Au début on se demande ce qu'on est en train de regarder avant de tomber sur le sketch de Karine Viard complètement, allumé, (et la présence de Bertrand Blier) le film continue avec une Muriel Robin, pas terrible avant qu'elle ne se fasse jeter par Jacques Weber et qu'on comprenne alors qu'on est dans le faux reportage et qu’on se prenne à regarder le film avec plaisir. On a des grands moments, on se rend compte 10 ans après que certaines actrices auraient mérité une meilleure carrière, notamment Mélanie Doutet et son charme fou, mais aussi Karole Rocher dont les deux interventions dans le cours d'art dramatique sont remarquables. On comprend aussi pourquoi d'autres actrices sont restées dans un semi-anonymat. Notons quelques passages osés comme le long french kiss entre Maïwenn et Estelle Lefébure ou Maïwenn nue sous l'eau. Finalement tout cela est amusant à regarder. Petit bémol toutefois en ce qui concerne les passages dansés et chantés que j'ai trouvé mauvais. Quant à ceux qui sont obnubilés par la question "qu'à voulu nous montrer Maïwenn ?" Faut-il une réponse ? Il n'y a aucun message subliminal, c'est un exercice de style, une mise en abîme.
Pas du tout une "M...." ce "Bal des Actrices" écrit et mis en scène par Maïwenn. Elle nous propose des scènes passionnantes, d'autres sont musicales ou orientées sur l'humour. Elle filme les actrices et comédiennes, nous montrant leurs désirs, leurs doutes, leurs débordements et leurs aspirations professionnelles. Avec les participations de Bertrand Blier et de son compagnon Joey Starr comme toujours mordant et naturel, le film nous fait entrer dans l'intimité de Karin Viard, de Jeanne Balibar ou d'une émouvante Mélanie Doutey. Outre une séquence choc avec Karole Rocher, le documentaire nous fait assister à des répétions houleuses, des interviews percutants, nous montrant la verve de Marina Fois, l'espièglerie de Julie Depardieu ou l'émotivité de Romane Bohringer.
Dans son style bien particulier, Maïwenn propose un faux documentaire sur les actrices. Ainsi, son deuxième long-métrage, sorti en 2009, permet de disserter sur les doutes, les contraintes et les difficultés de ce métier. Si l’idée de base est séduisante, le caractère volontairement narcissique de la réalisatrice devient vite agaçant. En outre, parmi les onze comédiennes présentes, on subit un badinage pas toujours bien maitrisé, exception faite des prestations de Marina Foïs et Romane Bohringer. Finalement, l’apparition de JoeyStarr, dans le seul rôle qui ne semble pas surjoué, offre un peu de sincérité. Bref, une fiction audacieuse mais très inégale.
Nul doute qu'il a dans le cinéma de Maiwenn une grande part de névrose et de nombrilisme, mais cela ne lui avait pas empêché de toucher une certaine universalité dans "Pardonnez-moi". Il n'en est pas vraiment de même dans ce "Bal des actrices", autre clin d'œil fait aux femmes névrosées dans lesquelles Maiwenn se reconnait si bien. Même si le film s'efforce de toucher à une forme de sincérité il pèche d'abord par son simple aspect cumulatif et haché. Mais le véritable problème de ce film, c'est qu'il démontre très vite son enclavement dans des préoccupations purement bourgeoises qui vont si bien au cinéma français d'aujourd'hui. Et puis, reconnaissons-le, avec ces interludes chantés qui déboulent au milieu de passages tournés n'importe comment d'un côté, et de l'autre les caricatures ridicules de certains portraits (Par tous les dieux ! Privez Karin Viard d'écran !) on finit vite par se demander où le film veut en venir à par nous proposer une simple accumulation de ressentis et d'idées. Spectacle fade à mes yeux, "le bal des actrices" n'a de quoi faire danser que les actrices elles-mêmes, les autres n'ont qu'à débarrasser le parquet et aller au cinéma... le vrai.
"Pardonnez-moi" en forme de règlement de compte familial était fort, et original dans la forme. Ce deuxième opus (deuxième volet d'un dyptique ?) sent un peu trop le procédé d'un premier film encensé (avec raison, je le répète) et tourne au nombrilisme, car si le propos est un pseudo-documentaire sur les actrices, chaque pièce du puzzle renvoie, comme un miroir complaisamment tendu, à la seule Maïwenn. Restent cependant, au milieu de beaucoup d'artifice, de facilités, voire de vulgarité, quelques moments attachants, volés à certaines de ces actrices (Julie Depardieu surtout), et un Joey Starr plutôt pas mal, dans ce "bal" globalement peu réussi.
