Dès le générique, le ton est donné : le lion de la MGM se transforme en vampire de cartoon! On sait déjà que l'on aura affaire à une version comique des films de vampires, avec une recherche au niveau du visuel. Roman Polanski est alors encore au début de sa carrière, il réalise une de ses premières grosses productions, juste avant de partir en Amérique. Il introduit ici le rire dans le film d'épouvante, et ça marche plutôt bien! Les codes de ce genre de film sont habilement détournés (le crucifix inutile, le vampire homosexuel, ...), les personnages sont hauts en couleur (premiers et seconds rôle). Mais surtout, le côté comédie n'empêche pas Polanski de nous offrir une vraie esthétique travaillée. Il y a l'humour certes, mais il y a aussi des instants de pur plaisir de l'image, de retrouver une certaine beauté fascinante pour cet imaginaire gothique. Ce long-métrage fait rire, mais propose aussi un vrai univers, une vraie atmosphère, avec laquelle le cinéaste est tout à fait à l'aise. D'abord, il maitrise totalement l'espace, qu'il s'agisse d'intérieur ou d'extérieur, d'une auberge ou d'un château. Il nous emmène avec lui dans les longs couloirs de cette sorte de labyrinthe gothique. Il maitrise aussi l'esthétique des décors, la gestion des couleurs, pour nous offrir un château de vampires presque cartonnesque, assumant la dimension burlesque du film. Il maitrise, enfin et surtout, la représentation des personnages et de leurs mouvements. En témoigne bien sûr la célèbre séquence du bal, mais aussi celle du bain avec la sublime Sharon Tate. Ce plan, en regard caméra, avec la neige tombant dans le bain, est une merveille visuelle et nous rappelle pourquoi l'on va au cinéma! Bref, un film superbe qui mélange habilement humour, épouvante et émotions. Un incontournable dans la mythologie du vampire!
"Le bal des vampires" de Roman Polanski est une grande réussite dans le genre.Bien sûr les poncifs du film dit d'horreur s'y trouvent, mais ils sont noyés dans un vrai film qui associe aventure et comédie burlesque...avec une pincée d'humour noir.Rien n'est laissé au hasard et la musique et les costumes contribuent à la qualité de ce film devenu un film culte qu'on prend plaisir à voir ou à revoir.
Quatrième long métrage du généralement très sérieux Roman Polanski, Le Bal des vampires est une belle parodie des films de vampires de la Hammer. Tous les éléments habituels du genre sont présents et sont tournés en dérision. Ce second degré permet de prendre beaucoup de plaisir devant cette œuvre et pour une fois d'apprécier les nombreux clichés présents.Ces derniers sont d'ailleurs associés à de nouveaux éléments savoureux (vampire juif n'ayant donc pas peur des croix, vampire homosexuel...). Les personnages sont savoureux et marquants et la réalisation est magnifique mais on peut toutefois regretter que l'aspect comique n'ait pas été plus développé car, si on sourit constamment, on rit rarement à gorge déployée. Cependant, presque 50 ans après sa réalisation, Le Bal des vampires reste une pièce marquante de la carrière de Roman Polanski . Pour preuve, ce dernier y reviendra en mettant en scène une splendide adaptation scénique sous forme de comédie musicale qui se révèlera extrêmement réussie et impressionnante (le jeu des décor en font une pièce à voir impérativement).
« Le bal des vampires » de Roman Polanski (1968) où comment grâce au génie du grand réalisateur mêler l’horreur et l’humour ! Et dire que la superbe Sharon Tate, enceinte, épouse de Roman Polanski depuis quelques mois sera sauvagement assassinée à l’âge de 26 ans, le 9 août 1969, par des membres de la « Famille » Manson
C'est amusant, c'est pétillant et ça n'a pas vieilli. On passe un bon moment à regarder les péripéties loufoques d'un professeur illuminé et de son assistant à la recherche des Vampire, puis au milieu d'eux....Pas de quoi avoir peur, mais de quoi sourire. Quelques scènes sont très réussies, comme celle du bal qui donne son titre au film. Le jeune Polanski est assez convaincant. Mise en scène efficace. Belles images. Ceci étant dit, si ça reste un bon film, ce n'est pas le meilleur de Polanski et sûrement pas un chef d'oeuvre.
Un film drôle, haletant et bourré d'idées dans lequel Polanski se révèle être un merveilleux acteur. Le cinéaste prend donc place à la fois derrière et devant la caméra dans ce film vraiment bien mené. L'histoire est passionnante et drôlement bien écrite, le suspense est là et les aventures des deux héros se révèle tout à fait palpitante. Jamais le réalisateur ne se prend au sérieux, et tout en multipliant les trouvailles de mise en scène et les plans naturellement géniaux, il règne toujours dans le film un grand détachement et un manque de sérieux d'une grande fraîcheur. Enfin, Polanski l'acteur est d'une drôlerie et d'une candeur irrésistibles et finit de donner au film cette dynamique si particulière : à la fois drôle et émouvant.
UN INCONTOURNABLE POUR CEUX QUI AIMENT LE BOUDIN FRAIS !
Ça commence bien : le lion de la MGM se transformant en petit monstre vert laissant perler une goutte de sang le long de ses longues ratiches…. Et le générique nous met dès le début au parfum: "Toute ressemblance avec des contemporains vivants… Ou morts… Ou avec des firmes existantes ne serait que pure coïncidence."
Les vampires arrivent ! Les vampires sont là ! Ne sentez vous pas près de votre cou leur haleine assoiffée ? Quoiqu’en dise les utopistes, ces pauvres incrédules, les vampires sont partout et viennent sucer le sang de nos enfants ! Voyez ces rouges beuveries, ces orgies d’hématies ! Tout ça pour le fer qu'elles contiennent! Le métal!!! Et voici que ces vampires infâmes s’en prennent maintenant à tout ce qui est en cuivre !
