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Un visiteur
4,0
Publiée le 2 juillet 2012
Esthétiquement et musicalement superbe. L'auteur revisite avec classe une histoire aussi vieille que le monde et nous offre en même temps une peinture d'une certaine Amérique paumée, dans tous les sens du terme...
Le frère, tas de graisse, barbotte lentement dans une marre de bière, l'autre se noie dans le néant, tandis que le 3ème transperce les plans de son regard torve, "clic clac" les balles sont chargées, les chiens égorgés, le cercueil souillé, la boucle bouclée. D'une inutilité confondante.
Un bon film se déroulant dans l'amérique profonde. Ce n'est pas très drôle, plutôt noir d'ailleurs mais cette fraternité intéresse. Jeff Nichols me plait!
Pour son premier film qu'il a en plus réalisé en moins d'un mois, Jeff Nichols a vraiment frappé fort. Avec une intrigue originale sur le thème de la famille et avec des acteurs remarquables (notons qu'il s'agit du début de son association avec l'excellent Michael Shannon (II)), il nous livre un film fort et prenant, intriguant et pertinent. L'utilisation des plans larges et d'un fond musical à la guitare nous envoute dans son œuvre. Mais si ce film est extrêmement bien réalisé, il est aussi réussi d'un point de vue scénaristique puisque la morale finale du film, inhabituelle et presque utopiste, nous montre quelle vision de l'homme Nichols souhaiterait avoir. Cela fait du bien de voir une nouvelle production américaine indépendante qui brille...
Abstenez vous. Je me suis accrochée jusqu'au bout étant persuadée que le potentiel était énorme, que la fin pouvait totalement renverser la tendance. Ce ne fut pas le cas. La fin permet seulement de se conforter dans le sentiment que ce film est une Grosse Blague.
J’ai pu découvrir le cinéma de Jeff Nichols grâce au bouleversant Take Shelter, sorti début janvier sur nos écrans. Ce dernier était d’ailleurs une double découverte, puisque c’est aussi Michael Shannon qui était apparu à moi comme un excellent acteur. Il n’est nul besoin de détailler davantage les raisons qui ont fait que je me devais de découvrir Shotgun Stories, premier long-métrage du réalisateur. La première chose qui surprend, c’est le grand calme qui a l’air de précéder la tempête, dans une atmosphère aussi apaisante qu’étouffante. Tout du moins, c’est ce que pourrait laisser présager un tel pitch, où les armes semblent détenir une part importante du film, allant même jusqu’à occuper le titre. Et pourtant non, le calme demeure encore et encore. Cette sérénité a beau éclater à certains moments, c’est à l’intérieur que ça bouillonne. Dès lors, on peut se dire que Shotgun Stories n’est ni plus ni moins qu’une ébauche de Take Shelter, où l’utilisation du silence sera présente jusqu’à ôter à la fille du protagoniste son pouvoir de parler. Par ailleurs, Michael Shannon n’a pas véritablement d’occasions d’exploser face à la caméra, ici, tandis que cette année, il est le détenteur d’une des plus marquantes interprétations en père de famille psychotique. On peut très certainement expliquer cela par le simple fait que, dans Shotgun Stories, le personnage de Shannon soit un ainé devant faire de son mieux pour fournir à ses deux frères le modèle qu’ils n’auront jamais eu. Ainsi, la performance de l’acteur est un savoureux mélange de justesse et de simplicité. C’est d’ailleurs à l’image du film tout entier que correspond le personnage. En effet, sans exposer une immense virtuosité, Jeff Nichols livre un long-métrage beau, fort et poétique où la paix semble aussi important que les liens familiaux, qu’ils soient saccagés ou non. Il aura donc fallu au réalisateur ni plus ni moins d’un seul et unique film pour parvenir à un tel partage d’émotion et de puissance, qui se trouvera par ailleurs à des sommets quatre ans plus tard dans Take Shelter. Shotgun Stories, ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais l’annonce d’un grand film. Si la modestie du long-métrage est nettement perceptible, on lui reconnait cependant un charme indéniable qui ne laisse pas de marbre.
Ce film est assez bouleversant, Jeff Nichols filme comme personne l'Arkansas, ses paysages et ses habitants. Michael Shannon est très bon, sans sortir ses gros yeux, c'est appréciable. Dans l'ensemble le casting fait très crédible, Nichols essaie de montrer que tout les ruraux Américains ne sont pas bourrus et qu'ils ont quand même un brin de jugeote. On y retrouve les grands thèmes de la courte filmographie de son réalisateur, l'enfance, la violence intérieure, l'amour. Si vous n'avez pas vu Take Shelter et Mud, foncez, c'est encore meilleur. En résumé c'est un beau film plein d'espoir !
