Des paysans chassés de leur ferme partent vers la terre promise : la Californie... Pour cette adaptation du roman de John Steinbeck, que je n'ai hélas jamais lu, John Ford nous fait part d'un long métrage absolument magistrale et d'une grande beautée plastique, il faut dire que la superbe photographie en noir et blanc de Gregg Toland ( futur photographe sur le "Citizen Kane" de Orson Welles ) s'avère un atout incontestable. La mise en scène est en tout point admirable et sert à la perfection cette magnifique histoire qui nous montre à la fois le deuil, la colère, l'espoir et le courage de ces fermiers américains en quête d'un nouveau travail et d'un nouveau lieu d'habitation. Certaines séquences sont des plus marquantes, en grande partie aussi dû à un casting irréprochable et qui est emmener par un Henry Fonda brillantissime et qui délivre, à coup sûr, une des ses plus belles performances, mais aussi grâce à la partition musicale bien émouvante de Alfred Newman. Ce film qui obtiendra 2 oscars ( un pour la réalisation de John Ford et l'autre pour le meilleur second rôle féminin, qui aura été attribué à Jane Darwell qui est bien émouvante dans le rôle de Ma Joad ), est donc à voir et à revoir sans modération car rarement un récit n'aura été aussi attachant à suivre.
Réalisé en 1940 et basé d’un roman de Steinbeck, Les Raisins de la Colère est un film de Ford ‘non-western’ qui raconte le long périple d’une pauvre famille de fermiers chassés de chez eux. Etonnamment pour un film de Ford, l’URSS l’interpréta comme une critique du capitalisme et décida de le diffuser dans son pays quelques temps. C’est un peu le cas, même si le film est plus un portrait des laissés pour compte, des gens simples et travailleurs, qu’une critique du capitalisme. C’est également, comme le sera L’homme qui tua Liberty Valance, un film nostalgique de l’esprit de communauté, que l’on voit disparaître au cours du film. On peut également établir une ressemblance entre ce film et Le convoi des Braves, qui lui aussi décrit, en western, le périple d’une communauté opprimée (les Mormons à la place des ouvriers). Mis à part son grand humanisme, ce qui fait des Raisins de la Colère un grand cru, c’est la qualité de la mise en scène. Comme toujours, Ford maîtrise parfaitement sa caméra, et livre des scènes riches en émotions avec une grande économie de moyens (le départ de Tom par exemple, sa marche dans la vallée, sont des plans sublimes). La réussite du rendu final est accentuée par la présence d’Henry Fonda encore bien jeune, qui avait déjà joué pour Ford dans Vers sa destinée et Sur la piste des Mohawks. Ma note : 9/10
En 1940 Daaryl F. Zanuck décide de porter à l’écran The Grapes of Wrath, roman de John Steinbeck. Il confie à Nunnally Johnson le soin d’écrire le scénario, qu’il contrôlera totalement. En parallèle, il confie la direction du film à John Ford qui accepte d’autant plus volontiers qu’il voit un rapport évident entre cette histoire de fermiers pauvres de l’Oklahoma victimes du capitalisme et les Irlandais oppressés par les Anglais (Ford dira à Peter Bogdanovich lors d’une interview : « L’histoire ressemblait à ce qui s’était passé en Irlande, lorsque les gens ont été chassés de leurs terres et qu’on les a laissés errer sur la route jusqu’à ce qu’ils meurent »). Il paraît de bon ton de nos jours de considérer The grapes of Wrath comme un film très inférieur au roman touffu de John Steinbeck. Ceci est une opinion à la mode qui ne résiste pas à l’analyse. Le scénario de Nunnally Johnson simplifie le roman pour en garder l’essentiel. Ainsi, Ford réalise un film où les moments forts se succèdent, magnifiés par une mise en scène à la fois rigoureuse et poétique, renforçant le discours du roman. Si les séquences érotiques ont été supprimées (pour des raisons évidentes de censure), le film comporte une scène qui n’existe pas dans le livre et dont la simplicité du geste apporte une force hors du commun : “celle du café pour routiers (…) qui montre la pauvreté des Joad, la première attitude de refus des autres, puis la grande solidarité humaine qui finit par unir les