"La horde sauvage" réunit des gueules pour une aventure d’une grande violence, jugée si extrême à l’époque que ce film fut raccourci de quelques minutes et interdit aux moins de 18 ans à sa sortie en salles, avant d’être reclassé interdit aux moins de 12 ans. En effet, malgré les 15 minutes manquantes, nous voyons des giclées de sang, des seins se faire tripoter, et j’en passe… L’entame du film est extrêmement prenante, avec l’arrivée en ville d’une bande de cavaliers, avec cette alternance de petits plans plus ou moins courts visant à exposer les différentes types de vue, sous une musique particulièrement réussie de Jerry Fielding, laquelle contribue à capter l’entière attention du spectateur ainsi que de susciter une certaine tension. On retrouvera cette tension de façon sporadique selon le degré de gravité de la situation, avant de retrouver celle de la scène d’ouverture lors de la préparation de la grande scène finale. "La horde sauvage" est un bon western, bien maîtrisé, tant techniquement qu’esthétiquement parlant. Il est clair que Sam Peckinpah sait utiliser la caméra, avec ces plans très courts qui favorisent la multiplicité des angles de vue. Mais l’utilisation des ralentis me dérangent quelque peu : je ne vois pas bien leur utilité, si ce n’est pour esthétiser les scènes visées, mais ça casse la dynamique de l’action, quand bien même on ne peut échapper au sentiment d’horreur quant aux massacres perpétrés. De plus, je déplore le fait qu’il n’y ait pas de personnage outrageusement charismatique qui sorte vraiment du lot, bien que nous soyons invités à suivre l’épopée d’une poignée d’hommes. On est loin des personnages tels que nous en avons connus comme dans "Alamo", ou la trilogie du dollar, pour ne citer qu’eux. En dehors des scènes de fusillades, c’est plat, avec des dialogues qui ne disent finalement pas grand-chose, mais je suppose que c’est pour mieux développer la psychologie des personnages tout en améliorant l’implantation du contexte. Mais le film parait incroyablement long. En résumé, je me suis un peu ennuyé devant "La horde sauvage", et c’est ce qui explique ma note, bien en deçà de la moyenne attribuée par l’ensemble des internautes ayant voté.
Ceux qui n'ont pas vu ou pas aimé ce film devraient être traduits en justice. C'est vrai que c'est un film d'hommes, les seuls personnages féminins étant soit des prostituées, soit des salopes, soit les deux. C'est un films d'hommes car il est question d'amitié, du sens de la vie, de ce qu'on est. Bref, ceux qui aiment les films de Desplechin, qui trouvent que Fanny Ardant est formidable, et que Benjamin Biolay fait de la musique, ceux là seront déçus. Mais les autres... Tous les films de Peckinpah racontent la même histoire donc celle de La horde sauvage n'a aucune importance. Il suffit de voir ces hors la loi vieillissants, dans un début du 20ème siècle qui n'est plus leur époque, se précipiter dans la mort en faisant un gros doigt d'honneur à tout ça, car justement à la fin il ne restera que l'honneur.
Un film brut et passionnant, à la puissance dramatique très prenante. Peckinpah nous offre un western désabusé, au tournant du 20ème siècle, qui joue avec humour et ironie sur la fin d'une époque. Le cinéaste s'amuse avec cette bande de vieux grognards, brutes épaisses à la moralité finalement pas si douteuse. C'est violent, marrant, le suspense est là, la mise en scène est musclé parfois, contemplative souvent, et l'action est bien présente. Un excellent film.
" C'est un film sur la mauvaise conscience de l'Amerique " Cette phrase, de Sam Peckinpah, ne peut pas mieux résumer son film. Ce western date de 1969, nous sommes en pleine guerre de Viêt-nam et le contexte politique a un vrai écho dans le film. Peckinpah dépeint une violence réaliste, crue et laide. C'est un monde immoral qui est montré à l'écran . Peckinpah dénonce clairement les agissements du gouvernement Americans en 1969. Par sa violence, ce film souhaite montrer la perte de l'innocence de l'enfance dans cette société qui ne convient pas à Peckinpah. En effet, tout est violence. Même les enfants sont violents dans ce film. C'est un discours pessimiste sur la condition humaine qui est présenté tout le long du film. Agir juste ethiquement n'est possible que lorsque l'on vit dans l'idylle, coupé de la société (séquence au village d'Angel). Autrement, lorsque l'on est confronté à la réalité, la violence n'épargne personne. Ce film force le spectateur à voir la violence inhérente à l'être humain. Ce western a également un vrai propos sur le progrès. Les personnages des hors la loi vivent dans un monde qu'ils ne comprennent plus ; un peu comme Peckinpah en 1969. Et au final, le progrès éloigne l'homme de la vertu et le mène à la violence et à la perte de toutes valeurs éthiques. La mise en scène est très dynamique. Lorsqu'il y a des fusillades, ça va très vite. Les plans s'enchaînent vraiment rapidement et la violence en est doublée. L'utilisation des ralentis, révolutionnaires en 1969, donne de la force aux images violentes et rend certains plans magistraux. Notons l'utilisation des flashbacks qui permettent de donner de l'enjeu à l'histoire. Les acteurs tiennent vraiment bien leur rôles. La musique est extraordinaire, franchement c'est presque ce que j'ai préféré dans ce film. Cette bande originale est dantesque. Bref, film culte extraordinaire, qu'il faut voir car il est important et car il raconte beaucoup de choses du contexte historique de l'époque durant laquelle il a été créé. Il me manque un petit "je ne sais quoi" pour que je mette 5 étoiles mais c'est totalement subjectif. Exceptionnel !!
