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Un visiteur
5,0
Publiée le 2 avril 2009
Un petit chef-d'oeuvre à côté duquel on aurait bien failli passer. Sans longueur aucune, et terriblement réaliste. Yolande Moreau est à l'aise comme jamais dans son rôle. Magnifique, tout simplement.
Séraphine,2008, de Martin Provost. Minutieux biopic d’une artiste peintre, incarnée par une Yolande Moreau touchée par la grâce. Séraphine est bonne à tout faire, inculte, vierge de toute influence, illuminée par sa ferveur religieuse. Un galériste allemand, découvreur, entre autres, du Douanier Rousseau, va remarquer les petites natures mortes de la servante et l’encourager à travailler. L’aide du mécène, remarquable Ulrich Tukur à l’écran, sera sa chance artistique, mais entraînera aussi sa perte, l’approche d’un possible succès lui faisant franchir le mince voile qui séparait sa puissance créatrice du délire psychotique. Avec des plans longs, lents, cadrés comme des tableaux vivants, le spectateur suit le parcours de cette artiste hors norme, inspirée par la nature qu’elle contemple et dévore, dans laquelle elle découvre en alchimiste les bases de fabrication de ses pigments. Il faut entrer dans le film en confiance, sans jugement, appréhender les étonnants rapports que Séraphine entretient avec son mécène. Le cinéaste a en plus réussi à placer au centre de son œuvre un passionnant questionnement sur l’acte de création. Au début, les petits tableaux de Séraphine traduisent son énergie, sa vitalité, sa compréhension instinctive de la nature, puis, les années passant, l’artiste produit de façon compulsive des toiles de plus en plus grandes, épuisant sa santé physique et mentale. De simples et fraîches avant la guerre, ses compositions deviennent, à la fin des années 1920, labyrinthiques, ses feuilles sur travaillées semblent passer du monde végétal à un monde animal dévorant. Elle est internée et cesse de peindre en 1932, mais ne mourra que 10 ans plus tard, en hôpital psychiatrique, de faim, comme 45 000 autres aliénés durant la guerre. Cet épilogue constitue le gros défaut du film, lestant bien inutilement la dernière demie- heure, alors qu’il aurait gagné à n’être qu’évoqué. L’essentiel était dit, merveilleusement dit.
Très beau film, qui fait comprendre ce que peut être un vrai artiste d'art "brut" ou "primitif". De belles images, des décors et costumes très réalistes. Un rythme assez lent mais cohérent avec l'histoire et la personnalité de Séraphine. Yolande Moreau est parfaite dans son rôle. L'ensemble du film est un sans faute. Seul petit bémol: Yolande Moreau ne semble jouer ni plus ni moins que le même personnage des Deschiens ou d'Amélie Poulain... Elle le fait très bien, certes, mais on aimerait la voir dans un registre différent pour évaluer vraiment sa qualité d'actrice...
Très belle réussite. Autant le dire tout de suite, l'affiche ne m'avait pas donné envie de voir ce film. Les 7 César qu'il a reçus sont parvenus à me convaincre. Alors merci à l'Académie, puisque sans elle, je serais passé à côté d'un très beau film, beau humainement, beau sur le plan esthétique. "Séraphine" donne l'envie de vivre. Tous les moments de la vie sont résumés dans ce film : les bons et les moins bons, les hasards de la vie, les coups du destin, la gentillesse, la méchanceté... Tous les sentiments humains sont présents et c'est pour cette raison que j'ai aimé ce film.
Bon film sérieux et solide, un poil trop classique(dans le sens d'académique) et trop long. Yolande Moreau suscite la sympathie, elle joue bien quoi qu'un peu tout le temps sur le même registre : le registre "Yolande Moreau", fait de décalage et de fausse naïveté, qu'elle a inventé. A part ça, le film de Provost ne mérite peut être pas toutes les récompenses qu'il a grapillées, mais il réussit le pari de mettre en valeur, grâce notamment à deux ou trois scènes fortes, le travail d'une artiste méconnue. A tel point que même des personnes initialement peu sensibles aux toiles de Séraphine de Senlis, finissent par leur trouver un petit je-ne-sais-quoi.
Yolande Moreau incarne magistralement Séraphine Louis, femme de ménage humiliée et artiste inspirée. La communion de Séraphine avec la nature est représentée dans des scènes magnifiques. On assiste avec émotion aux élans mystiques de cette femme et à sa dégradation psychique inexorable. Le film fait réfléchir sur les aléas de la création et la place de l'artiste dans la société. Un grand merci à l'académie des arts et techniques du cinéma pour avoir attiré mon attention sur ce chef d'oeuvre.
Un film nominé et primé au Césars... Forcément, une bonne raison de s'y attarder. C'est dans une salle quasi-vide que je me suis rendu à une séance de "Séraphine". Premier constat, les images sont belles, les acteurs vrais et une véritable beauté se dégage tant des paysages que des oeuvres de Séraphine. Cependant, il faut quand même revenir à la réalité... ce film est profondément chiant et bien trop lent même si le début laisse espérer des rebondissements plus nombreux qui n'arriveront que bien trop tard. Autre point, même si la performance de Yolande Moreau est manifeste, force est de constater qu'elle joue là, une nouvelle fois, le type de personnage qu'elle a toujours joué depuis les Deschiens. On a même l'impression que dans la vraie vie c'est vraiment son personnage (regard vide et hagard, air niais). Alors, à force, çà fatigue et on vient à se demander si elle sait faire autre chose. Bref, mes a priori, se sont vérifié, joli petit film d'auteur, beaucuoup de poésie mais chiant à souhait. Tout était donc réuni pour provoquer l'extase du milieu bobo-intellectuel parisien. Le film mérite néanmoins une note honorable mais sans plus.
Très bon film. Beaucoup d'humanité. Le talent de peintre de Séraphine n'a d'égal que celui de Yolande Moreau comme actrice. Des récompenses méritées pour une vraie réussite.
Le phénomène des Césars est ressorti dans de nombreuses salles et j'ai donc fait comme tout le monde, je suis allé le voir. La copie était très mauvaise donc le jugement est altéré. Séraphine est un film difficile à voir, il est destiné à un public particulier, tout est dans la sobriété dans le jeu, la lumière est pâle mais expressive. C'est un très beau film sans aucun doute qui a demandé beaucoup de travail mais le coeur parle plus pour un film comme Mesrine que pour ce Séraphine. Il y a peut-être quelques Césars de trop...
Une honte 7 césars pour ça!!!! un film à ignorer sans plus attendre! Yolande moreau est affreuse en temps normal mais dans ce role elle est encore pire!