Un des films majeurs de la filmo de T. Burton, un biopic consacré à un cinéaste considéré comme le plus mauvais de tous les temps mais dont le cinéaste est fan. En effet, Wood est un réalisateur médiocre, qui se contente d'une prise, pas forcément bonne en plus, mais c'est un amoureux authentique du cinéma, des films et de B. Lugosi avec lequel il entretient une relation presque filiale. Comme tout biopic de cinéma, il est forcément partial, incomplet et il travestit certains faits mais la maîtrise visuelle de Burton est alors au top tandis que J. Depp sort une prestation géniale, inspirée, exaltante bref, il est magistral. Il est extrêmement bien entouré également avec un M. Landau fabuleux notamment tandis que le film, assez étrange dans sa construction ou dans son univers, est parfaitement mené de bout en bout, n'ennuyant jamais et dressant en creux le portrait d'un homme attachant, porté par une foi inébranlable en sa passion et sa capacité à faire des films. Et si les films sont aussi cheap, c'est aussi parce qu'il évolue en dehors du système et avec des moyens dérisoires (la légende veut que le séquence de générique du film de Burton ai coûté aussi chère que tous les films de Wood réunis) et surtout, il incarne le fait qu'il n'est pas nécessaire d'être doué pour faire du cinéma, que ça appartient à tout le monde, que c'est un art universel et qu'il suffit juste d'y croire assez fort pour y arriver. Bref, c'est un film subversif, passionnant et par instants, magique. D'autres critiques sur
Ouch... je ne m'attendais pas à ne pas aimer ce film... et pourtant ce fut le cas ! J'ai trouvé ça long, répétitif et pas super intéressant ! Le monde du cinéma ne m'attire pas trop à la base alors évidemment ca m'a pas aidé mais il n'empêche que j'ai trouvé le scénario léger, j'ai trouvé Johnny Depp agaçant et honnêtement je ne ferai pas de ce film un classique de Burton ! Un raté me concernant...
Hommage au "pire réalisateur de tout les temps" mais surtout au plus naïf et passionné. Qui donc peut aujourd'hui ce vanter d'aimer autant le cinéma que lui l'aimait ? Maintenant l'argent est la seul motivation d'un film. Wood n'était certes pas doté d'énormément de talent, mais ces film on une âme et un bon fond, même s'il sont "mauvais" on les apprécie, et cette biographie rend ce personnage attrayant et sympathique.
Un film de Tim Burton sur le réalisateur surnommé dans la profession comme le pire cinéaste de l'histoire du cinéma d'Hollywood, ça fait longtemps que je n'avais pas vu "Ed Wood" et j'en gardais pourtant un bon souvenir. En le revoyant, on sent la bonne volonté de Tim Burton de crée un univers fantaististe comme il l'a souvent fait dans sa filmographie, le problème, c'est le scénario trop simpliste qui suit le réalisateur Ed Wood qui trouve tout réussit en faisant des séquences de montages ratées sur les longs métrages qu'il réalise, qui a des idées farfelues qui lui sort de la tete à chaque lieux et personnes qu'il croise, personnellement, je trouve que tout ça manque de réalisme alors que c'est une histoire vraie. Il y a cependant des petits clins d'oeils qui raviront les fans du vieil Hollywood comme la présence de Bela Lugosi vieillissant et oublié ou la rencontre avec Orson Welles. Johnny Depp n'a pas peut de se ridiculiser jusqu'à se travestir pour le role titre et soulignons la bonne performance de Martin Landau. Un Tim Burton decevant.
