Le cinéma latino/mexicain/espagnol est bien souvent au-dessus de la moyenne dans le genre de l'épouvante-horreur, ici on en a l'exemple. Film intelligemment narré et maîtrisé dans la mise en scène, le suspense, le jeu des acteurs. Il surfe habilement entre drame familial, surnaturel, paranormal et thriller.
Un drame fantastique qui se teinte d’un soupçon d’épouvante mise en scène avec un sens de l’élégance certain par le réalisateur espagnol Juan Antonio Bayona. Le récit, tout en respectant le carcan général du genre avec quelques figures imposées, prend néanmoins le contrepied en privilégiant une ambiance sourde au suspense latent et surtout un récit aux rebondissements dispensés avec parcimonie tout en étant très efficace, imprégnant ce faisant le long-métrage grâce à une excellente interprétation d’une émotion palpable, ce qui est assez rare.
Je ne m'attendais pas à ce type de film à frissons. Il est très intelligent, très bien écrit, très juste. Le jeu d'acteur est particulièrement bon. La chute finale m'a émue et à la fois effrayée, dérangée. Un grand film espagnol dans la lignée du Labyrinthe de Pan.
Voilà un film parfaitement exécuté. Si dans sa trame « L’orphelinat » n’a rien de follement original avec sa maison hantée sa toile de fond qui parle de maternité, de culpabilité; le rythme, la mise en scène, le montage en font une très belle œuvre fantastique. Un film sensible, finalement plus touchant qu’effrayant.
Je ne m'attendais pas du tout à ceux auquel j'ai assisté. A vrai dire, j'y allais un peu à l'aveugle n'ayans vu aucune bande annonce et ne connaissant rien de la filmographie de son réalisateur. La seule info que j'avais concernant El Orfanato c'étais le nom de Guillermo Del Toro qui étais associé à la production. Au final la filiation est extrêmement tangible, un peu trop ...
J'attendais un film sombre, lugubre et c'est vers un conte horrifique que je me retrouve. Sans tenir compte d'un hypothétique rendu je reconnais volontiers à ce film la maitrise de son sujet et raconte une histoire au fond vraiment touchante. L'atmosphère de ce long-métrage nous immerge dans le récit, on suit l'avancée de ce dernier avec attention et à titre personnel son final m'a vraiment percuté. La tout de suite je ne sais trop situé mon ressentit. Je crois qu'il me faudra revoir ce film.
Du coté des interprètes, les femmes tirent le film vers le haut. Geraldine Chaplin, Montserrat Carulla et surtout Belen Rueda ont les cartes en main. Cette dernière retiens toutes les attentions, elle livre une belle bataille. Le petit garçon qui joue Simon est aussi à mentionné. Plutôt deux fois qu'une. spoiler: Le cadavre de l'enfant dans sa révélation final fait froid dans le dos.
El Orfanato est un film qui se fie et de réfère au travail de son producteur et se rattache aux plus grandes réussites de ce dernier. J'aurais aimé que Juan Antonio Bayona s'en détache un peu plus parfois. Je met quelques guillemet à ma critique tant je pense qu'il me faudra encore le revoir pour être plus précis et concis dans mon analyse.
A chier ! Quand des espagnols sans talent veulent faire leurs malins en mélangeant la peur et la psychologie voilà ce que cela donne. C'est à dire un film au scénario médiocre qui nous offre une fin moisi à peine compréhensible. Une énorme déception !
L'orphelinat est ce genre de film dérangeant, qui vous prend aux tripes et ne vous laisse pas indemne.
Jouant subtilement avec les codes de l'horreur, on est pris au piège de cette histoire, cherchant à comprendre où a bien pu disparaître Simon. Sur fond d'histoire de "fantômes", le film nous rappelle les excellents "Le 6ème sens" et "Les autres". L'histoire est atypique et le puzzle est salvateur. Grâce à ses chasses aux trésors rondement menées, cette histoire à trous se clôture efficacement avec une fin épique. Le mot est fort, mais il est rare d'avoir des films avec une fin qui choque, cohérente, pertinente... simplement parfaite.
Donc même si j'étais déstabilisé derrière mon écran, même si je n'aime pas avoir peur (des similitudes avec "Esther" au passage), il faut avouer que L'orphelinat est un excellent film, un très bon thriller horrifique !
En ces années 2000, les Espagnols se sont plutôt démarqués dans le domaine des films d’épouvante. Une montée en puissance qui a pris racine en 2001 avec Les Autres, d’Alejandro Amenábar, et qui s’est vu croître petit à petit avec [REC] et Esther. Et dans ce lot qui peut se vanter d’avoir de nouveaux titres à son actif, bien que moins inoubliables (Les Yeux de Julia), il ne faut pas oublier un certain film intitulé L’Orphelinat, produit par les des réalisateurs les plus en vogues du moment : Guillermo del Toro (qui, d’ailleurs, produira plus tard Les Yeux de Julia). Un grand créateur artistique (à qui l’ont doit notamment L’Échine du Diable, Hellboy et surtout Le Labyrinthe de Pan) au service d’un film du genre indépendant, cela donne un film forcément pas comme les autres. Ou presque !
