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Jean Mariage
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5,0
Publiée le 7 juillet 2026
« Les Raisins de la colère » est une adaptation du roman éponyme de John Steinbeck qui décrit les conséquences désastreuses de la crise économique de 1929 et du Dust Bowl sur les populations rurales du sud des États-Unis. Les imbéciles qui continuent à affirmer que John Ford est un horrible réactionnaire feraient bien de voir ce film, qui constitue l'une des plus poignantes et des plus violentes dénonciations de la misère engendrée par le capitalisme américain. Ford y livre un portrait impitoyable d'un système où les banques, entités abstraites et inhumaines, chassent les paysans de leurs terres au nom de la seule logique du profit. La détresse des familles expulsées de leurs fermes, contraintes à l'exode, exploitées – enfants compris – par des propriétaires agricoles sans scrupules, réduites à une condition proche de l'esclavage avec la complicité de la police, est montrée avec une force extraordinaire. Le discours final de Tom Joad (Henry Fonda), quasi révolutionnaire, tout comme celui de Ma Joad (Jane Darwell), véritable hymne à la dignité du peuple, pourraient presque faire passer Ford pour un marxiste. Mais la vérité est qu'il est tout simplement inclassable. Son regard est moins idéologique qu'humaniste : ce qui l'intéresse avant tout, ce sont les hommes confrontés à l'injustice et à l'adversité. Quant à la forme, le film ressemble souvent à un western dont les pionniers auraient été remplacés par des réfugiés économiques : un western en quelque sorte inversé car la famille Joad accomplit un trajet typiquement fordien vers l'Ouest mais, au lieu de conquérir une terre, elle fuit une catastrophe économique. Ce voyage vers la Californie fait également des « Raisins de la colère » l'un des grands ancêtres du road movie américain. Il faut aussi mentionner la photographie de Gregg Toland, manifestement influencée par certains cinéastes soviétiques, notamment Eisenstein, qui est d'une beauté saisissante. Son usage du clair-obscur confère parfois au film une dimension quasi biblique qui élève le destin des Joad à une portée universelle. Enfin, l'interprétation est d'une qualité exceptionnelle. Henry Fonda trouve ici l'un de ses plus grands rôles, tout en retenue et en intensité, tandis que Jane Darwell compose une figure maternelle inoubliable qui lui valut d'ailleurs l'Oscar du meilleur second rôle féminin. Mention particulière également à John Carradine, impressionnant en ancien prédicateur hanté par le doute et la misère des hommes. Godard a pu dire : « John Ford, c'est Dieu pour moi. » On comprend une fois de plus pourquoi.
J'avais noté ce film il y a quelque semaines et je savais qu'il me fallait le regarder un jour ou l'autre. De plus, je suis content de retourner à l'époque du noir et blanc, où le calme semble prendre le dessus sur l'agitation, où les acteurs incarnent le film sans artifices, ça m'avait manqué. Néanmoins je dois admettre que je n'ai pas regarder ce film dans les meilleurs conditions, dès lors mon opinion et sans aucun doute biaisée. Effectivement, je l'ai regarder en trois jours car trop fatigué à chaque fois, dès lors compliqué de réellement vivre et de se plonger dans l'intrigue avec tant d'interruptions.
In fine, j'ai apprécié cette oeuvre, comme dans Qu'elle était verte ma vallée du même réalisateur, on touche à des sujets extrêmement délicats et importants. Des sujets essentiels pour montrer la déchéances de beaucoup de famille à l'époque du crack boursier de 1929. On minimise instantanément le fameux rêve américain, notamment ce mythe selon lequel chaque personne, indépendamment de sa richesse ou de son statut, pourrait s'élever aux Etats-Unis, pourrait rayonner au pays de l'Oncle Sam. On se rend compte surtout que la richesse des autres se fait toujours au détriment d'une partie de la population. On voit à quel point le profit, et cette prétendue nécessité de toujours gagner plus vient aliéner le vivre ensemble, vient aliéner le partage et le bonheur.
J'ai beaucoup apprécié la performance de Henry Fonda, qui comme dans 12 hommes en colères, vient imposer le respect, vient donner de la légitimité et une certaine confiance à cette famille délaissée. Il incarne magnifiquement cette rébellion, ce soulèvement et cette volonté de se faire entendre, de changer un monde inégale qui permet à certains d'exploiter la misère d'autre, d'exploiter la faim et la soif seulement pour du profit. Et cette acteur est juste parfait dans son rôle, sa confiance en soi, son charisme avec cette classe permanente, nous permet de vraiment s'attacher à cette famille, on se rend compte qu'elle lutte, qu'elle a beau tout faire, rien ne semble s'éclaircir pour elle.
