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Uncertainregard
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1,5
Publiée le 19 août 2011
Oui, la mise en scène, l'interprétation et le sujet sont plutôt bons mais il manque une fin à cette histoire ou plutôt il y a une scène en trop bien inutile (les retrouvailles au resto). Une palme de sympathie pour son sujet et la nationalité du film quand on voit les nombreux chefs d'oeuvre qui étaient en compétition cette année là...
Palme d’or du festival de Cannes en 2007, ce film du réalisateur roumain Cristian Mungiu n’est pas à mettre entre toutes les mains. Outre la polémique suscitée lors de sa sortie en salle compte tenu du sujet brûlant évoqué (l’avortement illégal d’une jeune femme), il s’agit surtout d’une critique du régime communiste totalitaire de Nicolae Ceaușescu. Avec froideur et austérité (le style n’est pas sans rappeler celui des frères Dardenne), le récit évoque la corruption d’un système, la pauvreté sociale mais aussi les valeurs humaines plus nobles dont celui du sacrifice. Bref, une œuvre lugubre où le désenchantement reste total.
4 mois, 3 semaines, 2 jours est pour moi une palme d'or assez méritée. Ce film, loin de n'être qu'une thèse sur l'avortement (il ne semble ni pour ni contre), ni sur la dictature roumaine finissante mais un film sur l'engagement, le courage et surtout sur les problèmes de communication et de compréhension mutuelles. Il n' y a qu'à se souvenir des difficultés pour que Anamaria Marinca (géniale et tout en pudeur) a pour obtenir une chambre d'hôtel, y rentrer, à obtenir le pardon de son mec. Le film nous montre des choses indicibles avec un grand sens de la retenue, sans pathos, ni voyeurisme mal placé. Il ne juge pas le comportement nauséeux de certains personnages (voir l'avorteur qui, "limite odieux" au départ, finit par montrer de la compassion vis à vis de la fille qu'il va avorter (il est vrai après avoir baisé la blonde, scène heureusement hors champ). D'ailleurs, le film, rien que par la mise en scène qu'il déploie, méritait toutes les palmes, fussent telles d'or. Les scènes finales dans la nuit roumaine sont d'une maîtrise absolue. La première scène juste avant que l'héroïne ne rejoigne sa copine est d'un grand suspens méleé d'une vraie sensation de panique. La deuxième lorsqu'elle cherche à se débarasser du foetus est d'une tragédie rarement égalée. J'ai apprécié la façon dont les plans du film sont gérés. Lors de l'extraordinaire scène du repas chez la belle famille, on ressent une impression d'hypnotisme (un long plan fixe avec au centre du plan la fille qui semble ailleurs alors que se débattent les parents comme si elle n'existait pas : différents mondes s'affrontent et s'ignorent. Les scènes à l'hôtel sont du même accabit : les réceptionnistes regardent à peine l'étudiante, comme si elle n'était qu'un fantôme matinée de courage mais qui ne fond pas en sentimentalisme béat. 4 mois, 3 semaines et 2 jours rappelle La mort de Dante Lazarescu en mieux maîtrisé sur le plan de la mise en scène et aux films des Dardenne, en plus profonds. La vision du film à la télévision pourra paraître déceptive, preuve de la belle mise en scène du film.
Un film touchant et poignant avec des actrices magistrales !! Une ambiance assez glauque qui va très bien avec le message ! 2 étoiles car ce n'est pas un film que je reverrai avec plaisir. Déconseillés à ceux qui voient le cinéma plutôt comme un divertissement que comme une forme de culture car ce film ne permet pas de se vider la tête !
Film choc, film d’un bloc "4 mois, 3 semaines, 2 jours" va nous faire suivre quasi en temps réel, deux filles, Otilia et Gabita dont l’une attend de se faire avorter dans un hôtel de la Roumanie des années 80 sous Ceausescu. Une Roumanie parfaitement restituée, et qui constitue presque un personnage à part entière, en tout cas un décor vraiment effrayant. Avec une mise en scène et un filmage impeccables, le réalisateur nous offre un film fascinant, bouleversant, haletant comme un thriller, aussi beau visuellement que dur dans son propos. Une film qui se contente de montrer sans juger ses personnages et qui nous confronte à une question, à une réalité qui est et sera sans doute toujours d’actualité.