Sur le papier, L’Orphelinat n’a rien de différent. Rien que par son thème d’épouvante : l’enfant. Mais attention, pas le gosse tueur comme le propose certains films (comme Esther). Plutôt ce qui se passe autour de cet enfant. Cela concerne en général la possession (L’Exorciste), un statut d’Antéchrist qui peut provoquer la mort autour de lui (La Malédiction) ou bien des phénomènes paranormaux car l’enfant attise la curiosité d’un démon (la saga Paranormal Activity et autres Insidious). Ici, c’est plutôt une mystérieuse disparition qui est mise en cause. Celle de la progéniture d’une mère qui vient d’emménager récemment dans l’orphelinat qui l’avait accueillie autrefois et qui décide d’en faire une maison d’hébergement pour enfants handicapés. Un orphelinat qui, bien entendu, possède une histoire que bon nombre de personnes aimeraient oublier. Du coup, le thème de l’enfant se mélange à celle de la fameuse maison hantée. Déjà vu ? Oui, mais pas de cette manière !
Car il semblerait que le but de L’Orphelinat n’est pas d’effrayer. Mais de raconter une histoire flirtant avec le fantastique tout en gênant le spectateur au possible. Avec ce film, vous n’aurez pas de grandes envolées sonores en surdose qui surprennent pour vous mettre mal à l’aise. À la place, c’est une ambiance glaciale qui vous attend au tournant. Servie par de sublimes jeux de lumières (le gris étincelant du ciel, le noir peu rassurant de la nuit avec quelques faibles éclaircissements…) et une musique qui livre au film tout son côté fantastique mais également tout le travail artistique effectué. Et c’est bien là que l’on sent la présence de Guillermo del Toro à la tête du projet, tant l’atmosphère de L’Orphelinat rappelle son Labyrinthe de Pan. Ce n’est pas un film d’horreur ou bien d’épouvante. C’est un conte à la noirceur incontestable qui s’intéresse avant tout à ses liens qui unissent une mère à son fils !
Et c’est bien pour ça que L’Orphelinat peut se montrer déroutant. Car ce n’est pas exactement le genre de film que l’on s’attendait de voir avec un tel synopsis et une affiche qui peut glacer le sang des âmes sensibles. Surtout si le long-métrage en question lorgne par moment avec l’horreur en proposant des séquences propres au style horrifique. Du genre une séance médium pour communiquer avec l’au-delà, une musique inexistante qui peut retentir à tout moment selon la situation, un personnage bizarre (ici, un enfant portant un masque peu rassurant) qui surgit quand ça l’arrange, des plans sombres avec juste une faible lumière comme point de repère pour nos yeux… Tout portait à croire que L’Orphelinat serait horrifique. Mais cette touche qui aurait été bénéfique au film (pour mettre encore plus mal à l’aise que ne le fait déjà l’ambiance) s’efface justement derrière ce côté conte que L’Orphelinat met bien trop en avant. Du coup, on se retrouve quelque peu gêné mais certainement pas autant que voulu.
Mais qu’importe ! Si L’Orphelinat n’est pas le film d’épouvante efficace qu’il aurait pu être, il n’en reste pas moins un véritable bijou visuel et artistique, bien interprété qui plus est (mené par Belén Rueda, que l’on a pu voir dans le magnifique Mar adentro, d’Alejandro Amenábar) ! Permettant ainsi à Guillermo del Toro de garder son titre de créateur hors du commun (pour ce qui est des ambiances) mais également au cinéaste du film, Juan Antonio Bayona, de se faire un nom auprès du grand public. Ce qui se confirmera en 2012 quand Hollywood fera appel à lui pour diriger Ewan McGregor et Naomi Watts dans The Impossible.
Le film, qui est plus un thriller qu’un film d’horreur, s’aventurant dans le paranormal, vaut d’abord par la construction remarquable de son scénario (de Sergio G. Sánchez et qui a séduit le réalisateur mexicain Guillermo del Toro, 43 ans). Sans oublier la musique de Fernando Velázquez (31 ans, 1ère collaboration sur 3 avec le réalisateur) et la photographie d’Óscar Faura (1ère collaboration sur 4). A souligner le générique dont les participants sont dévoilés grâce au déchirement d’un papier peint. L’orphelinat du Bon Pasteur, où Laure, 37 ans (Belén Rueda, 42 ans) qui y a été élevée et qui y revient avec son mari médecin, Carlos (Fernando Cayo, 39 ans) et son fils, Simón (7 ans), pour s’occuper d’enfants handicapés, est aussi un personnage à part entière du film, avec ses coins et recoins et ses bruits indéfinis, rappelant l’orphelinat de « L’échine du diable » (2001) de Guillermo del Toro. C’est un film sur l’enfance [débutant avec le jeu « un, deux, trois, soleil ! » et avec des références à Peter Pan, enfant de fiction qui ne veut pas grandir et créé, en 1902, par le Britannique J.M. Barrie (1860-1937)] avec Simón à l’imagination débordante, doté de prescience et communiquant avec des enfants invisibles, et sur la peur (d’une mère) de perdre son enfant.
