Prenez l'histoire vrai d'un immense complot gouvernemental, faites le vivre à une personne fictive, filmez le tout façon reportage, et vous obtenez Green Zone, un film qui rappelle les meilleurs épisodes de 24.
Les choix narratifs de Paul Greengrass sont assez surprenants, déconcertant. En allant voir ce film, je m'attendais à un film sérieux retraçant avec précision toute la manipulation du gouvernement américain autour de la guerre en Irak. Au final, y a un peu de ça, mais on est loin du compte. Le scénario est traité comme un (bon) épisode de 24, et on nous fait croire que Matt Damon seul va être à l'origine de l'éclatement de la vérité. On suit M. Damon comme on suivrait Jack Bauer, il est le centre de l'action, tout tourne autour de lui, de son incompréhension face aux choix de son gouvernements, face à l'absence d'armes de destruction massives sur place, et on va suivre toute son enquête, au cours de laquelle il va carrément rencontrer de vrais personnalités (un proche de Saddam Hussein, qui renseignait le gouvernement Américain).
Voila à la fois la force et la faiblesse de Green Zone. La force, c'est que de cette narration nait un bon film d'action à gros suspense, la faiblesse, c'est justement de traiter un tel sujet comme une fiction. Ca ne dérangera pas tout le monde, mais perso, ça m'a un peu irrité.
Au final, le film est à voir comme un gros divertissement d'action/suspense qui s'appuie sur des faits réels, et non comme un film retraçant sérieusement toute l'histoire.
Un bon film quand même, et la réal est très bonne et immersive, le style Greengrass fait toujours son effet.