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Eddy P
164 abonnés
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2,5
Publiée le 16 janvier 2008
La Visite de la Fanfare n'est pas le petit bijou que j'attendais. Les silences sont d'abord touchant puis longs et pas toujours utiles. Si les acteurs principaux sont très bons, il est regrettable que les autres font office de figurants... d'ailleurs pourquoi ne pas avoir pris de vrais musiciens ? Les scènes musicales souffrent d'un grand n'importe quoi visuel (les clarinettiste, trompettiste, violoncelliste et cythariste ne savent clairement pas en jouer).
Il est toujours difficile d'émettre des réserves à propos d'un film aussi évidemment "gentil" et "intelligent" - on pourrait ajouter l'adjectif "nécessaire", puisqu'on rêve ici de ce qui rapprocherait les juifs et les arabes - que "la Visite de la Fanfare", et il serait plus confortable de faire la liste, comme la majorité des critiques enthousiastes, de ce qui est réussi : la finesse de l'humour "tatiesque" de la mise en scène (merveilleuse scène de drague "pilotée"), l'attention portée aux personnages comme aux paysages, la subtilité de l'évolution psychologique de chacun, le refus du happy end, voire même de la sur-signification de nombreuses scènes, et surtout un sens très juste de la durée des plans... Alors, ces réserves ? Tout simplement qu'Eran Kolirin n'arrive jamais à nous faire oublier qu'il s'agit ici d'un pur dispositif (les plans frontaux et travelling latéraux incessants, qui rappellent Kitano bien sûr), d'une sorte de conte de fées naïf d'où, finalement, la "vraie" vie ne peut pas vraiment surgir.
Et si un film pouvait amener la paix entre les juifs et les arabes et si c'était possible voilà un long métrage qui décrit l'amour, le secours, la bienveillance entre deux peuples qui peuvent s'entendre et s'entraider. A voir absolument
Au milieu de nulle part cette petite merveille nous fait palpiter de bout en bout. C'est chaleureux, tendre mais aussi un message de paix et d'amour ! Quand les hommes sont plus forts que le pouvoir ! A voir absolument !
Une comédie touchante par son humilité trace une anecdocte traité avec beaucoup d'humour en demi teinte. Une erreur de parcours rend cette situation ambigue et absurde. Le rapprochement entre les êtres se fait avec tendresse. J'ai aprécié toute la délicatesse et le respect des personnages.
Un film drôle, sensible et joliment filmé, avec des acteurs épatants, en particulier la pimpante Ronit Elkabetz et le lunaire Sasson Gabai. Eran Kolirin réussit, avec beaucoup de simplicité et sans avoir besoin d'insister, à saisir les moments d'émotion entre les personnages (tout le contraire de l'hystérie de A. Kechiche dans La graine et le Mulet). Reste que film est peut être un peu trop "propre", simple et consensuel : on aurait aimé être un peu plus bousculé et bouleversé.
6 217 abonnés
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1,0
Publiée le 30 juin 2021
Commençons par le début j'ai vu La Visite de la fanfare en portant des écouteurs et c'était très étrange de voir ce groupe de musiciens en uniforme marcher à un pâté de maisons de la caméra mais d'entendre leurs pas lourds sur le trottoir faisant le même bruit que les dinosaures qui marchaient dans Jurassic Park. Chaque pas me donnait l'impression que Godzilla marchait derrière mon dos de même pour le bruit de la circulation il était multiplié par mille et ressemblait à la pire tornade derrière mon écran. Maintenant parlons de la mise en scène chaque scène est inutilement trop longue et chaque question posée par l'un des acteurs prend au destinataire environ 10 à 20 secondes pour y répondre et cette procédure est maintenue pendant tout le film et s'ils ne parlent pas à peine aucun d'entre eux ne semble être trop à l'aise dans l'art difficile de la conversation alors les longues prises immobiles deviennent assez insupportables. Le scénario est gris et sans souvenir terne comme tous les personnages à l'exception de la femme propriétaire du restaurant israélien le seul personnage avec de la vie en lui le reste sont des sortes de zombies marchant de gauche à droite sur l'écran et ensuite de droite à gauche jusqu'à la fin du film...
A de quoi deçevoir, l'histoire est originale et laisse penser à davantage de situations comiques. Malheureusement le film est lent et laisse de marbre, comme le sont les membres de la fanfare en arrivant dans ce trou pommé, ne finissant par chanter qu'une fois arrivé à destination. Cette mise en scène, de type contemplative et abstraite est dans son genre plutôt réussie, mais ne correspond pas du tout à mes attentes.