Après « The Room » « l’un des pires films jamais réalisés » de Tommy Wiseau, relaté par James Franco dans son film instructif et jubilatoire « The disaster Artist », j’avais une grande envie de revoir « Ed Wood » de Tim Burton. Je dois avouer que je l’avais vu au cinéma et en étais ressorti quelque peu frustré. C’était après « Batman, le défi ». Je m’étais habitué à un Tim Burton fantastique, sombre et poétique, de « Beetlejuice » à « Edward aux mains d’argent ». Je ne m’étais pas préparé à ce « Ed Wood ». Combien j’étais ravi de revoir Tim Burton avec « Mars Attacks ! » et « Sleepy Hollow ». Avec l’âge, j’ai apprécié ce « Ed Wood ». Non seulement c’est un bel hommage au cinéma de genre, cinéma qui a toujours séduit le réalisateur, un cinéma d’une époque particulière, mais c’est un hommage aussi aux acteurs et aux doux rêveurs, à ces passionnés sincères qui ne vivent que pour réaliser leurs rêves. Ed Wood était un doux rêveur. Ed Wood était un passionné. Et plus tard, Tommy Wiseau. On ne peut pas reprocher à ces hommes leur immense sincérité. Leurs talents est sans doute mauvais (je n’ai vu aucun de leurs films) mais leur sincérité est indéniablement indiscutable. Une sincérité qui flirte nécessairement avec une certaine forme de naïveté, laquelle leur a permis de réaliser leurs rêves. « Ed Wood » c’est Johnny Depp. Remarquable avec son visage toujours béa. « Ed Wood » c’est un sourire de façade lequel constitue une force pour lutter contre le découragement, les revers, les railleries. Même s’il a eu des moments de doutes, de questionnements, ce qui prouve au passage qu’il n’est pas si naïf que ça, il affiche un optimisme à toute épreuve. Johnny Depp nous rend attachant ce Ed Wood ». Quant à Martin Landau, l’acteur nous livre une incarnation de Bela Lugosi magistrale. Il a amplement mérité son Oscar. Il est méconnaissable. Attachante la relation entre Ed Wood et Bela Lugosi. Attachante cette galerie de personnages qui s’agglomèrent autour d’Ed Wood (Bela Lugosi, Criswell, Vampira). C’est un film esthétique en raison de son noir et blanc bien léché ; ce n’est un secret pour personne, Tim Burton a un sens affûté du cadrage et de la lumière. Sa mise en scène est toujours aussi inventive. Je repense à cette séquence du train fantôme ; le wagon qui transporte Ed Wood et sa nouvelle compagne Kathy (Patricia Arquette) s’arrête juste devant une guillotine. Ed Wood déclare son amour à Kathy tout en lui avouant qu’il aime s’habiller en femme, secret qu’il n’avait jamais dit à sa première conquête Dolores (Sarah Jessica Parker) qui après l’avoir appris l’a mal pris ; Kathy n’y voit rien de pervers dans cet aveu à partir du moment où Ed Wood lui assure d’aimer les femmes. La guillotine s’efface et le wagon reprend sa route. Evidemment, la guillotine se serait effacée quoi qu’il arrive, mais dans cette scène, Tim Burton joue avec cette composante ; la guillotine qui se retire soulage Ed Wood. Sa confession est acceptée. C’est un peu comme si Kathy avait en main cette guillotine. En se retirant, la guillotine permet à Ed Wood et à Kathy de s’aimer pleinement. Enfin, la relation entre Ed Wood et Bela Lugosi c’est celle de Tim Burton et de Vincent Price. A voir en V.O pour l’interprétation de Johnny Depp et de Martin Landau, impeccables.
En vertu de la mise en scène de Tim Burton, Ed Wood, le cinéaste qui passe pour le plus "mauvais metteur en scène du monde", semble échappé tout droit d'une bande dessinée. Le style étonnant de Burton, mélange de poésie, de kitsch et de burlesque, tire la biographie d'Ed Wood vers un insolite pastiche de séries B. Ed Wood est un rêveur enthousiaste et un jeune homme terriblement sympathique et gentil -un tempérament qui le rapproche d'un des premiers héros mis en en scène par Burton : Pee-Wee. Mais ces visions cinématographiques à caractère fantastique ne s'accompagnent d'aucune exigence artistique. On imagine alors, scènes de tournage à l'appui, des films mal fichus et incohérents, des séries Z réalisées aussi sincèrement que maladroitement que Burton nous donne furieusement envie de voir (et j'en ai vus!). C'est, à cet égard, la réussite suprême de ce film qui, à défaut de réhabiliter l'artiste, dont l'œuvre est sans doute irrécupérable, habilite l'homme. Articulé autour de l'amitié entre Ed Wood et son idole Bela Lugosi, la star déchue et oubliée, le récit de Tim Burton nous fait pénétrer dans l'univers prestigieux des studios d'Hollywood. L'aimable bande à Ed Wood et les moments de tournage, les difficultés de financement et l'antagonisme des producteurs, les premières houleuses, déterminent un film cocasse dans lequel Ed Wood, formidablement interprété par Johnny Depp, ne se départ que très rarement de sa bonne humeur et de son optimisme.
