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Yoloyouraz
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2,5
Publiée le 16 novembre 2007
On a beau regretter que le propos n'ait été étoffé, que le traitement du récit ne soit pas plus rigoureux, il reste à l'oeuvre de F.Akin une douceur, une sincérité et une humilité rares, précieuses.
Prix du scénario à Cannes largement mérité. C'est juste, beau et fort. Les destins croisés des personnages jonglent avec la vie, l'espoir, la mort. Ils sont magnifiquement dirigés par une mise en scène sobre et efficace. Du grand cinéma ! A voir absolument.
Après l’intense « Head on », Fatih Akin poursuit sa trilogie turquo-allemande et confirme sa maîtrise et la richesse formelle et thématique de son cinéma. Il réussit à allier un cinéma que Lelouch ou Amenabar n’arrivent pas à réussir, à savoir un système de narration fait de boucles de récit et de symétries, appelant intrinsèquement à signifier et mettre dans un contexte déterministe chaque action des personnages, à une politique de l’action cohérente face à l’inexorabilité de la mort et de ses conséquences à la fois culturelles et émotives chez les proches des défunts. Même si le film avance par associations (parfois de manière appuyée, filmer les mêmes lieux traversés par 2 personnages qui se cherchent ça passe, faire arracher par l’un une affiche pour mieux filmer l’autre devant cette absence d’affiche c’est trop) on garde l’impression que tout peut arriver chez Fatih Akin, les chemins menant aux 2 morts, pourtant clairement annoncées comme des chapitres, sont balisés par des scènes vibrantes pendant lesquelles le cinéaste démontre son plus grand talent, la gestion des personnages et les étincelles de chacune de leurs rencontres.
Je l'ai vu lors du festival paris cinéma, et je ne regrette pas de l'avoir vu, j'en garde un excellent souvenir, un prix du scénario amplement mérité. Les personnages sont tellement bien écrit et interprétés. L'histoire est très surprenante, c'est le genre de film que l'on a pas l'habitude de voir car même dans cette trame dramatique, il y a des rebondissements, on tourne entre histoire d'amour, histoire politique, histoire de famille, histoire de mémoires, vraiment un mélange extrèmement bien traité.
Après l’amour (“Head-On”) et avant le mal (dans son prochain long métrage), c’est la mort que Fatih Akin place au cœur de sa septième réalisation, abordant le sujet sous l’angle du deuil, mais surtout de la fatalité, puisque le décès de deux des six personnages principaux de ce drame choral, situé entre l’Allemagne et la Turquie, est annoncée dans le titre de deux des trois chapitres qui constituent le récit. Allant et venant entre les deux pays et créant, d’un côté comme de l’autre, des paralèlles (au plan d’un cercueil descendant d’un avion, sur le sol turc, répond celui d’un cercueil y entrant), le réalisateur mêle la mort, donc, mais également l’identité, le dépaysement, et les relations germano-turques (évoquant, plus largement, celles entre la Turquie et le reste de l’Europe), au gré d’un scénario brillant, traitant pleinement chaque thème, et où les personnages, solitaires, se cherchent mais ne se trouvent pas, se croisent mais ne se voient pas. Ce faisant, Akin contourne les grosses ficelles parasitant trop souvent les films du genre, quand il s’agit d’entremêler les destins. Une finesse qui n’en rend que plus justifié le Prix du scénario décerné par le jury de Stephen Frears, au dernier Festival de Cannes, même si “De l’autre côté” aurait pu prétendre à une distinction plus élevée, tant ses défauts sont rares, dans ce drame où les interprètes, épatants, brillent tout autant que la mise en scène, sobre et précise, qui transcende le récit de ces histoires bouleversantes, auxquelles nous assistons depuis l’autre côté de l’écran.
Difficile de se remettre du choc Head-on, de ces plans sublimes de Birol Unel et de Sibel Kekilli. Dur aussi de donner un successeur au meilleur film de ces dix dernières années. Première bonne nouvelle: Fatih Akin ne se répète pas, même si son histoire a toujours un pied en Allemagne et l'autre à Istanbul. S'il faut chercher des modèles, c'est plutôt Inaritu, que ce soit dans le découpage de l'histoire ou le côté choral de l'ensemble. L'histoire aussi se veut plus lisse, moins punk. Et pourtant ça marche... Un film toujours passionnant, long mais foisonnant, intelligent et mesuré dans son propos. Un film qui n'est pas auteurisant (enfin pas chiant, on est loin du Climat d'un autre réalisateur turc plébiscité par la critique). Au final, Akin se révèle comme un futur très grand réalisateur. Dont l'oeuvre sera assurément à visage humain.
