Après "Sweeney Todd", on pouvait se demander si tonton Burton en avait encore dans le coffre, si il était capable de ressortir un film digne de ses débuts de carrière. Puis le bonhomme est allé flirter du côté de chez Disney pour nous "offrir" un "Alice aux pays des merveilles" maussade et sans intérêts, si ce n'est de se mettre du fric plein les poches. Puis, l'enfant de Burbank est allé puiser dans ses vieux souvenirs, lorsque chaque jour il regardait la série gothique "Dark Shadows" de Dan Curtis. Et là, comme vous le savez, Tim Burton accouche d'un nouveau long-métrage qui n'est rien d'autre qu'un portage de cette série sur grand écran. Pour ce faire, il retrouve son compère de toujours, Johnny Depp, dans le rôle principal de Barnabas Collins, ancien propriétaire d'une entreprise de pêche qui fut voué, suite à la malédiction d'une sorcière, à errer pour l'éternité en tant que vampire. Jusqu'au jour où il se réveille dans les années 70, en période rock n'roll et hippie... Sur le papier, le synopsis avait l'air bien sympa. Avec Burton qui mélange la comédie et le fantastique, le résultat pouvait être agréable. Chers lectrices, chers lecteurs, je vous apporte la bien triste nouvelle que Tim Burton a de nouveau foiré son film. Pour faire simple, rien ne marche dans ce long-métrage. Prenons la scène d'introduction, dans laquelle la sorcière ainsi que l'amour entre Barnabas et sa dulcinée, Josette, est mis en avant. Jamais on a l'impression que Barnabas est amoureux tant la mise en scène est froide et plate. Tout arrive comme un cheveu dans la soupe à tel point que l'on a l'impression que Burton en a strictement rien à foutre de ses personnages. Pourtant, le réalisateur avait de quoi se rattraper mais le traitement reste le même tout au long du film. D'un côté on a l'âme damnée qui erre nuit et jour et lutte contre la méchante sorcière amoureuse, puis de l'autre on a une famille stéréotypée qui n'est là que pour amuser la gallerie. Même Michelle Pfeiffer, qui retrouve Burton après "Batman, le défi", se contente de jouer les guests stars tant son rôle n'a aucun intérêt. Bon, en parlant de guests, on peut noter la présence de Alice Cooper (la "femme" la plus hideuse au monde d'après Barnabas) qui fait une minuscule apparition, jouant son "No More Mr Nice Guy". Un régal pour les tympans. Mais la réussite d'un film ne repose pas sur l'apparition de ce cher Alice et "Dark Shadows" se révèle être une nouvelle déception venant de Burton, à croire que le monsieur n'a plus son énergie créative d'antan. Espérons que le bonhomme se remette rapidement d'apoint et nous refasse un nouveau long-métrage digne de ce nom.