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Un visiteur
3,0
Publiée le 29 juillet 2013
Ce film illustre bien les rapports, entre maitres et domestiques. Cependant je suis très déçu par la fin, qui à mon sens manque d'originalité et a été baclée.
Claude Chabrol disait que "La cérémonie" (1995) était le dernier film marxiste de l'histoire du cinéma. Revoir le film diffusé sur une grande chaîne de télévision nationale alors que la France se trouve engluée dans l'une des pires crises sociales de son histoire récente ne lasse d'interroger sur le sens du message envoyé par le réalisateur chafouin mais aussi terriblement lucide qu'était Claude Chabrol. Inspiré d'un roman de Ruth Rendell publié en 1977 ("L'analphabète"), le film développe en premier lieu un formidable suspense comme le réalisateur de "La femme infidèle" (1969) et du "Boucher" (1970) savait en concocter. On comprend très vite que l'arrivée de la très austère Sophie (Sandrine Bonnaire) dans une famille bourgeoise de la campagne bretonne à la recherche d'une employée de maison en urgence n'augure rien de bon. Tout à son affaire, Chabrol diffuse immédiatement et à petite dose le venin. La jeune femme comme cadenassée de l'intérieur renferme à l'évidence un lourd secret qui lui interdit d'entrer en empathie avec les Lelièvre souhaitant visiblement favoriser son intégration. Le spectateur bercé par la petite musique de Claude et de son fils Matthieu (compositeur de la bande originale) est très rapidement mal à l'aise face aux maladresses des maîtres de maison dont la gentillesse paternaliste consubstantielle à la classe bourgeoise qaund elle se veut bienveillante, semble parfaitement contre-productive. Cette manière insidieuse de vouloir prendre possession du libre-arbitre de la jeune femme à coups de conseils très directifs est vécue comme une humiliation par Sophie dont le regard noir devrait alerter leurs auteurs naïfs sur la haine qui s'installe. Si l'on applique un sous texte social au film, Chabrol indique clairement que ces deux mondes s'ils peuvent cohabiter, le plus souvent dans un rapport de dominants à dominés, ne pourront jamais se comprendre. Pendant un premier tiers du métrage particulièrement brillant, Chabrol dispose patiemment bûches et papier journal dans l'âtre de la cheminée. L'allumette qui servira à l'embrasement puis à l'explosion finale, il la place dans les mains de son actrice fétiche de cette période en la personne d'Isabelle Huppert. L'actrice qui sera récompensée aux Césars 1996, campe avec jubilation Jeanne, une harpie aux saillies hystériques de moins en moins contrôlées qui va trouver en Sophie l'âme sœur capable de lui permettre de concrétiser sa haine de ceux qui ont et sont tout ce qu'elle ne sera jamais. Ces deux là qui n'auraient jamais dû se rencontrer se nourrissent l'une de l'autre jusqu'à ne faire plus qu'une comme plusieurs plans nous le laissent comprendre. Le train est sur les rails et c'est avec une bonne dose d'effroi que le spectateur suit les deux jeunes femmes sur le toboggan qui les mène jusqu'à l'indicible. Les deux actrices formidablement convaincantes sont d'une complémentarité parfaite. Jacqueline Bisset incarne au plus haut point la beauté sûre d'elle-même que la jalousie féminine maladive de Jeanne ne peut supporter que souillée et détruite. Livrant sans doute là son dernier grand film, Chabrol ouvre la voie au plus direct et radical Michael Haneke qui deux ans plus tard livrera son terrible "Funny Games".
Un excellent Chabrol, tout en nuance tout en maîtrise. Avec la cérémonie j’ai eu l’impression d’être devant une étude de cas, comme si j’étais au procès du personnage de Sandrine Bonaire qu’on me relatait les faits et qu’à la fin on me demande de la juger. Et c’est impossible. Impossible car justement le film montre qu’il y a des faits indiscutables, des circonstances atténuantes, mais aussi une part d’inexplicable dans ce qui se déroule devant nos yeux. La situation dégénère tellement par petites choses, par d’infimes pichenettes qu’on se pose la question de quand a t’on réellement dépasser le point de non retour. Effrayant aussi parce qu’il montre deux univers qui se télescopent deux groupes d’individus qui ne se comprennent pas et dont l’incompréhension va virer à l’opposition :violente. Extrêmement froid, clinique Chabrol dirige ses acteurs avec maestria et fait avec la cérémonie un film dérangeant car très poil à gratter.
