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Gérard Delteil
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3,5
Publiée le 29 juillet 2018
J'ai trouvé cette adaptation du célèbre roman de Ray Bradbury plutôt plus convaincante que celle de Truffaut. L'univers futuriste est réussi et les trois principaux comédiens excellents, en particulier Shannon dans un rôle d'officier fasciste ambigu. Le personnage féminin en revanche est peu développé et comporte certaines incohérences. En dépit de ces faiblesses, de quelques clichés et d'une chute un peu faible, ce film se laisse donc voir avec intérêt.
Michael B. Jordan, c'est le genre d'acteurs à la carrière intéressante dès son commencement. Débutant par la série Sur écoute (considérée comme meilleure série de tous les temps par nombre de spectateurs fascinés), pour ensuite se faire connaître d'une part du grand public dans les excellents Chronicle et Creed. L'on passera outre la catastrophe Les 4 Fantastiques (2015), aisément rattrapé par son personnage de Killmonger dans le très bon Black Panther et l'annonce d'un Creed 2 pour 2019.
Avec une aussi bonne carrière à son jeune âge, l'annonce d'un Fahrenheit 451 avec Jordan en héros et Michael Shannon en antagoniste ne pouvait être que de l'or en bouche; balancé par Netflix, le film laissait présageait être une excellente adaptation. Loin de moi cette idée une fois le visionnage achevé, laissant une terrible impression d'inachevé chez un spectateur déçu comme pas deux.
Si l'on omet le jeu horriblement caricatural de Michael "Zod" Shannon, le couple des héros donnera tout son sel au film : d'un côté, un Jordan qui joue un personnage tiraillé entre deux univers, entre sa vie d'avant et celle qui s'offre à lui, et de l'autre s'amène une tout aussi talentueuse Sodia Boutella, tentatrice du monde des mots bien plus à sa place ici que dans la momie.
Si leur couple se met bien en place et leur relation ne souffre pas d'une écriture bancale et peu approfondie, le reste du film patira clairement de ces défauts au point de se demander si la relecture de l'intrigue ne fut pas bâclée en deux temps trois mouvements. Outre une psychologie des personnages peu bossée (pour chacun d'entre eux, dont un Jordan qui base son interprétation sur des thèmes traumatiques trop récurrents dans le cinéma de genre pour constituer une personnalité crédible et pertinente), l'on notera des incohérences malvenues et facilement supprimables pourtant.
La plus grossière concernera le personnage Shannon, qui s'il combat l'écriture, la lecture et les mots avec haine et véhémence, encore faudra-t-il m'expliquer comment il est crédible et logique de le voir rentrer chez lui une fois son service terminé, et commencer à écrire des textes philosophiques de mal être psychologique sur des feuilles à rouler sans qu'il n'y ai jamais la moindre remise en question de sa part, comme ses actions pourraient le laisser deviner.
Il demeure caricatural du début à la fin, manichéen à en crever; Boutella est également touchée par ce problème, sorte de princesse toute gentille et bienfaitrice que Jordan, le chevalier gris, devra sauver en même temps que les mots, donc le monde. Seul problème, les mots n'y trouvent pas l'importance qu'ils devraient, la réflexion les concernant se contentant de se résumer à quelques petites références à quelques livres disséminées par ci par là, quand ce ne sont pas des formulations pompeuses concernant leur pouvoir et leur importance pour notre vie.
Il n'y a jamais de réelle remise en question, de réflexion poussée qui marquerait un spectateur venu pour cela de base; non, cette version 2018 du chef-d'oeuvre littéraire préfère sacrifier la thématique philosophique et politique de base sur l'autel des sentiments exacerbés des grosses productions américaines (sans même en être une), s'enfermant dans un pathos prévisible et rabâché tant de fois ailleurs qu'on sait instinctivement où le film veut tout le temps en venir, sans qu'aucun twist ou moments forts ne nous surprennent un brin.
