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Tom Lechaux
1 abonné
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4,5
Publiée le 17 avril 2025
Pas l’habitude des films en noir et blanc. Film qui décide de montrer la vie dans une cité comme quoi ils sont fait pour rien, mais le monde leur appartient tout autant. Réplique inoubliable « c’est un homme qui chute de 50 étages et qui se répète sans cesse jusqu’ici tout vas bien jusqu’ici tout vas bien… mais le plus important c’est pas la chute c’est l’atterrissage »
Un super film sur la complexité de notre société. Malgré le point de vue centré sur ces jeunes de cité que nous suivons tout au long du récit, le film reste politiquement neutre, en montrant les forces et les faiblesses des deux camps qui s’affrontent. La fin, tragique mais ouverte, laisse au spectateur le choix de sa propre interprétation… et de sa haine.
Un beau film, inscrit dans le réalisme social, qui rend compte, un peu comme dans un journal de bord, du quotidien de certaines banlieues « difficiles ». Les effets du désœuvrement, de l’anomie, de la perte de sens. Le manque d’instruction, de perspectives, le non-apprentissage des codes de la civilisation, l’incapacité à penser sa vie, penser le monde. Aussi, le confinement au présent, aux recherches de sensation, aux activités vides et sans but, autre qu’une vaine jouissance immédiate et éphémère. Et puis, en face, de l’autre côté, un système qui ne trouve comme solution que la violence… policière. Une œuvre forte et militante. Mais depuis 1995, qu’est-ce qui a changé ? Rien !
Mathieu Kassovitz réalise sans doute son meilleur film avec "La haine", chronique sociale sur la vie de 3 banlieusards. Les dialogues en verlan où tout le monde se coupe la parole peuvent être parfois énervants mais c'est bien la réalité des cités. Les jeunes des quartiers s'ennuient et finissent par traîner et faire n'importe quoi. Ce noir et blanc est bien choisi et convient parfaitement à l'ambiance agressive du film. Certaines scènes comme l'hommage à Taxi Driver par "c'est à moi que tu parles là??" lorsque que Vinz se regarde dans le miroir est devenue culte. Certaines autres scènes resteront aussi dans les annales comme cet hommage à la musique Hip Hop lorsque Cut Killer est à ses platines à la fenêtre dans son appartement et propose sa musique à tout le quartier en nous faisant entendre "assassin de la police" alors que c'est en fait un mix du titre "fuck da tha police" du rappeur américain Krs-One. Un film culte qui le mérite mais qui en énervera surement certains en raison du langage ordurier des dialogues.
" La haine" est juste excellent, de part sa mise en scène, ses acteurs (surtout Vincent Cassel qui est bluffant). On suit l'histoire de trois jeunes vivant à la banlieue sous la surveillance de policier qui enchainent les bavures policières. La seule solution qu'il leur vient pour revendiquer leur droit d'humain est la violence, la haine. J'ai entendu que ce film est bourré de cliché, manichéen mais pour l'instant je crois surtout que c'est un film dont le propos reste correct même 30 ans après. Néanmoins, même sans être d'accord avec la morale du film, on ne peut pas rejeter sa qualité cinématographique. Parfois on rigole, on se questionne et on est surtout époustouflé. Un film que je n'oublierai pas de sitôt. Chef d'œuvre.
La Haine, réalisé par Mathieu Kassovitz, est bien plus qu’un film : c’est un cri puissant sur les fractures sociales, les inégalités et la violence systémique. Porté par une mise en scène maîtrisée et une photographie en noir et blanc saisissante, le film plonge le spectateur dans une journée tendue au cœur de la banlieue parisienne.
Vincent Cassel, Hubert Koundé et Saïd Taghmaoui livrent des performances impressionnantes, incarnant trois amis liés par une amitié sincère mais confrontés à une réalité oppressante. Leurs interactions, tour à tour drôles, poignantes et brutales, donnent au film une humanité déchirante.