Regardez les prostituer leurs pauv...res enfants ou les obliger à la mendicité pour pouvoir s’acheter des pipettes dernier cri !
Ces vampires, non content de soumettre à la saignée notre pauvre pays, rejoignent les hordes de colorés pour s’emparer de nos femmes et profiter de nos belles acquisitions sociales, pour nous ôter le boudin de la bouche… Les brebis rendues exsangues, les chats devenus anémiques, les chiens sacrifiés, les oiseaux desséchés sont maintenant légions…
Pensez à toutes ces femmes otages des hordes exogènes qui procurent à ces ignobles barbares leur petit déjeuner d’hémoglobine !
Ne leur tendez pas la jugulaire, ne leur proposez pas la fémorale… MAIS... N’ayez pas peur Maritime, Valse, Frigide Boutin et plein d’autres, armés de leurs hallebardes tricolores, criant masquez «ce sein que je ne saurais voir », veillent sur vous… Ils s’avancent le crucifix en main !
Les vampires sont entrés dans la ville ! Un charter les ramènera bien vite chez eux !
Refusez tous ces barbares assoiffés qui détruisent nos valeurs ! Ne vous soumettez pas à leurs rituels démoniaques et archaïques… Laissez vous guider par les « Jeanne d’Arc » modernes : Maritime et Frigide ! Le monde homogène, consanguin dont ils rêvent sera notre! On vivra dans la félicité le béret sur la tête, la baguette sous le bras et le kil de rouge dans la poche! Et le sang pur sera préservé !
Pour son quatrième long-métrage, Roman Polanski (secondé, là encore, par Gérard Brach) décide mettre en chantier une version burlesque des fameux films de la Hammer. A première vue, l'idée semble saugrenue mais l'humour (surtout quand il est noir) constitue une composante assez proéminente dans les premiers films du metteur en scène (comme dans les suivants d'ailleurs). De cette association des genres (burlesque et épouvante) résulte un film en demi-teinte, un peu poussif dans sa recherche effrénée du moindre effet comique, carrément réussi sur le plan formel (décors, costumes, maquillage). Si le récit n'évite pas les longueurs, la dernière demi-heure est extrêmement enlevée et contient les meilleurs gags du film.
C'est dans ce film que Polanski a découvert sa future femme, magnifique créature à la chevelure auburn... Au-delà, rien de bien transcendant, ne serait-ce le côté fantastique du film où la propagation vampirique est une fin en soi. Cela dit, la drôlerie des scènes et des protagonistes fait mouche. Pas ultra convaincant mais à ne pas jeter pour autant.
Quel chef-d'oeuvre ce film! L'atmosphère recréée, la justesse des acteurs, réalisation soignée, le tout saupoudré d'humour noir, bref tout y est.Du grand Polanski à l'état pur!J'ai un gros faible pour le comte Von Krolock.
Peur et Rire dans un même film !! Assez rare pour être signalé. Un vraie régale même s'il faut avouer que les images et le jeux des second rôle aurait pû être plus aboutie.
Ce chef-d'oeuvre de Polanski détourne d'une manière encore inégalée les codes des films de vampires pour en faire un film à l'humour décalé très second degré. On sourit souvent - même si on ne rigole jamais franchement - devant ce spectacle sombre, quelque peu inquiétant, et pourtant si réjouissant. Un vrai régal.
Le professeur Abronsius se rend en calèche, on est au XIXème certainement, avec son apprenti au cœur des Carapates, bien décidé à prouver au monde entier l’existence des vampires. Ils débarquent dans une taverne ornée de gousses d’ail… premier indice annonciateur d’une grandeur découverte… Les tenanciers tout comme les locaux ont des comportements bizarres… jusqu’au moment où la fille de l’aubergiste est enlevée, dans son bain dans une scène pleine de sensualité entre viol, violence et volupté par un comte aux dents longues. L’apprenti, Albert tombé sous le charme, accompagne le professeur dans la gueule du loup ; euh de Dracula, euh du comte ; enfin dans le manoir où le belle est détenue. Et ils ne sont pas au bout de leurs surprises. Dès le générique, on comprend que l’on n’est pas dans un film d’épouvante traditionnel. Proche du cartoon tout comme la première scène, ce film a dû influencer Tim Burton ; on retrouve beaucoup de ce film dans son œuvre. Entre parodie et épouvante, sans volontairement faire un choix, c’est un véritable conte à l’image des contes pour enfant d’autrefois. Et ce côté désuet n’est pas forcément désagréable à regarder surtout à l’approche de Noël. Ensuite, Roman Polanski qui a obtenu l’ours d’Argent pour son film précédent et d’Or pour le suivant (le très éprouvant « Rosemary’s baby ») ne lésine pas sur les signes d’une présence vampirique : ail, crucifix, jolies femmes à croquer, hurlements de loup, idiot du village, le monstrueux Koukol croisement du bossu de Notre-Dame et de la créature de Frankenstein… Tous les éléments sont bien présents. C’est le traitement toujours sur le fil du rasoir entre rire et effroi qui est spécifique. Et puis Polanski aux manettes prouvait déjà dès ses premiers films sa vistuosité comme metteur en scène : montage nerveux, jeu entre ombres et lumière, plans courts, enchainement rapide entre plans rapprochés et plans larges, mouvements de caméras,… Beaucoup d’élégance, pas le meilleur Polanski mais ce réalisateur mérite toujours le détour. En aparté ; dans l’auberge, les vices sont présents à tous les étages : le vin à la cave, la lâcheté dans la salle à manger, le voyeurisme au 1er étage, l’adultère au second.