Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas?
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tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 août 2013
Cette rocambolesque histoire de famille (à rebondissements), façon romans populaires du 19ème siècle, supplémentée au coquin (l'héroïne étant initiée aux "plaisirs de la chair" par un amant, puis une amante), autant qu'à l'épique (les campagnes en Libye, la Grande guerre) est filmée à dessein théâtralement, avec une succession de tableaux en forme de chronique de moeurs (Sicile, début 20ème, dans une haute société très pudibonde, et en plein "décadentisme", à la D'Annunzio, le POETE, exilé pour cause de dettes sur la côte landaise, que les Corrao vouent aux nues, et dont Eugenia s'approchera, lors de son périple avec Lydie), et, en fil rouge, les aventures picaresques d'Eugenia, Raimondo, les riches Di Maqueda/Corrao, et Silvano, le chauffeur de Mme. On est au-delà des codes du vaudeville classique, puisque la femme et le mari sont persuadés d'être soeur et frère consanguins (même père), ce qui convoque morale et religion, et par ailleurs, s'il est question de frustration sexuelle (pas de possibilité de consommer le mariage) et de galipettes inappropriées aussi, car entre aristocrate et plébéien, la ressemblance avec un récit psychologique façon "Amant de Lady Chatterley" s'arrête là. Comencini signait donc, en 1974, une nouvelle comédie satirique (et érotique) : un genre "léger" que la critique de l'époque jugeait volontiers mineur, quand le cinéma transalpin d'alors était généralement plus engagé, et un film beaucoup moins fort, dans la veine critique, que par exemple "L'Argent de la Vieille", 2 ans plus tôt. "Mio Dio, come sono caduta in basso", film "historique" (à reconstitution impeccable d'ailleurs - décors et costumes), est une "fantaisie" sicilienne, cocasse autant que romanesque. Une ressortie en "copie restaurée" permet de re)découvrir côté interprètes la splendide Laura Antonelli, star incontestée des comédies érotiques des seventies, Michele Placido (qui a évolué depuis quelques années vers l'écriture et la réalisation - "Romanzo Criminale" - après une très belle carrière d'acteur) et Alberto Lionello (que j'avoue ne pas connaître) en mari (et nouveau riche) irrésistiblement caricatural. On note aussi quelques scènes avec Jean Rochefort en Parisien tentant sa chance lors de l'étrange voyage de noces du début, et d'autres avec l'Allemande Karin Schubert (parlant, grâce au doublage, un parfait italien - Lydie, une journaliste et amie intime d'Eugenia), la reine du français "La Folie des grandeurs" (1971), qui finira dans le porno sa carrière cinématographique, se demandant peut-être alors à son tour : "Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas"...
Estonius

4 734 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 octobre 2015
Un pamphlet au vitriol contre la morale religieuse et l'hypocrisie bourgeoise. Laura Antonelli est fabuleuse de beauté et de talent conjugués. Certaines scènes méritent de figurer dans les encyclopédies du cinéma notamment celle où le mécanicien déshabille la comtesse. L'ensemble sait garder la juste mesure des meilleures comédies italiennes : ça grince, ça grince énormément, mais on garde le sourire et on reste sous le charme. Chef d'œuvre !
landofshit0

314 abonnés 1 745 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 mars 2012
Une comédie italienne sur le désir d'un homme est une femme qui une fois marié,vont apprendre qu'il sont frère et sœur.Ceux ci vont tout faire pour refréner ce qui les pousses l'un vers l'autre.Si la comédie reste sympathique,elle n'en n'ai pas moins longuette.
Prad12
Prad12

122 abonnés 1 086 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 janvier 2017
Un des chefs d’œuvres de la comédie italienne teintée d'érotisme et avec un ou deux messages plus profonds comme le fait d'idolâtrer des personnes connues ou de trop écouter les religieux et leurs messages frelatés..... certes il y a le désir qui est une obsession et qui finira par les perdre tous mais l'hypocrisie, la méchanceté, la concupiscence et le cynisme sont si bien décrits que c'est un véritable bonheur de voir ce film et la beauté et le jeu de Laura Antonelli en exquise ingénue......Tout cela sur fond de montée du fascisme et de déchéance d'une noblesse en fin de vie.....fabuleux !
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 23 janvier 2017
Comencini est un réalisateur soporifique y compris dans la satire des moeurs bourgeoises : il ne peut s'empêcher de se traîner en longueurs et redondances, ce qui nuit grandement au rythme d'une comédie légère qui aurait pu tirer son épingle du jeu en une petite heure et demi seulement.

