Si vous avez aimé Urga de Nikita Mikhalkov (sortie en 1991) qui raconte la vie d’une famille Mongole dans la steppe, vous allez peut être apprécié Le mariage de Tuya qui ne s’attaque pas au problème que peut susciter la modernité mais à une autre problématique de la réalité dans cette lointaine contrée. Ce film décrit avec réalisme la condition de la vie des bergers mongols et notamment celle de la femme. En plus d’être un bel hommage à un style de vie en voie de perdition, l’histoire raconte celle d'une bergère mongole qui recherche un deuxième mari pour subvenir aux besoins de sa famille et de son premier époux handicapé. Ce film chinois fait donc prendre conscience de l’importance du rôle de l’homme dans l’équilibre familiale dans cette région du monde car s’il se retrouve handicapé, la femme peut difficilement le remplacer physiquement pour faire vivre la famille. Le mariage de Tuya est ainsi un beau portrait d’une femme qui malgré la difficulté n’abandonnera jamais son rôle de femme, de bergère et de mère face à son mari résigné ou à des hommes intéressés. Le mariage de Tuya a été récompensé par l'Ours d'or au Festival du film de Berlin en 2007.
Beau drame néoréaliste, dans un style contemplatif qui fascine et émeut. Au-delà de la curiosité sociologique, c'est un admirable portrait de femme qui confirme la vitalité du cinéma chinois.
De très beaux paysages peu connus de nos civilisations, une belle description de la vie qui mènent ces peuples dans la Mongolie intérieure, mais à part ça... Le scénario de ce film se résumé à très peu de chose tout de même. Alors d'accord, ça met bien en avant la détresse de ces peuples, et on s'étonne de voir que tant de prétendants accourent vers cette femme, sans doute parce qu'elles sont trop peu nombreuses par là-bas, par rapport au nombre d'hommes... Bref, on s'ennuie ferme quand même, mais c'est joliement filmé. Un documenaire aurait été aussi intéressant, voir plus.
Le cinéma chinois a récemment produit ce qu'il pouvait faire de mieux (le fabuleux Still Life de Jia Zhan-ke). Le nouvel opus du duo bien rôdé Quan'an/ Yu Nan s'inscrit dans la lignée d'un Zhang Yimou (les analogies avec Le sorgho rouge par exemple sont très frappantes), partant de la réalité sociale d'une région (ici la Mongolie) afin de la dépasser par la beauté de ses images. Certes, les couleurs chaudes du chef opérateur Lutz Reitemeier composent d'habiles tableaux vivants, distillant par moments une certaine atmosphère, mais celà ne va pas plus loin.
La simplicité de l'histoire se veut être le point de départ d'un road-movie contemplatif posant des questions sur la sociétés de notre temps, constamment confrontée au clivage entre mondialisation et tradition, mais au vu de la très faible intensité dramatique qui s'en dégage et du manque d'empathie pour les personnages principaux, on a tendance à se perdre quant aux réelles intentions du réalisateur, le résultat étant un profond ennui, et ce jusqu'à la dernière minute. Non, au lieu d'aller voir le dernier Ours d'Or de Berlin, faites-vous une soirée Zhang Yimou et surtout (re)voyez Still Life.
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3,5
Publiée le 12 avril 2021
Le mariage de Tuy est l'une des tentatives les plus réussies du cinéma chinois. Le film est si réaliste et dépeint si bien la vie sur les vastes terres de la Mongolie intérieure qu'il me rappelle un documentaire. La performance de Yu Nan est vraiment étonnante. L'intrigue est si émouvante et touchante qu'à certains moments je me suis senti impliqué au point de m'inquiéter de la mort de Sengge. C'est une nouvelle expérience même pour les Chinois de découvrir la vie des Mongols et j'espère qu'il s'agit du même genre d'expérience révélatrice pour le public occidental qui pourra ainsi comprendre la diversité ethnique de la Chine. Les Mongols vivent en harmonie avec les Chinois Han dans le même pays appelé la Chine tout comme c'est le cas pour les 55 autres minorités y compris les Tibétains...
Dans les steppes arides de la Mongolie chinoise,Tuya se cherche un mari.Un époux qui pourrait subvenir à ses besoins,depuis que son véritable homme s'est blessé en voulant creuser un puits.Peinture d'une civilisation en péril,"Le mariage de Tuya" est un film rare,étonamment burlesque et incroyablement plein.La tragédie sociale lourdissime tant redoutée n'est en fait qu'une apparence;avec une grande subtilité dans ses changements de tonalités et la puissance que provoquent les ruptures dramatiques ou comiques par contrastes,avec un humour inattendu et une sensibilité à fleur de peau,le réalisateur tisse le visage d'une femme qui essaye de prendre goût à la vie.De la décadence à la misère,Wang Quan'an insuffle la dose parfaite d'espoir aux yeux d'une famille en proie à l'abandon.Sans jamais basculer dans le côté misérabiliste du propos,ni dans l'aspect "Thema;civilisation disparue",ce mariage est autant une invitation au plaisir qu'à la découverte d'une culture et d'un mode de vie surprenant.Dénuée de sensiblerie,cette histoire sublimement mise en scène (la douceur exaltée de la caméra,pareille à une caresse,la construction des plans et l'équilibre des lumières sont à couper le souffle) se voit offrir une profondeur incomparable grâce au talent de son actrice principale,Yu Nan,et grâce aussi à un scénario et un montage en or,dépeignant avec brio,tact et virtuosité les relations familiales,entre autres personnages.Bref,un Ours d'or mérité pour cette oeuvre pudique et belle,drôle et chaleureuse,difficile mais à l'espoir communicatif.Un film épuré du côté où on ne l'attend pas,avec ce qu'il faut d'intelligence et de pertinence pour que l'on croit,une fois encore,au pouvoir du cinéma.