Je m’attendais à mieux, surtout après avoir lu les avis de ceux qui encensent ce film. Pour simplifier, j’ai simplement été hermétique à la façon qu’a Claude Chabrol de mettre en scène cette froide trajectoire meurtrière. Sa progression m’est apparue à la fois molle, sans suspens, ni tension. Un bon point tout de même pour l’interprétation de Sandrine Bonnaire.
Un film de rôles féminins, avec la crème des comédiennes françaises. La composition de Sandrine Bonnaire domine, la personnalité de Sophie la bonne toute entière affectée par son analphabétisme, la carapace qu’elle se crée pour vivre avec, le dissimuler et surmonter sa honte, ses désarrois, toute la rigidité et l’introversion que cela impose, tout est remarquablement joué. Cet handicap est en même temps une superbe métaphore de l’infériorité sociale. La satire sociale sonne juste mais elle reste un peu attendue, avec les personnages de bourgeois blessant malgré eux, par atavisme de classe. C’est la limite du film, un Chabrol de bonne cuvée mais sans surprise, manquant du supplément d’inspiration qui le hisserait au niveau du chef-d’œuvre.
"La Cérémonie", un excellent Chabrol. Interprété par deux des plus grandes actrices françaises (Isabelle Huppert et Sandrine Bonnaire), le film s'avère prenant de bout en bout. Certains pourront trouver l'intrigue lente, donc ennuyeuse, au contraire je pense que cette "lenteur" est volontaire car participe au suspens et au caractère inéluctable des choses. Tout, dans le film, amène à cette fin. La tension (ressentie par Sophie et donc par le spectateur) va crescendo. Comme je l'ai écrit plus haut, les deux interprètes principales sont formidables (Huppert, comme à son habitude, quelque peu délurée, et Bonnaire qui parvient souvent à se montrer effrayante), mais les autres comédiens ne sont pas en reste (mention spéciale à une toute jeune Virginie Ledoyen qui faisait déjà montre de ses talents d'actrice). "La Cérémonie" est donc un film à voir. Un drame, avec quelques touches d'humour (de la part du personnage interprété par Huppert). Comme le disait si bien son réalisateur lors d'une interview à propos de ce film, il ne s'agit plus de "lutte des classes" mais bien de "guerre des classes" dont il est question dans "La Cérémonie".
Incompréhension totale ! Non pas parce que le film est trop compliqué mais je n'ai toujours pas trouver le sens et l'intérêt du scénario. Première partie ennuyante, deuxième partie longe, gênante. Même si Jacqueline Bisset incarne la bourgeoise à merveille le plat et le manque de déroulement me conduit à donner cette mauvaise note. Décevant.
J'aime beaucoup Chabrol et la c'est l'incomprehension... Comment a-t-il pu faire un film aussi MAUVAIS? Pas d'histoire, pas d'action, pas de rythme, une héroïne sans relief... Un gros raté.
Un chef-d’œuvre de Chabrol ( pléonasme) le scénario est adapté d un célèbre fait divers qui a défrayé la chronique dans les années 30 : celui des sœurs Papin. Tout est magistralement orchestré, rien n est laissé au hasard par le maître. On en ressort grandi !
Pour moi, le plus grand film de Chabrol. Le scénario ne laisse à aucun moment soupçonner le dénouement. Les actrices principales (Bonnaire et Huppert) sont plus que magnifiques dans ces rôles peu habituels pour l’une et l’autre. Ce film est inspiré de l’affaire des sœurs Papin et se prête dès lors à une analyse girardienne. C’est l’insuffisance d’Être que produit le désir mimétique lorsqu’il est porté à son paroxysme sans pouvoir être satisfait qui motive ces deux femmes. Un autre aspect de la psychologie du personnage incarné par Bonnaire est la honte de son illettrisme qu’elle cherche à cacher par tous les moyens. C’est un point commun avec un autre grand film (The Reader) pour lequel j’avais posté un commentaire.