La satire manque également de finesse mais reste ici et là assez drolatique, grâce naturellement à la magnifique Laura Antonelli, l'une des plus gracieuses bombes sexuelles en son temps. Assurément une très belle femme parfaitement à son aise dans le rôle d'une oie blanche qui se découvre au fil des circonstances une perversité inconnue. Bref, à regarder pour Laura et quelques situations cocasses, car en matière de comédie italienne plus ou moins ironique et subversive, on a vu bien mieux ailleurs.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 5 mai 2012
Le film propose les figures classiques de la comédie italienne et effectivement certains passages sont assez droles mais le rythme n'y est pas. Par ailleurs les acteurs manquent souvent d'efficacité c'est notable pour Jean Rochefort qui n'est pas du tout dans le ton.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 121 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 mai 2023
Quel film aux multiples sens de lecture n'est-il pas ? Cette comèdie (en tout cas vendue comme t-elle) de la belle èpoque est assurèment une rèussite de Luigi Comencini avec la sublime Laura Antonelli, symbole de la fèminitè lancè par un pays qui n'en manquait pas, et disposant ègalement d'un talent certain. "Mio Dio, come sono caduta in basso !" (1974) est un hommage à la beautè de l'actrice qui, bien dans son corps, vacille sans retenue! spoiler: D'une très grande subtilitè, le film est en fait un long-flashback, l'essentiel du rècit se passant en Sicile avec une vierge pure comme le lys qui semble n'avoir ètè crèèe que par l'amour!
Les fornications dans une baraque au milieu de nulle part sont les moments les plus drôles de cette oeuvre joliment construite, documentèe et reconstituèe! De plus les rèfèrences implicites ne manquent pas avec les frustrations que cela entrainent entre mari et femme / frère et soeur! Le tout enrobè de l'excellente musique de Fiorenzo Carpi! Les voici donc les mystères de la chair et du dèsir...
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 16 juin 2023
Le thème de l'adultère, légèrement tronqué à la base mais dans le principe c'est totalement ça. Et c'est d'un banal. En plus rajoutez cette touche que d'aucuns justement apprécient , érotique et en costumes.
C'est daté et ridicule dans tout. Le jeu des acteurs, les dialogues pompeux et le décor baroque lassant.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 mai 2025
J'ai un grand respect pour Comencini, parce qu'il est le père d'un de mes films favoris. Mais quand y a un truc qui me tracasse... Ce qui me tracasse, c'est que sur ce coup là, le grand Luigi a perdu de vue quelque chose de fondamental : si l'insolence et l'audace sont séduisantes, elles ne garantissent pas à chaque fois la drôlerie et la férocité. Parce qu'insolent et audacieux et donc séduisant, ce film l'est assurément, mais donne l'impression de se contenter de ça. Si on le compare à "Sessomatto", le match est vite plié et ne dure qu'un round. Parce que le film de Risi (dont Laura Antonelli était également la vedette) assumait pleinement son côté provocateur et envoyait la sauce dans tous les coins. Alors que là, même si ça nous cause d'inceste, d'attributs virils disparus ou d'une frigide qui va devenir bête de sexe, ça reste très sage, loin de l'humour ravageur dont les grands cinéastes italiens de l'époque savaient nous gratifier. Et la Laura n'a pas la chance d'être bien entourée. Lionello a une bouille sympathique, mais il n'est pas du même calibre qu'un Giancarlo Giannini. Quant à Jean Rochefort, ici très secondaire, il ne laisse pas non plus de souvenirs impérissables. Jouer lui-même en italien est tout à son honneur, mais il perd en naturel. Pas un mauvais moment à passer, mais plutôt une déception pour ma part.
Serge K
Serge K

21 abonnés 351 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 janvier 2023
Chef d'oeuvre! tout y est, scenario, photographie superbe, jeux excellent, et des crises de rire memorables, 1h 45 de delectation, on en voudrai encore, à ne pas manquer (merci Estonius, pour me faire decouvrir encore une pépite)
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 avril 2020
On n’est pas sur le film le mieux coté de Comencini, pourtant ce ne serait pas le plus mal choisi pour lui servir de pinâcle. Aussi variée que sa carrière, l’œuvre lui ressemble : le théâtre retrouve sous sa main sa vocation burlesque & pamphlétaire, & l’artiste profite de la révolution sexuelle sans jamais la laisser transparaître directement à travers la pellicule : nous sommes au début du siècle & l’homme, quoiqu’hétéroclite, n’est pas du genre à donner dans l’anachronisme.

Alors, grave mais innocent, le film exprime toute la moelle d’un jeu de scène débordant vers un débouché moderne qui n’a jamais l’air de l’être : le sous-entendu est beaucoup moins raffiné que jadis & le cinéaste en profite pour s’y engouffrer avec un paquet de clins d’œil bien peu chastes. Tantôt drame, tantôt farce, parfois cru & parfois moqueur, ici relevant de Dante & là de d’Annunzio, la comédie n’a finalement pour sujet que la sexualité d’une femme, mais elle est vue sous tellement d’angles différents que cela ne se remarque pas.

Renouveau du comique visuel, elle donne une place toute nouvelle à la sensibilité des acteurs, qui doivent considérer de rendre visibles à l’écran des liens réels (des contacts, par exemple) qui étaient jusque là livrés au charme de la suggestion & de la demi-teinte. Mais Comencini n’en perd pas pour autant en élégance : étudiant carrément l’inconfort (élément rare du tragicomique, qui a tendance à l’éluder ou à l’exagérer) sur de très beaux textes, il se coince à peine dans la personnalité de la femme en question (Laura Antonelli), trop passive & trop peu encline à évoluer (des années passent tout de même), & dans une variété de traitements qui finit par faire douter que le film a vraiment un but.

Il ne pouvait pas penser à tout, occupé qu’il était à déshabiller le cinéma puritain, le décorsageant pour le corser, établissant un érotisme spirituel qui va très loin (j’ai même envie de parler de pornographie intellectuelle) sans ravir au nu la redécouverte qu’il permet de sa finesse.

Concupiscence. Le sens de ce mot, sa préciosité, sa saveur de début d’acceptation avouée (chez les plus hautes classes), du désir comme impulsion séparée de l’amour, la lourdeur des oppressions qu’elle permettait (excusait presque) de la part de la gente masculine sur des dames qu’on se plaisait à qualifier un peu ironiquement comme représentantes du “beau sexe”, c’est la boîte de Pandore dans laquelle on peut glisser les bobines du long-métrage.

→ https://septiemeartetdemi.com/
JR Les Iffs
JR Les Iffs

101 abonnés 1 151 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 octobre 2017
Très bon film de Comencini. Belle réalisation, décors, couleurs, etc. , de bons dialogues savoureux d'humour, de l'action, des acteurs secondaires excellents, une comédie italienne presque parfaite avec bien sûr un regard très critique sur une certaine Italie, à une certaine époque. On ne s'ennuie jamais, l'érotisme est très léger.
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