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Un visiteur
2,5
Publiée le 22 octobre 2008
Un triptyque inspiré malheureusement assez inégal servi par trois grands noms de la réalisation. De l'ensemble de l'oeuvre se dégage un esthétisme certain ainsi qu'une indéniable originalité, cependant l'association des trois courts métrages n'est pas des plus évidentes. Le Michel Gondry, fidele à son auteur, est un brin décalé, sans toutefois plonger aux confins du loufoque, on reste donc un peu sur sa faim... "Merde" est un ovni provocateur mais dont la satyre point à peine sous les agaçantes longueurs qui ne mènent pas à grand chose. "Shaking Tokyo" enfin, le plus subtil des trois, clôt tout en finesse et non dits ce triptyque atypique qui nous rappelle par sa forme et son sujet l'excellent "Paris je t'aime"
Joon-ho Bong nous livre de nouveau après THE HOST, un pur moment de cinéma au travers sa nouvelle filmée en position 3 du long métrage TOKYO à découvrir pour lui. Comment ne pas s'émerveiller devant la fluidité et l'inventivité de sa réalisation et devant la finesse et l'intelligence de sa démonstration ?
Sur les trois courts métrages, l'un est un chef d'œuvre: celui de Bongjoon ho, l'un est plutôt bon: celui de Gondry, l'un est carrément raté: celui de Carax. A voir, rien que pour Gondry et Bongjoon Ho.
Le dernier court métrage est un véritable chef-d’œuvre ! Il devrait inciter tout un chacun à sortir de chez soir et à oser affronter le risque que présente toute relation, qui plus est amoureuse. Un très beau film sur la solitude et les mirages, les leurres qui l’accompagnent. Je peux le qualifier de chef d’œuvre en raison de sa subtilité jointe à une grande simplicité. Très beau, annonciateur de la Palme d’or.
Super film , avec en point d'orgue "Merde" le deuxiéme moyen métrage de Léos CARAX avec des Denis LAVANT et Jean-François BALMER au sommet . Le premier est trés bon , le troisiéme excellent .
Caractérisons ce "film": un triptyque audacieux, original, jubilatoire et poétique. Voir Tokyo à travers trois prismes différents, rire et frémir, se moquer et trembler, toute une palette d'émotions servies par des caméras d'or. Palme d'or au Merde de Léos Carax (Denis Lavant excellent!), qui m'a fait mourir de rire avec un véritable fond critique et jubilatoire. Ce que le cinéma offre de mieux!
Trois réalisateurs différents pour les trois sketches du film "Tokyo": M.Gondry d'abord,dans Interior Design, nous montre un jeune couple qui peine à trouver ses repères dans cette ville peu hospitalière;la jeune femme,indécise,a le sentiment diffus de perdre le contrôle de sa vie : vision quelque peu surréaliste et plutôt réussie. Autre réalisateur,autre vision de Tokyo,avec "Merde" de Leos Carax et sa créature venue des égouts,prête à tout détruire :Créée par l'homme qui la rejette,elle prend le pouvoir de façon anarchique;Denis Lavant dans ce rôle,fait une remarquable prestation, "innocent" et répugnant à la fois.Enfin,c'est la vision d'une ville désertée que nous donne Bong,avec des hommes repliés sur eux-mêmes et s'excluant du monde par peur de l'autre.Une grande cohérence,donc,dans ces trois visions de la mégapole.Cinéma original et intrigant...