Un premier film plein de fragilité et de talent. Michael Shannon offre un jeu des plus émouvants et le confirmera dans leur prochaine collaboration avec Nichols. L'écriture et la mise en scène sont dénuées de fioriture et brut de décoffrage. Un réalisateur à suivre.
Premier film intéressant de la part de Jeff Nichols. Cela me donne encore plus envie d'aller voir Take Shelter au cinéma. Le film propose le genre de scénario qui ne m'intéresse absolument pas, cette histoire de fratrie moi ça me passe un peu au dessus, mais bon, la mise en scène est tellement bonne, soignée, précise, qu'on est happé par le film. Il se dégage quelque chose de très intéressant sur un scénario finalement peu porteur. On en parle comme l'héritier de Malick (?), mouais, faut peut-être voir la suite de sa filmographie avant de dire ça, mais en tout cas c'est un réalisateur à suivre.
Il est des lieues et des payes, ici l'Arkansas, où tout s'arrête, retiré du monde, silencieux et le temps passe, lentement. Cet atmosphère fait parti intégrante du film, un endroit où rien ne se passe, vide d'occupations et fermé. Au milieu de tout cela, un drame familiale se joue avec comme dominateur commun la vengeance et la haine, lourdes, pressantes et oppressantes, toujours là ! On va dans le mur, on le sait mais lentement, au rythme des saisons, de la floraison du coton et de la pêche. 2 ainés d'une "demie fratrie" s'adonne à se haïr et en même temps ont l’honnêteté de ne pas dépasser la ligne mais ils ne sont pas seuls ... Un film, vous l'aurez compris d'une lenteur (trop ?) pouvant devenir insupportable, un duel au ralenti sans esclandres, calmes, presque muet (il fallait oser). Des honneurs bafoués et une fusion de frères ouvrant obligatoirement à une finalité qui peut dépasser tout les protagonistes. Un scénario très basique, un traitement à contre-pieds, des images pures et le temps qui passe. Pas exceptionnel mais se regarde, un drame "autre" ! 3/5 !!!
Plutôt un bon essai pour le premier film de Jeff Nichols, "Shotgun Stories" raconte la sombre histoire de deux familles de frères entredéchirés prêts à tout pour sauver leur honneur familial. L'escalade de la violence est ultra prenante, et on ne sait pas, jusqu'à la fin, quel sera le dénouement de cette histoire, qui sera tout compte fait surprenant. Michael Shannon est une nouvelle fois bluffant, quelques années avant sa prestation magistrale dans Take Shelter, du même réalisateur. Ce film est humain et humaniste, très introspectif, mais aussi parfois très beau. Cependant, le tout manque de rythme, et il m'a fallu en tout cas les trente premières minutes pour véritablement entrer dans le film, et réussi à comprendre et à m'attacher aux personnages.
Du ciné-indé-ricain comme on l'aime, folk-rock et grands espaces, pick-up, whiskey et fusil à pompe. Ils sont trois frères, élevés dans l'honneur et la haine, le père a refait sa vie, la mère a préféré s'enfuir à son tour. Mutisme viril et violence contenue, amour fraternel et duel de familles, on se croirait presque dans un western eastwoodien transposé aujourd'hui. Les cow-boys ont modernisé leurs fringues et leurs armes, ils se sont mis à la pêche ou l'agriculture, mais au fond ils sont toujours les mêmes. Belle entrée de Nichols parmi les bons.
Naissance d'un cinéaste qui se fera un nom avec Take Shelter et confirmera avec Mud, ce premier long métrage est bourré de qualité, mise en scène, direction d'acteur, malheureusement le scénario et les dialogues ne suivent pas vraiment. Malgré le manque de rythme, un film l'occasion de voir Michael Shannon dans un autre rôle, toujours aussi bon.
Jeff Nichols un nouveau venu dans le monde du cinéma signe ici un premier film fortement influencer par celui qu'il considère comme un Maître Terrence Malick (cela nous fait un point commun).
La réalisation est lente et il film la nature comme le Maître.
Mais Jeff Nichols arrive à faire naître une tension dans son film en racontant une histoire qu'il a créée sur la vengeance entre deux familles qui ne se supportent pas dans une Amérique profonde magnifique.
La narration est parfaite c'est très bien filmé il y a notamment quelques scènes inoubliables, bien que ça soit globalement moins profond "qu'American history x".
Je suis persuadé que ce film prendra encore plus de valeur avec le temps grâce à ce jeune réalisateur talentueux qui va certainement réaliser de très grands chefs-d'oeuvre par la suite.
Pour son premier film Jeff Nichols signe avec "Shotgun Stories" une histoire où la vengeance ne mène à rien et où les personnages en souffrent plus qu'autre chose. Subtilement écrit, filmé et interprété, le film ne tombe jamais dans les pièges de son sujet et les paysages de l'Arkansas ainsi que la musique viennent sublimer le tout et donner l'impression qu'on survole le film, fascinés mais extérieurs aux personnages.