Le couple le moins sexy de l'histoire du cinéma nous mène à travers une aventure sociale pleine de l'esprit décalé et du terrible humour noir propres à ses deux réalisateurs. L’attaque qui y est faite du patronat leur permet d’en faire un pamphlet politique d’un ton novateur où le réalisme du propos s’accorde parfaitement aux gags politiquement incorrects qui s’y accumulent. Les deux acteurs principaux, ainsi que les célébrités faisant une brève apparition, sont d’excellents choix dans leurs rôles respectifs. Une chose est sûre, cette comédie singulière qui ne plaira pas qu'à ceux qu'elle fait rire, mais surtout pas ni aux PDG présentés comme des tyrans ni les gauchistes prolétariens n’appréciant pas la caricature à travers laquelle leur lutte est illustrée.
Après deux purs ofnis, les grolandais Delépine et Kervern accouchent d'un film plus facile d'accès mais toujours aussi barré, mêlant avec bonheur pamphlet féroce, humoir très noir et douce folie, interprété avec brio par le duo Moreau / Lanners et par une belle brochette de seconds rôles. Ne zappez surtout pas le générique de fin au risque de louper une apparition dantesque de Dupontel !
Le système DDK fonctionne bien, avec ses qualités et ses défauts, qui font qu’on sait très vite où on est tombé. On est avec deux anarchistes qui ont de l’argent, et un penchant certain pour l’humour « noir ». Entré dans cet univers burlesque, sans limites dans la caricature, et un regard sans concession sur le monde, cela devient tour à tour désabusé, intelligent, lucide, drôle bien sûr, glauque et idéaliste mais pas trop, car nos deux lascars voient clairs. Chaque plan son lot d’idées et son potentiel hilarant, le sujet ouvertement démago devient tout le contraire à l’écran. Cela fait penser à Groland (évidemment), mais je dirais même à certains Godards dans cette faculté de s’auto questionner sans cesse sur le statut de l’image montré. Un Godard qui ne se prend pas du tout au sérieux, mais qui continue dans le dixième degré. Intermèdes musicaux volontairement pauvres, variété, pop, pourri. Quelques vieux amis font des apparitions toujours délectables. Yolande Moreau est terrible de sensibilité, Bouli Lanners n’est pas mal non plus. Le sujet est d’actualité, traité à l’envers car insoluble dans la réalité, à cause du principe de réalité, justement. Autant en rire donc, c’est pas bête du tout malgré la légèreté feinte de l’entreprise, et les gagas calculés au millimètre. Bravo messieurs ! Après ça si les jeune ne se précipitent pas dans la première bibliothèque venu, que dis-je, ne se précipitent pas sur internet pour savoir qui était cette Louisse-Michel qui donne son nom au film, j’arrête tout. Dans le film, on ne la voit jamais, Louise pourtant elle est toujours là, c’est ça qui est bien !
Formidable comédie déjantée d’une drôlerie et d’un humour particulièrement décapant. Derrière cette farce irrésistible pointe une critique acerbe et réaliste du monde que nous vivons, et cette histoire de vengeance d’ouvrières exploitées contre un patron voyou vaut son pesant de réalisme. À noter la courte intervention de Benoît Poelvoorde qui va devenir une scène culte. Yolande Moreau est égale à elle-même, c’est à dire géniale, et son compère Bouli Lanners est une révélation en tueur à gage raté. Seules quelques petites longueurs aux trois quarts du film nous empêchent d’attribuer une quatrième étoile.
Quelques bons gags. Des acteurs qui tiennent la route. Une grosse farce qui la tient globalement moins, malheureusement. 1 * et 1/2 et un peu plus pour Y. MOREAU. Il y a bien mieux sur les écrans de cinéma en ce moment.
Louise-Michel, le duo Delépine/Kervern tape encore une fois, cette fois ci en couleur et avec deux acteurs géniaux en rôles principaux, du délire total, une histoire de dingue et des dialogues de fou, totalement Made in Groland !
Sincèrement, j'aurais aimé mettre plus d'étoiles, mais ce film est vraiment trop inclassable... c'est vraiment pas un chef d'oeuvre, mais c'est tout sauf une daube... il faut être Grolandais pour apprécier... quant à ceux qui ont quitté la salle avant la fin du générique (et ils sont nombreux!), ils doivent encore se demander quel rôle jouait Albert Dupontel dans ce film foutraque? Eh oui, messieurs-dames, il faut rester jusqu'à la fin...
