L'œuvre d'une vie, voilà comment la presse là nommée durant sa projection Cannoise. Francis Ford Coppola à l'origine de cette machine futuriste/antique/anticipation qu'il aura mis des décennies à faire naître, voilà la preuve ultime d'un cinéaste, quel qu'il soit, doté d'une éternelle patience et d'un sens aigu pour là voir naître.
Un récit d'anticipation mélangeant assez efficacement voir, très intelligemment, l'époque antique romaine et un présent très en phase avec son futur. Un récit long certes mais qui sait se mettre en valeur sur sa première heure avant de fondre dans quelques longueurs quasi préméditées (vu sa durée) jusqu'à, très étrangement, de reprendre du dynamisme sur sa dernière demi heure. Pouvoir, richesse, abus d'autorité, mégalomanie, ambition et politique son les nerfs de la guerre et sont parfaitement représenter par Giancarlo Esposito ("The Mandalorian"...) en maire richissime tel un dieu tout puissant, Adam Driver ("Star Wars 7 à 9", "BlacKkKlansman", "Le dernier duel"...) en architecte de ce futur voulant aplatir ce passé antique, Nathalie Emmanuel ("Fast & Furious 7 à 10"...) qui s'offre là un quasi premier rôle d'auteur qui lui ira parfaitement. Ses dialogues furent aussi soigner que poétique (loin du tapage furieux). Shia LaBeouf ou devrais-je dire amicalement Sam ("Transformers", "Paranoiak", "L'œil du mal"...) d'abord en "Drag Queen" survolter, satirique mais aux superbes tenues, redevient étonnement par la suite, un homme. Aubrey Plaza ("Child's Play"...) en diva dorée, amante, épouse, maîtresse ou alliée, une Cléopâtre tant son assurance, ses tenues et son duo furtif avec Adam lui aura fait les honneurs de l'ultime reine d'Egypte. Enfin, Jon Voight ("Transformers", "Benjamin Gates"...) en souverain romain avant d'en être destituer, joue avec panache l'empereur ou gourou face à l'ennemi Esposito dans de bons échanges. Une épopée moderne visuellement canon sur bien des plans ou Rome fait son retour, les costumes et bijoux sont le joyaux jusqu'à ce qu'arrivent les plans d'ampleur bien moins esthétiques voir lamentables par instants. Il faut dire qu'il aura été utile de finir pour admirer cette "Mégalopolis" ou plutôt, ce quartier en remplaçant un autre
. Futuriste, lumineux et ultra prometteur, s'il devait un jour y avoir un tel projet urbain dans Manhattan, nul doute qu'il en resplendirait la ville. Fresque d'anticipation futuriste, Coppola, quoi qu'il décide désormais, signe une œuvre prometteuse, avec ses défauts mais dotée de grandes qualités morales. Tous les chemins mènent à Rome paraît-il ? Le futur nous emmènera t-il, pourquoi pas, vers sa prometteuse grande sœur.