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Peter Franckson
80 abonnés
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4,0
Publiée le 3 novembre 2023
C’est, bien sûr, un film de genre dans la lignée de « Tarentula » (1955) de Jack Arnold, « Les dents de la mer » (1975) de Steven Spielberg, « Orca » (1977) de Michael Anderson, « Piranhas » (1978) de Joe Dante, ou « Razorback » (1985) de Russel Mulcahy, tout restant sobre dans la violence, évitant le gore et l’accumulation de scènes sanglantes gratuites. C’est aussi un film politique, dénonçant la collusion du maire (de Chicago) avec le chef de la police (qui dépend de sa réélection) ainsi qu’avec le directeur du laboratoire pharmaceutique Slade spoiler: (qui fait des recherches sur une hormone de croissance à partir d’expérimentations sur des chiens volés ), la presse à scandales (faisant feu de tout bois) et l’exploitation commerciale de tout fait divers (vendeurs de gadgets en forme d’alligator). Le film est politiquement incorrect avec une critique de la famille américaine (spoiler: parents bêtement autoritaires, enfants laissés à eux-mêmes, à tel point que certains n'hésitent pas à pousser, comme punition, dans la piscine un des leurs, piscine où se trouve l’alligator géant, carnage pendant le mariage de la fille du patron du laboratoire Slade avec l’un des chercheurs ) et ne se prend pas au sérieux avec son humour, malgré les situations dramatiques. Pour mémoire, le film a été tourné à Los Angeles (et non dans le Wisconsin), les égouts et déversoirs faisant penser à ceux du film « Le point de non-retour » (1967) de John Boorman.
Un film avec un alligator géant partant de la vieille légende selon laquelle les bébés de cette espèce jetés dans les toilettes finissent dans les toilettes est une bonne idée en soi. La mauvaise idée c'est que Lewis Teague en tire un film sans âme, une petite série B qui ne vaut aujourd'hui que par le charme de ses effets spéciaux d'antan. La mise en scène et le scénario reprennent à outrance le modèle du genre qu'est "Les dents de la mer") et ce jusqu'à la musique. On reconnaîtra qu'il y a de bons moments gores pour l'époque mais sans suspense, un film comme ça perd de sa superbe. Reste Robert Forster, affrontant avec courage un alligator géant aussi bien que sa calvitie naissante.
Un film d'horreur indépendant bien réalisé, avec d'excellents effets spéciaux, qui prouvent que l'imagination, ainsi qu’une mise en scène intelligente doublée d’un montage inspiré peuvent remplacer des ressources plus substantielles.
Cependant, ce film de monstre série B agréable à regarder spoiler: est un peu précipité dans le développement de l'histoire et des personnages .
Une bonne série B basé sur la célèbre légende urbaine qui voudrait que des alligators vivent dans les égouts... Le lieu de la ville apporte quelque chose d'original et de neuf. Ici, nous sommes dans un milieu urbain, dans les égouts et non dans les marécages ou autres. Certaines scènes arrivent à créer un certain stresse, la réalisation est simple mais assez efficace ainsi que le scénario. Il y a de bonnes idées, et certaines morts sont absolument jouissifs (dans les tunnels souterrains ou celle de la piscine). Pour 30 ans en arrière, il était très gore, avec des jambes coupés, des personnages englouties, ect. De nos jours, les effets-spéciaux paraissent beaucoup moins crédibles mais ils tiennent encore la route, on repère facilement les trucages, mais cela renforce le coté série B assumé. "L'incroyable Alligator" réutilise toutes les ficelles qui ont fait de "Jaws" un film culte : la caméra subjectif avec l'avancée vers le condamné, la mort d'un jeune garçon, la musique qui reprend le même air, la bête qui explose à la fin, la victime qui arrive à prendre en photo le monstre (le début de Jaws 2)... nous avons à faire à un véritable hommage au bijoux de Steven Spielberg ! A conseiller aux amateurs de séries B et de "crocodile-movies"...
Malgré son âge le film de Lewis Teague tient encore la route aujourd'hui. En vedettes, on retrouve Robert Forster, plutôt convaincant en héros et Henry Silva pour une apparition furtive mais marquante. Les deux hommes donnent un cachet "série B" au film (dans le bon sens du terme). Doté d'une réalisation plus que correcte et d'un croco crédible (effets spéciaux marquants pour l'époque) Alligator fait partie des valeurs sûres du genre, au contraire de sa calamiteuse suite.