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Michael78420
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2,0
Publiée le 25 septembre 2026
Un bon film que je n'ai pas apprécié. Une journée de jeunes de cité, condensée en une heure et demie à suivre leur errance, leur agressivité permanente, leurs provocations multiples, au milieu des trafics de drogue, sur fond d'émeutes urbaines. Le propos est sombre, sans espoir. Les forces de police font ce qu'elles peuvent pour maintenir un semblant d'ordre. C'était en 1995. Plus de trente ans plus tard, la situation a empiré donnant de ce point de vue raison à La Haine dans sa vision destructrice. On pourra cependant apprécier le jeu de Vincent Cassel, présent dans quasiment toutes les scènes, exprimant l'énergie animale du désespoir et une profonde impuissance à changer les choses. Les courts passages de nombreux acteurs connus soutiennent l'ensemble. Peut-être suis-je au fond trop optimiste pour me résoudre à ce constat sombre.
Par Mathieu Kassovitz en 1995, est un film qui reste particulièrement marquant par sa manière de filmer une journée presque ordinaire qui semble constamment au bord de l'explosion. À travers Vinz, Hubert et Saïd, le film s'intéresse à la colère, à la violence et au sentiment d'abandon, sans pour autant transformer son récit en simple discours.
Le premier élément qui frappe est évidemment le choix du noir et blanc. Il donne au film une identité visuelle très forte et permet à Kassovitz de travailler particulièrement les contrastes, les textures et les visages. Ce choix éloigne également le film d'un réalisme purement documentaire : La Haine possède une esthétique très construite, parfois presque stylisée, alors même qu'il cherche à représenter une réalité sociale.
La mise en scène est l'une de ses plus grandes forces. Kassovitz utilise de nombreux mouvements de caméra, des travellings et des plans soigneusement composés. La caméra accompagne les personnages dans leur environnement, mais elle sait aussi prendre de la distance pour montrer l'architecture et l'isolement des lieux. Les grands ensembles deviennent ainsi bien plus qu'un simple décor : ils participent directement à la sensation d'enfermement ressentie par les personnages.
Le film possède également une énergie particulière dans son montage. Il alterne entre des scènes très calmes, presque quotidiennes, et des moments où la tension semble pouvoir éclater à n'importe quel instant. Cette construction permet de faire ressentir l'instabilité permanente dans laquelle évoluent les personnages. Même lorsqu'il ne se passe apparemment rien, le spectateur garde l'impression qu'un événement peut tout faire basculer.
Les trois acteurs principaux forment un ensemble particulièrement solide. Vinz, Hubert et Saïd représentent trois manières différentes de réagir à leur environnement. Vinz est dominé par la colère et cherche constamment à prouver quelque chose. Hubert semble davantage vouloir sortir de ce cercle de violence, tandis que Saïd occupe souvent une position plus intermédiaire. Le film évite cependant de réduire complètement les personnages à ces simples fonctions : leur amitié donne au récit une dimension beaucoup plus humaine.
Ce qui rend La Haine particulièrement intéressant, c'est que le film ne propose aucune solution facile. Il montre une violence qui semble se nourrir elle-même. La colère provoque une réaction, cette réaction entraîne une nouvelle colère, et ainsi de suite. Le film utilise d'ailleurs cette idée à travers plusieurs images et dialogues qui donnent au récit une dimension presque circulaire.
La musique et le travail sonore jouent également un rôle important. Le film utilise notamment la culture hip-hop et les sons urbains pour construire son identité. La musique ne sert pas uniquement d'accompagnement : elle participe directement à la représentation d'une époque, d'un environnement et d'une jeunesse.
J'apprécie aussi la manière dont le film laisse une place à l'humour. Malgré la gravité de son sujet, les interactions entre les trois personnages sont souvent drôles et naturelles. Cet humour est essentiel, car il évite au film de devenir constamment lourd ou démonstratif. Il rappelle surtout que les personnages ne sont pas uniquement définis par leur situation sociale ou par la violence qui les entoure.