Qui est le film ? L’Orphelinat est le premier long-métrage de . Bayona, qui s’inscrit dans la lignée du gothique hispanique contemporain ouvert par Guillermo del Toro (ici producteur). Le film raconte l’histoire de Laura, revenue dans l’orphelinat de son enfance pour y fonder une maison d’accueil avec son mari et son fils adoptif, Simón. Mais la disparition de l’enfant fait basculer le récit vers le fantastique : des jeux étranges, des présences invisibles, un passé enfoui qui refait surface. En surface, c’est une enquête horrifique : une mère cherche son fils. Mais sa résolution est ailleurs : explorer ce que signifie habiter un deuil, et montrer que croire n’est pas renoncer à savoir.
Que cherche-t-il à dire ? Le film articule deux régimes d’explication : accident rationnel et hantise surnaturelle. Ce qui compte n’est pas de décider si les spectres sont “réels”, mais de comprendre que seul un certain type d’attention, de soin et de rituel permet de donner forme au manque. L’Orphelinat veut nous montrer que croire, ici, n’est pas céder à l’illusion : c’est trouver un récit habitable pour ce qui n’a pas de sens immédiat, et ainsi continuer à vivre.
Par quels moyens ? Laura oscille entre trois rôles : mère, citoyenne rationnelle, participante de rituels occultes. Le film ne hiérarchise pas : la méthode (écouter, répéter, ritualiser) importe plus que l’étiquette « rationnel/surnaturel ». Sa croyance n’est pas crédulité : c’est une éthique de l’attention aux signes faibles.
Le décor n’est pas gothique pour l’ambiance, il est programmé à rejouer la perte. Les objets (coquillages, clefs, poupées) deviennent les relais entre passé et présent, indices autant que traces affectives.
Simón condense plusieurs formes de différence : adopté, malade, porteur d’un “ami imaginaire”. Le film refuse de réduire son imaginaire à de l’enfance naïve : il en fait le révélateur de ce que les adultes dissimulent (secrets, dossiers, honte).
Tomás, l’enfant masqué, n’est pas une pure figure de l’horreur. Son visage caché rappelle que la monstruosité est produite par la honte sociale, par l’occultation des vies jugées indésirables. Le masque matérialise ce que les institutions refusent de voir : des enfants invisibles, des crimes tus.
En arrière-plan, le film parle d’orphelins effacés et de crimes collectifs enfouis. Benigna, l’ancienne employée, incarne le retour du refoulé : la vengeance naît d’un crime qu’on a voulu oublier. Ainsi, le film inscrit sa fable domestique dans une politique des vies dissimulées.
La disparition de Simón admet deux lectures : un accident réaliste (il tombe et reste enfermé) et une orchestration surnaturelle (les enfants-guides). Bayona maintient l’ambivalence : le fantôme ne corrige pas l’accident, il lui donne une forme racontable. L’important n’est pas la “vérité”, mais la possibilité de faire récit.
Où me situer ? Ce que j’admire, c’est cette cohérence formelle : l’horreur naît de l’attention aux détails, pas de l’esbroufe. En revanche, le film tend parfois vers une esthétique trop explicite, où la douleur se pare d’une beauté un peu fabriquée. Mais cette tension entre cruauté et esthétisation reflète aussi la fonction du conte : apprivoiser la mort en lui donnant des formes.
Quelle lecture en tirer ? La dernière image, où Laura choisit de rester avec les enfants disparus, ne tranche pas : est-ce un fantasme d’agonie ou une véritable consolation métaphysique ? Peu importe, car le film montre que ce qui compte n’est pas de savoir si les fantômes existent, mais d’accepter de jouer avec eux, d’habiter leur règle.
Pour moi c'est très moyen. La photographie est sympa, tout comme l'ambiance sonore... Mais c'est à peu près tout. Le film n'est pas effrayant, le scénario (qui aurait pu être très bon) est simple et prévisible (sauf la fin, qui est juste affreusement niaise et puérile) et les personnages sont peu intéressants (on tombe dans le cliché de la femme qui voit des apparitions et que tout le monde croit folle). Malgré tout, il y a quelques bonnes idées, et Tomas est vraiment réussi.
Un film de frissons plus que purement d'épouvante, mais qui fait son petit effet. Le scénario est traité de façon assez originale alors que l'histoire ne l'est franchement pas (ce qu'on pourrait d'ailleurs lui reprocher). On notera une très belle photographie (malgré des plans trop classiques d'épouvante) et une actrice principale excellente. Bref, un film trop peu original, mais très bien traité.
Un peu trop de lyrisme et une première heure, certes indispensable pour désigner tous les indices, mais vraiment longue font que le résultat de cet Orphelinat est mitigé. Le jeu, jubilatoire quand il se dénoue, est malheureusement prévisible. La fin, digne d'une tragédie grecque, est plombée par son presque happy end final. Tout et son contraire.