Je ne vois pas pourquoi on apprécie autant ce film fantastique à centaines de millions de dollars. NUL NUL NUL je me suis dit en subissant ce machin. J'ai trouvé AVENGERS très creux, longuet, ennuyeux (voire soporifique) en son cœur, absolument invraisemblable (même si on se laisse prendre au jeu) et finalement très peu novateur, avec des situations et des décors clichés, des recettes scénaristiques éculées et des destructions comme on en a déjà vu pas mal (avec au passage des infos bidon pour faire la promotion des FX). Il n'offre ni intérêt particulier ni originalité: rien à voir avec le superbe HELLBOY, pour donner un contre-exemple. De plus, cette enième histoire fourre-tout délivre un discours pro-fric hyper bourgeois et patriarcal (dosé à la testostérone), emballé dans un côté sympa à travers Iron Man/Tony Stark et sa tour phallique. On nous rabat le discours de «l'union fait la force» alors que le combat des super-héros contre les «forces obscures» s'avère particulièrement poussif et ridicule. C'est tellement manichéen que Loki (Tom Hiddelston toujours, passable) en deviendrait presque sympathique. Seul le personnage de Black Widow, incarné par une Scarlett Johansson top, a retenu mon attention; dommage que sa confrontation avec Hulk soit aussi mince, trop vite expédiée. L'énorme machine volante aurait pu avoir plus d'allure; tout est gris souris, bien triste, et ça ne finit même pas dans une méga explosion. Discours capitaliste oblige, la menace plane évidemment sur New-York (en fait Manhattan), comme si c'était le centre absolu du monde, avec l'idée contestataires = satan = teroristes = grosses merdes. Parce qu'il s'agit de ça, de colmater la merde qui sort du trou, histoire de plaire aux spectateurs de cinq ans d'âge mental. Un anus géant s'ouvre au-dessus de la ville hérissée de tours et il va chier de grosses étrons volants (sortes de dragons chinois, stupides et sans feu), et plein d'autres petites saletés ultra dangereuses, et il faut à tout prix le refermer, ce trou, parce que c'est pas bien de déverser comme ça. Ground Zéro est rebâti, alors serrez les fesses et fermez vos gueules, vous verrez qu'Al-Caca, on l'aura (lol). Bref, pour représenter la menace, on utilise l'image de l'anus et on lui applique le traitement manichéen habituel, dans un discours binaire de fermeture des frontières à vocation paranoïaque. Iron Man finit en spermatozoïde-vengeur, super... Je conteste ceux qui disent qu'il faut mettre de côté son cerveau pour voir ce film: non seulement il vise à manipuler les pigeons qui n'ont pas l'esprit critique adéquat, mais de plus, sans cerveau, on devient légume (idéal pour alimenter la soupe, en l'occurence). Le discours est à l'évidence patriotique. Sur 2h20 (trop long!), AVENGERS version 3D assure côté mal de crâne (à quand l'aspirine délivrée avec les lunettes?) et l'effet n'en vaut pas la chandelle. Quant à l'humour, y en a juste un peu dans la bouche d'Iron Man et il tombe à plat. Stan Lee, le gourou des Marvel, apparaît fugacement à la fin dans les news TV. D'un bout à l'autre, on baigne dans une vraie soupe formatée, même pas bien épaisse. De la poudre aux yeux terriblement barbante.