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Don Keyser
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3,5
Publiée le 19 juillet 2013
Doté d'un scénario très bien écrit, "Tetro" nous entraîne dans une histoire familiale complexe. De ce fait, la réalisation est minutieuse pour arriver à comprendre le fil conducteur du long-métrage. Par ailleurs, les acteurs sont excellents. Ainsi, le film est captivant malgré quelques scènes ennuyeuses, et on arrive à se divertir.
Grand film. Coppola prolonge l'étude de ses éternelles obsessions dans une oeuvre aussi sublime qu'intelligente, dresse un portrait peu glorieux de la famille, se remet en question en permanence comme pour remettre à leur place ceux qui lui reprochent sa mégalomanie. Tetro est un film formidable sur les apparences, le mensonge, et la nature terriblement complexe de l'être humain. Et bien évidemment, sur la famille.
Tuer le père. Et la mère. Et tous les autres.
Le film s'ouvre sur l'arrivée du personnage de Benjamin à Buenos Aires, il porte un uniforme militaire. Le spectateur pense alors logiquement que le jeune homme est dans l'armée. Mais non, il est serveur sur un bateau. Déjà, le film nous dit de ne pas croire tout ce qu'on voit, de ne pas nous reposer sur certains acquis. Cependant, tout cela va encore plus loin quand nous apprenons que Benjamin s'est enfui d'une école...militaire. Acte entrepris par signe de rébellion envers son père. A la fin du film, et dans une même logique, nous apprenons que le lieu même où s'est exilé Tetro, Buenos Aires, ce lieu qu'il a rejoint pour oublier un passé familial trop lourd à supporter, est le lieu de naissance de son père. Ce que dit le film, c'est qu'on ne peut pas échapper à son passé. Pire, la famille, aussi délétère soit-elle, est essentielle à la composition identitaire de l'individu. Ce que fuit le personnage de Tetro, c'est finalement plus lui-même que sa famille. La seule raison pour laquelle il la délaisse est qu'il se rend compte qu'il ne peut que lui faire du mal spoiler: ( la mort de sa mère, la vérité sur son fils ).
La construction narrative et formelle du film est un modèle d'intelligence. Aux scènes de présent en noir et blanc répondent des flash-backs que Francis Ford Coppola choisit d'illustrer en couleur. Le réalisateur américain établit ainsi un parallèle subtil entre diverses époques. Au cinéma, en temps normal, il se passe l'inverse : c'est le noir et blanc qui figure le passé, et la couleur qui représente le présent. Mais le choix de bouleverser ce code est un discours intéressant sur la psychologie des personnages. Celui de Tetro est hanté pendant tout le film par la mort de sa mère dans un accident de voiture. En représentant la séquence de l'accident en couleur, Coppola ne fait rien d'autre qu'illustrer le trouble de Tetro, et l'auteur américain dit que le temps n'a aucune importance puisque les souvenirs ont toujours autant d'impact sur le moment présent.
Tetro est une oeuvre à la beauté pure, enveloppée d'un noir et blanc qui atteint au sublime. Dès les premières images le spectateur est happé, hypnotisé par la plastique du film. Coppola organise un film qui étonne sans cesse de par la composition parfaite de ses cadres, de par ses partis pris audacieux et juste surprenants. Cela est d'autant plus réjouissant de la part d'un tel auteur, parce qu'il parvient à se renouveler malgré ses 40 ans de carrière. Coppola n'a plus rien à prouver depuis bien longtemps, mais il signe avec Tetro une oeuvre pleine de liberté, comme s'il s'agissait là de son premier film.
Tetro est une très belle découverte. Réalisé par Francis Ford Coppola, connu pour Le Parrain, on y retrouve un peu cette pâte, Tetro racontant l'histoire d'une fresque familiale un peu à la façon du Parrain, même si cette dernière est quand même plus simple à suivre. Tetro a quelques longueurs dans son rythme mais j'apprécie beaucoup le parallèle fait entre la fiction écrit par Tetro et la recherche du passé de Bennie, qui finit par se croiser et offre une dimension un peu "onirique" au film, ça me fait penser à des films comme Lost Highway ou Nocturnal Animals dans lesquels la fiction à l'intérieur même du film se croise avec l'histoire des personnages. En plus, le retournement de situation de Rétro est assez excellent et je ne m'y attendais pas, et le film est visuellement magnifique et a une ambiance envoûtante. Un très bon film, je recommande !
UN CHEF D'OEUVRE, ce film est un chef d'oeuvre. Un mélo flamboyant à l'interprétation magistrale de Vincent Gallo et de la révélation du film, le jeune acteur aux allures d'un Léonardo Di Caprio jeune. La photo est sublime. Il y a très longtemps que je n'avais pas eu un tel choc esthétique au cinéma. Le fim est extrêmement émouvant. Une très belle réflexion sur la famille, ses secrets, ses rivalités. Parfait pour les fêtes de noël.Un film à voir de toute urgence!
