Adapté d’une pièce de théâtre à succès, un film au concept original et ambitieux pour un résultat plus ou moins séduisant et enivrant, qui nous entraîne sur la piste de danse d’un bal populaire, au gré des intempéries de l’Histoire du XXe siècle et de l’évolution des mœurs. Récompensé par 3 Césars (meilleur film, réal et musique).
Il faut probablement avoir un goût pour la musique et la danse, pour bien apprécier le film d'ettore Scola. ce qui est mon cas. Après un début déconcertant où on se raccroche à ce qu'on peut pour suivre le déroulé (le film est sans dialogue), on est ensuite lancé dans un spectacle enthousiasmant, qui sait apporter des touches de tristesse ou de gravité, ou l'on suit l'évolution des danses, modes, attitudes, musique sur plus de 40 ans. Des valses si Françaises à l'arrivée du jazz américain ou du rock'n roll, des choix musicaux judicieux, on est emporté par la caméra plutôt virtuose de Scola, des sens de la transition épatants, pour un spectacle total. Il y a un côté theatral dans le film tres réussi, avec des acteurs qui changent de rôles au rythme des années. Malgré quelques idées moins réussis comme un sosie Gabin pas indispensable, quand les derniers néons du bal s'éteignent, on referme aussi notre poste de télé avec un sourire et une pointe de mélancolie. heureux d'avoir vu un spectacle rare
Cette comédie musicale, au sens le plus absolu parce qu'elle est mise en scène sans le moindre dialogue, retrace un demi-siècle d'Histoire à travers ses époques musicales. Des javas du Front populaire au disco contemporain, en passant par les bals populaires troublés par l'Occupation ou par les évènements de 68, Ettore Scola propose un florilège très éclectique de genres musicaux. Pour autant, "Le bal" n'est certainement pas un film historique; c'est un exercice de style, singulier et brillant, qui évoque par la musique et les festivités traditionnelles l'évolution des moeurs françaises, tout en célébrant l'impérissable convivialité des bals. Une foule de personnages -interprétés toujours par les mêmes comédiens- se presse sur la piste d'un dancing, décor unique où se rencontrent, se courtisent et se séduisent parfois, au son de mélodies célèbres, les danseuses et leurs cavaliers d'un soir. Le film est amusant dans sa façon originale de présenter, simplement par l'expression gestuelle des interprètes et danseurs, différents caractères tout de suite identifiables: le dragueur, la pimbêche, le timide...
« Le Bal » d’Ettore Scola (1983) filme 50 ans de chansons et de danses de salon en France, depuis 1936 avec le Front populaire puis la Guerre, l'arrivée du jazz et du rock, Mai 68 et le disco en 1983. C’est une adaptation de la pièce collective du Théâtre du Campagnol qui ma foi est fort bien réussie. C’est une prouesse cinématographique que de filmer ainsi en huis-clos la vie de la France dans un café/salle de danse et ce sans aucune parole et de très rares sons en dehors de la musique. La gestuelle des comédiens dont aucun n’est une vedette, est souvent lente et maniérée avec des mimiques outrées. Quelques clins d’œil avec un serveur ressemblant à Charlot (dans la séquence 1936 filmée quasiment en noir et blanc sauf le rouge) ; à Jean Gabin ; à l’inspecteur Maigret… Il y a quelques gags tel celui du monocle, du rail de coke, du Coca Cola… et des scènes poignantes lorsque la salle de bal se transforme en abri pendant la guerre, lors de l’arrivée du Vichyste collaborateur puis revendeur au marché noir, lors de la castagne d’un algérien dans les toilettes ou encore ce jeune militaire qui part pour la guerre en Algérie. Un exercice de style difficile mais réussi avec une grande technique cinématographique… et des couples de danseurs superbes !
Un peu de l'histoire de France du 20ème siècle en musiques, en chansons et en danses. Aucun dialogue, tout se passe en langage corporel. Ettore Scola nous délivre un film captivant.
