La série "." de Gérard de Villiers a fait le bonheur de millions de lecteurs de ces romans de gare d'espionnage. Etonnement, il y en eut très peu d'adaptations, seulement 2 à ma connaissance. Dont ce "Eye of the Widow", sorti en 1991, alors qu'il existait environ 100 romans .... et 100 autres seront rédigés, jusqu'en 2013 !
Une étrange coproduction entre la France, les Pays-Bas, et le Curaçao (?), tournée en anglais. Dans laquelle on retrouve quelques têtes (très) connues, telles que Mel Ferrer, Patrick Macnee, ou F. Murray Abraham. Et en tête d'affiche, Richard Young. Dont le nom ne vous dira sans doute rien, son rôle le plus marquant au cinéma est l'homme à la Fedora dans la scène d'introduction de "Indiana Jones and the Lost Crusade".
Je dois avouer que je ne suis pas tout à fait neutre en abordant ce film. J'ai souvenir de l'avoir vu un soir à la TV quand j'étais enfant. Je me rappelle distinctement du carnage initial du château, d'une femme borgne, de Paul L. Smith qui plonge dans une piscine avec deux flingues, et d'une sous-intrigue autour d'un tableau de Raffaello. Pas moyen de me souvenir de quoi ça parlait, ni du visage du héros.
Et bien en le revoyant des décennies plus tard, ça ne m'étonne pas !
"Eye of the Widow" affiche quelques moyens. Avec des paysages variés et ensoleillés, des poursuites, des scènes d'action correctement troussées. Néanmoins son scénario est épouvantable. Se trame une sombre histoire de détournement de fonds et d'ogives bactériologiques, qui ne sera jamais rigoureusement traitée. Tout demeure laborieux.
Avec en prime des ellipses de plusieurs mois qui cassent complètement le rythme du récit. Ou un final vite torché que je ne m'explique pas. J'ai cru qu'il s'agissait d'une amorce, mais non non, le sort de 2 personnages principaux est vraiment expédié !
Et que dire du fameux ., alias Malko Linge ? Je n'ai pas vraiment compris à quoi il servait. Ses supérieurs ont toujours davantage d'information que lui, il ne leur apporte rien. La plupart du temps ce sont ses sbires (son majordome et 2 gorilles de la CIA) qui font le sale boulot. Tout juste fait-il quelques cabrioles ! Richard Young n'a par ailleurs pas du tout les épaules pour un tel rôle d'agent secret, n'apparaissant ni charmeur, ni dangereux, ni espiègle. Il est surtout fade.
Peut-être est-ce un problème de direction d'acteur, Andrew V. McLaglen n'ayant pas vraiment brillé sur sa fin de carrière (il s'agit de son dernier long-métrage).
En somme, un sous-James Bond qui mérite tout à fait d'être tombé dans l'obscurité.