La mort est ses dégâts collatéraux. C’est ce qu’évoque Fatih Akin dans «De l’autre côté» (Allemagne, 2007). Articulé en trois parties (deux morts et une conclusion), le film d’Akin aborde directement la mort. Le moyen dont le cinéaste avertit de la mort de ses personnages intronise une tension dans le récit, si bien que le spectateur présume la mort à tout instant. Et lorsqu’elle survient, aussi inattendue soit elle, la mort abat et tétanise le spectateur. C’est un film du destin, où des personnages a priori distant viennent à se croiser par hasard ou pour accomplir leur deuil. Dès lors que vous appréciez les films choraux, les films aux destins croisés, «De l’autre côté» saura vous combler, d’autant plus que son intimité vivace rend vivants tous les protagonistes et leurs histoires. Si l’intrigue du film et son mode de narration savent émouvoir avec justesse, les acteurs ne demeurent pas en reste et participe pleinement à la douce puissance du film. La mort dans le quotidien d’une Allemagne pluriethnique, c’est bien là le sujet majeur de l’œuvre. Et si Akin se défend de ne pas avoir fait un film politique mais un film sur la mort, il ne demeure pas moins que «De l’autre côté» illustre une facette fraîche de l’Allemagne et propose l’image d’une rencontre entre la Turquie et l’Allemagne, en adéquation totale avec la double nationalité du cinéaste. Ce dernier film est non seulement à même de faire découvrir Fatih Akin comme un cinéaste européen majeur mais surtout d’ouvrir une brèche vers l’école berlinoise, mouvement cinématographique actuel d’éminente qualité. «De l’autre côté» affiche le point de vue de l’au-delà vu d’en bas, des conséquences de la mort sur les vivants tout en voyageant entre l’Allemagne et la Turquie comme pour mieux les réunifier. Le destin difficile des protagonistes et l’égard humble que porte le cinéaste à ses personnages fait une œuvre pleine de sentiments, bien heureusement jamais doucereux mais souvent humaniste.
A 34 ans, le réalisateur germano-turc Fatih Akin est déjà, après 3 films, une valeur reconnue du cinéma européen. En sélection officielle au Festival de Cannes 2007, son dernier film, "De l'autre côté", a même récolté un prix du scénario plutôt mérité. En tout cas, un scénario qui regorge en rebondissements, et qui fait voyager plusieurs personnages entre l'Allemagne et la Turquie. Les critiques dithyrambiques qu'il reçoit d'une grande partie de la critique française sont certes un peu exagérées, mais il est certain que ce film est intéressant, parfois touchant et parfaitement recommandable.
Apèrs "la vie des autres", une nouvelle pépite et un superbe film emblématique du renouveau du cinéma allemand ! Des personnages poignants, des destins qui se croisent, de flamboyantes interprétations, notamment de la part d'Hanna Schygulla, l'ancienne égérie de Fassbinder, que l'on retrouve avec émotion dans ce film. Fatih Akin, au demeurant digne successeur de Fassbinder, dans la veine des grands réalisateurs allemands ! Un seul mot : bravo !
Supérieur encore au pourtant déjà excellent "Head-on", c'est un film émouvant et intelligent sur le déracinement et la quête de l'amour, sentimental et familial. Aurait pu avoir une la palme d'or à Cannes mais son prix du scénario est amplement mérité.
Voila un film ou il se passe pleins de choses entre les etres.La trame est toujours surprenante et les personnages sont toujours en évolution.Tout ceci est très bien filmé et toujours tourné vers la vie(malgré les difficultés).Un grand film humaniste.
Tout simplement bouleversant de beauté esthétique et humaine. Ces destins croisés entre Brême et Istanbul sont autant d'engagements, de vies meurtries, de tristesses, mais aussi d'espoirs et d'amour.
Après la belle réussite d'Head On, De l'Autre côté prend le relais en élargissant le regard. Malgré un contexte tragique (en miroir, autour du personnage d'Ayten), c'est plus calme, épuré, moins dialogué, ça agit plus au niveau des silences et de la perception. On est, certes, très ému, mais on sent le trait un peu trop forcé. Ca vire dépressif. Un esthétisme assez prétentieux prend parfois trop de place. Je trouve en outre certains choix scénaristiques pas assez percutants et quelquefois irritants.