En bref, un bon film qui retrace parfaitement cette période d'après 1929, où la misère et la pauvreté avaient pris le dessus sur l'animation et la paix. Un film qui de plus met bien en avant la famille, cette importance familiale, ce cocon qui permet de survivre à n'importe quelle épreuve. Et c'est pour cela que j'apprécie tout particulièrement le cinéma de John Ford, il met toujours en avant l'humanité et les joies essentiels de la vie, il montre à quel point l'entre-aide, l'amour et le partage devraient prendre le dessus sur tout autres considérations.
Je n'ai malheureusement jamais été tenu en haleine. Je suppose le livre bien meilleur parce qu'il me semble qu'il y a certains trous dans le scénario ici, des passages qui me paraissent bien rapides, sur lesquels on ne s'étale pas. On manque d'informations et forcément, on ne rentre jamais dans l'histoire. Même si ça joue bien, la qualité de l'image et du son qui sont assez moyennes pour ne pas dire médiocres n'aident pas non plus. Les deux heures sont d'ailleurs assez longues, on les ressent bien. C'est dommage car j'avais vraiment envie d'être aspiré par le film, mais il n'a jamais réussi à me happer plus de cinq minutes.
Ses westerns ont souvent évoqué la dépossession des Indiens de leurs terres; John Ford s'attache ici à raconter l'exode, dans les années 30, des fermiers chassés de leur champs par la Grande Dépression et par les effets d'un capitalisme impitoyable. Pour la famille de Tom Joad, le départ et le voyage vers la Californie, probable fausse terre promise, sont pénibles et nécessaires. Sans céder au pathétisme ou au misérabilisme, le roman de Steinbeck, relayé par le film de Ford, décrit un périple de migrants aussi démunis que vulnérables, à l'affut de quelque travail et à la merci de patrons exploiteurs. Dépourvu d'une véritable thèse politique -qui ressemblerait au communisme- le film ne manque pas, toutefois, de générosité, d'humanisme et de sollicitude pour ces ouvriers de la campagne que le cinéaste sait rendre attachants et respectables en invoquant leur courage, leur solidarité et leur abnégation. Au passage, on découvre, ou pas, une page de l'Histoire sociale des Etats-Unis à travers ces miséreux camps-bidonvilles. Superbement photographié et mis en scène, le film associe parfaitement drame romanesque et réalisme humain.
C'est un monument,qui vous comblera car les protagonistes sont au plus près du sujet;c'est cs à dire une fin de crise et un renouveau économique dans un pays en pleine transformation.
Le réalisateur John Ford tisse un saisissant drame social évoquant le parcours d’une famille modeste chassée de ses terres en Oklahoma cherchant à subvenir à ses besoins lors de la Grande Dépression. Dépouillé dans sa mise en scène ainsi que dépourvu de tout misérabilisme, cet exode d’une famille en quête d’une Terre promise en Californie permet au cinéaste de livrer un portrait sans fard d’une Amérique des laissés pour compte.
Adapté d’un roman, “Les raisins de la colère” est un vieux classique intéressant qui traite des effets de la crise économique des années trente sur les paysans américains, forcés de quitter leurs terres pour la Californie. Quoique certains dialogues soient volontairement surjoués (style expressionniste) ce qui s’avère dérangeant à la longue, le sort de ses paysans n’est pas sans susciter la pitié, en particulier pour ce qui est de leurs vieux qu’ils enterrent comme on enterre une patate. Les nombreuses allusions religieuses rajoutent aussi de la profondeur dans le récit de cette triste époque car les paysans ne croient plus en Dieu. Henry Fonda trouve ici un de ses premiers grands rôles et déclame ses dialogues avec charisme et émotion. Malheureusement la photo a vieilli et le rythme manque en seconde partie.
Une œuvre simpliste mais dure. Doté d'un casting réussi, le film critique la déshumanisation et l'ultra-rentabilité en nous plongeant efficacement dans un monde détruit.
Un monument du cinéma international. On devine déjà que Henri Fonda sera un grand acteur et que John Ford et lui le plus grand réalisateur de l'histoire des Etats-Unis !
Un film bouleversant et à l'époque d'actualité sur la crise économique des années 30 et les difficultés à vivre et trouver du travail pour une grande partie d'américains dont la famille de ce long métrage, dont un fils revient de prison, voyant perdre leurs terres et la maison pour partir parcourir les Etats-Unis pour trouver une vie meilleure. C'est , on peut le qualifier, un chef d'œuvre réalisé par le cinéaste John Ford qui a une particularité singulière de filmer l'Amérique et les quelques états que traverse la famille pauvre, c'était difficile à l'époque, aujourd'hui, certains appellent a se faire la "Route 66" (rire). Adapté d'un livre qui a ému le réalisateur, il a réussit à m'emouvoir à quelques instants du film avec des scènes poignantes. C'est remarquablement bien filmé, le jeune Henry Fonda est magistral de même que les comédiens jouant la famille et les acteurs secondaires. Une œuvre intemporelle, il faut le dire, qui a une place à part dans la carrière du metteur en scène qui mérite attention et réflexion.