Une écriture d'autant plus rabaissante pour l'oeuvre que sa forme ne permet pas de crédibiliser son fond; mollement réalisé, Fahrenheit 451 tient plus du dtv asylum que du film Netflix à proprement parlé, ne sachant pas comment filmer les scènes de tension, les flammes qui s'étendent toujours plus et les moments dramatiques essentiels. Drôlement handicapant pour un film qui se basait sur ses sentiments plutôt que sur sa réflexion, qui se révèle au final superficiel à défaut d'être sincère et profond. Une déception en demi-teinte demeurant un bon petit film du dimanche, mais manquant clairement de substance pour qu'on dise seulement de lui qu'il est médiocre.
Film lent et ennuyeux. Ne tient que par la richesse de l'histoire de Bradbury. On retournera volontiers voir la version de Truffaut qui est en tout point largement au-dessus de cette série z couteuse.
J'ai adoré le livre et suis très déçu par ce film.
L'histoire est différente, la ou le livre nous faisais ressentir une forme de pression, de tension, ressentant les envies, désirs de Montag avec une clarisse en ouverture à la joie et la curiosité le film nous laisse impassible... C'est lent, c'est mou... Bref j'ai déjà perdu du temps à voir ce film je vais pas en perdre plus sur l'avis..
Ramin Bahrani nous offre une nouvelle version du roman de Ray Bradbury plus entré dans le moderne avec les nouvelles technologies. Un film de science-fiction perbutant , percutant, intriguant , fascinant.
Plus de cinquante ans après la version de Jacques Truffaut, une nouvelle adaptation de l'oeuvre la plus connue de Ray Bradbury, l'une des dystopies les plus réalistes et par conséquent l'une des plus sombres et terrifiantes même si personnellement l'écho d'un scénario à la "1984" de George Orwell me touche un peu plus. Un téléfilm qui n'a certes pas les moyens d'une production cinématographique mais qui se laisse néanmoins regarder avec plaisir grâce à un casting de poids avec la valeur montante Michael B. Jordan et Michael Shannon toujours aussi excellent, cette fois dans un rôle qui rappelle celui qu'il incarne dans "The shape of water " de Guillermo Del Toro ou encore Sofia Boutella. Quelques idées intéressantes qui modernisent le scénario du roman original avec une critique des réseaux sociaux mais une écriture qui demeure assez commune dans l'ensemble. Loin d'être une énorme surprise, un long-métrage convaincant et plutôt agréable.
Adapté de l'oeuvre du mythique Ray Bradbury et faisant suite à son adaptation très lointaine de François Truffaut en 1966, ce nouveau Fahrenheit 451 bénéficie de l'interprétation solide de Michael B Jordan et d'une mise à niveau chronologique et technologique en incluant à la destruction des écrits celle des disques durs ou autres supports de mémoire. Le film reste néanmoins assez froid, assez sombre, presque trop inscrit dans un univers robotisé et le contraste entre cette société de pensée totalitaire et la résistance des anguilles n'est sans doute pas assez inscrit dans l'émotion voir dans le visuel et l'esthétique. Est ce un choix scenaristique ou de réalisateur, est ce un manque de moyens, toujours est il que ce film a eu du mal à me toucher et qu'il reste une place évidente à prendre pour réaliser un excellent film tiré de l'oeuvre de Bradbury. A noter la présence de la française à la carrière américaine fulgurante, Sofia Boutella, hélas dans un rôle bridé où elle aurait pu apporter davantage. Signe du petit malaise ou rate qui accompagne ce film, les scènes coupées qui font disparaître totalement le rôle tenu par Laura Harrier, personnage de la femme de Montag, pourtant essentielle dans la compréhension de la psychologie de Montag. Un film qui est un rendez vous manqué
Après celle de François Truffaut datant de 1966, voici donc cette nouvelle adaptation du célèbre roman de Ray Bradbury qui est concocté cette fois par Ramin Bahrani. Et ce long-métrage s'avère tout à fait satisfaisant et bien plaisant à suivre. La mise en scène est de qualité, le casting composé notamment de Michael B. Jordan et Michael Shannon s'en sort honorablement et l'histoire s'avère bien plaisante à suivre. Par contre, n'ayant jamais lu matériau d'origine, je ne pourrais dire si l'ensemble est d'une grande fidélité au roman.
