Portrait intéressant, très contemplatif (excessivement d'ailleurs), d'une peintre au statut social improbable et de sa rencontre avec un homme du monde qui va la pousser à sortir de l’ornière de son existence. L'exposé des conditions de vie misérables de l'époque, ainsi que du travail sur la peinture, ne manque pas de qualités esthétiques, jouant avec talent du silence comme de l'image, et les interprètes sont franchement bons. On regrettera en revanche quelques scènes qui s'allongent à l'excès, et une absence quasi complète d'explications sur le parcours de cette femme et ses motivations.
Portrait d’une femme de ménage simple doublée d’une artiste peintre autodidacte. Quelque peu mystique, le rôle de Séraphine - que je ne connaissais pas - est admirablement tenu par Yolande Moreau. Le rythme est lent et se languit de longueurs variables mais la mise en scène est appliquée, picturale et joliment photographiée. A noter que les dernières images du film sont très belles.
Le film est sorti il y a longtemps et j’ai mis pas mal de temps à me décider à le voir, parce que les biographies ne sont pas vraiment ma tasse de thé et parce que, comme beaucoup de monde, je ne connaissais pas cette artiste et que donc le sujet ne m’intéressait pas vraiment. On peut dire que le film a donc été à tout niveau une bonne surprise. En fait, la méconnaissance (pour ne pas dire l’ignorance totale) de la vie et de l’oeuvre de Séraphine Louis est plutôt une bonne chose, on regarde ainsi le film vierge de tout a priori et on se laisse de ce fait entraîner dans cette vie hors du commun. Car c’est une vie extraordinaire que nous conte ce film, celle de Séraphine orpheline, qui à côté de son métier de domestique, sans aucune culture, ni connaissance technique, peint à la lueur de bougies et qui découverte par un marchand d’art allemand, va connaître une célébrité relative et une prospérité éphémère avant de mourir seule dans un hôpital psychiatrique durant l’occupation allemande. Le film s’attache à la période 1912/1937 : de la découverte par Uhde à l'hospitalisation finale. La sobriété de la réalisation permet de laisser paraître l’unique de cette vie dont l’éclat du génie est sorti du néant. L’autre point fort c’est la prestation de Yolande Moreau qui est absolument géniale en femme mystique et secrète qui se révèle dans les tableaux qu’elle peint ; par ailleurs les multiples récompenses qu’elle a reçues témoignent de son excellent travail. Un film sobre, portée par une actrice en état de grâce qui dépeint la vie injustement méconnue d’une des rares femmes artistes du XIXème siècle. À voir absolument pour découvrir ces deux grandes artistes que sont Séraphine Louis et Yolande Moreau.
Le soleil Yolande Moreau rayonne sur ce destin d'artiste visionnaire incompris de son temps, Séraphine. Derrière ses airs simplets, se cache une femme téméraire qui assume sa marginalité pour vivre de sa passion. Comme le geste sur ces toiles somptueuses, le film est coloré et gracieux. L'actrice aurait pu sombrer dans l'âpreté, mais son jeu est bien plus subtile, ce qui donne un personnage attachant. Ce duel avec Ulrich Tukur donne des répliques bien senties et un portrait de femme brillante.
Yolande Moreau marginalise bien son rôle, visiblement faite pour elle et Ulrich Tukur, est également excellent, en découvreur de talent allemand. tout comme les artistes van Gogh ou Picasso dans la peinture ou dans l'art brut comme le facteur Cheval c'est souvent les personnages marginal qui sont les vrais artistes, et qui font des œuvres mémorables. une reconstitution froide et âpres de la France, du début du 20ème siècle, victime de la première guerre mondiale, du crak boursier de 1929. Seraphine qui passe de la pauvreté à la richesse. Mais la folie S'accroît également. Et plombe. Un final très émouvant.
