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vavavoom
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4,5
Publiée le 21 mars 2021
Tavernier est un grand cinéaste, dont la production est brillamment éclectique, un peu à la manière d'un plus modeste Patrice Leconte. Mais j'ai toujours regretté son manichéisme. Comme tous les artistes engagés à gauche (pléonasme ?), les grosses ficelles de son militantisme me gâchent en partie ses œuvres. Même s'il y a pire dans le genre. Ici on n'y échappe pas toujours. Je ne ferai pas la litanie des clichés bien-pensants. Tout le monde semble s'en accommoder, bien que la réalité de la vie soit bien différente. Heureusement ici ce n'est pas excessif et c'est au service de l'histoire. Très vite l'ambiance et le souffle emportent l'adhésion. Car ces réserves mises à part, j'ai tout aimé dans ce film.
Mise en scène, image, montage, rythme, personnages, trognes improbables, jeu sobre, désabusé ou flamboyant selon les rôles. Intrigue(s) complexes et riches, récits à tiroirs, personnages attachants et/ou bien trempés, dialogues fins et humanistes, scènes de violence réussies, réalisme général des situations. La Louisiane et ses bayous sont remarquablement filmés. Son atmosphère, ses habitants, ses coutumes, son histoire, sa musique... On y est dès le générique. Cerise sur le gâteau, l'onirisme et le fantastique s'invitent de manière récurrente, ce qui sied particulièrement aux lieux. Comme une évidence. Ne connaissant pas ce film - à part son titre intriguant - j'ai cru au début à un Eastwood du meilleur cru. Ce n'est pas un mince compliment. Tommy Lee Jones y est impérial. Le scènes de fin sont jolies, mais j'attendais - comment dire - quelque chose de plus fort. Eh bien je l'ai eu ! L'image de finspoiler: , qui devient nette peu à peu grâce au zoom avant, comme dans le Répulsion de Polanski, est une manière de coup de théâtre
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3,5
Publiée le 9 mars 2021
Cette histoire tragique d'un détective qui enquête sur un meurtre n'est que pure intensité. Mais ce n'est pas l'intensité d'un film d'action c'est l'intensité de la poursuite de la justice. Tant de meurtres malheureux d'innocents forcés et de courtiers en puissance qui ne se soucient de personne d'autre qu'eux-mêmes et de leur propre fortune. Il n'y a que quelques films que j'ai regardé où j'ai eu l'impression de ressentir ce que c'est que d'être dans la partie du pays où il a été filmé et c'est sans aucun doute l'une d'entre eux. Les entrailles profondes sombres et sensuelles de la Louisiane. Il y a des paysages époustouflants, une humidité intense, des moustiques et un tournage dans un lieu à couper le souffle. D'humeur changeante sans être trop dramatique il y a une intrigue et une histoire enrichissantes et complexes. C'est un film solide mais il manque jusque quelque chose pour en faire un très bon film...
Voilà un chef d'oeuvre, un film dont l'intrigue repose sur un arrière fond de racisme et du rapport tendu entre blancs et noirs dans un état où les choses n'ont jamais vraiment été clauses. Une enquête qui vient remuer l'histoire locale, les magouilles et les petites intrigues entre copains, pendant que court un psychopathe, bien pratique. Tout est clair, limpide, et pas si prévoyant que ça. C'est une enquête bien menée qui nous rappelle que les méchants et les gentils sont deux catégories qui jouent ensemble dans la même cour. L'arrière-fond est la tempête Katerina qui date donc le film.
« Dans la brume électrique » de Bertrand Tavernier (2009) est un film bien singulier. Au fin fond de la Louisiane, le détective Dave Robicheaux (Tommy Lee Jones), peu empathique mais déterminé, est sur les traces d'un serial-killer agressant de façon sadique de très jeunes péripatéticiennes. Assez curieusement épaulé par un agent du FBI, Dave va rencontrer Elrod Sykes, une star hollywoodienne qui tourne un film produit avec le soutien financier de la fine fleur du crime local, Baby Feet Balboni. Elrod raconte alors à Dave que lors d’un repérage dans un bayou, il a vu le corps décomposé d'un esclave noir enchaîné... et c’est là que ce film policier qui débute un peu comme un film de Clint Eastwood, dérape car ce crime remonte à plus de 20 ans : le présent et le passé vont se télescoper dans la tête de Dave avec des histoires de revenants, d’un général confédéré qui avec une béquille erre dans les marais et le « conseille »… et nous de perdre le fil de cette enquête bien brumeuse avec une voix-off qui finit par être soporifique peut-être du fait d’un mauvais doublage ? Certes on peut admirer les paysages de la Louisiane encore dévastée par l’ouragan Katrina (2005) et la bande musicale qui est de qualité mais après près de 2 h de film, on reste vraiment sur sa faim !
