qui n'a pas très bien vieilli. Nombreux furent les rires gênés dans la salle, moqueurs ou exaspérés, face à ce style ampoulé et kitsch au possible...

Le non-jeu des acteurs, ces dialogues réduits à leur simple fonctionnalité, ce fétichisme des mains et des pieds, malaisant quand on regarde ces êtres humains ramenés à des poupées monocordes face à ce cinéaste démiurge, la femme presque réduite à un objet, cette masculinité passablement toxique... Il y a beaucoup de choses à dire de ce film, et pas forcément en bien...

Pour autant, comme toujours chez Bresson, il y a des passages renversants. Brefs, mais inoubliables. Comme ces vues de Paris, la nuit, de la Seine, des quais et des bateaux qui s'élancent dans l'obscurité, absolument sublimes. Ou encore ces gestes gracieux, captés par une caméra maniériste. Ou bien sûr, cette adaptation intelligente de la nouvelle de Dostoïevski, dont Bresson garde les différents degrés de lecture, l'immense tristesse, l'humour amer et la grande cruauté.

Bresson s'aventure aussi à dépeindre ses contemporains, entre joueurs de bossa nova et hippies musiciens. Tout en manifestant aussi son attrait pour la peinture moderne, lui qui rêvait d'un cinéma moderne, presque abstrait. Le tout fait parfois un peu composite, et s'éparpille un peu trop, multipliant les moments bancals. Mais mis bout-à-bout, cela en fait une œuvre témoin d'une époque révolue.

A mon sens, avec « Une femme douce », « Quatre nuits d'un rêveur » figure dans le ventre mou de la filmographie tardive de Robert Bresson. Il s'essaie à la couleur sans toujours en tirer grand-chose, et livre des films intéressants, mais inégaux. Avec « Lancelot du Lac », il nous offrira un film là encore très décrié, mais que j'ai beaucoup aimé. Et ses deux derniers longs métrages, « Le Diable probablement » et « L'Argent », le verront asseoir sa maîtrise du cinématographe, avec deux œuvres sombres et puissantes.

Pour autant, la ressortie en salles (et sans doute bientôt en support physique) de « Quatre nuits d'un rêveur » est bien un petit événement cinématographique. Petit car ce n'est pas l'un des meilleurs films de Bresson, mais événement, car il était introuvable depuis plusieurs dizaines d'années, et parce qu’il constitue un des chaînons manquants de sa filmographie, dans cette transition vers la couleur. Tout en reprenant l'une de ses influences majeures : l'écrivain tourmenté Fiodor Dostoïevski, dont il avait déjà adapté « Crime et Châtiment » pour son chef-d’œuvre « Pickpocket », et la nouvelle « Une femme douce ».
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 405 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 février 2025
Adapté par Robert Bresson comme " une femme douce", d'une nouvelle de Dostoïevski, " quatre nuits..." (1972), fait l'objet d'une ressortie en salles.

Comment ne pas songer ici au jeune Bresson, peintre lui-même et déjà rêveur qu'il enregistrerait bientôt ( caméras et micros) comparables au magnétophone qu'utilise Jacques ?

Ce que montre finalement Bresson ( situant la nouvelle de l'écrivain russe dans le Paris contemporain de sa réalisation) c'est la place qu'occupe certaines histoires d'amour à sens unique.

Intensément éprouvées, même malheureusement, elles feront aussi partie d'une vie ( et d'une oeuvre).

Leos Carax se souviendra de " les quatre nuits..." avec son " les amants du pont neuf".

L'amateur de cinéma du patrimoine ne laissera pas passer cet opus de Robert Bresson, longtemps invisible sur grand écran.
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mars 2025
Du vrai Besson. Dans la scène d’ouverture, le cinéaste fait percevoir la nature de son personnage par la juxtaposition de quatre plans ; puis, il donne une force à certains moments par l’utilisation simultanée du hors-champ et de la bande son (le premier « rapport » entre Marthe et le locataire) ; ou par une sorte de distanciation avec musique décalée ; et comme d’habitude chez lui, par la neutralité du ton employé par les acteurs, donnant plus de place au texte et à la mise en scène. Mais aussi un Bresson surprenant, par sa capacité à capter une ambiance Parisienne post soixante-huitarde, avec une jeunesse au parfum de liberté et d’insouciance, baignée dans des musiques du monde. Le tout donne un film prégnant, particulier, un peu magique, qui interroge sur le rapport entre le réel et l’idéal, et culmine dans un grand moment d’émotion.
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