Un western qui démarre fort et possède une dose d'humour très appréciable. Bon scénario, bons personnages, bonne action... Et violent, pour l'époque ! Du sang, des règlements de compte et des attaques à main armée, bien sûr. A voir, c'est excellent, pour l'époque et encore une très bonne distraction aujourd'hui. Un final à couper le souffle !
Violent, cruel et parfois immoral. Une traque vécue du mauvais côté et qui a l'intelligence de ne pas juger cette horde de bandits, mais simplement d'en dépeindre les sauvages qui la compose.
Décrié lors de sa sortie en salles, aujourd'hui rangé dans les films cultes, La Horde Sauvage aura marqué le cinéma, tant sur le plan artistique qu'esthétique. L'utilisation de ralenti et la violence qui s'y dégage furent révolutionnaire pour l'évoque. Un casting qui crève l'écran, une réalisation jouant sur le souci du détail, et un final sanglant à souhait. Choquant, violent, dérangeant mais un western qui marque les esprits, un western à voir à tout prix. À posséder.
La horde sauvage fait partie du top 10 des meilleurs western qu'il ne fallait pas manquer (cité un un mag spécialisé), donc acte. Même s'il ne faut pas perdre de vue qu'il a été tourné en 1969, je trouve le jeu d'acteur un peu kitch , un peu dépassé. Violent pour l'époque et, à ce que l'on m'a dit, c'est ce qui le différenciè des autres westerns (grandes scènes de tueries au début et à la fin), l'histoire plait. Cette traque interminable reste parfois pantois suite à des dénouement peu probable dans des situations critiques...un peu simplifié tout ça. La bande son n'est pas mémorable non plus; ceci dit il reste un bon western à voir, sans plus.
Je suis très déçu par ce film que tout le monde ou presque érige au rang de chef-d'œuvre. Alors c'est un film vraiment intelligent, il y a des scènes, des passages absolument géniaux, une vision de l'ouest pessimiste, sale et violente, des gunfights vraiment atroces (ce qui est voulu) et de très bons acteurs. Toutefois j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans, à accrocher aux personnages. Et quand j'ai vraiment réussi à apprécier le film, j'ai quand-même trouvé qu'il y avait quelques longueurs. Un western bon mais auquel je n'ai pas totalement adhéré.
Pike Bishop, superbement incarne par William Holden, est le chef d'un groupe de bandits. Ses complices lui obéissent car il est le cerveau organisateur de leurs expéditions, et le garant d'un certain ordre. Son charisme et sa bravoure lui permettent de se faire respecter de ses hommes de mains. Mais ces derniers ne sont pas des tendres et susceptibles de se rebeller par l'appât du gain. Les cowboys sont encore là mais les temps changent : on ne reconnaît plus les méchants des gentils. Tout le monde semble indifférent à la violence des rapports humains, comme si c'était normal (le réalisateur accentuera cette notion en étirant les scènes de fusillades). Que peuvent-ils faire d'autre que s'enfuir au Mexique pour échapper à un groupe de chasseurs de primes aussi bêtes qu'avides de ramener en Amérique ces têtes de bandits chèrement mises à prix.