Un film événement de HBO relativement raté malgré son casting prestigieux. Sans complexité et avec un rythme défaillant, on tient un DTV propre mais sans âme.
Lorsque HBO s'attaque à un récit d'anthologie fondateur et ayant déjà fait l'objet d'un film par Truffaut, on ne peut qu'être àla fois curieux et craintif.
Alors pour commencer Ramin Bahrani (déjà derrière le très bon 99 Homes) a su moderniser le récit culte de Ray Bradbury (qui parait un peu désuet à l'heure du XXIe siècle) en l'adaptant à la technologie et société actuelle.
Ici il n'est plus question d'éradiquer seulement les livres, mais tout ce qui concerne des vestiges de notre civilisation, à savoir écrits, presse, films, musique, photographie, art et toute forme de propriété artistique et intellectuelle.
Le film commence de manière assez abrupte en terme de présentation d'univers (après un excellent générique d'ouverture), nous montrant un futur dystopique où les réseaux sociaux et la populace qui réagit en continu est le seul et unique divertissement,le tout agrémenté d'une interface à la Big Brother, présente dans chaque habitat ou lieu public.
Comme un Black Mirror, cette version joue habilement avec son postulat de base en l'implémentant à merveille dans cette version de Fahrenheit 451 saupoudré de 1984 de George Orwell.
Le trio d'acteurs principal est l'autre gros point fort du film, parvenant la plupart du temps à faire oublier la faiblesse de certaines séquences en terme d'impact ou de narration.
Michael B.Jordan campe un Guy Montag extrêmement convaincant ; Michael Shannon un John Beatty "bad guy" charismatique fidèle à lui-même; et enfin Sofia Boutella apporte de la sensibilité et de la sincérité à Clarisse.
Les joutes verbales entre Jordan et Shannon,ainsi que les (trop rares) scènes plus intimistes entre Jordan et Boutella sont donc très efficaces grâce à leurs interprètes et la direction d'acteurs.
Passons maintenant aux défauts, qui nuisent quand même à l'ensemble du film, notamment à cause d'une durée de 1h36 liée à des coupes importantes.
On notera en premier lieu des raccourcis et autres facilités scénaristiques qui impactent la progression parfois hachée du récit.
Le personnage ultra important de Mildred (qui devait être joué par Laura Harrier) a été purement coupé de la version finale : ce qu'on gagne donc en rythme,on le perd forcément en profondeur, portée émotionnelle et développement de Montag (et par extension de l'histoire globale
C'est d'autant plus dommage que lorsque le film se pose c'est là qu'il est le meilleur, en mettant à l'épreuve ces personnages à travers leurs propres questionnements internes et remises en question (même Beatty a été écrit de manière plus ambiguë que dans le récit de base, en mettant l'accent sur la fascination et l'influence des écrits, même pour des personnages ne flanchant jamais dans cette ligne de conduite vouée à l'eugénisme pour un monde "uni, heureux et en paix"
En conclusion, ce Fahrenheit 451 se révèle une chouette surprise malgré des coupes et raccourcis grossiers qui nuisent à la puissance évocatrice et la structure narrative d'un récit culte, mais le tout se révèle quand mêmepertinent pertinent, dôté d'un solide casting, d'une OST convaincante et de quelques séquences emplies de tension.
