A l’aube de sa 3e phase, le « Marvel Cinematic Universe » revient avec son quatorzième film : DOCTOR STRANGE. Jusque-là, le studio avait surpris (Ant-Man / Les gardiens de la Galaxie) et prouvé qu’il pouvait mettre la barre très haut (Captain Amercia : Civil war). Alors qu’en est-il de cette nouvelle origin story ?
C’est sans étonnement que nous avons la trame habituelle du film de super héros, avec l’élément perturbateur visible à 6km, le parcours initiatique classique et le combat final destructeur. Steven Strange n’est qu’une pâle copie de Tony Stark. Les dialogues sont au service des spectateurs les plus idiots. Les maladresses scénaristiques sont là pour créer des raccourcis. L’humour toujours aussi potache.
MAIS.
Nous pouvons constater qu’il aurait été plus dur de faire compliqué. En effet, la trame est basique, mais d’un autre côté l’univers du film est relativement complexe à mettre en place. C’est un univers riche et original qui impose une autre vision artistique que ce que le studio nous avait proposé jusque-là. Sans oublier que le tout doit être rendu cohérent et surtout connecté à ce « multivers ». A ce niveau, le film va jusqu’au bout de son pari et offre même une valeur philosophique qui n’a jamais été vu chez Marvel jusque-là. Le rapport à la médecine souvent évoqué est là aussi un sous propos tout à fait pertinent. En incluant du fantastique/SF défiant les lois de la logique et de la science, le film propose pas mal de réflexions argumentées sur la place de la médecine et ses limites mais aussi la question sur le contrôle du temps.
Steven Strange est peut-être une pâle copie de Tony Stark (d’ailleurs son évolution semble aller dans le même sens), mais il faut une nouvelle fois saluer le choix de casting, qui porte ses fruits. Les acteurs correspondent parfaitement à leur rôle, en particulier Katherine Matilda Swinton dans le rôle de l’ancien. Chacun d’eux attise l’empathie et cela crée un équilibre avec les méchants qui sont au top du cliché.
“Doctor Strange” est visuellement le film le plus magnifique et époustouflant de Marvel, et est celui qui a les meilleurs effets spéciaux. Et il s'agit sans doute du point fort du film, proposant des séquences purement légendaires. Les effets spéciaux sont juste renversants (sans mauvais jeux de mots) !
La mise en scène est particulièrement audacieuse. Accompagnée d’un souci du décor (pas QUE de la destruction, du remodelage à la Inception aussi), elle propose d’incroyables combats, tantôt magique, tantôt au corps à corps, parfois violents, parfois drôles. Le climat final qui parvient à se différencier quelque peu des autres productions du genre en passant par des séquences d'action d'une grande ingéniosité et magnifiquement chorégraphiées. Il permet aussi de souligner les dégâts provoqués dans la ville et les morts « inévitables ». Un mélange action-drame remarquablement fusionné. Par ailleurs, ce procédé de mise en scène, met en avant de façon originale et pertinente l’évolution du héros.
L’humour reste critiquable, mais celui-ci accompagne le film toujours aux bons moments et provoque la réaction attendue dans le public. Le studio Marvel a une certaine facilité pour tourner en dérision l’image qu’on a d’un personnage ou mettre ses héros en ridicule. Que ça ne déplaise au spectateur le plus sérieux, il y a aura toujours des blagues à faire sur les super héros et les situations rocambolesques dans lesquelles ils se retrouvent.
Au final, le constat est le suivant : l’univers est installé, la suite promet d’être meilleure. Reste à voir comment notre héros va être introduit chez les Avengers. Marvel ne réinvente pas le genre, certes, tout le monde sait à quel point il est difficile de faire un film relatant des origines qui parvienne à tenir en haleine le public (d’autant plus que le docteur Strange est un personnage bien connu des fans de comics, mais totalement inconnu du grand public !) mais le studio continue de faire des films avec une qualité bien supérieure à ceux de ses studios voisins. DOCTOR STRANGE reste un bon film de divertissement, qui prend des risques et est visuellement bluffant. A voir en Imax pour les désireux de se prendre une claque visuelle.