Le film possède parfois une dimension très stylisée, qui peut créer une légère contradiction avec son ambition réaliste. Certains mouvements de caméra, certaines références cinématographiques ou certaines situations donnent presque l'impression que Kassovitz cherche à montrer sa maîtrise technique. Personnellement, cela ne me dérange pas forcément, mais on peut comprendre que certains spectateurs trouvent que la forme prend parfois beaucoup de place.
En conclusion, La Haine est un film porté par une mise en scène extrêmement maîtrisée, un noir et blanc marquant et un trio d'acteurs particulièrement convaincant. Kassovitz réussit à créer une tension constante tout en laissant de la place à l'humour et aux moments plus quotidiens. Sa force vient surtout de sa capacité à montrer un cycle de violence et de frustration sans chercher à apporter une réponse simple. Un film social, mais aussi profondément cinématographique, dont l'esthétique et l'énergie renforcent constamment le propos.
Légitimité des insultes envers les forces de l'ordre, agression gratuite de personnes âgées dans les commerces, valorisation du port d'arme illégal.. C'est grâce à ce cinéma, les films Taxi et consorts, que la France ressemble à ça 30 ans plus tard dans certains quartiers avec les Hamzaladouane et compagnie. La seule différence c'est qu'à l'époque quand ils taggaient les murs ils écrivaient en Français et sans faute
La Haine (1995), réalisé par Mathieu Kassovitz, est devenu au fil des années l’un des grands classiques du cinéma français contemporain. C’est un véritable film culte, mais surtout une œuvre qui fait désormais partie du patrimoine cinématographique français.
Le film nous plonge, sur une seule journée, dans la vie de trois jeunes hommes — Vinz, Saïd et Hubert — confrontés à la violence, à l’exclusion sociale et à une relation extrêmement tendue avec les forces de l’ordre. Ce qui est particulièrement impressionnant, c’est de constater à quel point le film a bien vieilli. Plus de trente ans après sa sortie, La Haine reste profondément actuel et certaines situations ou tensions décrites dans le film résonnent encore fortement avec notre époque.
J’aime beaucoup les trois protagonistes, qui ont vraiment de bonnes têtes et possèdent chacun une personnalité bien distincte. Il y a d’ailleurs une petite particularité amusante : les personnages de Vinz, Saïd et Hubert portent les mêmes prénoms que leurs interprètes, Vincent Cassel, Saïd Taghmaoui et Hubert Koundé. Personnellement, je trouve que c’est Saïd Taghmaoui qui joue le mieux. Il apporte beaucoup de naturel et de spontanéité à son personnage de Saïd, avec un jeu particulièrement convaincant.
Visuellement, le film est également une réussite. La photographie en noir et blanc est particulièrement belle et donne à La Haine une esthétique à la fois brute, réaliste et presque intemporelle. Certains plans sont vraiment magnifiques. J’apprécie notamment les scènes où les trois protagonistes sont réunis dans le même cadre : la composition de ces plans permet de mettre en valeur leur dynamique de groupe tout en donnant au film une véritable identité visuelle. On sent que Kassovitz ne se contente pas de raconter son histoire : il soigne réellement sa mise en scène.
Le film fonctionne aussi parce qu’il ne cherche pas à proposer une vision simpliste de la violence ou de la banlieue. À travers Vinz, Saïd et Hubert, Kassovitz montre différentes façons de réagir à la frustration, à l’humiliation, à l’exclusion et à la colère. Le film montre ainsi comment la frustration, l’humiliation et le sentiment d’abandon peuvent progressivement alimenter un engrenage dont personne ne semble réellement capable de sortir. Le récit avance comme une mécanique de plus en plus tendue, jusqu’à une conclusion particulièrement marquante.
La Haine est donc bien plus qu’un simple film social des années 1990. C’est une œuvre engagée, intelligente et visuellement remarquable, qui a conservé une étonnante modernité. Entre ses dialogues devenus cultes, ses trois personnages principaux, sa photographie en noir et blanc et sa mise en scène particulièrement soignée, le film mérite pleinement sa place parmi les classiques du cinéma français.
Un grand film français, devenu culte, qui a très bien vieilli et qui reste malheureusement toujours aussi pertinent aujourd’hui.