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3,0
Publiée le 21 mai 2018
Ramin Bahrani remet au gout du jour l'histoire de Ray Bradbury qui avait déjà été adaptée au cinéma par François Truffaut en 1966. Le réalisateur nous emmène dans un monde dystopique où les livres jugés néfastes ont été bannis. Sans écrits, il est plus facile de raconter l'histoire que l'on veut sans craindre d'être contredit par des preuves manuscrites ce qui permet ainsi d'éduquer les futures générations comme on le souhaite et avoir la main mise sur le monde. C'est comme ça que les gens à la tête de cette société voient les choses. Ceux qui sont chargés de cette mission sont les pompiers qui font plutôt office de policiers. Cette adaptation est assez éloignée de l'original et elle est légère pour ne pas dire superficielle. Ramin Bahrani se concentre sur la mission des pompiers et sur le changement de Montag et ne nous donne qu'un aperçu de ce monde pourtant fascinant. L'histoire manque également de vécu, on est plongé dans cette société étonnante et au fur et à mesure qu'on la découvre même si c'est qu'en surface, les questions sont nombreuses et l'on se questionne sur le pourquoi de tout ça, car à part cette raison toute bête qui est donnée, le sujet n'est jamais développé. Après, l'histoire est modernisée et a un impact plus fort par rapport à notre société avec des faits qui font penser à ce qui se passe actuellement aux USA notamment au niveau des inégalités ou de la violence des autorités. Du moins, c'est une lecture que l'on peut faire si on veut se persuader que ce changement au niveau de l'intrigue est volontaire. Au-delà du background intéressant, il y a quand même une intrigue qui se laisse suivre sans problème, mais qui est très prévisible. Je ne vais pas trop en dire, mais genre pour ce qui concerne Beatty et Montag, on ne peut pas dire que ce soit très subtil. Le film n'est pas parfait, il y a surement un manque de moyen même si cela ne saute pas aux yeux et le format n'est pas forcément le bon puisqu'il n'y a pas le temps de tout développer, mais malgré tout, ce "Fahrenheit 451" est un divertissement sympathique en grande partie grâce à la bonne performance de Michael Shannon et Michael B. Jordan.
« Fahrenheit 451 » est un roman de science-fiction dystopique de Ray Bradbury publié en 1953 et adapté au cinéma par François Truffaut en 1966. En 2018, le Festival de Cannes nous offre une nouvelle adaptation signée Ramin Bahrani avec Michael B. Jordan, Michael Shannon et Sofia Boutella. Le film décrit un monde où la lecture est prohibée et les livres brûlés par les pompiers au profit d’un immense réseau virtuel, successeur d’Internet. Montag est un pompier qui va tomber sur un ouvrage, le lire et donc devenir un hors la loi. Distribué par HBO pour la télévision, nous ne nous attendions pas à un univers aussi complexe que celui établit par le réalisateur de la nouvelle vague. Nous portions plutôt nos espérances sur le divertissement et les effets visuels. Le résultat est plus que décevant. Ce « Fahrenheit 451 » 2.0 manque cruellement de profondeur et les protagonistes ne font suivre un schéma trop linéaire. La population n’est qu’une masse de mort vivant qui suit les pompiers sur l’Internet et les quelques héros sont écrits avec une pauvreté navrante. La photographie n’éblouie pas les yeux que ce soit au niveau des décors ou des fameux incendies. Néanmoins, le film d’action reste vivant et s’accommodera très bien à une lecture en streaming sur l’ordinateur. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Inintéressant. Pas démonstratif à notre époque, ce remake a au moins le respect de l'œuvre cinématographique originale, sans en mettre à tout va, le débat n'y est plus. Si Equilibrium reprenait les fondements sans rien de moins entacher, ici il n'y a même pas de plaisir.
Adapté du célèbre livre de Ray Bradbury, ce film de Ford Coppola est sans conteste un des films de science fiction les plus avant gardiste du siècle. Mené par une mise en scène brillante et portant avec excellence la critique déjà présente dans le livre, cette adaptation s'avère tout simplement fabuleuse.