Un belle hommage de Tim Burton au cinéma et à Ed Wood le plus mauvais réalisateur de l’histoire du cinéma, c'était un OVNI humain et un vrai passionné. C'est un film étrange, drôle, touchant et sincère. Johnny Depp livre une bonne prestation dans le rôle de Ed Wood et Martin Landau (Oscar du Meilleur Acteur dans un second rôle) est saisissant dans le rôle de Bela Lugosi. Et le reste du casting est pas mal : Sarah Jessica Parker, Patricia Arquette, Jeffrey Jones, Bill Murray, Lisa Marie et Vincent D'Onofrio.
Qui est le film ? Après le succès populaire de Batman Returns et Edward aux mains d’argent, le cinéaste signe ici son film le plus sobre, le plus désenchanté aussi. C’est un biopic consacré à Edward D. Wood Jr., réalisateur marginal des années 1950 considéré comme « le pire cinéaste de tous les temps », auteur de films fauchés et sincères comme Plan 9 from Outer Space. En surface, Ed Wood est un hommage au cinéma de série Z, à la passion artisanale et au droit à l’échec.
Que cherche-t-il à dire ? Le film pose une tension que Burton décline tout au long de sa carrière : l’opposition entre la pureté de la vision individuelle et le cynisme des systèmes qui la jugent. Ed Wood n’est pas un film sur l’échec, mais sur la foi. Sur la manière dont un homme, sans moyens ni talent exceptionnel, continue à croire que le cinéma peut tout sauver. Le projet de Burton est clair : renverser les hiérarchies du « bon goût » et célébrer l’enthousiasme naïf de la création. Il s’agit moins de glorifier un raté que d’interroger la beauté du geste créateur, même bancal.
Par quels moyens ? Burton et le chef opérateur Stefan Czapsky choisissent un noir et blanc somptueux et granuleux. Ce n’est pas une coquetterie rétro, mais un moyen de replacer Ed Wood dans sa mythologie : celle d’un cinéma à la fois fauché et intemporel. Le noir et blanc abolit le ridicule des décors de carton-pâte et transforme la pauvreté matérielle en style.
Loin des compositions baroques, Burton adopte ici une caméra discrète. Il filme les tournages comme des ballets maladroits, où l’énergie prime sur la maîtrise. Ce dépouillement est une forme de respect : il s’efface pour laisser vivre la sincérité de son sujet. Ce choix confère au film une douceur inattendue, presque documentaire dans sa tendresse.
Depp joue Ed Wood avec une foi candide, un enthousiasme presque enfantin. Son sourire permanent, sa diction rapide, sa manière de tout interpréter comme un miracle forment le cœur du film. Mais cette innocence peut parfois saturer le film, Burton refuse de fissurer ce masque, de laisser apparaître la douleur derrière la joie.
L’interprétation magistrale de Martin Landau offre au film sa gravité. Son Lugosi, star déchue et junkie épuisé, incarne ce que Wood refuse de voir : le visage désenchanté du rêve hollywoodien. La relation entre les deux hommes condense tout le propos du film : la transmission impossible entre deux marginaux que seule la fiction parvient à réunir.