Ce biopic vaut davantage pour son sujet loin des célébrités habituelles à l'œuvre platonique dont nous bassine le cinéma américain que pour son rendu visuel. Un projet estimable donc mais le grand problème est qu'on arrive jamais a rentrer dans l'univers de Séraphine de Senlis ni a nous y intéresser... Cela vient sans doute du parti-pris visuel adapté par le réalisateur Provost qui multiplie les plans large et ne recadre sur ses personnages qu'à de rares moments. De plus, très bien interprété (notamment Ulrich Tukur dans le rôle du mécène, davantage dans la nuance), les personnages semble évoluer dans un espace-temps irréel malgré les rappels incessants de l'Histoire. Paradoxe donc que ce projet qu'on aurait tant voulu aimer mais qui, il faut bien l'avouer, nous ennuie pour le moins avec un rythme certes lent mais souvent poussif. Une déception.
L'histoire vraie de Séraphine de Senlis, pauvre femme très modeste du début XXème peintre peu connue mais reconnue. Le film aux 7 Césars est un très joli film mais peut-être un peu surestimé. Les acteurs sont très bons surtout Yolande Moreau vraiment superbe. Le vrai bon point reste une véritable fidélité historique en évitant la misère larmoyante de ses débuts. On reste surpris par le choix d' l'ellipse, une coupure de 13 ans beaucoup trop facile dans le scénario (comment a-t-elle évolué pendant ses 13 ans ?!). La mise en scène est très classique et n'arrive pas à mettre en avant le relation qu'on devine pourtant forte entre Séraphine et son mécène. Quelques bémol qui ne doit pourtant pas arrêter le spectateur, le film reste un oeuvre très intéressante à voir absolument.
Il fallait être audacieux pour exhumer de l’oubli collectif le personnage de Séraphine Louis, dite de Senlis, peintre qui a illustré modestement à son heure, le modernisme naïf. Courant d’art dans lequel elle évoluera en courant d’air. Sa peinture est aussi radicale que sa vie de femme et d’artiste, les deux s’entremêlant, se fusionnant. Et Martin Provost ne s’y trompe pas ! Il a saisi le mystère qui entoure sa personnalité mystique quasi immaculée, quelque peu décalée et profondément attachante. Par petites touches, il retrace son incroyable parcours. Il évoque avec beaucoup d’empathie et d’admiration cette femme de nulle part, bonne à tout faire pour quelques sous, qui dans un état de transe se transforme la nuit en créatrice d’œuvres foisonnantes dont la nature comme être vivant en est le cœur. Les scènes courtes s’enchaînent somptueuses, fragiles et se teintent d’un réalisme saisissant. La lumière et le cadre sont somptueux. Les scènes où Séraphine est placée au cœur de la nature, luxuriante et étonnamment palpable, irradient d’incandescence. On retrouve ici d’ailleurs une certaine filiation avec « Un dimanche à la campagne » de Tavernier. Par contraste hors de ce cadre, la grisaille submerge tout. L’artiste en soit n’existe pas, cet être angélique est poussé par une volonté, qu’elle pense divine, mais qui n’est autre qu’une perception unique et brutale de la beauté. Séraphine, contrainte dans sa vie, se lâche dans son œuvre, seul moyen pour elle de se faire entendre ou respecter. Cette vision brillante surprend, impressionne et vous touche profondément, le dernier plan vous laissant un goût doux amer à l’image des œuvres de l’artiste. Emotion démultipliée également par l’incarnation du peintre par une Yolande Moreau qu’on savait déjà formidable (Quand la mer monte) mais qui ici dépasse le cadre même de la performance, elle est Séraphine, jusqu’au bout des ongles, à la limite de l’absolu. Le film repose sur elle entièrement et c’est aussi dans ce sens qu’il est
Ne connaissant pas l'artiste, je ne porterais pas de jugement sur la fiabilité du récit mais ce qui frappe rapidement reste encore le talent de Yolande Moreau et de cette belle histoire que seule un artiste de talent tellement décrocher du monde "réél et civilisé" peut engendrer. On reste attendrit du début à la fin et le vieux senlis magnifiquement mis en valeur.
