Deux choses m'ont attiré vers ce film : Ronit Elkabetz et Fanny Ardant réalisant son premier film. Au final un sentiment assez mitigé. Visuellement le film est très réussi. Les images sont vraiment superbes. Les couleurs sont magnifiques, un vrai plaisir pour l'œil. Certains plans ressemblent à des vrais tableaux. Costumes et décors minimalistes laissent donc la place aux seuls personnages. Malheureusement c'est là que le bas blesse. Le scénario à la base était plutôt alléchant. Une histoire de retour aux sources, de vendetta et de trahison. Le traitement qu'en fait la comédienne est assez lourd et pataud mais elle arrive à installer une ambiance très particulière et assez indéfinissable. On se laisse porter par l'histoire en attendant quand même de savoir comment tout cela va se terminer. Autre reproche, on n'arrive pas par contre à beaucoup s'attacher aux personnages, à part celui de Judith. Il faut dire qu'elle est interprétée par la grande Ronit Elkabetz et qu'elle est encore une fois magnifique. Une sorte de double de Fanny Ardant qui aurait très bien pu jouer le rôle, elles sont très proches dans la façon d'être et dans le physique. Le reste du casting n'est pas franchement au top, cela frôle parfois souvent l'amateurisme. Un film donc très bancal. Une belle histoire (même si déjà vu) mais mal exploitée par une mise en scène hésitante et classique. Une belle actrice dans un film d'une beauté formelle indéniable. Beaucoup de défauts mais au final on l'aime quand même. Peut être parce qu'il est fait avec sincérité par une autre grande actrice que l'on aime aussi beaucoup. On attend la suite avec impatience.
Cendres et Sang raconte le destin d’une femme (Ronit Elkabetz) dont le mari vient d’être assassiné et qui retourne dans son pays natal avec ses enfants. Elle y retrouve un contexte de clan et des rivalités dont elle est en grande partie la cible. Le film est une histoire de vengeance, de trahison aussi, avec un côté fataliste qui ajoute beaucoup de poids à un film pas très évident.
Quelle déception ! Que Fanny Ardant reste devant la caméra. Son film est raté : tout est trop appuyé, jusqu'au ridicule. J'aime beaucoup Ronit Elkabetz, mais là elle surjoue, et les autres acteurs ne valent pas mieux. Les émotions ne sont pas suggérées ou évoquées, mais affichées par des regards et expressions manquant totalement de finesse. Film audacieux certes, mais ça ne suffit pas !
Fanny Ardant scénariste a réservé à Fanny Ardant réalisatrice une histoire de vendetta à tiroirs. Le directeur de la photographie Gérard de Battista signe de superbes images dans une Roumanie rurale hors du temps, Ronit Elkabetz, sorte de double d'Ardant elle-même, autre longue dame brune toute de passion, réussit une poignante Judith épouse et mère sacrifiée sur l'autel de la tradition et de la violence : voilà pour le positif. Cette première mise en scène présente des qualités indéniables, au premier rang desquelles on doit relever l'ambition - même du sujet, loin des sentiers battus dont les films hexagonaux font l'essentiel de leur inspiration. Mais ce récit tragique est embrouillé, un peu trop emphatique et la dramaturgie perd donc souvent en lisibilité.
Cendres et sang est mon étrange surprise de cette rentrée et fait parti des films qu'on rarement l'occasion de voir. La tension est présente, les paysages sont très agréables et l'histoire est intéressante. Je vous conseil donc ce drame réalisé par Fanny Ardant qu'on connaissait comme actrice et surement bientôt comme dramaturge.