Le deuxième film de Maïwenn s'inscrit en bonne place dans mon panthéon personnel ducinéma français. Le bal des actrices est une oeuvre indéfinissable, une experience cinématographique unique, qui mêle comédie musicale et satire du milieu du cinéma, un concentré de cynisme et d'autodérision. La jeune réalisatrice y expérimente le procédé du vrai-faux documentaire, sorte de préalable à son grand succès Polisse quelques années plus tard. On commence par être amusé puis scandalisé par les propos de Karin Viard ("mes enfants comptent beaucoup pour moi, mais moins que ma carrière"!) avant de percuter le stratagème, et de se délecter de ces portraits de femme factices, qui dégagent pourtant une forme de vérité certaine. Evidemment, tous les "reportages" ne se valent pas (mention spéciale à Karole Rocher, Marina Foïs, Muriel Robin ...et Maïwenn elle-même), à l'image des interludes musicales, assez inégales. Mais ce film-concept est une tuerie, il faut l'avoir vu absolument!!
"On ne fait pas ce métier si l'on est pas névrosée" dit Maiwenn dans le film. A travers plusieurs portraits d'actrices,( la has-been, la diva, l'intello ... ) la jeune réalisatrice analyse et décortique les névroses, les parcours chaotiques et le besoin d'amour qui marquent la vie d'une actrice. Cette ambiguïté entre la réalité et la fiction (les actrices gardent leur vrai nom et certaines de leurs "caractéristiques") est troublante et très amusante. Il faut saluer ces actrices qui ont accepté d'avoir un regard très ironique et critique sur elles-mêmes et sur leur métier. Un film original et jamais vu comme Maiwenn sait si bien les faire. On rit, on est touché, on est agacé : bref, tout y est.
Tournée en faux documentaire, une réjouissante et audacieuse mise en abyme, pleine d’autodérision et de chansons qui explore avec humour, tendresse et cruauté les fragilités et egos du métier d’actrice. 3,25
Maïwenn nous offre une petite friandise cinématographique: elle se déguste agréablement, en fredonnant en nous dévoilant en simplicité de talentueuses actrices.
Un film très bien écrit, à l'interprétation impeccable. Ce qui frappe le plus dans Le Bal des Actrices c'est l'intention de Maïwenn. Une intention, une motivation pleines de sincérité, un geste purement authentique. Et ça se ressent dans la manière qu'a la réalisatrice de filmer ses actrices : on les avait jamais vues comme ça. C'est du cinéma totalement frais et naturel, qui balaie d'un revers de main les conventions du milieu. A l'image des actrices, la mise en scène et le regard de la cinéaste sont sans maquillage. Ca veut dire que Maïwenn n'en fait pas des tonnes. Qu'elle sait s'attarder sur le visage d'un " personnage " et en révéler la beauté, la tristesse, l'humanité entière. Les masques tombent et c'est une sensation assez particulière que de s'en rendre compte, de prendre conscience de la fragilité d'actrices en plein doute.
Le film est tellement bien écrit, tellement naturel dans ses dialogues qu'on croirait que rien n'est écrit justement, que tout est le fruit du hasard. Le côté documentaire renforce cet aspect de pris sur le vif et privilégie l'immersion du spectateur. Actrices est aussi très drôle et touchant, il jette un regard sans concessions mais tendre sur un métier pas comme les autres. Maïwenn dit dans le film qu'elle ne se considère plus comme une actrice, et elle a compris que la force de la mise en scène consistait - entre autres - à mettre en avant et à magnifier ses interprètes. Cela fait donc d'elle une très bonne cinéaste. La fin, où les actrices découvrent le documentaire, est à l'opposé de ce que ces mêmes actrices pensent du faux-film : Le Bal des Actrices n'est pas un film chiant, encore moins un film nombriliste tant Maïwenn s'efface intelligemment au profit d'une vérité des visages et des êtres.
A voir, rien que pour le baiser entre deux des personnages, sûrement un des plus beaux de l'Histoire du cinéma. Pourquoi ? Parce qu'à l'image du film il est plein de passion et de sincérité. On respire.
Maiwenn nous livre là un film a la fois léger, drôle, touchant et tragique. « Le Bal des actrices » est son deuxième film. L’idée mais aussi le genre, faux-documentaire, est original. Filmer des actrices et montrer le coté moins glamour est audacieux. Finalement, c’est révéler le coté sombre d’un métier toujours présenté avec des paillettes et auréolé de beaucoup de billets de banque. Alors qu’être acteur en général n’est pas si rose que ce que l’on présente. Il y a plusieurs étapes dans la vie d’une actrice, toutes sont présentées dans cette pépite, les pas-connues cherchant à percer indéfiniment, les débutantes, les connues et puis en vieillissant on devient ringard car l’image est très importante et que l’on veut toujours montrer du beau, du rêve. Maiwenn casse le mythe et montre la réalité. Les dialogues écrits par Maiwenn mais aussi issus d’improvisations sont très bons et écrits intelligemment, il y a d’excellentes réflexions et beaucoup d’humour. En espérant que Maiwenn continue dans cette superbe lancée.