Dès le générique, le réalisateur annonce son style : reconstruction d'une époque révolue avec arrêt sur images pour mieux en apprécier le grain, la couleur. Réalisateur et scénariste de plusieurs westerns pour la télévision, Sam Peckinpah s'appuie sur un réel savoir-faire et une parfaite connaissance du genre pour développer ce western crépusculaire. Fidèle à ses aspirations, il nous dépeint un monde de machos où le plaisir et la luxure sont la devise des dominants, et la femme au contact des hommes est devenue "une putain". Les dominés s'apparentent à des fourmis et viendront fournir la chair à canon de ces combattants aveuglés par les mirages d'une richesse aussi rapide qu'éphémère. Sam Pechinpah alterne les scènes d'action avec des moments plus calmes, propices à la réflexion ou à la contemplation.Le monde pourrait être merveilleux mais la soif de pouvoir et la cupidité des hommes les poussent à agir comme des barbares. Des ralentis viennent ponctuellement figer les images de ce chaos pour renforcer notre intrusion dans les scènes de combats. Car la qualité première de ce réalisateur est de savoir immerger le spectateur dans l'action. Ensuite il n'hésite pas à dépeindre la violence sous toutes ses formes. Sans porter de jugement. Cette vision très noire est éclairée par la présence de toutes ces gueules de durs à cuire, des cowboys fiers et droits dans leurs bottes, prêts à affronter tous les dangers plutôt que de renoncer à leurs idéaux. L'amitié engendrée par cette cohabitation due à un objectif commun les poussera à être solidaire, corps et âme. En conclusion on peut penser que la méconnaissance des autres, ceux qui leur sont différents, empêche les hommes de vivre en paix.
"The wild bunch" de Sam Peckinpah restera pour moi l'un des trois meilleurs westerns de l'histoire du cinoche avec "Il était une fois dans l'ouest" de Leone et "Butch Cassidy et le kid" de Georges Roy Hill. Les trois films ont d'ailleurs en commun un sujet latent: la fin du grand "ouest'" américain, que Peckinpah et son co-scénariste Walon Green symbolisent par le chant du cygne des valeurs humaines et l'impossibilité de retrouver une certaine forme d'innocence. Ce n'est pas pour rien si la séquence d'ouverture montre des enfants s'amusant du spectacle de la mort d'un scorpion, avant d'assister, hébétés, à un massacre perpétré au nom de la justice. spoiler: Il n'est d'ailleurs pas anodin non plus que l'une des balles qui met fin au parcours de Pyke soit tirée par un môme d'une douzaine d'années. Car entre ces scènes de violence qui ont fait couler autant d'encre que de faux sang, les membres de la horde n'ont de cesse, à grands coups d'alcool, de femmes et de fous rires, d'essayer à leur façon de retrouver une enfance définitivement perdue. On peut également y voir une parabole sur la fin de l'héroïsme naïf hollywoodien, façon John Huston et John Wayne, héroïsme que Peckinpah lui-même a d'ailleurs paradoxalement grandement contribué à faire disparaître. En dehors de tout ceci, "La horde sauvage" reste un modèle de virtuosité technique, on ne peut que vanter la beauté des cadrages, l'efficacité des ralentis à répétition du grand Sam, ainsi que la qualité des décors et l'utilisation subtile de la musique de Jerry Fielding. Les immenses William Holden, Ernest Borgnine et Robert Ryan y défendent clairement leurs meilleurs rôles, impeccablement secondés par le charismatique Warren Oates (Qui sera d'ailleurs le "héros" de l'autre chef-d'oeuvre de Peckinpah, "Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia" à côté duquel le meilleur Tarantino ressemble à un téléfilm pour M6) ou encore l'inoubliable présence de Ben Johnson, géant taillé dans le rock et "gueule" aisément reconnaissable du Hollywood des années 50 et 60. Bref "La horde sauvage" est une oeuvre forte, à la fois pessimiste et tendre, violente et émouvante, cynique et bucolique. Du grand art dont le côté fascinant n'est pas près de s'émousser, à voir impérativement!
Sam Peckinpah est mon réalisateur préféré bien que je n'aime pas toute sa filmographie. Et j'adore les westerns. Conclusion : La Horde sauvage, en plus d'être le meilleur film de son auteur, son plus célèbre aussi, est un des plus grands westerns jamais tournés. Un mélange entre tradition et modernité. Tradition dès le générique avec ces personnages figés en noir et blanc qui évoquent de lointains souvenirs. Un passé. Un vieil album de photos. Modernité dans sa manière de filmer l'action avec des ralentis, des changements d'angles. Modernité dans l'utilisation de la violence et plus spécifiquement une violence décomplexée comme tant de films américains de l'époque tel qu'Orange Mécanique ou Les Chiens de paille. Le film avait été pointé du doigt à sa sortie avant d'être réhabilité dans les années 90. La boucherie finale, qui rappelle celle d'Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia, est un moment d'anthologie. La violence est partout. Chez les animaux. Même chez les enfants qui au début s'amusent avec un scorpion en train de se faire tuer par des fourmis rouges avant que les enfants n'y mettent le feu.Plus tard, on en verra d'autres mimer une fusillade...Mais Peckinpah arrive à rendre attachants la fameuse bande de Pike Bishop qui ne sont pourtant que des hors-la-loi. De quoi désarçonner le public surtout à l'époque. Le film a inspiré bon nombre de réalisateurs actuels et pas les moindres : Kathryn Bigelow, John Woo, Bertrand Tavernier qui en voue un culte. S'il y avait un seul western à voir et un seul, ce serait bien celui-là.