Bertrand Tavernier s'essaye au thriller américain, en Louisiane et avec des acteurs américains. Tous les ingrédients sont là : le flic borderline, le conflit racial sous-jacent, le tueur de filles, le bayou, l'amérique déclassée, les secrets et les non-dits... Ce n'est pas un défaut en soi, et l'amateur du genre sera content de retrouver ces éléments, la particularité du film étant de verser parfois dans ce qui semble être du mystique ou de la folie du personnage. Ces moments d'irréel où le personnage principal semble perdu font d'ailleurs partie de ce qui est le plus réussi dans le film. Sinon, malheureusement, le film ne réussit pas à trouver véritablement un rythme, ni nous tenir en haleine sur son mystère, ni créer de situation de tension, de peur pour le personnage. Tommy Lee Jones, bien qu'usant de son charisme naturel, semble en faire le minimum... Et le final se produit sans qu'on ait vraiment compris que c'était la fin, laissant un arrière-goût d'insatisfaction. Un essai américain honorable tout de même, mais qui ne transporte jamais.
Etrangement, j'ai retrouvé dans le film de Bertrand Tavernier la même lourdeur qui avait selon moi tant coûté à "Minuit dans le jardin du bien et du mal" de maître Eastwood qui lui aussi prenait pour cadre une affaire de meurtre dans le Sud des Etats-Unis. En effet, "Dans la brume électrique", l'intrigue se déroule sans réel souci de cohérence scénaristique et les personnages ont été écrit d'une manière particulièrement grossière ce qui fait qu'on se moque, plus ou moins royalement, du sort qui leur est réservé. A part des paysages et une photo d'une beauté déconcertante qui mettent particulièrement en valeur la Louisianne, rien à retenir de ce banal polar qui semble avoir été tourné pour le prime time du samedi soir de France 3 d'où mon incompréhension, une fois n'est pas coutume, du sort qu'a réservé la presse à ce film sans saveurs!!
Le film est long, ennuyeux et prétentieux.... C'est toujours confus et le cadre du film ne suffit pas à créer une athmosphere tant la réalisation est plate, sans inspiration. Étonnant de la part de Tavernier, moins étonnant le fait que le film n'est pas été exploité en salle aux Etats Unis...
Bertrand tavernier aurait pu rendre une copie bien meilleure mais il a préféré miser sur une adaptation intimiste lente et ennuyeuse d'un thriller policier en plein bayou.
Un film qui se lie comme un livre. Sur la douceur de la Louisiane aussi froid et humide, Tommy Lee Jones se dresse en tant que chérif, charismatique et toujours excellent entouré d'une pléiade de second rôle plutot excellent aussi, on peut noter Peter Sarsgaard, John Goodman, Pruitt Taylor Vince, Ned Beatty et Mary Steenburgen. Une enquête sur le meurtre d'une jeune fille prostituée étrangement lié à la guerre de sécession se confonde dans le temps, entre rêve et réalité. Le réalisateur français, Bertrand Tavernier, a tout compris à l'Amérique, l'atmosphere, la musique. Une histoire très intéressante, captivante même et qui se termine avec une question plutôt surnaturelle.
Le cheminement d'un homme qui via un symbolisme fantastique et une sordide enquête va enfin cicatriser d'anciennes plaies tout en sauvant un alter ego plus jeune dans un contexte socio-historique justement mis en scène. Quelques longueurs émaillent certes ce long-métrage mais Tommy Lee Jones excelle dans ce rôle habituel de faux bourru vraiment souffrant. Et Tavernier sait si bien magnifier les paysages!
Un film empreint de l’amour de Bertrand Tavernier pour le cinéma Américain. L’ambiance un peu glauque, l’importance du milieu où l’action se déroule (la Louisiane et son bayou), et les personnages relèvent des grands romans de la série noire ; la musique cajun, le jazz et le blues accompagnent parfaitement les situations ; les images sont d’une grande beauté. Avec de surcroît une dimension mystique mystérieuse, voire fantastique, tout cela donne un film fascinant.
Du grand Tavernier, loin des super-productions états-uniennes pour publics décérébrés. Déconcertant, certes mais plein de symboles et messages. Bravo. Vu trois fois, je suis persuadé d'y découvrir encore quelque chose la prochaine fois.
Film envoûtant. Entre roman noir et fantastique. Rendant bien l'atmosphère brumeuse des Bayoux de Louisiane. Tout l'art cinématographique de Bertrand Tavernier.