Il est possible de se demander quel est l'intérêt d'un reboot, si ce n'est d'inverser les rôles masculins en féminins. Moralement, ça ne provoque rien. Pour l'oeuvre d'origine, ça ne change rien. Le grand soucis de ce long-métrage de Paul Feig est de recycler l'oeuvre originale mais en se cachant, puisqu'il utilise l'humour pour détourner l'attention. Néanmoins, il peut compter sur ses quatre actrices en forme, qui portent le film sur leurs épaules. Irrépréhensibles, elles confirment être les atouts comiques de notre époque et de l'avenir du cinéma (on n'aura de cesse de glorifier le Saturday Night Live pour la découverte de pépites). Il faut également compter sur l'atout surprenant qu'est Chris Hemsworth, benêt sexy dont chaque apparition marque les meilleures scènes du long-métrage.
En effet, le film ne se base que sur l'humour : entre dérision et cynisme, les boutades sont délicieuses car le casting s'en donne à coeur joie. On comprend rapidement qu'il ne s'agit pas de surfer sur les clins d'oeil et sur les éléments connus/attendus, mais bien de créer une identité propre aux personnages, de lancer un nouveau souffle. Il faut notamment mentionner les caméos rapides des acteurs originaux, étant uniquement des prétextes. Toutefois, le soucis dans la mise en scène de Paul Feig est de ne pas relier toutes les boutades. Il n'y a aucune logique, visant simplement à dérouler des gags les uns après les autres, tel un film à sketchs qui utiliserait à la fois la parodie et l'hommage à l'oeuvre d'origine.
C'est sympathique au début, mais ça en devient vite gênant et pénible à regarder. Surtout que, dans l'esthétique du film, Paul Feig n'offre rien d'intéressant. Alors qu'il dirige des génies comiques promises à un bel avenir, il les film aussi platement que sa 3D (inutile). Que ce soit l'approche formelle envers les personnages ou les plans de la ville, le film s'en fiche complètement. Une oeuvre sans âme, restée à une idée de surface, qui déroule ses sketchs dans une photographie immonde d'effets superposés, et dans des décors non exploités qui ne servent qu'à alimenter une accablante nostalgie eighties.
Même si la scène où
les agents du FBI et les militaires dansent sous le contrôle de Chris Hemsworth (encore lui),
la meilleure scène du long-métrage est au générique de fin
(l'autre partie délirante de la danse)
. Et même si le combat (presque) final
contre une armée de fantômes sortant d'un brouillard
est esthétiquement intéressante, il faut dire que la nostalgie et l'humour sont insuffisants à eux-seuls pour construire un film : aussi cynique que ses personnages, le long-métrage est un divertissement sympathique mais vite oublié.