Le film adopte une structure classique de biopic. Chaque épisode (le tournage catastrophique, la recherche de financement, la déchéance de Lugosi) est monté avec foi. Ce réalisme tendre permet à Burton de se tenir à distance du sarcasme. Mais en refusant tout vrai effondrement, le récit gomme une part du tragique : Ed Wood reste un conte, là où la matière appelait peut-être un abîme.
Où me situer ? J’aime Ed Wood pour sa modestie et sa tendresse. C’est un film sincère, limpide, souvent drôle, porté par une foi désarmante dans la puissance du rêve. J’admire le regard jamais condescendant, toujours empathique que Burton porte sur son personnage. Pourtant, je reste légèrement en retrait. Le film est beau dans sa douceur, mais il manque parfois de rugosité. À force de refuser la cruauté du réel, Burton finit par lisser la tragédie qu’il raconte. On devine l’échec, on ne le ressent jamais pleinement. Mon admiration tient donc à sa bienveillance, ma réserve à son refus de l’affrontement.
Quelle lecture en tirer ? Ed Wood est sans doute le film le plus lumineux de Tim Burton parce qu’il parle d’un échec qui n’en est pas un. Il dit qu’il vaut mieux créer mal que ne pas créer du tout, qu’il y a plus de grâce dans un plan raté que dans une œuvre tiède. Burton filme un homme qui, faute de génie, a eu la persévérance du rêveur.
Ed Wood n'est pas seulement une très bonne biographie sur "le réalisateur le plus mauvais" de toute l'histoire du cinéma, mais c'est aussi une vision acerbe et critique du cinéma lui même. Ed Wood représente ce qui, encore aujourd'hui, peut être étiqueté de production commerciale, face à une industrie cinématographique dont le goût est aussi fin qu'une consommation dans un fast food d'une multinationale, et dont le public, abêti et dénué de jugement, ne peut faire la différence, si ce n'est au mieux dans un relativisme kantien. Rendre hommage à la médiocrité, voilà l'originalité de ce film, à contre-courant de l'imaginaire guimauve d'Hollywood. De là naît l'idée extraordinaire de l'art devenu Art par sa propre nullité poétique. Bien que les films de Ed Wood ne soient pas des chef d'oeuvres tels que nous les entendons - un chef d'oeuvre étant par nature et par culture un projet artistique qui tend soit au personnel soit à l'universel, avec un minimum de métaphysique ou de politique, adossé à une esthétique plastique de qualité - Tim Burton nous interroge même sur la nature de jugement dans l'Art. Réfléchir sur sa propre création, c'est bel et bien faire preuve de modestie et d'intelligence. C'est pourquoi Tim Burton est un grand artiste, celui de Sleepy Hollow ou bien des Noces Funèbres, et non pas le pathétique réalisateur de Charlie et la Chocolaterie ou de la Planète des Singes. Ed Wood reste quant à lui l'un des films les plus personnels de son auteur. Son humour, dévastateur, est surtout décuplé lorsque l'on connaît Glen or Glenda ? ou encore Bride of Monster, et surtout Plan 9 from Outer Space. Une déclaration d'amour, en somme.
Sympathique dans ses thématiques et intelligent dans sa révélation du système hollywoodien, il n’empêche que Ed Wood manque légèrement de rythme. Il n’empêche que le regard hagard et nostalgique sur l’époque et le personnage reste attachant.
En 1994, Tim Burton retrace le parcours d'Ed Wood, connu pour être le plus mauvais réalisateur de tous les temps, auteur d'œuvres impensables telles "Plan 9 from outher space". "Ed Wood" s'avère il est vrai le film de cinéphile par excellence, constituant une exploration du système hollywoodien ainsi qu'un hommage touchant au ponte du nanar. S'il reste mésestimé voire oublié dans sa filmographie, le long-métrage est cependant l'un des meilleurs de son auteur et en même temps l'un de ses plus personnels. Dans un noir et blanc superbe, Burton dresse une ode au courage et à la persévérance. La dureté du métier, la lutte et le sacrifice pour l'art symbolisés par rencontre finale d'anthologie avec Orson Welles. Avec Johnny Depp dans l'un de ses plus grands rôles, voilà une belle démonstration de la part d'un cinéaste dont on peine pourtant à retrouver un tel niveau aujourd'hui.