Ettore Scola est un réalisateur italien de la fin de l'âge d'or du cinéma transalpin ( années 50 et 60). Certains de ses films ont obtenu de gros succès public et il bénéficie d'une réputation qui me semble un peu surestimée même si Scola n'est pas dénué de talent. "Le bal" est un de ses films qui obtint une reconnaissance aux césars et aux oscars. Il nous propose un regard sur la France au xx em siècle au travers d'une salle de bal. Les styles de musique se succèdent et les danseurs sont toujours les mêmes. Le film ne propose aucun dialogue. Il est la mise en image d'un spectacle monté par le théâtre du compagnol. Mon hypothèse est que le film veut nous montrer l'importance de la musique et de la danse dans l'existence, par-delà lHistoire qui bouleverse forcément nos vies. Maintenant, je dois reconnaître que le film ne m'a pas totalement convaincu. Les chorégraphies et les danseurs ne sont pas formidables et je me suis un peu ennuyé pendant la vision du film. La seconde partie est, selon moi, plus réussie que la première et on finit "le bal" sur le meilleur. A mes yeux, Scola donnera toute la mesure de son talent dans "affreux, sales et méchant ", voire dans " nous nous sommes tant aimés " que je place bien plus haut dans sa filmographie que "le bal" film honorable mais qui ne possède rien de transcendant.
Dans sa partie contemporaine ce film est réussi, les personnages au fur à mesure de leur entrée en scène dévoilent un aspect particulier. Le séducteur le timide, le hableur. Je suis moins sensible à l'évolution de cette histoire, la période du nazisme, le front populaire. ne me semble rien apporter de plus.
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3,5
Publiée le 23 avril 2021
Un film qui se taille une place dans l'histoire du cinéma de la manière la plus délicate et éphémère qui soit. Les acteurs font partie des meilleurs ensembles que j'aie jamais vus et les efforts combinés de toutes les personnes concernées semblent aboutir à bien plus que ce qui semble possible pour ce qui est essentiellement un film muet. Le travail de la caméra dans Le Bal d'Ettore Scola est tout aussi nuancé et évolué que le travail des acteurs mais il ne semble jamais forcé ou artificiel. Il a la manière subtile des films en noir et blanc. Ce film donne l'impression d'avoir été créé par les acteurs eux-mêmes ce pour quoi le réalisateur mérite mes plus grands éloges...
Une chose est sûre, la pièce de théâtre devait vraiment être fantastique à voir. Le concept est super, la mise en scène est vraiment très travaillée... Mais ce qui nous empêche de pleinement apprécier la chose, c'est la caméra et l'écran qui nous empêchent, d'être libre de ce qu'on regarde dans cet ensemble. Du coup, c'est assez compliqué de rester concentré deux heures sans décrocher. Mais ça reste une bonne expérience cinématographique.
Ettore Scola qui est déjà moitié français, réussit une oeuvre originale et unique. Sur une musique de Vladimir Cosma, il fait danser et jouer une troupe (d'amateurs au départ), pour une galerie de portraits, de "trognes" en vérité, recréant l'histoire de France du 20éme siècle, au travers de scènes typiques de nos bals. Jeux des acteurs, mise en scène, tout est trés travaillé pour un résultat fluide et joyeux. Une belle oeuvre.
Ravi d'avoir assisté à ce "Bal" ! Un film d'Ettore Scola au style particulier : pas de dialogues, uniquement de la musique et de la danse. On traverse différentes époques de l'histoire de France, ses modes et certains événements, de 1936 à 1983. Les mêmes acteurs incarnent plusieurs personnages à différentes époques et jouent vraiment bien. Chaque plan est bourré de détails, comiques ou plus tragiques. Il n'y a jamais de figuration, mais toujours du jeu lorsque l'on observe les personnages. Les modes et les danses reflètent l'état d'un pays, c'est intelligent, et l'on réalise que les mêmes comédies humaines se rejouent encore et encore...