Si Louise-Michel fonctionne autant, c'est avant tout grâce à sa capacité à rire de tout. À pratiquer l'humour noir de façon très osée. Un humour qui fonctionne on ne peut mieux avec l'excellent duo Yolande Moreau-Bouli Lanners qui livrent tous deux une performance hilarante et se révèlent indispensable au bon fonctionnement du film. Un scénario décalé, des personnages loufoques et des péripéties aussi rocambolesques que marrantes. À vrai dire, on rigole tout de même assez souvent, pour des gags assez recherchés. Notamment, Kervern et Delépine se sont offert divers caméos qui accentuent davantage tous ces effets. On peut citer Mathieu Kassovitz, propriétaire de chambres d'hôtes certifiées AB, Benoît Poelvoorde, maniaque de la gachette, ou encore Philippe Katerine, tout simplement dans le rôle d'un chanteur. Une comédie surprenante et originale.
Hénaurme ! Une vraie réussite comico-sociale sur un scénario apparemment improbable mais en fait bien maîtrisé, de saynètes en saynètes, avec une distribution irréprochable, en tête de laquelle excelle le vrai/faux couple Louise/ Yolande Moreau Michel/ Bouli Lanners.
Un film assez bizarre, dans lequel soit le spectateur accroche soit il décroche. Personnellement, je me trouve dans le deuxième camp, même si quelques éclairs de fulgurance m'ont sorti de l'ennui profond. L'humour décalé est certes assez drôle, mais que de digressions inutiles et faussement originales. Le message social est trop appuyé pour être crédible, et Yolande Moreau tête à claques avec son visage inexpressif habituel. Seul le personnage incarné avec brio par Bouli Lanners est intéressant et amène un peu de vie à cette farce sans réelle épaisseur.
Le croisement de l'esprit bête et méchant avec la dérision et l'absurde belges. Il y a suffisamment d'authentique sens de la révolte dans ce film pour le rendre très recommandable. On est à l'opposé du rire beauf.
Voilà un film sur lequel on part avec un bon à priori : que l'esprit grolandais souffle un peu sur le monde du cinéma ne peut pas lui faire de mal. La première bonne surprise tient au scénario de cette histoire tout autant loufoque qu'ancrée dans le réel. Nous n'avons pas affaire à une succession de sketches, mais bien à un récit cinématographique dans lequel les personnages existent vraiment et sortent totalement de la caricature. On sent la sympathie des réalisateurs pour ces ouvrières désœuvrées, dont l'usine a été vidée de ses machines, et qui unissent leurs maigres indemnités de licenciement pour agir. La direction choisie a de quoi surprendre même si dans le fond, on en comprend totalement la motivation. Vient ensuite la rencontre entre les deux personnages principaux du film, ce couple mi-homme mi-femme, pas si improbable que ça, dont les liens vont se tisser peu à peu. Avec cette fable sociale, le mauvais esprit (et l'esprit de vengeance) qui l'habite, les réalisateurs réinventent la comédie à l'italienne dans laquelle le grotesque de Toto croiserait les héros mal polis d'Affreux sâles et méchants. Car si on rit très souvent (et très souvent à gorge déployée, ce qui est rare dans nos comédies franchouillardes), les deux acteurs principaux (irrésistibles) n'en oublient jamais d'aimer leurs personnages. Ainsi Yolande Moreau et Bouli Lanners forment-ils l'un des plus beaux duos comiques de ces dernières années. Ces Bonnie and Clyde mal fagotés nous font passer la pilule de la noirceur désespérée du contexte social (et clairement défini) dans lequel ils évoluent. La vengeance serait donc l'ultime arme dont les moins que rien disposeraient. Triste constat. Il est cependant regrettable que la mise en scène souffre d'une certaine paresse, tant sur la qualité de l'image que du cadre (Délépine et Kervern auraient été fort inspirés de demander conseil à leur acteur principal, réalisateur du superbe Eldorado). Mais ne boudons pas notre plaisir. Louise-Michel est drôle!
L’humour potache des « Groslandais » n’est pas toujours très fin, c’est le moins que l’on puisse dire. Ce qui me gêne le plus dans leur parti pris c’est qu’on ne sait jamais le regard réel que les deux compères portent sur le petit peuple. Est-ce de la compassion ou du mépris ? Le film dénonce malgré tout in fine le comportement hors-la-loi des patrons et la charge est pour le moins violente. Quand on voit au 20h les ouvriers menacer de faire sauter leur usine on se dit qu’on n’est pas loin du temps où des contrats seront mis sur leur tête grâce à l’adjonction de leurs modiques indemnités de licenciement. Il y a quelques fulgurances dans le film mais la sauce reste quand même un peu indigeste avec une Yolande Moreau qui en rajoute dans l’air bovin et les borborygmes. Bouli Lanners lui est renversant d’humanité avec son personnage de looser un peu vantard qui se rêvait jeune fille. Comme souvent les deux scénaristes ont choisi de choquer le bourgeois, ici en faisant exécuter les contrats par des pauvres hères en fin de vie que l’on vient tirer de leur torpeur pour commettre un acte salvateur pour leur communauté avant qu’ils rejoignent le paradis des paumés. A noter quelques participations amusantes comme celle de Poelvorde ou de Kassovitz et un ton général qui rappelle quelquefois Mocky.