protagonistes” (John Ford de Patrick Brion). Mais au-delà de ces temps forts, la grande force du film vient de l’absence de tension dramatique (sauf lors de la scène du bal) et de gradation émotionnelle (excepté lors du discours de Tom à Ma’) puisque dès l’arrivée au premier camp, tout est dit sur l’horrible misère sociale. La monotonie répétitive des plans du voyage et les conditions semblables d’un job à l’autre enferment le spectateur dans une morne absence d’espoir. De cette manière, la progression psychologique des personnages est mise en avant. Ils découvrent peu à peu leur faiblesse et le fait qu’en deçà d’un certain seuil, ils ne seront même plus humains dans leur comportement (exemplaire scène des enfants affamés qui se partagent dans des boîtes de conserves vides récupérées dans les ordures le reste du repas des Joad et discours édifiant de Ma’ sur la désagrégation de la famille). Il est nécessaire de souligner une fois de plus un casting admirable, Henry Fonda en tête mais aussi Jane Darwell et John Carradine, et une musique fort à propos. Il fut nommé meilleur film de l’année par les New York Films Critics et reçu deux oscars (Best Director : John Ford- Best Supporting Actress - Jane Darwell).
Les raisins de la colère est une vraie claque dans le monde du cinéma (comme devait sans doute l'être le roman de Steinbeck dans celui de la littérature). Et pourtant d'une certaine manière, le succès de ce film aux États-Unis est assez surprenant au vu des idées pour le moins socialistes. La crise économique et les entreprises détruisent tout, que ce soit ce qui est matériel (des maisons) mais également immatériel comme le tissu social. Les gens se mangent entre eux, comme par exemple ce chauffeur de bulldozer qui casse la maison d'un membre de sa communauté pour nourrir sa propre famille. De nombreuses situations du film sont transposables dans le monde moderne, et il faut croire que depuis Steinbeck, le monde n'a pas beaucoup changé. Henry Fonda est excellent dans ce film, il nous captive à chacune de ses interventions. Et au-delà de l'aspect sociologique, le film est un vrai chef-d’œuvre : l'histoire est magnifique, les personnages tellement humains, la dramaturgie est à son comble. Un must-see de John Ford.
Un classique du cinéma américain, remarquablement mis en scène par John Ford. Avec un toujours aussi grand Henry Fonda. Les Etats-Unis, meurtris par la crise de 1929. Incontournable !
Les 40 premières minutes sont tellements magnifiques, sublimes, définitives et riches que le reste m'a un peu déçu en comparaison (même si j'ai beaucoup aimé quand même et qu'il y a des scènes poignantes).
Sur le plan formel, la mise en scène et la photographie sont à se pâmer.
Film d'une rare puissance dramatique et émotionnelle qui reste encore très regardable aujourd'hui même si le roman de Steinbeck n'est scrupuleusement respecté . Chef d'oeuvre du cinéma.
Oui, c'est un chef d'oeuvre. Le découvrir en 2016, c'est régénérant. Que le pouvoir économique fasse fi de toute humanité, que le chacun pour soi permette aux détenteurs du pouvoir de s'enrichir encore plus sur le dos des pauvres, des travailleurs, des demandeurs d'emploi. Que la force soit le recours pour dominer ceux que l'on a fragilisés, c'est extrêmement machiavélique. Quelle étrange actualité... Les "rouges" sont-ils vraiment la menace ou n'est-ce pas juste ce que l'on agite devant le taureau pour le déboussoler ? Quel formidable appel à l'union, à la révolte contre l'accumulation de richesses sur le dos de ceux qui n'ont rien ou pas assez pour disposer d'une force contestataire.
un film engagé, magnifiquement écrit et réalisé avec un henry fonda charismatique, une très belle photographie, ainsi qu'une petite leçon d'histoire pas inutile. grandiose, tout simplement.
Un film sur la Grande Dépression, les grandes injustices, les petites économies, le courage et la force énormes qu'il faut pour avancer. Plus qu'un road movie, ce film traite de l'épopée d'une pauvre famille qui voudrait juste travailler, qui voudrait juste survivre. Un film dur mais plein de poésie, et qui se revoit très bien aujourd'hui.
