Ginger et Fred
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weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 16 mai 2017
D'une laideur affligeante. Les images, les personnages tous moches et le style qui efface la beauté en toute chose et dans toutes les scènes. Une bande-son atroce; des dialogues énervants et une histoire insupportable. À fuir de toute urgence.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 décembre 2024
Pippo et Amelia sont deux danseurs italiens, qui ont connu la gloire dans les années 40 en imitant respectivement Fred Astaire et Ginger Rogers. 40 ans plus tard, ils sont invités à participer à l'émission de Noël d'une grande chaîne de TV. Amelia débarque à Rome, et dans les heures qui précèdent l'enregistrement, va rapidement regretter son choix...
Dès le départ, le ton est donné. "Ginger e Fred" est une féroce satire contre la télévision italienne, et la culture des médias en général. Publicité omniprésente, hypersexualisée, et vulgaire. Emissions raz-des-pâquerettes, qui cherchent à faire de l'audimat avec n'importe qui et n'importe quoi. Cynisme à tous les étages. Et téléspectateurs complètement accrocs.
Le tout présenté à travers des situations mordantes, dans un défilé de chaos typiquement fellinien. En effet, c'est dans une cacophonie ubuesque qu'Amelia tentera de rester digne, tout en croisant des figures improbables invités à la même émission qu'elle. Entre sosies douteux, bonimenteurs, ou même un mafioso beau garçon ! Fellini déploiera son humour exhubérant dans les dialogues, les contrastes absurdes, ou des idées de mise en scène décalées.
Sur le fond, le réalisateur tire évidemment à fond sur la TV. Mais il ne cède pas à la facilité. Il aurait été facile de s'accrocher à des acteurs classes des années 40, époque sans télévision. A l'inverse, si Amelia est la seule personnage à peu près digne (très attachante Giulietta Masina, épouse de Fellini à la ville), elle reste une imitatrice, une imposteur au même titre que d'autres invités. Et dont le temps est clairement passé.
A ses côtés, Marcello Mastroianni s'amuse beaucoup en incarnant son ex-partenaire, alcoolique complètement au bout du rouleau. Et qui, derrière sa nonchalance, cache des sentiments plus profonds qu'il n'ose exprimer.
Par ailleurs, Fellini assume une part d'hypocrisie dans son propos : à la manière de nos deux protagonistes, il sait que son propre film sera aussi diffusé à la TV ! D'où le choix provocateur d'avoir tourné en format 4:3 typiquement télévisuel ?
Enfin, on pourrait penser que le sujet a énormément vieilli. La TV étant elle-même devenue ringarde avec internet et les réseaux sociaux. Aussi, une partie de cette critique a peut-être moins de sens aujourd'hui. Notamment les publicités folles et imaginatives, assez loin de ce que l'on connait. Néanmoins une bonne partie du propos est toujours d'actualité. Tel que le nivellement par le bas des médias, ou leur propension à se servir de tout et n'importe quoi pour faire de l'audience / du clic.
"Fred e Ginger" est ainsi une farce piquante très fellinienne, tout à fait à propos.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 mars 2025
Si seulement vous saviez les mecs... j'en avais tant attendu de cette rencontre entre ces deux grands noms du cinéma italien et j'avais fini par en dire tout le mal possible. Tout ça parce que, comme un borné que je peux être, je n'avais pas digéré de voir la Masina et Mastroianni sexagénaires. Surtout que ce dernier avait été considérablement vieilli pour le rôle. Vraiment, c'était au-dessus de mes forces. Se sont écoulées quelques années avant que je pense à le revoir et maintenant... je l'adore ce "Ginger et Fred". Même s'il s'autorise quelques outrances, (comme la vache à 10 pis ou les culottes comestibles) Fellini en revient à ce qu'il sait faire le mieux : parler des petites gens, en l'occurrence, des vieux artistes oubliés. Ainsi, à sa manière, il leur rend hommage. Il en profite au passage pour parler en filigrane d'une histoire d'amour inachevée, ou du moins qui n'est pas allée à son terme comme elle aurait du. Tout comme il en profite pour lancer quelques piques à une télévision italienne qui, visiblement, n'était pas du tout à son goût. La Masina, 65 ans (ou les approchant) à l'époque est toujours la même femme-enfant qu'elle était au temps des "Nuits de Cabiria" ou de "La strada" et Mastroianni a toujours la classe, même quand il hérite d'un rôle qui n'est pas pour le valoriser. Où qu'ils soient partis ces deux là, j'espère bien qu'ils en font encore, des pas de danse.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 834 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 janvier 2026