Courageuse Tuya. En Mongolie intérieure, dans des conditions très dures: climat désertique, froid, sécheresse surtout, il faut faire des kilomètres pour chercher, deux fois par jour, l’eau (nécessaire en particulier pour abreuver les moutons qui représentent le patrimoine familial), au pas majestueux du magnifique chameau de la famille. Le mari, Beret, a été accidenté au cours de la tentative de creusement d’un puits proche du domicile. Le troupeau à faire pâturer, l’eau à approvisionner, et deux enfants (dont une petite fille irrésistible avec sa bouille ronde entre deux nattes), elle ne s’en sort pas, Tuya. Il lui faut un homme à la maison. Il lui faut se remarier. Condition : garder Beret au foyer. Tout se sait dans la steppe: les prétendants défilent. Dont l’un, vraiment riche ! On mettra Beret dans le meilleur institut de rééducation possible... Tuya cède. Mais quand Beret, dans sa magnifique clinique, se saoule à mort et tente de se suicider, la fidèle Tuya revient dans sa steppe. Finalement, tout finira bien, c’est le voisin (charmant mais légèrement porte-guigne, il accumule les mésaventures...).qui épousera Tuya et gardera Beret.Tout finira bien : voire ! la cohabitation ne sera pas si facile. On pense à l'Histoire de Pao (voir mon blog) Le père de Pao avait deux femmes: Tuya, elle, se retrouve avec deux maris. Il ne s’agit pas, bien sûr, de comparer l’oeuvre d’un cinéaste accompli comme Wang Quan An avec celle de Ngô Quang Hâi. Mais dans les deux cas, dans cette Asie loin de toute vie urbaine, les femmes sont le pilier de la société. La survie de la famille, ce sont elles qui la portent. Dans les deux cas, celui qui devrait être le chef de la famille se laisse couler et se réfugie dans la vodka. Et, dans les deux cas, ces familles sont isolées au sein d’une nature magique. Ici, la seule actrice professionnelle est Yu Nan, et à la voir engoncée dans ses couches de tricots, son foulard ficelé autour de la tête, on oublie que c’est une tres belle femme...
Ces films qui nous viennent de Mongolie sont toujours des petites pépites... celui-là également. Il montre cependant une autre réalité de la vie de ce peuple des steppes, entre alcoolisme, choc des civilisations et pénurie d'eau. Vie difficile, où le travail est harassant surtout pour une femme se débrouillant seule et qui se retrouve confrontée à un dilemme impossible : trouver un homme pour l'aider dans ses taches, tout en continuant à soutenir son mari impotent. L'équation n'est pas simple ... elle ne sera pas résolue
Un très beau film et un bon moment de cinéma. ça devient rare aujourd'hui! Et surtout on voit enfin que le cinéma chinois peut nous conter une histoire sans oublier l'humour au passage. Si vous voulez vous évader pendant 2h, n'hésitez pas!
C'est vraiment un très beau film. Une histoire simple et très émouvante dans la Chine "oubliée" d'aujourd'hui qui est quand-même ratrappée par les changements profonds qui boulverses ce pays immense. Le fait que le film se passe dans la Mongolie Chinoise et non pas en Mongolie "indépendante/extérieure" apporte un grand plus à ce film qui va donc bien au-delà de montrer "seulement" des belles images. L'interprétation de la Grande actrice Yu Nan n'y est pas pour rien...la Chine a trouvé sa nouvelle Gong Li/Joan Chen...Tuya est un film qui se démarque sans difficulté de l'offre actuelle sur les écrans...et finalement un film chinois avec des vrais moments d'humour ! Vous ne seres pas déçus....
Dans les steppes de Mongolie intérieur le portrait d'une femme courageuse, au caractère bien trempé s'occupant à la dure tache d'éleveur que son mari ne peut plus effectuer. Un contraste brutal entre une culture traditionnelle disparaissant sous un capitalisme galopant (notamment lors d'une scène avec un des futurs prétendants). Pas de happy end, la vie suivant son cours et ces problèmes. Une belle prestation de l'actrice Yu Nan.
tres bel hymne a la femme et a la mongolie en general ;tuya est plus vraie que nature ;et puis j'ai beaucoup aime la critique subtile du regime ;le prix est amplement merite ;les decors sont grandioses ;la musique est tendre ;un vrai the chinois