Une pièce majeure de John Ford, magnifique adaptation du roman de J. Steinbeck. Une réalisation soignée , impeccable , une image noir et blanc contrastée , puissante. Des acteurs au TOP, bien sur Henry Fonda , mais tous les rôles sont puissants. Un scénario très bien adapté.
C’est un film des années 40 avec un gouffre de ce que l’on peut attendre aujourd’hui d’une production cinématographique. Avec les plans fixes et la caméra figée, on est plus dans le théâtre que dans un film. Il y a quelques fondus enchaînés pour donner un ensemble dynamique aux images très sombres et aux scènes trop statiques qui se suivent. C’est là aussi que l’on se rend compte qu’il vaut mieux le regarder en version originale parce que la voix française doublée semble sortir d’un mégaphone. Le scénario étriqué n’accroche pas vraiment, il eut mérité plus d’ampleur. Qualifier ce film de chef-d’œuvre est un peu présomptueux.
Première grosse découverte et grosse claque de l'année, signé John Ford !
C'est une nouvelle fois une leçon de mise en scène par celui qui a, sans aucun doute, filmé le mieux ces grandes et immenses étendues américaines. Des étendues parfois trop grandes par rapport à nos personnages, ça en devient presque un défi, et ici ce challenge est celui de la survie.
On est quasiment sur un road-movie où cette famille de fermiers voyagent d'États en États pour trouver du travail après que leur propriété fut saisie de force par les banques. C'est une critique très forte et puissante des dérives du capitalisme, où on traite chaque être humain comme de simples esclaves à tout faire. On ressent que certains personnages sont en manque terrible d'humanité, certains conduisent en roulant sur les clôtures des propriétés des fermiers, des flics qui mettent un camp en feu...). Ce qui fait que ces fermiers, qui sont en pleine survie, commencent, eux aussi, à se déshumaniser, ils ne pensent plus qu'à leur propre interêt. Il y a cette exemple de la séquence dans un camp, où la mère prépare un repas. Des gamins affamés sont autour réclamant les restes. Henry Fonda, lui dit aux gamins de sortir de là, en pensant à sa propre survie et non celui des autres, il est entré dans ce processus de déshumanisation. Sa mère sera, elle, plus tendre et sympathique avec les enfants, en laissant les restes.
Il y a une autre séquence qui m'a marqué et qui évoque un sujet tout aussi important c'est celui du progrès technique. On voit des plans de plusieurs tracteurs en marche, certains même en surimpression pour traduire une certaine violence. Le son pouvait aussi sembler rappeler celui de fusils. Le progrès technique, technologique est une arme redoutable dans une quête de profits mais au détriment de qui ? Des pauvres fermiers qui sont remplacés, ratissés par ce progrès qui est arrivé subitement. Il faut voir le personnage d'Henry Fonda qui, en 4 années de prison, voit la vie de sa famille chamboulée en quelques secondes.
La photographie du film c'est du pain béni, chaque plan est formidable, il faut le voir pour le croire. Il y a vraiment ce ressenti qu'on se trouve dans des lieux exclus, perdus tout comme ces personnages, ces familles seules qui sont aidés péniblement. Symboliquement, le personnage de Tom Joad ouvre et finit le film de la même manière, il marche. Au début, c'est parce qu'il était libre, enfin il croyait être tiré d'affaire. À la fin, il marche pour réellement chercher cette liberté et ce bonheur !
Bref, du grand John Ford et aussi du grand Henry Fonda !
S'éloignant de l'esprit de Steinbeck (notamment dans le traitement de la réaction d'une famille face au malheur ou dans la dimension politique), ce drame social pâtit d'abord de sa lenteur et de sa lourdeur pathétique avec option didactique (le bon peuple résilient continuera à honorer le cycle de la vie...); nul n'était besoin d'une lumière si terne ni d'une réalisation si fade pour illustrer la désolation induite par la Grande Dépression ou l'avidité de propriétaires prêts à exploiter des misérables. Face à un charismatique Henry Fonda, le reste du casting brille peu, très souvent dans le surjeu (notamment l'oscarisée!), ce que renforce l'absence de densité psychologique des personnages qui avivent peu d'émotions. Weary grapes...