C'est marrant comme ce film m'avait agréablement surprise quand je l'avais vu au cinéma, et comme il m'a profondément ennuyée quand je l'ai revu à la télé. Il est vrai que l'histoire tient sur un timbre poste : une fanfare égyptienne envoyée en Israël pour inaugurer un centre de la culture arabe, se retrouve dans un village totalement paumé pour une nuit. Les échanges avec la population locale sont timides et empruntés, même si tout doucement, la musique aidant, une petite ouverture se laisse entrapercevoir dans l'histoire et la personnalité de chacun des protagonistes. Unité de lieu, unité de temps, aucune action et dialogues minimalistes, il faut, c'est sûr, être dans de bonnes dispositions pour apprécier la visite de cette fanfare. Alors choisissez bien votre jour, suivant votre humeur du moment, sinon vous risquez de vous embêter sec.
Paix entre les peuples! "La visite de la fanfare" vous le propose,juifs et arabes,et il est bien logique qu'un simple film ne puisse rien changer à votre désaccord.Mais bon,l'intention est louable.Et comme la proposition n'est pas martelée de toutes parts,on peut dire que le message passe plutôt bien.Le problème est donc ailleurs.Sur une composition de plans rassurants qui laissent échapper une pointe de poésie facile et un brin de burlesque attendrissant, les personnages,des juifs et des egyptiens,essayent de bien se connaître en une nuit,et de communiquer entre eux pour percer l'âme de l'autre,et découvrir au final que l'ennemi n'est pas forcément tout un peuple.Malheureusement,la vacuité totale du scénario ne fait pas que détruire l'interêt du film,elle détruit aussi la mise en scène,qui tourne alors à vide.Comme rien ne la soutient,si ce n'est des comédiens attachants et crédibles,cette succession de plans étendus ne rime plus trop à rien,ce bel éclairage ne sert qu'une ambiance pauvre car fabriquée.Dommage,car le film est souvent d'une belle justesse,à fleur de peau,pas émouvant pour autant,mais parfois drôle et absurde.En partant sur une mise en scène ouverte et élargie,il faut donc qu'il y ait quelquechose derrière,des péripéties excitantes et intéressantes,une morale concrête,un montage précis,sinon le film s'étale tout de suite dans le désert infini qu'il nous montre.Et dans ce cas,seule l'esthétique compte,même si elle ne rapporte à rien.Ce qui est exactement le cas ici.L'ironie du film tourne donc à l'humour gentil,et fabrique une atmosphère douce-amère qui balance entre deux rives un peu molles.Puis enfin,la prétention intellectuelle du début,où chaque personnage est filmé de haut,avec une installation de plans arty agaçants,fatigue très vite.Mais,heureusement,le film se débarrasse assez rapidement de ce faux-aspect artistique qui en gâche la vraie douceur,et nous révèle quelques charmes de cinéma ni désagréables,ni exceptionnels. Passable.
Même si on peut apprécier l'authenticité du film tant par ses acteurs, ses décors champêtres, ses dialogues, il manque quelque chose à ce récit. Tout d'abord, un scénario : il ne se passe rien. Ensuite que cette petite ville est glauque, un air de bout du monde abandonné (ça fait son charme aussi sur la trame du film). Alors c'est vrai, les acteurs sont épatants et les situations proches de ce que chacun d'entre nous pourrait vivre avec une touche comique mais quel ennui par moment. Si ça fait du bien c'est vrai de ne pas voir une énième grosse machine hollywoodienne, qu'il faut encourager le cinéma d'auteur, filmer des personnes au milieu du désert avec comme seul point d'intrigue, les uns sont juifs les autres arabes, c'est un peu léger ... Sitôt vu, sitôt oublié !!!!
Petit film sans prétention encensé par la critique, la visite de la fanfare nous raconte l'histoire d'une poignée de musiciens égyptiens devant jouer à Israël. Une idée de départ séduisante mais qui tourne très vite en rond malgré des personnages attachants et une BO soignée.
Qu'allons nous chercher lorsque l'on va voir ce film? Pour ne pas être déçu, il faut s'imprégner du rythme, lent pour s'accorder avec l'athmosphère, mais rythmé néanmoins par l'enchaînement de petites scènes. Il faut aussi jouer avec toute une gamme de sentiments, du drôle au tragique, ou de petits détails, la casquette ègyptienne qui cache le char israèlien, qui font toute la saveur du jeu des acteurs. Un spectacle où il faut être un peu plus que spectateur...