Trois courts métrages de trois réalisateurs différents. Le premier "Interior Design" est plutôt intéressant, bien réalisé, notamment dans sa dernière partie, mais ce court métrage de Gondry reste plutôt anecdotique. On enchaîne donc avec "Merde" de Leos Carax. Alors d'accord c'est sans doute le plus innovant, le plus critique, et donc le plus risqué. Mais ça n'en fait pas pour autant un bon court métrage pour plusieurs raisons. Peu d'idée de cinéma, des acteurs qui surjouent et le propos nébuleux devient vite lourd. Mon véritable coup de coeur reste le dernier court de ce film "Shaking Tokyo" réalisé par Bong Joon Ho cinéaste Coréen auteur de The Host et Memories of Murder. Ce court propose une mise en scène superbe, d'une fluidité exemplaire dans un espace pourtant exiguë. Deux personnages très touchant et une vision de Tokyo vraiment dérangeante. Au final trois court métrage plus ou moins réussi mais le segment de Bong est clairement au dessus.
L'inévitable "trois réalisateurs nous donnent chacun leur vision personnelle d'un sujet"... Ici Tokyo. Michel avait flashé sur le nom de Michel Gondry, et de fait son petit opus "Interior Design" était sans doute le plus réussi des 3. Même si l'acteur masculin était très agité, superficiel et peu crédible, l'histoire de ces deux jeunes débarqués à la capitale avec tous leurs rêves et le récit implacable de leurs désenchantements était bien tournée. J'ai aussi beaucoup aimé le thème du dernier, cette histoire d'hikikomori, traitée avec gravité et un certain humour. Mais la fin en fleurette à l'eau de rose, sur fond de tremblements de terre à répétition, m'a un peu déçue. Mais, lorsque Michel a déclaré avant de partir d'un ton péremptoire, "quand il y a 3 réalisateurs, y a forcément un ratage", je l'ai vertement tansé en lui reprochant son pessimisme... "non, il y a forcément une réussite"... Pourtant il avait raison car le ratage c'était ici le film totalement absurde de Léo Carax, Merde. Cette stupide histoire de créature des égouts posée là comme un cheveu sur la soupe, a gâché l'ensemble du brouet, et a rendu le potage ingeste. Dommage
J’ai moins aimé le deuxième (qui en voulant « faire auteur » tombe rapidement dans le grotesque) de ces trois court-métrages mais chacun de ces trois film offre une réflexion intéressante et assez critique envers la société japonaise, notamment sur ce qu’elle a de pire : sa tendance à l’exclusion impitoyable des étrangers (mais aussi de tout ce qui est étranger à sa culture).
Il est difficile de juger de juger de façon uniforme un film à sketch, puisque son contenu en fait quelque chose de facilement inégale, que ce soit dans la qualité ou dans la correspondance de certains court-métrages avec nos goûts. Mais pour ce film-là, chaque court-métrage m'a été d'un visionnage agréable, chacun ayant un ton visuel et narratif propre. Celui de Gondry, bien qu'un peu déprimant au milieu, a une fin vraiment géniale qui colle superbement à son style. Malgré sa conclusion, c'est le plus réaliste des trois dans sa vision de Tokyo. Le personnage central est attachant et on lui souhaite bien du bonheur. Celui de Carax a un point de vu particulièrement large, adoptant le point de vue du Japon entier, avec un ton oscillant entre un réalisme tragique et un irréalisme comique, avec une fin particulièrement ambigu. La critique sociale sous-jacente est à la fois hilarante et angoissante (jusqu'où va la crédulité de la masse ?). Les 2 personnages principaux sont génialement bizarres, à tel point qu'on peut avaler le fait que l'avocat puisse comprendre Merde. La troisième histoire détonne complétement, on suit complétement le personnage principal avec sa voix off. Le film ne veut aucun repère concret, on est déjà dans un univers fantastique qui est pourtant critique et c'est le seul court-métrage qui a un objectif concret (retrouver la livreuse de pizza), ce qui amène à une fin que je trouve très belle. Pour ce qui est du style du réalisateur, on retrouve le ton peut précis des films de Bong Joon-Ho, oscillant entre l'inquiétant ,le comique, le tragique, la romantisme, etc. En résumé, Tokyo! est un film qui fait appel à notre souplesse intellectuel qui, si on fait un effort, nous offre une pépite dans son genre.