Chef d'œuvre, classique, traite de la marginalisation des jeunes de banlieue de manière intemporel, encore d’actualité aujourd’hui.
Ce qui est très intéressant dans ce film c’est que pendant 2 heures de visionnages on est plongé de manière réaliste dans la vie de 3 jeunes de banlieue, nous faisant vivre pleinement le thème principal du film, l’exclusion sociale et la marginalisation nous permettant de voir l’envers du décor et comprendre comment des drames se produisent et comment ils sont pris au piège en banlieue. L'ethnie des personnages a été pensée de sorte à ce qu’on comprenne que la marginalisation dénoncée n’est pas exclusivement ethnique mais sociale et géographique, par exemple quand les 3 jeunes se rendent à Paris on voit bien qu’ils n’ont pas les mêmes codes vestimentaires ou le même langage que les parisiens, ce même décalage culturel et social illustre bien les inégalités de chances entre les personnes résidants en banlieue et la capitale.
On voit également le rôle que peuvent avoir les médias en influençant notre façon de penser. Les médias ne montrent que les conséquences négatives du délaissement des banlieusards : combats, violence, destructions, mais ils ne montrent pas comment ils en sont arrivés là, renforçant davantage les jugements négatifs à leur égard, les affichant comme déviants.
Par ailleurs, la marginalisation et l’exclusion sociale ne sont pas les seuls messages que le film souhaite passer. Je ne vais pas écrire toute la citation mais l'œuvre insiste sur la réplique suivante : “jusqu'ici tout va bien” c’est ce qui m’a probablement le plus marqué, on fait comme si tout allait bien dans les banlieues comme si tout est sous contrôle et on commence à réagir et à conscientiser face aux problèmes que notre société rencontre que lorsqu’il arrive un drame. L'histoire se répète en boucle, comme en 2023 avec la bavure policière et la mort de Naël à Nanterre qui a déclenché de nombreuses émeutes et violences.
Un dernier truc, je ne sais pas si le fait d’avoir nommer les personnages par leur prénoms d’acteurs a été fait exprès mais pour moi c’est ce détail qui rend la Haine encore plus réaliste en brisant les barrières entre cinéma et réalité, montrant le film un peu comme un documentaire.
Enfin vu, après l'avoir entendu de partout que c'est le meilleur film français, je me rallie aux critiques. Un très bon film sur les marginaux de la société face au traitement policier leur réservé... Vincent Cassel très enragé porte plus haut le film aux côtés de deux amis, qui font tout pour ne pas le laisser céder à la tentation de la vengeance mieux de la haine, car la haine n'engendre que la haine. Une de film très poignante et inoubliable.
Un film coup de poing qui n'a rien perdu de sa puissance, même des années après sa sortie. La mise en scène de Mathieu Kassovitz est brillante, avec une photographie en noir et blanc qui renforce encore l'impact du récit. Le trio d'acteurs est exceptionnel, avec des personnages profondément humains derrière la colère et la violence qui les entourent. Plus qu'un simple film sur les banlieues, c'est une œuvre sociale et politique qui parle de frustration, d'injustice et de la spirale de la haine avec une justesse rare. Un classique du cinéma français, toujours aussi nécessaire.
Si le récit de cette journée de la vie de banlieusards est un brin décousu, "La haine" est l’un des films les plus marquants sur son sujet. Car loin d’un naturalisme pépère à la Dardenne, il soigne particulièrement sa forme et son style.