Si vous ne savez rien de la Roumanie de Ceaucescu, rien des avortements clandestins d'avant L'IVG, ok, vous pouvez voir ce petit film très plat qui a les faveurs -voire l'engouement- de la critique et une extravagante Palme d'or à Cannes! C'est long, glauque avec complaisance, plutôt lourd, filmé sans talent, genre téléfilm documentaire. La seule chose qui intrigue, donc intéresse, c'est l'écriture des rôles des deux jeunes femmes, l'une, enceinte est manifestement une gourde, l'autre se démène pour deux et de ce fait relève un peu l'intérêt. De plus on peut trouver assez ambigu le propos du film, les anti Ivg y trouvant du grain à moudre grâce au plan sur le foetus. Comparer ce petit film à l'extraordinaire "Mort de Dante Lazarescu" , non!!!
Cette Palme d'or très méritée n'est sans doute pas le chef d'oeuvre annoncé partout, mais elle recèle suffisamment de cinéma pour être pleinement satisfaisante. La rigueur de la mise en scène et la froideur du traitement en font un modèle que beaucoup devraient suivre. Sans jamais tomber dans le pathos ou le misérabilisme, le cinéaste parvient à dresser un portrait redoutable de son pays au temps de Ceaucescu. De quoi frémir ! On saluera également sa volonté de ne jamais tomber dans le drame facile, ce qui risque de désarçonner un grand public qui attend peut-être plus de retournements de situation ou de rebondissements tragiques. Ici, rien ne vient troubler le déroulement d'un morne quotidien, renforcé par un traitement de l'image particulier, avec des couleurs totalement désaturées. Un grand moment à éviter les jours de cafard.
Je ne sais pas si ce film méritait la palme d'or, mais en tout cas il n'a pas volé son prix de l'éducation nationale. Ce film est bon, lent, beau, émouvant, triste. Il décrit sans détours son sujet, et la fin brutale laisse le spectateur perplexe. Un grand film malgré que je ne pense pas qu'il restera gravé dans ma mémoire.
Il y a des années et des années qu'une Palme d'Or n'avait pas été aussi évidente, aussi nécessaire, aussi justifiée. Face à une sélection officielle un peu faiblarde, ce film du réalisateur roumain Christian Mungiu était le seul à emporter l'adhésion quasiment unanime des spectateurs et des critiques. Un film très juste sur les drames qu'entraîne l'interdiction de l'avortement et sur le drame intime qu'il représente en lui-même. Un film sur les dérives d'un régime en phase d'essoufflement. Un film haletant comme un thriller, tout en tension, passionnant. Une façon de filmer qui se situe entre Haneke et les frères Dardenne, autant dire le dessus du panier à l'heure actuelle. Une actrice d'une justesse extraordinaire : Anamaria Marinca. Une succession de scènes d'une force excptionnelle, dont celle d'un repas de famille qui montre tout les décalages qu'il peut y avoir entre des membres pourtant proches d'une même communauté. Un grand film. A voir, bien entendu !
A découvrir, obligatoirement en v.o. pour en apprécier toutes les vibrations locales, comme un reportage si vous êtes sensible à la question de l'avortement vu du côté féminin déboussolé, et si les pays de l'est d'avant la chute du Mur vous font toujours froid dans le coeur.C'est peut-être austère, mais ça a le mérite d'être conduit sans détours, filmé avec talent et peu de moyens. Les femmes qui ont connu des affres de cet ordre sont remuées jusqu'aux tréfonds et les hommes instruits sur ce qui peut se passer à l'intérieur de leurs compagnes en pareil cas... Cette oeuvre aide aussi à apprécier la loi Veil, dans notre pays, datant de 1975, donc pas si loin, en un temps où la pilule se testait tout juste. Très rare de la part d'un homme sachant oublier sa propre condition physiologique, je le remercie au nom du progrès social et médical (songeons à tous ces pays où c'est encore clandestin, avec la mort des suites parfois)... Cannes a réalisé une prouesse en récompensant ce cinéaste qui ne manque pas de cran par les temps qui courent !