Superbe du début à la fin, images magnifiées, lumière travaillée,Tetro enchante nos yeux et nous plonge dans la profondeur des sentiments et des ressentis des personnages, à la psychologie visiblement travaillée jusqu'à maîtrise complète. Très bonne performance des trois acteurs principaux. Il se dégage de certains moments une grâce et un charme que l'on sait n'avoir jamais encore perçu ailleurs que dans ce film. Peu de moments de répit pour le spectateur, j'ai été littéralement captivée par les images (et les musiques souvent grandioses qui viennent dramatiser ce que l'on voit) et l'histoire. J'ai trouvé cependant la fin un peu inférieure au reste du film, elle m'a semblée arriver certes comme le voulais son scénariste, et son réalisateur comme une apothéose qui clorait le tout, mais le gros de l'histoire est déjà dernière nous lorsque sonnent les dix dernières minutes de fin, tout est découvert au spectateur, et il ne peut plus regarder cette fin qu'apaisé finalement, pendant que se dénouent les derniers restes du scénario, ce qui certes se justifient d'un point de vue scénaristique mais clôt le film dans un moment où la tension est déjà retombée, et où le spectateur, éprouvé par ces deux heures d'intense cinéma, est déjà un peu sorti du film. Mais enfin les dernières scènes sont sublimes comme le reste du film.
Depuis qu'il a claqué la porte du système hollywoodien et plus encore après nous avoir sorti son ridicule L'homme sans âge en 2007, la sortie des films de Francis Ford Coppola ne sont plus aussi attendus qu’au siècle dernier. C’est sans doute parce qu’on en attendait rien Tetro est à ce point agréablement surprenant. Avec sa splendide photographie fantomatique noire & blanche et sa mise en scène qui mêle habilement aussi bien des passages aux styles classiques qu’originaux, le film arrive à nous immerger dans les obscures relations entre ces deux frères, incarnés par Vincent Gallo et Alden Ehrenreich, et avec leur père (le thème de la filiation est décidemment récurrent chez le réalisateur du Parrain). La part d’autobiographie de ce récit teinté de lyrisme laisse s’interroger sur la façon dont sa morale autour du fait que le génie créatif n’est pas transmissible par le sang a pu être reçue par sa fille Sofia.
Coppola retrouve ici une véritable envie de filmer et ça fait plaisir à voir, sa mise en scène étant par instant touchée par une certaine grâce. Malheureusement, l'émotion manque singulièrement à l'appel, l'ensemble se révèlant vite froid et un poil artificiel.
S'il est indéniable que cette réalisation de Francis Ford Coppola est magnifique sur un plan visuel, l'intrigue même si très bonne m'a un peu laissée sur ma faim, surement la faute à quelques longueurs un peu regrettables. Néanmoins, les interprétations de grande qualité livrées par Vincent Gallo et le jeune Maribel Verdú viennent sauver les petits défauts. A voir sans hésiter.
Francis Ford Coppola signe une œuvre d'une telle puissance intimiste et d'une telle dramaturgie envoutante qu'il nous offre une des ses plus importantes contributions au septième art. Son scénario parfaitement abouti est digne de Tennessee Williams ou d'Arthur Miller, avec un sens du fatum qui rappelle la Grèce antique des Atrides. Les retrouvailles difficiles à Buenos Aires de deux demi-frères donnent lieu à la reconstitution d'un puzzle, où rode l'ombre d'un patriarche célèbre chef d'orchestre au génie écrasant et égocentrique, au point d'en détruire ses proches. Une mise en scène épurée, utilisant habilement un noir et blanc de contre-jour, et une direction d'acteurs précise, participent à cette extraordinaire et inattendue réussite.
La fin est grandiose. Mon problème, c’est Vincent Gallo. Ça se voir à sa tête qu’il n’a jamais ouvert un livre de sa vie, à part peut-être des bouquins sur le moi et surmoi. Dans le film, il est censé être un auteur de théâtre. J'ai un peu de mal à y croire. Maribel Verdu est superbe. Elle était dans Y tu mama tambien.
Une déception relative. A peine mieux que l'Homme sans âge, même si l'on sent toujours la grande maîtrise du réalisateur. Je n'ai pas vraiment adhéré à l'histoire, trop invraisemblable et compliquée, pour être ému. Les acteurs sont bons et l'image, excellente. L'utilisation du noir et blanc est superbe mais, dans le registre de ce film, je préfére de très loin Rusty James (Ramble fish), qui est une merveille.
Enfin ! Après un très décevant L'Homme sans âge, Francis Ford Coppola est réellement de retour avec Tetro, œuvre faisant office de véritable retour au source où, teinté de touches autobiographiques, il va évoquer les liens fraternels et paternels.
Tourné dans un noir et blanc renvoyant à Rusty James, Tetro nous immerge au cœur du Brésil, à Buenos Air, pour assister au retrouvaille entre deux frères, dont les liens ont été rompus. Se basant sur une écriture astucieuse, fine et d'une certaine richesse, Coppola propose une œuvre captivante, réfléchie et intéressante, surtout dans la première partie, alors que la seconde se révèle légèrement décevante (comportant beaucoup de flash-back et se faisant un peu trop froide, manquant un peu d'émotion malgré les enjeux assez forts), sans pour autant que ce soit préjudiciable.
Pourtant, l'histoire comporte des rebondissements bien pensés et trouvés, qui savent d'ailleurs se faire surprenants. Le metteur en scène du Parrain sait assez bien les distiller, tout en mettant en place une ambiance mystérieuse, intrigante et assez puissante, notamment durant la première partie lorsqu'il se balade dans les rues et l'atmosphère brésiliennes. De plus, Coppola orchestre tout cela avec grand brio, maitrisant parfaitement les éléments technique et dirigeant ses acteurs d'une mains de maitre, et ces derniers le lui rendent bien, Vincent Gallo en tête.
Une œuvre qui permet à Francis Ford Coppola de retrouver son standing, proposant un film mystérieux, intriguant et réfléchi, dont les légers défauts ne sont guère préjudiciables et porté par d'excellents comédiens.