Éd Wood consacré de son vivant pire réalisateur de l'histoire du cinéma ce qui aujourd'hui en fait un réalisateur culte avec un regard très 3ème degré sur les séries Z qu'il a réalisées contre vents et marées et avec une sincérité évidente, Éd Wood tient là et de loin son meilleur film, involontairement, avec ce biopic réalisé par Tim Burton. Entièrement en noir et blanc et bénéficiant une fois de plus de son acteur culte Johnny Depp en Éd Wood saisissant de sincérité naïve mais possédé par sa passion, Tim Burton réalise une œuvre très attachante avec beaucoup d'émotions, en s'intéressant très profondément aux personnages réels ayant accompagné la vie d'Ed Wood dans son parcours professionnel ou privé et leur donne à chacun une grande place, un vrai rôle, une vraie identité et existence. On a presque par moments l'impression de voir un documentaire réel, un reportage et non pas un film de fiction très fidèle à la vie d'Ed Wood et en cela un vrai biopic sur son aventure dans le cinéma tant en temps que scénariste, réalisateur, producteur et acteur, avec tous ces montages de bric et de broc pour pouvoir fournir un résultat quelque soit le degré d'imprecision, d'amateurisme, de pure série Z bâclée et fauchée. Johnny Depp est comme toujours et encore plus avec Tim Burton, énorme, pour un film surprise, inattendu mais très réussi et véritable témoignage d'une passion du cinéma envers et contre tous y compris quand le talent, les moyens, les soutiens sont absents.
Le film hommage de Tim Burton à l’un de ses réalisateurs fétiches. Il faut dire que les points communs entre les deux hommes sont nombreux, de leur passion sincère pour le cinéma à leur goût prononcé pour le genre fantastique en passant leur relation filiale avec leur idole d’enfance (Bela Lugosi pour Ed Wood, Vincent Price pour Tim Burton). Cependant, si un tel hommage paraissait, à terme inévitable, difficile d’imaginer que Burton en ferait un long-métrage entier (en trouvant, au passage, des producteurs en acceptant le financement) tant le sujet paraissait limité et réservé un public hyper restreint de geeks passionnés par le destin atypique du "plus mauvais réalisateur de tous les temps". C’est sans doute ce qui explique l’échec du film au box-office, le public n’étant visiblement pas prêt à suivre Tim Burton hors de certains sentiers battus. Il a eu tort car, malgré quelques défauts tel qu’une mise en scène manquant de vigueur, une BO (exceptionnellement signé par Howard Shore et non par le fidèle Danny Elfman) un peu faiblarde et un ton un peu trop académique, "Ed Wood" reste une réussite qui ravira les amoureux du 7e art en dressant le portrait d’un des artistes les plus symptomatique de l’usine à rêves qu’est Hollywood. Car, Ed Wood est avant tout un passionné qui compense son absence de moyens par une ingéniosité et un enthousiasme débordant… au point de ne pas forcément se rendre compte de la qualité réelle de ses films, qui restent des séries Z cheap. Et Tim Burton sait magnifier cette carrière tombée dans l’oubli en filmant en noir et blanc avec un grain d’image proche des films de l’époque. Ce parti pris permet ainsi de s’immerger totalement dans les années 50 (qu’on ne connaît, au final, qu’à travers des images en noir et blanc) et offre un réalisme inespéré aux séquences de tournage des films d’Ed Wood. L’ambiance est donc délicieusement lugubre tout en étant très joyeuse (se qui colle parfaitement au style habituel de Tim Burton), comme le prouve chacune des apparitions de Bela Lugosi (campé par un Martin Landau aussi méconnaissable qu’habité… et qui n’aura pas volé son Oscar). L’acteur vieillissant est, en effet, aussi magnétique par sa seule présence (et par son illustre passé d’interprète de Dracula) que pathétique dans sa déchéance (sa toxicomanie, ses