Après un excellent premier épisode et une suite un peu répétitive, je n’attendais plus franchement grand-chose de la saga "Mon beau-père et moi". C’est dire si la mise en chantier d’un nouvel opus m’a surpris… et, surtout, m’a laissé dubitatif quant à l’histoire qui pouvait encore être racontée. Les scénaristes hollywoodiens n’ayant pas de limites, on a donc droit à un troisième épisode censé mettre en avant les enfants Furniker et le rôle de père de ce pauvre Greg qui va devoir, une fois de plus, composer avec l’envahissante présence de son beau-père. Et, comme on pouvait le craindre, c’est bien évidemment l’affrontement entre les deux têtes d’affiches (Ben Stiller ultra-prévisible et Robert de Niro ultra-cabotin) qui est au centre du film… avec, au passage, une resucée de toutes les scènes auxquelles on a eu droit dans les deux premiers épisodes. On retrouve donc le repas qui finit mal, la perte de confiance de Jack envers son gendre, les confrontations entre les deux hommes basées sur un malentendu… mais également des gags bien plus lourdingues (la bataille dans la piscine à boules, la crise de la belle Andi Garcia, la scène du vomi…). C’est d’ailleurs ce ton bien plus lourd et poussif qu’on retiendra de ce dernier (?) épisode, qui s’explique par la faiblesse de son intrigue mais également par le changement de réalisateur (Jay Roach laissant la place à Paul Weitz). Malgré quelques dialogues amusants (le conseil donné à Jack concernant Google...) et quelques bons moments (notamment la prise de Viagra par Jack ponctuée d’une piqûre devant témoin), "Mon Beau-père et nous" est donc une suite dispensable, pour ne pas dire artificielle, à l’image du retour des anciens de la saga comme Teri Polo, Blythe Danner, Barbra Streisand ou Dustin Hoffman (non prévu à l’origine et qui a tourné ses scènes à la dernière minute), dont les prestations se limitent à quelques dialogues. Seul Owen Wilson voit son rôle considérablement étoffé et apporte un peu d’originalité à l’intrigue. Quant aux nouveaux venus, ils ne marqueront pas les esprits, que ce soit Jessica Alba en VRP déluré, Laura Dern en directrice d’école élitiste ou encore Harvey Keitel qui s’offre un face à face avec son vieux complice De Niro, qui s’avère très anecdotique. Quant aux enfants, ils auraient mérité un traitement bien plus soigné. La saga s’achève sur une note plus que moyenne qui amusera davantage les enfants que les parents…