Drame de l'anti-cinéma à vocation télévisée, énième partie. Sur un vaste et délicat sujet, la prostitution masculine (la prostitution féminine est-elle plus défendable parce qu'elle est moins rare?!), Josiane Balasko a filmé un grand catalogue sans style, avec des musiques engagées et des acteurs toujours à la mode. Visant la catégorie troisième âge avec un humour désastreux et une mise en scène en retrait total, une mise en images facilement compréhensible et une histoire traitée avec tout le pathos et la préciosité qu'il faut, l'auteur-actrice-réalisatrice réalise un gros téléfilm épais et d'une vulgarité lamentable, touchant à toutes les histoires sans jamais savoir où se placer. La vieillesse, l'illusion d'un amour inexistant, la jeunesse, la précarité, la prostitution, les inégalités... bref, en voulant jouer à la caméra sociale, Balasko se noie dans un chaudron du réel où chaque chose n'a même pas le temps d'être considérée qu'elle est passée à la trappe pour en aborder une autre. La tentative devient grotesque, soutenue par une Balasko actrice insupportablement superficielle et une recherche de l'émotion qui ne vient jamais. Il faut dire qu'elle ne tente rien qui puisse être un temps soi peu 'anti-populaire' , comme si tout son film devait rester dans le cadre de l'accessibilité, de la facilité pour tous les publics, et surtout les plus idiots. On ne sait même pas au final ce qu'elle veut dire ; que l'amour n'existe pas? Ou du moins pas pour tout le monde? Que l'on est contraint de faire des choix déplaisants pour vivre un peu de bonheur? Sans être non plus un beau portrait d'homme(s) ou de femme(s) à fleur de peau, "Cliente" se fait simplement la constatation très inutile d'un phénomène qui ne tient sur aucunes preuves ni arguments. Mais heureusement, pour tout sauver, il y a ce petit côté France 2 très épais, bien lourdaud, insipide, pour attirer un troupeau de gens qui ne font même plus attention à ce qu'ils regardent, tant que Nathalie Baye (exécrable) ti