Après "Douze hommes en colère" et "L'étrange accident", Henry Fonda continue a incarner à la perfection : l'homme qui est prêt a risquer sa vie contre l'injustice. S'inspirant du livre de Steinbeck, "Les raisins de la colère" retrace l'histoire de la suite à la crise de 29 ou des paysans Américains sont obligés de quitter leur domicile pour une vie meilleure. La thèse se base bien sur l'espoir et le courage humain. Et la progression renvoie au passage biblique : "L'exode vers la terre promise". Excellent film malgré quelques longueurs, ce qui empêche l'oeuvre de nous prendre aux tripes. Dommage mais bon, c'est une réalisation de 1940 après tout.
Passionnant, réellement passionant, The Grapes of Wrath est une oeuvre forte qui a su traverser le temps avec brio. John Ford maitrise la caméra à la perfection, la mise en scène est très soignée, impeccable et surtout très moderne pour l'époque. La photographie est à tomber également. Sur la forme c'est remarquable. Ensuite la véritable puissance de ce film repose sur son contenu riche. Beaucoup de sujets sont abordés tels la famille, l'argent, l'exploitation, les limites de l'homme sur un plan moral et aussi et surtout sur le courage. Les personnages sont peut-être idéalisés dans la famille Joad mais beaucoup tirent leur épingle du jeu. Henry Fonda est absolument génial dans ce film ainsi que l'interprète du prêtre dont le nom m'échappe. Ford donne un rythme soutenu, sans réels temps morts, sans aucun ralentissement et offre également quelques rebondissement. Nous pouvons souligner la finesse de l'écriture et une bande-son plutôt bonne ( ceci dit pas anthologique). The Grapes of Wrath est une oeuvre puissante qui garde encore une certaine modernité aussi bien dans sa réalisation que dans son fond abordant des thématiques bien actuelles. Un grand film que je ne saurais que conseiller à tous.
John Ford s'est attaché à montrer l'Amérique sans le mythe de L'American Dream, et ce à toute époque ( cf. son film Cheyenne ), il en devient un réalisateur engagé presque naturellement. En effet son cinéma est d'abord d'une irréprochable qualité visuelle, sachant mettre en valeur les acteurs incroyables qui tournent pour lui et utilisé la lumière d'une manière si élégante qu'elle fait passer le cinéma couleur pour un amas de pixels décomposés souffrant de la comparaison avec ce magnifique noir et blanc. Mais outre ses innombrables qualités cinématographique, Les Raisins de la colère est une œuvre à thème, celui des premiers lésés par le rêve américain, avec l'avènement des grandes propriétés, du système capitaliste, dont la première crise majeure enterre les classes paysannes pour que ce qui ont commis les erreurs subsistent. La misère l'injustice sont le fil conducteur du film qui compare sans cesse les conditions des plus riches et celles des plus pauvres avec un certain recul évitant tout présupposés et raccourcis. Un très bel hommage à ce qui ont souffert des ambitions démesurés d'autres, un film qui n'a rien perdu de sa force à l'heure ou le modèle capitaliste continu à créer des inégalités et de la misère.
"Les raisins de la colère" est peut être le film le plus marquant de John Ford, avec un Henry Fonda toujours aussi talentueux. L'histoire d'une famille de pauvres paysans originaire d'Oklahoma, qui après avoir été chassé de leur terre, part vers la Californie dans l'espoir d'y trouver une vie meilleure avec un travail à la clé. Seulement, le plan n'est pas si simple, ils vont être confrontés à une misère permanente pendant leur périple. Cette période de crise qui bénéficia aux profiteurs (dont va faire face cette famille) et qui continua d'appauvrir les miséreux, nous laisse un goût amer sur la difficulté à survivre dans les années 30. Une belle prestation de Jane Darwell (qui lui a valu un Oscar) et un Henry Fonda qui tient son rôle à merveilles et qui défend parfaitement ses valeurs sous cette réalisation exceptionnelle. Une aventure triste, réaliste et courageuse. Beau travail.