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Yasujirô Rilke
273 abonnés
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1,0
Publiée le 8 août 2008
Un loser, interprété par Bouli Lanners, s'entiche d'un personnage encore plus ridicule que lui et passe en sa compagnie d'absurdes instants. Sur le papier, il semblerait qu'"Eldorado" (France, 2007) de Bouli Lanners soit une version longue de la séquence des cambrioleurs de "J'ai toujours rêvé d'être un ganster". Pourtant, où Benchetrit pouvait cultiver dans son sketch une certaine science du décalage, de l'après-coup, Lanners préfère une chimie astucieuse entre trois matières. La première n'est autre que le road-movie américain. Parcourant en voiture, parmi de petites voies, les routes de Belgique, Lanners et son compagnon-cambrioleur, en premier lieu antagonistes, lient une affection. Leur aventure, sans but véritablement prédéfini, les bringuebale aux travers des paysages et des situations cocasses. Plus que le désespoir enthousiaste de "Thelma and Louise" c'est à l'intimisme libérateur de "Scarecrow" que fait appel Lanners. La deuxième matière du film sont les codes types du cinéma d'"auteur" selon l'idée que s'en fait le vox populi. Des longs sentiers étendus jusqu'aux horizons devant lesquels pivote la caméra, des silences gênés permettant aux expressions de prendre davantage de loquacité que les mots et des cieux noirs qui aplanissent les corps humains, Lanners dresse l'inventaire du bon film d'"auteur". La troisième matière, et la plus importante, qui forme "Eldorado" réside dans son humour puéril, fait de blagues enfantines, aussi farfelus qu'elles apparaissent improbables. Le mélange de ces trois influences produit heureusement un film cohérent, réussi dans sa pratique. Les aventures potaches de Lanners et son ami, poursuivent de tout leur long, sur une lancée absurde. L'apparition impromptue parfois d'instants d'émotions (cf. la bande 8 mm où deux frères se chamaillent affectueusement) ponctue comme par obligation les périodes grivoises de gravité. Fait selon une chimie, le film finit de se rendre absurde, une boucle infinie qui ne mène nulle part.
Une très bonne surprise qui mérite à être reconnue. Bouli Lanners est aussi bon acteur que réalisateur, les dialogues et les situations sont fouillés parfois drôles parfois mélancoliques (le nudiste qui s'appelle Alain Delon). Et comme tout road-movie qui se respecte la bande-son est géniale et les paysages superbes.
Bouli Lanners nous prouve avec ce film, qu’’en plus d’être un acteur plein de talent, il est tout aussi bon derrière la caméra. Son road-movie particulièrement décalé ne fait pas que nous donner une vision magnifique de la Belgique grâce à ses paysages splendides filmés tel le far-West par John Ford. Les dialogues entre les deux antihéros et avec les personnages secondaires aberrants sont finement écrits, transformant ainsi, à travers un pitch toutefois classique, l’amitié qui se lie entre ces deux personnages en une belle équipée aussi drôle qu’émouvante jusqu’à sa conclusion que l’on ne peut qualifier que de fataliste.
Le barbu belge Bouli Lanners nous offre un road-movie décalé qui nous emmène à travers une Belgique filmée amoureusement avec des panoramiques réservés jusque-là aux grands espaces américains. Ce ton décalé fait bien sûr tout le charme du film car comme souvent dans les bons road-movies il ne se passe pas grand-chose si ce n’est les rencontres et les choses de la vie. Bouli Lanners gros nounours un peu paumé vit très médiocrement de la revente de voitures américaines. Il saute donc sur l’occasion qui lui est offerte par l’arrivée d’un autre looser, venu le cambrioler pour se trouver un compagnon de fortune. Ces deux destins solitaires vont s’unir le temps d’une virée en Wallonie chez les parents du plus jeune. C’est souvent dans les rencontres éphémères que les êtres sont le plus proche de leur vérité et petit à petit Lanners succombe à la magie de ces instants volés jusqu’à l’arrêt à Bruxelles où son visiteur disparaît comme il est revenu. Ce Lanners, un belge de plus à suivre de très prêt.
Un road-movie original, naviguant entre drôlerie surréaliste, mélancolie et profonde tristesse. Il y a là un peu (beaucoup) de l’âme belge. Les personnages ont quelque chose de fêlé, voire de brisé, qui les rend très attachants. L’émotion est juste. Et l’humanisme, jamais surfait. Sur le plan formel, l’image gros grains et instable, les plans sur des paysages nus et des ciels expressionnistes en disent plus que de longs discours sur la solitude, les tourments, les galères de la vie. Le tout est accompagné d’une très bonne BO.