colères, ses exigences… mais aussi sa dépendance à Ed Wood sont autant de failles qui rendent le personnage humain et bouleversant). Il volerait presque la vedette à Ed Wood lui-même, pourtant magnifié dans sa folie et dans sa créativité par un Johnny Depp épatant. Le reste du casting n’a pas non plus à rougir puisqu’on retrouve Sarah Jessica Parker en épouse humiliée, Patricia Arquette en nouvelle compagne compréhensive, Bill Murray en artiste ouvertement gay, Jeffrey Jones en magicien, l’hypnotique Lisa Marie en Vampirella ou encore l'apparition de Vincent D'Onofrio en Orson Welles (dont la scène, sous forme d'adoubement, fantasmé par Burton, d'un réalisateur considéré comme raté par un monstre du 7e art reconnu, est un peu artificielle). Il ne manque donc pas grand-chose à cet "Ed Wood" qui nous dévoile, avec moult détails authentiques (les vols d’accessoires, les montages improbables avec des bobines récupérés…), la carrière hors norme d’un réalisateur incompris mais qui souffre du caractère peu accessible de son sujet à un large public.
Ed Wood : sacré à titre posthume plus mauvais réalisateur de l'histoire du cinéma. Ed Wood : le père de l'un des plus grands nanars que l'on ait vu un jour : le très fameux « Plan 9 from outer space » véritable démonstration de ce qu'il ne faut pas faire pour faire un film. Il n'y a jamais eu photo : Ed Wood avait plein d'idées, sa cervelle était tout le temps en ébullition, mais il était dépourvu de tout talent et n'avait pas de moyens. Cependant, il était bien difficile de lui en tenir rigueur tant son amour pour le cinéma transpirait par tous ses pores et tant il se donnait à fond. On a connu bon nombre de très mauvais cinéastes faisant leurs films sans la moindre implication. C'est donc sur ce génie à l'envers que Tim Burton réalise un de ses films les plus connus (malgré un échec public lors de la sortie en salles). Premièrement, on ne peut être que séduit par la beauté plastique de l'ensemble. Le noir en blanc, en plus d'être bien utilisé, est vraiment super chouette. Deuxièmement, la très belle réalisation de Tim Burton ne fait qu'enjoliver le truc. Troisièmement, difficile de rester insensible face à la prestation de Johnny Depp rendant plus que sympathique ce personnage de cinéaste tocard étant le seul à croire en lui. Si sympathique que l'on a vraiment envie qu'il soit considéré et adulé, même si ses films sont vraiment très mauvais. Le point d'orgue du film est atteint lors du tournage du nanar évoqué ci-dessus. Quiconque l'aura vu avant de voir le film de Burton (ce qui est mon cas) s'y retrouvera indéniablement. « Plan 9 from outer space » : « le film qui me fera passer à la postérité » dixit le personnage principal. La suite prouvera que ce fut vrai. Mais il ne le saura jamais. Y a pas à tortiller : c'est propre, c'est net, et l'on sent un vrai travail de recherche. Que le cinéma peut être beau lorsqu'il est créé de cette façon.
Un excellent Tim Burton. Le film est un biopic qui retrace la vie du soit disant "plus mauvais réalisateur de tous les temps", et comme à chaque fois chez Burton, l'identification au personnage est totale. Il en fait un film touchant, personnel, qui pose la problématique de l'artiste et de position face à son art, à son propre talent, à sa passion et ses convictions. En tant que passionné de cinéma, j'ai été sensible à toutes les thématiques abordées et à la façon dont le réalisateur filme la vie de son personnage. C'est presque une mise en abyme, dans sa façon d'éclairer les scènes, de monter et surtout de raconter son film. Le noir et blanc est magnifique et Johnny Depp offre ici l'une de ses meilleurs performances. Les seconds rôles sont tout aussi bon et forment une troupe plus qu'attachante. En clair, le film est vraiment bien, à voir sans aucun problème !