La bonne idée de ce thriller bien ficelé, c'est d'appliqué un style de cinéma et des valeurs spécifiques sur un thème rarement abordé, c'est-à-dire le voisinage. Intéressante réflexion sur le pouvoir d'une petite communauté (résidentielle autant que raciale) et la force incontrôlable de la police, "Harcelés" se fait l'observation de pleine face d'une Amérique qui, dans son confort programmé et visible, perd la tête au point de s'affirmer dans une rigidité quotidienne qui fait peur à voir. La paranoïa grandissante du voisin (et flic, incarné par le génial et tonitruant Samuel L. Jackson) face à ses enfants qu'il se doit d'éduquer parfaitement suite à un passé tragique, va devenir une paranoïa partagée, une folie sans fin évoluant à une confrontation physique dangereuse et, au fond, tout à fait grotesque. Ici, le noir policier devient un personnage intéressant puisqu'il endosse le rôle d'un homme de paix, ce que beaucoup de noirs américains n'ont pas la chance d'être et d'avoir. Il permet de se venger du petit américain blanc et raciste, d'incarner un bras droit de la force suprême avec une dignité qui le rend accessoirement crédible, jusqu'à tomber lui-même... dans le racisme dont on imagine qu'il a été victime avant d'en devenir le partisan au sens inverse. Rarement abordé, le pétage de cables aboutissant à l'humiliation des blancs et à la toute-puissance d'une communauté noire grandissante est aussi au coeur du récit. En décryptant une réalité peu énoncée dans l'art ou le média, il prend parti de ne pas plaire à toute une partie de son public. Pourtant, que l'on apprécie ou pas le discours, on reconnaîtra un sens de la dramaturgie assez impressionnant, tout en crescendo et en subtilités cachées. La fin du film, climax habituel, parvient à exploser, non pas les codes, mais toute une manière de filmer qui faisit défaut au film jusque-là. Car il faut avouer que la mise en images, plate et sans tension, a tendance à ramollir toute la matière scénaristique et la précisi