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Un visiteur
5,0
Publiée le 28 novembre 2007
Un tres grand film. De la première image à la dernière. De ce grand et beau ciel bleu et vide d'ou ne viendra aucune aide à ce bout de terre humide et sale dans laquelle nait la vie. A voir nécessairement.
AU debut, la voiture d'une jeune veuve voyageant avec son fils tombe en panne non loin de Myliang, petite ville qui donne au film son titre original. Un garagiste vient à la rescousse. On peut voir alors se dessiner une histoire, mais ce n'est pas celle que raconte le film. Et pas davantage celle qui ensuite parait s'annoncer. Et pas non plus...Ou plus exactement, ce sont toutes ces histoires qui constituent "Secret sunshine", film modelé sans cesse par le temps qui passe, habité par des personnages qui évoluent au gré des evenements qu'ils subissent et de ceux qu'ils provoquent, comme en parallèle avec un spectateur qui, lui aussi, change à mesure que se transforme le regard qu'il porte sur un monde et sur des etres dont il ignorait tout avant que le film commence et dont il acquiert au fur et à mesure une connaissance intime. Permettre la connaissance des etres et du monde, les reveler dans le regard porté sur eux, voilà snas doute la plus noble ambition du cinéma en même temps qu'une de ses definitions possibles. C'est cela "secret sunshine".
Entre l'image d'un ciel bleu (d'ou ne viendra nul espoir et nul Dieu) jusqu'à cette image finale d'un peu d'eau sale dans un coin de terre entouré de débarras (où renait pourtant la vie dans un rayon d'ensoleillement), il y a un film magnifique qui ne pourrait être qu'un mélo et qui est tellement plus que ça. La comédienne est formidable. Le personnage du garagiste ressemble à un ange gardien incompétent, toujours présent, derrière. Touchant. Et puis la scène du parloir d'un force inuoie et tellement subversive. Quant à la longueur du film, elle est tout simplement nécessaire.
la longueur du film ne permet que de donner deux étoiles , certes c'est bien filmé , bien joué mais on ne rentre pas vraiment dans les sentiments de la mére . Est-elle folle depuis le début : pourquoi venir dans cette ville , pourquoi se lancer dans une affaire immobilière , pourquoi cette réflexion dans le magazin de vêtements ?
Film bouleversant sur la déchéance d'une mere[...]une vraie descente aux enfers[...] et une vraie critique des valeurs abusées de la religion. Magnifique.
Un film tout simplement magnifique !!! Un film mélant comédie, comédie dramatique, drame psychologique, thriller et comédie romantique n'est pas chose courante...et je dois dire que pour le coup c'est réussi. L'amoureux transi de Shin-ae est touchant par sa patience à toute épreuve, mais aussi très drôle dans sa façon d'apréhender les choses! Alors je n'ai qu'une chose à dire: courrez-y !!!!!!
Un film excellement joué. Jeong Do Hyun est bluffante dans ce film!!! Un film super lourd en émotion. Ames sensibles n'allez pas le voir. Les autres foncez !!!
Voici un film perturbant et qui nous fait envisager la vie dans tous ces côtés obscurs. Yeon do-yeon est sublime dans son rôle, et joue toujours avec une justesse impressionante. On aura pu craindre à un moment de tomber dans un moralisme pervers,lorsque apparaissent les évangélistes. Mais heureusement, la suite est bien rattrapée, et nous voyageons dans les profondeurs d'une âme qu'on n'arrive pas à saisir. Ou plutôt des âmes qui sont mises à nu dans tout ce qu'elles ont de plus fort mais aussi de plus fragile en fait toutes leurs contradictions. Ce n'est pas tellement son fils et son mari que Yeon a perdu qu'elle même. Toute la subtilité de la philosophie orientale est ici représentée.
Des éléments interessants. toute une partie du film sur la communauté chrétienne est un peu longue. Très belle performance de l'actrice principale, des plans réussis.
Richard Abibon Ombres et lumières de la castration A propos de Secret sunshine Réalisé par Lee Chang-Dong
Secret sunshine : ce titre est la traduction anglaise du nom de la ville de Corée où ça se passe : Myriang, où nous parvenons en même temps que l’héroïne, pendant le générique. Nous apprendrons plus tard que ce nom écrit en caractère chinois signifie : secret ensoleillement. Je considère ceci comme une métaphore de la question de la représentation, question humaine par excellence, et seulement humaine, car nous sommes les seuls être parlants. La représentation suppose le meurtre de la chose (expression que, avec Lacan, j’emprunte à Hegel), car la représentation de la chose n’est pas la chose. La représentation permet de parler de la chose en l’absence de cette dernière : on ne la voit pas et pourtant, avec la représentation (un signifiant, ou une lettre) elle est là en effigie. La castration va donc faire office de représentant privilégié de cette question, car le corps des être parlants est divisé en deux : il y a ceux sur lesquels on peut voir un sexe, le phallus, et celles sur lequel on ne le voit pas. L’expérience analytique nous a permis d’entendre que la première réaction de l’enfant à cette différence se présente sous cette forme de l’avoir ou pas. Sur le ventre de la femme, on ne le voit pas : le phallus fait référence, parce que chez les garçons, il se voit. Ça se traduit donc en termes de castration : pour les uns, c’est une menace : ils l’ont, mais ne sont pas sûrs de le garder, car d’autres ne l’ont pas, c’est bien qu’on leur a coupé ; pour les autres, si elles ne l’ont pas c’est qu’on leur a coupé ou qu’il va pousser, puisque d’autres l’ont. Un dialogue dans une pharmacie va nous éclairer sur la portée de cette question dans le film. Pour convaincre l’héroïne de l’existence de dieu, la pharmacienne lui fait valoir que le rayon de lumière, là, on ne le voit pas, mais il est là. Et Shin-ae de lui répondre que là, non, il n’y a rien. A