Critique avec éléments spoiler:
Pour commencer, La haine est un si ce n’est le film français le plus culte des années 90 en France et à l’internationale. Poussé par son trio d’acteur incroyablement juste, dans quasiment toute la longueur du film avec certains dialogues époustouflants et une improvisation hors du commun pour ce trio d’acteurs encore méconnus à l’époque. Cependant l’attachement que l’on peut ressentir envers Vinz et ses camarades n’est pas seulement du à la qualité de leurs jeux mais aussi à la fantastique mise en scène et la photographie répété du plan séquence qui nous aide à nous approcher dès le début du coté intimiste que l’on peut ressentir envers le trio et tout particulièrement Vinz notamment car en premier lieu on participe à son rêve mais aussi parce qu’ensuite nous nous retrouvons dans sa chambre où nous sommes complètement immergés dans son univers avec les posters que l’on peut voir, les paires de basket,... Justement continuons sur Vinz, j’ai pu remarquer à plusieurs reprise qu’une perpétuelle évolution a lieu au niveau de son imaginaire qui devient de plus en plus réel par exemple on peut voir qu’au début Vincent Cassel tire avec ses mains sans détonations, puis lors de la scène suivante où il imite encore un pistolet avec ses mains mais cette fois si une détonation arrive, ensuite on découvre qu’un réel pistolet apparait mais sans tire puis pour finir le pistolet tire vraiment comme il avait imaginé faire au début du film avec ses mains. Maintenant parlons du sujet principal de ce film qui n’est d’autres que « La haine ». D’ailleurs je tiens à souligner la bonne idée du réalisateur et de tout l’équipe d’introduire La haine dans un premier temps avec les images d’archives et d’affrontement entre les CRS et les militants qui veulent « justice pour Abdel » ce fait permet de nous sentir plus concerné par « La Haine » des deux partis. Par ailleurs, on peut interpréter leur rejet de la société parisienne par le floutage de l’arrière-plan lorsqu’ils se trouvent en ville puis quand ils sont dans leur quartier tout l’arrière-plan redevient net. Bien que ce film a pour but de dénoncer certains actes et non de être haineux envers les politiques, il nous incite malgré tout à avoir un penchant du côté de la cité, ce qui est totalement normal, car c’est le but recherché, cependant encore une fois la prestation des acteurs n’y est pas entièrement responsable, l’aspect convivial qui nous invite à y participer est déjà introduit dès la première scène avec la vieille personne qui interpelle Saïd entrain de crier sur la petite sœur de Vinz puis cette aspect de « petit village » sera encore mis en avant de nombreuse fois (barbecue,...). Et pour finir en beauté sur le sujet principal qui est la haine, il faut dire que La haine est parfaitement mise en scène des 2 cotés autant par la police et les parisiens que l’on peut voir notamment grâce à l’usage du noir et blanc ou lors de la scène de la galerie ou alors quand Saïd et Hubert se font torturé par 2 policiers mais aussi du côté du trio principal où l’on peut voir une dégradation de leur respect envers les gendarmes au commencement le non-respect était dans la parole (on peut d’ailleurs voir que dans une scène il baisse la tête en croisant les forces de l’ordre), ensuite la parole est dite devant eux, puis plus le film avance plus les agissement sont de plus en plus violent pour à la fin arrivé à une réelle confrontation et c’est à ce moment-là que la phrase « la haine entraine la haine » prend tout son sens. D’ailleurs ce dénouement est pour moi, l’un des meilleures de l’histoire du cinéma, de part le choc et la tristesse que cet acte a générée en moi, puis par le message fort d’une société en détresse que Kassovitz veut transmettre. Et encore un autre point que j’ai particulièrement aimé, dans cette scène finale, c’est qu’on comprend que chacun à son rôle à jouer dans le film. C’est-à-dire que jusqu’au dernier plan je ressentais un sentiment d’inutilité envers Saïd mais tout changea lorsqu’à la fin je me suis rendu compte que cette journée, nous l’avions vécu du point de vu de Saïd car on peut voir que l’on commence l’histoire avec Mr Taghmaoui qui ouvre les yeux puis nous quittons l’œuvre avec cette même personne qui les ferme. Voilà, ce n’est qu’un détaille inintéressant pour certaines personnes, mais je trouve personnellement qu’au final ce fait change radicalement la donne.
Avis général (sans spoil) :
Bref, bref, bref comme vous l’auriez surement deviné cette œuvre remplie d’idée très intéressante est l’une de mes favorites à tout jamais pour ses idéologies, sa technique époustouflante, son véritable culot pour l’époque qui lui a valu de nombreuses critiques et une des meilleures mises en scènes que je n’ai jamais vues. Encore, un grand classique à voir de toutes urgences si ce n’est pas déjà fait !