Abdel Ichah, seize ans est entre la vie et la mort, passé à tabac par un inspecteur de police lors d'un interrogatoire. Une émeute éclate dans la cité des muguets à la suite de cette bavure. Au lendemain, au petit matin, trois copains se retrouvent. Il y a Vinz, apôtre de la haine, Saïd, petit délinquant, et Hubert, jeune boxeur impliqué dans l'action associative de sa cité. Tous les trois errent en peine en constatant les dégâts. Ces derniers ne sont pas que matériels, ils sont aussi moraux et tout en désillusions pour la jeunesse des quartiers. La Haine, c'est un film marqué par ses répliques entrées dans le langage cinématographique, ce langage vulgaire et grossier fataliste et réaliste. « Et tu lui dis de descendre ? Et pour quoi faire !! » discussion insolite à la fenêtre d'un étage haut perché d'un immeuble. L'imitation de Robert de Niro du jeune Vinz devant son miroir. Et cette métaphore qui est la colonne vertébrale du film : Un homme tombant du haut d'une tour de 50 étages, qui passant devant chaque étage se dit, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, mais l'important ce n'est pas la chute, c'est l’atterrissage. Et le tout servi dans un noir et blanc très esthétique. C'était au temps où on payait en francs et vous allez reconnaître Benoît Magimel sur le toit d'un immeuble, Karine Viard en jeune bourgeoise dans une exposition d'art contemporain, Vincent Lindon en homme saoul paumé dans les rues de Paris, François Levantal en dealer toxicomane, Zinedine Soualem en policier aux méthodes abusives, et violentes, Edouard Montoute petit receleur surnommé Darty, et Mathieu Kassovitz lui même en punk extrémiste qui a bien failli y passer, oui il y a beaucoup de choses à analyser sur notre société dans l'errance des ces trois jeunes qui s'ennuient, isolés, abandonnés à leur sort. C'est l'histoire d'une société qui tombe et se répète sans cesse pour se rassurer, jusqu'ici tout va bien. Évidemment toute ressemblance avec des événements ou personnes ayant existé serait purement fortuite et indépendante de la volonté des auteurs. Bien vu Monsieur Kassovitz.
J’ai enfin vu La Haine, et franchement, ça m’a pris aux tripes. Je l’avais repéré depuis longtemps sur les listes de films incontournables, mais je repoussais un peu parce que je me disais que ça allait être daté ou trop "message". Erreur totale. Dès les premières minutes, ce noir et blanc cru et cette voix off qui pose le décor m’ont happé. On suit 24 heures dans la vie de trois potes des cités (Vinz, Hubert et Saïd) après une nuit d’émeutes. Mathieu Kassovitz filme ça avec une rage et une justesse qui font mouche à chaque scène. Ce qui m’a le plus marqué, c’est la façon dont le film évite les clichés tout en étant hyper réaliste. Les personnages ne sont pas des héros ni des victimes lisses : ils sont complexes, parfois cons, souvent drôles, toujours humains. Vincent Cassel est monstrueux en Vinz, Hubert Koundé apporte une profondeur incroyable, et Saïd Taghmaoui est parfait dans son rôle. Leurs échanges, leurs silences, leurs engueulades… tout sonne juste. On sent la galère quotidienne, l’humiliation, la colère qui monte, sans que ça devienne du misérabilisme. Kassovitz capte l’ambiance des banlieues des années 90 avec une authenticité rare. Visuellement, c’est une masterclass. Le choix du noir et blanc donne une force incroyable aux images, presque documentaire par moments, et pourtant ultra stylisé. Les plans larges sur les tours, les travellings dans les rues, cette tension qui ne retombe jamais… et la musique ! Le hip-hop de l’époque qui colle parfaitement à l’énergie du film. On est loin des blockbusters bien polis : ici, la caméra est dans la rue, elle respire avec les personnages. 31 ans après, La Haine reste malheureusement d’une actualité brûlante. Les questions de violences policières, de racisme, de fracture sociale… tout ça n’a pas vraiment disparu. Le film ne donne pas de leçons faciles, il montre juste une réalité brute, et c’est ce qui le rend si puissant. J’ai hésité à mettre 5/5 parce qu’il y a deux-trois petites longueurs, mais honnêtement, c’est un détail. Ce film est un classique absolu, un coup de poing cinématographique qui marque durablement. Si vous ne l’avez pas vu, foncez. Et si vous l’avez vu, il mérite clairement une re-vision. Un des meilleurs films français des 35 dernières années, point barre.
Ce film, captivant par son contenu, fourmille de métaphores qui remettent en question de nombreuses idées sociétales sur le crime, la haine et les personnes marginalisées, notamment celles vivant dans les ghettos. Il mérite amplement le titre de chef-d’œuvre !