« Séraphine » est le 3ème long-métrage de Martin Provost sorti en 2009. Il est prodigieux car il nous fait découvrir la vie d’une femme simple, inculte, rejetée par ses voisins, dévouée à la vierge et sensible à la nature… et qui se révèlera être un grand peintre grâce à la perspicacité de Wilhelm Uhde (Ulrich Tukur), un collectionneur allemand (premier acheteur de Picasso et de Braque, découvreur du douanier Rousseau) qui emploie Séraphine comme femme de ménage. Ce film montre l’acharnement avec lequel Séraphine dite de Senlis mélange des peintures ripolin à des matières (de la terre, du sang, des feuilles, de la cire …) et répète minutieusement la nuit à la lueur de la bougie, des petits motifs créant des chefs-d’œuvre floraux de type naïf dont certains sont exposés au musée de Senlis et au musée Maillol à Paris. Il nous montre enfin – si besoin en était- toute la finesse du jeu de Yolande Moreau. Ce film qui a reçu pas moins de 7 Césars, est par ailleurs d’une extrême beauté plastique en termes de réalisation !
Un biopic qui choisit une solution de facilité, ça donne La Môme, ou Ray, ce genre de chose agréable à regarder sans être inoubliable. Séraphine prend ici un tout autre chemin, plus difficile, plus lent, plus humain aussi. Yolande Moreau transcende ce film par son interprétation, vraiment magnifique de finesse, de sensibilité, de candeur bonhomme. Ulrich Tukur, souvent très bien, ne rate pas non plus son personnage. Ils donnent tous les deux un ton subtil, plus réel à ce film. Des vrais beaux moments d'émotion apparaissent (des micros aussi dans le haut de l'image, dommage...). Au final, un film exigeant, mais qui ne décevra pas celui qui accepte de se laisser emporter.
Je suis fan de Yolande et si vous regardez ce film vous comprendrez pourquoi. Elle est cette femme et avec elle, elle emporte tous les autres dans son histoire, spectateurs, comédiens... et ces tableaux qu'ils sont beaux ! juste une chose qui m'a ennuyé et qui a été sans doute voulu par le réalisateur : des images surexposées qui éblouissent parfois, peut-être aurait-il mieux valu moins de lumière pour rester dans l'intimité de ce film.
Bien qu'il soit d'une longueur décourageante pour les moins valeureux d'entre nous, Séraphine est une oeuvre complexe et profondément sincère, aussi bien dans l'interprétation extra ordinaire de Yolande Moreau, bouleversante en femme de ménage autodidacte que dans la réalisation humble et d'une poésie pure : c'est un petit bout de paradis où la nature tient le maître mot. Sans artifices aucun, l'histoire vraie de cette femme peu connue du grand public mais aux dons hors du commun touche le spectateur, on se prend d'affection pour elle et pour chacun des personnages qui l'environnent. La musique même si fort sage se révèle également être une belle découverte. C'est donc une jolie réussite qui mérite le succès auquel elle a eu droit. A voir une fois.
Bon film sérieux et solide, un poil trop classique(dans le sens d'académique) et trop long. Yolande Moreau suscite la sympathie, elle joue bien quoi qu'un peu tout le temps sur le même registre : le registre "Yolande Moreau", fait de décalage et de fausse naïveté, qu'elle a inventé. A part ça, le film de Provost ne mérite peut être pas toutes les récompenses qu'il a grapillées, mais il réussit le pari de mettre en valeur, grâce notamment à deux ou trois scènes fortes, le travail d'une artiste méconnue. A tel point que même des personnes initialement peu sensibles aux toiles de Séraphine de Senlis, finissent par leur trouver un petit je-ne-sais-quoi.