On regarde ce film avec on ne sait quel entrain mais on le regarde, ce demandant sur quoi cette histoire d'amitié entre une bonne analphabète et une postière va donner.
Et puis cette scène arrive, sans prévenir, nous bluffant totalement. On s'y attendais peut-être mais quand même ! Surprenant.!
En bref, L'un des meilleurs film de Chabrol et l'une des plus poignante interprétation d'Isabelle Hupert : pour dire !
Chabrol en train de convaincre que les pauvres ont tous autant de droit à prouver leur existence auprès ou sans les riches. Avec La Cérémonie, Chabrol offre à deux filles pauvres incomprises et insouciantes, dexprimer leur désarroi dans l'impertinence et l'insensibilité, sans promener dans leur tête le souci de savoir de quoi demain sera fait et jusquoù leur désir de vengeance les mènera. Les pauvres de Chabrol nont pas besoin de loffrande salutaire ou de la compassion des autres pour survivre ou échapper à leur désintégration ontologique par la haute société quils côtoient malgré tout. On apprend que lorsquon est mal accueilli quelque part, il est difficile pour le reçue de trouver sa place plus tard dans la difficulté pensée de trouver le confort sans peur et sans remords et sous lintimidation de celui qui a mal reçu, celui-là peut toujours ignorer la faute quil a commise, car le riche ne souffrira à aucun moment de culpabilité, en proposant de rendre un service mais aura toujours lingratitude de balancer un mouchoir sale dans la figure du pauvre ou de le réduire au minimalisme de sa personne. Les deux filles de La Cérémonie, Jeanne et Sophie porte en elles ses blessures, originaires dun passé criminel quelles partagent toutes les deux en commun mais qui restera même aux travers de leurs confidences, quelque chose dobscur et détouffé par le temps. Chacune répond au temps à sa façon et selon ses moyens, Jeanne (Huppert pleine dénergie au charme insolent) na pas froid aux yeux ni à sa langue. Cette attitude gonflée vaut ladmiration de Sophie (Bonnaire aux silences lourds jusquaux regards), complexée par son illettrisme, puis à la recherche dun épanouissement sous linfluence de Jeanne. La Cérémonie est mise en oeuvre à un classicisme qui fait froid dans le dos, fidèle aux lois Chabroliennes.
Troublant mais surtout terriblement surprenant, La Cérémonie, marque le spectateur. Le drame de Chabrol commence "gentillement " puis bascule petit à petit dans quelque chose de beaucoup plus grave, jusqu'à atteindre le point de non retour.
Un bon film, qui tarde un peu à démarrer, mais qui est une véritable performance d'actrices (Sandrine Bonnaire & Isabelle Huppert). Surprenant et intéressant même si le film a un peu vieilli.
Avant « merci pour le chocolat », Claude Chabrol nous avait surpris en 1995 avec « la cérémonie ». Sophie est embauchée en tant que bonne dans une famille bourgeoise de Saint-Malo. Étant très dévouée, elle est malheureusement analphabète et tente tant bien que mal de cacher cet handicape à ses employeurs . Son amitié avec la postière, curieuse et envieuse, va déclencher une série de drames. Ce film avait reçu le prix de meilleur actrice pour Isabelle Huppert et avait été nominé à 6 reprises à l’édition 21 des oscars. effectivement, nous retrouvons Isabelle Huppert dans un rôle qui lui est inhabituelle, celui d’une vulgaire postière, voleuse et menteuse. Tandis que Sandrine Bonaire est encore une fois impressionnante dans son rôle de jeune femme distante et mystérieuse comme dans sans toit ni loi de Agnes Varda. Un film intrigant qui mérite d’être regardé !