Le scénario, tout en sobriété, frappe par sa pertinence et sa puissance symbolique. Chaque plan est chargé de tension, et le fameux leitmotiv « jusqu’ici tout va bien… » résonne comme un avertissement glaçant.
La Haine reste, des années après sa sortie, un chef-d’œuvre incontournable qui interpelle autant qu’il captive. Une œuvre essentielle, à la fois poétique et brutale, qui continue de résonner profondément aujourd’hui.
A quelques jours de découvrir le spectacle issu de ce film presque trente ans plus tard, il était temps de réviser ce film culte, marqueur d'une génération, qui à défaut d'être un film d'une qualité exceptionnelle, comporte des morceaux de bravoure et des citations devenues incontournables. On ne peut plus dire "jusqu'ici tout va bien, l'important ce n'est pas la chute…" depuis 1995. Et l'atterrissage de ce film est plutôt réussi: grâce au noir et blanc, il ne vieillit pas avec le temps, et reste même d' actualité avec certes des situations qui ne sont plus les mêmes: communication via les réseaux, délinquants plus jeunes, drogues plus dures. Cassel explose littéralement à l'écran, sa rage est redoutable et imprévisible. spoiler: Et le numéro d'imitation de De Niro armé face au miroir est un must.
Pas de femmes, c'est un thriller social entre mecs. Une démarche osée pour l'époque. Le rap est peu présent, mais bien la culture de la danse hiphop. DVD novembre 24
Lors de la sortie de La Haine, j’étais allée voir le film, qui m’avait rendue vénère. Vénère des injustices commises, de la violence arbitraire, des préjugés, du racisme, de l’ostracisme sociétal dont sont victimes les habitants des cités, construites en périphérie, à la marge, cités dans la cité comme le mitard est une prison dans la prison.
Je viens de revoir la version restaurée 4K qui m’a rendue plus vénère encore, 30 ans et un nouveau siècle plus tard. Vénère de constater que ce film est plus que jamais actuel. C'est pas possible, je me fais remarquer, qu’une telle histoire demeure intemporelle.
Car rien n’a changé ces 30 dernières années. Jusqu’ici, rien n’a changé et rien ne va si bien. Mathieu Kassovitz avait expliqué à l’époque vouloir provoquer une prise de conscience, que respect et responsabilité s’installent entre policiers et habitants des cités. Jusqu’ici, ça a foiré. Les policiers se sont endurcis et les cités enflammées, sur fond d'un trafic de drogue toujours plus puissant (on est loin des boulettes de shit).
Les bavures font toujours la Une des journaux. Aujourd’hui en plus, les situations sont récupérées, selon qu’on se situe très à droite ou très à gauche et éloigné des partis historiques de gouvernement, histoire d'envenimer les débats.
Bien sûr, le film traite de violences policières et du manque de perspectives dans les cités, même si beaucoup d’associations se sont créées pour offrir des envolées sociales ou artistiques. Cependant, 30 ans plus tard, je m’interroge : hier comme aujourd’hui, que font ces jeunes à zoner, entre banlieues en Paname, au lieu d’étudier ? Le film se trompe de cible, il n'aborde que les conséquences, mais en amont, plutôt que l'Intérieur, ne serait-ce pas plutôt l'Éducation nationale et son rôle inclusif qui serait le ministère défaillant ?
Un film agréable et sympathique, remettant au goût des années 80 la comédie musicale. On aurait pu craindre de tomber dans le gnan-gnan mais au fond l'ensemble demeure tout à fait convenable
Le premier vrai film qui se passe en banlieue et qui n'est pas un film sur la banlieue comme tout le monde dit mais un flim sur 3 jeunes de cité et leur rapport avec la police ..
J'ai adoré ! Une petite appréhension concernant le "noir et blanc" mais j'ai été tenter de regarder ce film en sachant le succès de celui-ci. Incroyable scénario, incroyable interprétation de Vinz et ses deux acolytes Hubert et Saïd! Une cité solidaire et unis qui se bat contre les multiples bavures policières! Un film qui reste aujourd'hui, toujours d'actualité...