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Tu sais ce que ça donne quand un ado paumé de Philadelphie hérite, entre deux fugues et une part de pizza, de super-pouvoirs ancestraux ? Une bouffée de fraîcheur dans l’univers DC, un super-héros qui préfère tester ses pouvoirs sur YouTube que sauver le monde, et un film qui te file le sourire sans jamais t’infantiliser.
Shazam! raconte l’histoire de Billy Batson, un gamin des foyers, un peu râleur, souvent seul, qui se retrouve affublé d’une mission divine : prononcer “Shazam!� pour devenir un adulte super-puissant (Zachary Levi, en roue libre jubilatoire), tout droit sorti d’un rêve de gosse entre Superman et un vendeur de comic books sous stéroïdes. En face, Mark Strong (Sivana) fait son job : regard sombre, manteau en cuir et blessures d’enfance mal digérées. Classique, mais efficace.
Le film, c’est une sucrerie acidulée dans un monde de franchises dopées au drame. Ça commence comme un teen-movie façon Breakfast Club (sans la tension sexuelle, hein) et ça glisse doucement vers une aventure familiale un brin fofolle. Le vrai cœur du truc, c’est la fratrie improbable que forme Billy avec Freddy (Jack Dylan Grazer, parfait nerd sarcastique), un sidekick aussi attachant qu’un vieux T-shirt de concert retrouvé au fond du placard. Entre deux vannes sur Batman et des blagues à base de “tu voles pas très droit�, on découvre un duo aussi fun qu’un karaoké bourré sur du Queen.
David F. Sandberg – oui, le gars qui nous foutait les chocottes avec Lights Out – prouve ici qu’il sait filmer autre chose que des couloirs sombres et des poupées flippantes. Il s’amuse, on le sent, et il nous embarque dans un rollercoaster pop où la mise en scène reste lisible, le ton jamais cynique, et l’humour bien dosé. Il n’y a pas une once d’ironie méprisante ici, juste un plaisir sincère de raconter une histoire de super-pouvoirs à hauteur d’enfant.
On pourrait chipoter : l’intrigue est cousue de fil blanc, les enjeux un peu légers, et parfois ça pique les yeux niveau CGI. Mais franchement, on s’en fiche. Ce film n’a pas besoin d’être un chef-d’œuvre, il veut juste que tu passes un bon moment. Et tu le passes, surtout si tu sais encore t’émerveiller devant un métro suspendu par la force du poignet ou une baston en plein ciel entre deux mecs qui ressemblent à des mascottes de convention geek.
Shazam! c’est pas un manifeste, c’est une parenthèse. C’est le moment où, dans un grand huit, tu lèves les bras au ciel et tu cries juste pour le fun. Et ça, franchement, ça n’a pas de prix.