A la fois amusante et pathétique, cette comédie dramatique présente un ensemble hétéroclite de marginaux, de vieilles célébrités, d’artistes de pacotille qui ne peuvent rivaliser avec leurs modèles, ainsi que les comparaisons absurdes, la vulgarité, la médiocrité ambiantes le prouvent. En outre, le récit s’interrompt, comme dans un film de télévision (ce qu’a combattu Fellini!), par les publicités à la sexualisation hors de propos et outrancière, nous offrant de francs éclats de rire. En dépit de la critique de la course à la célébrité et à l’audimat, quitte à affabuler ou à promouvoir le crime, une forme de sincérité candide se dégage de certains gens du spectacle, à l’instar de Ginger (lumineuse Giulietta Masina), ancrée dans une bulle de déni où elle trouve un ersatz de bonheur. D’ailleurs, son aveuglement s’étend à son ancien partenaire (sensible Marcello Mastroianni) dont elle n’a pas su voir la double déchirante désillusion. Ainsi, outre la dénonciation sociale, le film traite (avec une tendre lucidité) de la vieillesse qui s’accroche à sa gloriole ancienne, à ses souvenirs, à ses amours perdues. Désabusé, virevoltant, mélancolique.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 décembre 2024
On a vu ce que l'on attendait, et Fellini nous embobine une fois avec ses excès, ses couleurs, ses odeurs ( les rues de Rome parsemées de sacs poubelles fumant à chaque sortie dans la rue!).
Le grotesque va si bien à la TV réalité naissante, berlusconienne et racoleuse, entrecoupé de pubs de bouffe et de nanas aguicheuses!
Fellini lâche ses deux acteurs fétiches dans ce monde factice, il les aime pourtant, ces deux amoureux qui se sont peut-être "loupés" avant la guerre. Masina/Mastroianni la nostalgie absolue sous les cheveux blancs, le souvenir des figures de claquettes aujourd'hui impossibles à refaire à cause de l'arthrose des genoux!
Le défilé des vraies sosies, des nains, d'un amiral décrepi, des culturistes huilés, de cclowns tristes! N'en jetez plus la cour des miracles est pleine, mais soudain… la lumière s'éteint, le clinquant s'estompe, la larme à l'œil, les deux fantômes revivent leur gloire passée, maestro ne pourrait-on pas rembobiner le film!
Coté qualité photographique, les couleurs de ce défilé sont parfois un peu ternes, la version présentée ne mériterait-elle pas une petite restauration.
Ginger reprend son train, Fred rejoint ses copains clochards, et nous avons oublié le réel pendant deux heures. On applaudit sans que le cheerleader de la télé n'ait besoin de nous faire signe.
cinema en salle! décembre 2024
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 janvier 2025
"Ginger et Fred" est une satire de la télévision italienne façon Berlusconi, une comédie toute fellinienne puisque peuplée de personnages étranges, cocasses, colorés. Fellini n'a d'ailleurs aucun mal à les réunir: tous sont là pour participer à une émission vouée à présenter des témoignages extravagants et des existences insolites dans une démarche complaisante et voyeuriste.
La satire est éloquente, sans férocité, et montre bien de quoi se nourrit cette télévision populiste. Dans les coulisses du studio, avant l'émission qui constituera le bouquet final, on croise tout et n'importe qui: spoiler: un travesti, un prêtre amoureux, des sosies de stars de cinéma -preuves symboliques de l'infériorité de la télévision- une vieille gloire de l'armée...

Parmi toutes ces figures venues chercher quelques instants de notoriété et dont la télévision prétend faire un spectacle, un couple de vieux danseurs se retrouvent pour l'occasion. Ginger et Fred -pas besoin de présentation pour les cinéphiles- comprennent vite que leur place n'est pas ici, sauf à sombrer dans le ridicule. Car ce n'est pas leur talent de danseurs qui intéresse la télévision, indécente et cruelle, mais leur image d'artistes déchus et vieux.
Dans ce film fouillis et parfois un peu bavard, les retrouvailles de Ginger et Fred après tant d'années, et avec ce qu'elles contiennent d'allusions à leurs jeunesse, introduisent, parallèlement à la comédie, une certaine émotion.