La Visite de la fanfare, 2007, de Eran Kolirin, avec Sasson Gabai (Toufik), Ronit Elkabetz (Dina), Saleh Bakri (Khaled). Quelle chance de découvrir parfois, des « petits films » aussi riches en talents ! Talent du cinéaste israélien d’abord, qui nous raconte une histoire toute bête en longs plans séquences très soignés, pleins d’humour, qui naît le plus souvent de l’absurde : on pense à Jacques Tati, aux Deschiens…Talents aussi de ces comédiens inconnus chez nous, qui, d’un souffle, d’un regard, d’une posture, d’un geste esquissé, nous livrent tant de sentiments, du désarroi au bonheur, en passant par les petites joies, les grandes souffrances, les médiocres frustrations. Les dialogues sont pleins de finesse, en hébreu, en arabe, comme en anglais, et les silences appuyés, brillamment éloquents, nous ramènent au jeu de mimes. Les membres de la fanfare de la police d’Alexandrie (Egypte), sont invités par une ville d’Israël, à donner un concert pour l’inauguration d’un centre culturel arabe. Un malentendu (le ressort drolatique est bien installé, dès l’arrivée de cette brochette de musiciens raides et compassés à l’aéroport), va les mener au fin fond du désert, dans une bourgade israélienne paumée, où l’idée même de « centre culturel », qu’il soit juif ou arabe, fait mourir de rire la patronne, très sensuelle, du bistrot local. La belle Dina propose l’hospitalité (et plus, car affinités…) aux Egyptiens, et les répartit en 2 ou 3 familles. Tous, arabes comme israéliens, sont des pauvres zèbres, mais chacun va tenter d’entrer en communication avec « l’autre », juste pour effacer le malaise qui les habite, juste pour excuser les maladresses réciproques, juste pour habiller le désespoir global de leurs vies à tous, aussi désertiques que le cadre choisi. Ce n’est pas pour rien si le thème de Chet Baker, illustre désespéré, est évoqué. La scène de la leçon de drague, totalement muette est absolument hilarante, comme la récurrente scène du téléphone. Le propos n’est pas expli
Sous ses allures de petit film modeste, La visite de la fanfare est en fait une véritable perle. Présenté lors du Festival de Cannes 2007 dans la catégorie "Un certain regard" où il a été sacré "Coup de coeur du jury", ce premier long-métrage du réalisateur israélien Eran Kolirin raconte l'arrivée d'une petite fanfare de la police égyptienne en Israël. Cette fanfare était venue pour jouer à l'occasion de la cérémonie d'inauguration d'un centre culturel arabe. Mais personne ne vient les accueillir à l'aéroport, et la fanfare se retrouve dans une petite ville oubliée du monde, au fin fond du désert israélien. Le lendemain ils pourront prendre un bus, pour se rendre à temps à cette cérémonie d'inauguration. Mais pour l'instant il n'y a pas de bus. Et il va falloir qu'ils tuent le temps, en présence de la charmante patronne d'un petit restaurant perdu en plein désert.
C'est à partir de cette base narrative que le film se déploie, en apesanteur, une bulle hors du temps et de l'espace. De cette cérémonie d'inauguration pour laquelle cette fanfare égyptienne s'est déplacée en Israël on ne verra rien ou pas grand'chose, juste un morceau accompagnant le générique de fin. Non, ce qui compte ici, c'est ces petits bouts de rien, qu'Eran Kolirin étire et prolonge: le silence du désert, une fourchette tombée par terre, un homme près d'une cabine téléphonique, une esquisse de scène de séduction, un début de concerto qui résonne en plein désert, un Kebab mangé tardivement, l'amorce d'une conversation, un bébé qui dort, une jolie femme, la question "Connaissez-vous Chet Baker?", un échange de regards, ... Ce sont tous ces petits moments de vie qui, ensemble, constituent La visite de la fanfare, petits moments de vie filmés en plan large et rallongés jusq'au possible. Avec pudeur et tact, Kolirin nous évoque, à petites touches, cette journée "particulière", cette journée quelque part, en plein désert, avant cette fameuse cérémonie d'inauguration d'un centre culturel arabe.
Entremêlant burlesque et mélancolie d'une manière qui peut faire songer au cinéma du finlandais Aki Kaurismäki, La visite de la fanfare nous touche véritablement au coeur. Sans emphase, sans pompe, sans "cinéma" serais-je presque tenté de dire. Juste avec un morceau de silence, un bébé qui dort, et l'esquisse d'une conversation autour de Chet Baker.