Vraiment pas mal. Plusieurs scènes sont d'une incongruité drôle et presque inquiétante qui fait à mon sens le principal intérêt du film (avec tout de même aussi le désabusement triste de l'histoire). Les connaisseurs disent que la Belgique est un pays un peu fou. C'est ce qui le rend si attachant.
Un film d’une originalité certaine qui est l’occasion de retrouver Bouli Lanners derrière et devant la caméra après s’être fait remarqué dans des films aussi divers qu’attirants tels qu’Un Long Dimanche De Fiançailles, Enfermés Dehors, Cowboy ou encore dernièrement le très bon J’ai Toujours Rêvé D’être Un Gangster. Ici, derrière une histoire somme toute banale et des dialogues légers se cache une réflexion intéressante sur la condition humaine à travers des émotions fortes comme la solitude, la vie, la mort. Avec un récit solidement charpenté, une BO qui saisit le cœur du spectateur et une photographie digne des plus grands, Bouli Lanners réalise un véritable tour de force : le voyage de ces deux hommes atteint du même mal, de la même blessure, en quête d’un monde meilleur, leur Eldorado, qui mettrait un terme à cette souffrance, cette solitude qui les ronge peu à peu est passionnant. Un tel assemblage de maîtrise des règles et de capacité de les transgresser, de puissance d’incarnation et d’abstraction désarmante, de tristesse profonde et de liberté comique ne pouvait et n’avait pas le droit de passé inaperçu. Eldorado est un trip sensoriel impressionnant qui séduit autant qu’il inquiète, une œuvre nécessaire qui donne à réfléchir, qui prend aux tripes si l’on se laisse embarquer dans ce voyage psychologique et psychédélique. Une belle leçon de vie qui se regarde avec respect et admiration.
Bouli Lanners possède un potentiel sympathie à travers les personnages pas du tout standards et pas dans la norme qu'il interprète en général. Mais ce film ennui sur la durée. Il est pourtant court (1h25). L'histoire pourrait être intéressante, mais nous n'avons aucune empathie, avec aucun des personnages. Un drogué qu'un marginal (Bouli Lanners lui-même) aide, pris de sympathie, bien qu'il vienne d'essayer de le cambrioler. La fin sera remplie de déception pour lui. Pour l'aider il décide de l'accompagner chez ses parents ou accointés. Chemin faisant, le film devient un road movie. Le film tire son intérêt des personnages bizarres ou marginaux qu'ils croisent. C'est le principal intérêt et du film, l'arc dramatique principal nous intéressant moyennement. Bouli Lanners sait filmer une histoire. La direction d'acteur fonctionne et ce ne sont pas les qualités techniques du film qui indiffèrent, mais ses deux personnages principaux. Le drogué a une faible hystérésis et un acteur marquant aurait peut-être donné une autre dimension; il ne s'agit pas de qualité d'acteur, mais en face d'une gueule comme Bouli Lanners, une autre gueule était peut-être requise.
Prêts pour la "belge attitude" ? Mieux vaut être prévenu, dans Eldorado, sous des cieux plombés par des nuages menaçants, rien ne se passe ou presque. Même les habitués des films d'outre-Quiévrain risquent d'être surpris, à moins d'apprécier Magritte et les écrivains surréalistes. Ce road-movie somnambule lorgne finalement davantage vers Delvaux (le cinéaste) que vers "C'est arrivé près de chez vous". Comprendre par là que si pittoresque il y a (deux ou trois scènes d'anthologie), Bouli Lanners a plutôt réalisé un film abstrait et métaphysique. D'où une certain goût d'inachevé et de malaise comme si le rêve, aux confins du royaume de l'absurdie, s'achevait brutalement dans un no man's land d'émotions contrariées. Etrange et pénétrant.
Je suis sidéré des critiques presse et spectateurs ! Ce film est le vide absolu. Les scènes plates et insipides s'enchainent sans lien, le scénario tiendrait sur un timbre. Une des rares fois, avec les films de Rohmer, Téchiné ou Duras ou il me tarde que ce soit terminé...
Je ne vois pas trop ce qu'il y a d'intéressant dans ce film, la traversée de la Belgique, une nuit dans une caravane. Le pauvre barbu n'aurait jamais dû prendre cet auto stoppeur!!! J'ai pas saisi la portée du film, ce qu'il fallait en comprendre....sans doute rien du tout.