Toompea20
Toompea20

13 abonnés 8 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 janvier 2025
Le film montre la préparation d'une émission de télévision pour laquelle on fait revenir un couple de danseurs qui copiaient les stars américaines Ginger Rogers et Fred Astaire. A leurs côtés, des personnes dont on peut se demander quelles sont leurs talents ou si la qualité pour laquelle on voudrait les faire passer a la télé est une raison suffisante (une troupe de nain, un gangster, un transexuel...)
Après la presse (à scandale) dans La dolce vita, Fellini réalise ici une critique de la télévision. A la fois par l'omniprésence d'ecrans cathodiques concentrant toute l'attention de personnages, mais aussi par le procédé de mise en abyme avec l'émission dans laquelle tout n'est que faux-semblants, y compris les deux protagonistes qui ne sont que les copies de stars américaines passées.
Giulietta Masina et Marcello Mastroianni sont émouvants dans leurs rôles. Ils distillent ce mélange d'amour jamais aboutie et aussi ces petits fâcheries qui avaient fini par les séparer.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 23 juin 2011
Perçu à sa sortie comme un pamphlet contre la télévision (Fellini était alors en procès contre Berlusconi pour les coupures publicitaires qu'il infligeait aux films diffusés), le film de Fellini est bien plus que ça.
Il s'agit d'une œuvre extrèmement intime sur la vieillesse, l'usure du couple, et l'impossibilité de revenir en arrière, fusse par la magie du petit écran. Le choix de ses 2 acteurs fétiches qui tournent pour la première et dernière fois ensemble prend ici tout son sens, et rend ce film particulièrement émouvant. A défaut d'être le plus beau visuellement (le budget n'est visiblement plus le même!), il n'en est pas moins l'un de ses plus intimes.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 16 septembre 2019
Celui qui a écrit que Fellini est une honte, est un honteux personnage...Dommage à lui de ne pas avoir d'émotion si subtil, je te conseille de voir" Il Bidone" et "les vitelloni"..et après tu jugeras ce maître
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 1 décembre 2008
Ginger et Fred ne sont plus de ce monde ; Pipo et Amelia, si. Pipo moins qu’Amelia. Il agonise à petit feu auprès de cette compagne du passé et d'un amour qu'on ne dit pas. Couple mythique, immortalisé il y a longtemps mais qui se meurt pourtant, Pipo plus qu’Amelia. La télévision, c’est l’indifférence, c’est le toujours plus ; c’est le ridicule pour l’émotion, c’est tout montrer et ne pas se souvenir, le cerveau plein des images qui se succèdent sur l’écran. Elle, elle n’a rien perdu de sa candeur, c’est un nouveau monde, c’est tout. Lui, il est absent depuis longtemps, il appartient au monde qu’elle a quitté en le laissant seul après la gloire. Elle est un idéal qu’il implore mais elle ne l’entend pas. Les projecteurs ne s’attachent à lui que pour souligner sa déflagration et ses frayeurs, et ses faiblesses, et ses maladresses ; toutes ces choses qui faisaient rire avant, et dont les gens se moquent à présent. La mascarade à laquelle, de toute évidence, il ne participe que pour voir une dernière fois un sourire qui l’a laissé exsangue. La honte de ne pas s’en être sorti, comme elle, de ne pas avoir vécu, comme elle, de ne pas avoir su vivre, sans elle. Il essaie de lui dire avec les yeux, d’attirer l’attention, de faire semblant d’être celui qu’elle connaissait, qu’elle aimait ; elle ne voit pas dans ses yeux ; elle cherche dans ceux des autres la reconnaissance et l’admiration que nécessite ce passé d'un autre âge. Elle n’a pas besoin d’être rassurée et c’est pourtant elle que l’on rassure ; lui, il se laisse crever en silence à coté d’elle ; parfois il tousse : c’est comme un appel à l’aide qu’elle n’entend pas, qu’elle ne voit pas.
L'agonie de Pipo,c'est la leur à tous deux;l'aller sans retour d'une époque que l'on fait revivre,entre deux programmes, pour un second oubli qui eût été plus doux s'il n'avait pas été si vulgairement ravivé.
Si l'on sourit devant Ginger et Fred, c'est bel et bien d'un sourire triste, comme de ceux qui scellent un adieu définitif.
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