Avec "La Vie de bohème", ce qui est bien c'est que ce n'est pas difficile de trouver son gros point fort et son gros point faible. Alors le gros point fort, ce sont ses décors avec une reconstitution assez impressionnante du Paris du XIXème Siècle où le travail de Georges Wakhévitch n'a rien à envier à celui d'Alexandre Trauner pour "Les Enfants du Paradis". Et le gros point faible, c'est María Denis qui aurait mérité très largement le "Gérard de l'actrice qui essaye de faire chialer dans les chaumières mais qui te donne juste envie de lui enfoncer la tête dans un lavabo plein jusqu'à qu'en qu'elle ne respire plus tellement qu'elle joue faux et qu'elle t'agace" s'il avait existé à l'époque. Elle a le rôle principal et a donc toutes les clés en main pour saborder une oeuvre qui sans cela avait tout pour être intéressante même au niveau du reste de l'interprétation. Par exemple, Suzy Delair et Gisèle Pascal donnent beaucoup d'énergie et d'humour à chaque fois qu'elles apparaissent. Résultat, si on veut vivre la "Vie de bohème" il vaut mieux que ce soit sans Maria Denis.
Quatre artistes bohèmes ont sympathisé lors d'une soirée de beuverie. Ils incarnent au côté de leurs amies une bonne humeur, malgré les difficultés, et une forme de dérision, que leur inspire leur indigence. Cette insouciance n'est pas faite pour durer et on devine bien que la fantaisie de la première partie du film nous conduit droit au mélo. Et dans ce domaine, le dénouement, annoncé et lisible, ne se privera pas d'en faire beaucoup. Adapté du livre d'un écrivain qui a connu la bohème, le film de Marcel L'herbier n'en est pas pour autant réaliste et il additionne les poncifs sur l'artiste dédaigné et désargenté, sans entrer dans le détail. Seuls les incidents romanesques intéressent le cinéaste. Rien de surprenant relativement au cinéma des années 40 mais, par conséquent, privé d'authenticité, le sujet n'a plus guère d'intérêt. D'autant qu'il se greffe dessus, occupant le devant de la scène, les amours romantiques puis pathétiques, hors d'âge, de Louis Jourdan et Maria Denis. Tout à sa clinquante reconstitution d'époque, de la monarchie de Juillet à la Deuxième République, L'herbier filme des figures creuses, futiles dans la comédie, indifférentes dans le drame, faute de sensibilité.
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3,5
Publiée le 28 février 2012
"il faut être seul pour atteindre son idèal"...C'est en 1943 que Marcel L'herbier tourne ce beau film romantique aux studios de la Victorine à Nice! D'après, à la fois, les scènes de "La vie de bohème" d'Henri Murger et "La bohème" de Giacomo Puccini! Le fondateur de l’IDHEC a du se rèsoudre à quelques petits soucis dans ce mètrage! A commencer par la mort de Mimi (èmouvante Maria Denis) qui meurt à l'hôpital chez Murger, alors que chez Puccini c'est chez Rodolphe! Qu'importe! il faut tout de même signaler le remarquable travail du dècorateur Georges Wakhèvitch, arrivant à reconstruire autour du studio de Nice une bonne part du vieux Paris, le quai aux Fleurs! L'herbier a toujours eu ce petit regret à propos du montage qui prit tellement de temps que "La vie de bohème" ne sortit qu'au moment de la liberation en 1945 où les excellents Louis Jourdan, Maria Denis, Suzy Delair Louis Salou ou Alfred Adam ne chantent pas, mais la musique, au besoin arrangèe, sera utilisèe et l'argument sera suivi! Une oeuvre belle et soignèe qui gagne à être redècouverte aujourd'hui avec de la pluie et de la neige, rèaliste et romantique, comme ces mots doux (et douloureux) de Mimi envers son amour de toujours: "Rodolphe, notre jeunesse est morte"...
Un bon L'Herbier. Belle reconstitution d'époque (Paris reconstituée aux studios de la Victorine est une réussite, costumes). Maîtrise de la réalisation et du montage. Mais pas un chef d'oeuvre: l'histoire d'amour entre Rodolphe et Mimi est traité de façon superficielle et théâtrale (trop de romantisme tue le romantisme). Louis Jourdan était un beau latin lover charismatique (après ce film il fait carrière aux Etats-Unis) mais son jeu et celui de l'actrice italienne Maria Denis, dans les scènes d'amour, est outrancier. Le jeu du reste de "La Bohème" (Suzy Delair, Giselle Pascal et Alfred Adam) est sans faille, on regrette de ne pas les voir beaucoup plus. Mais celui qui crève l'écran, par son jeu sobre (pour une fois!) et très émouvant, c'est Louis Salou (Colline), serait-se lui, le vrai héros romantique du film ?
Le film a été tourné au studios de la Victorine à Nice d'après le livre "Scènes de la vie de Bohème" d'Henry Mugger et "La Bohème", l'Opéra de Puccini. Beaucoup d'insouciance, de légèreté, de rires et de danses pour un film réalisé en 1943 pendant la guerre. Des histoires d'amour, dont celle tragique de Mimi...Le film aborde le thème de l'homme pantin comme dans le film "Tchao Pantin" beaucoup plus tard....Lorsque Mimi dit au marionnettiste:"-Je sais comment marche vos poupées, avec des ficelles" et que le marionnettiste répond "-Comme vous". Mimi agonisante se remémorera cette scène...
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2,5
Publiée le 10 avril 2026
Quatre artistes mènent une vraie vie de bohème à se laisser vivre au quotidien sans penser à quoi sera fait demain. L'argent est important, car il faut bien manger et payer son loyer, mais ça ne l'emporte jamais sur leur insouciance. On les suit au rythme des saisons et de leurs différentes relations. Leur caractère frivole se ressent dans la réalisation de Marcel L'Herbier qui met en scène une ville dynamique où l'instant présent prend le pas sur le reste. La reconstitution est ambitieuse, ce qui donne des scènes visuellement très soignées, mais ça ne suffit pas à faire un film. Au bout d'un moment, on se questionne logiquement sur les enjeux. Il est timidement question du bonheur et des sacrifices pour l'atteindre pour soi-même, mais aussi pour l'être aimé dont il faut parfois s'éloigner pour lui permettre de réaliser ses rêves. Cet aspect n'aboutit pas à grand-chose ou alors à un épilogue larmoyant qui n'émeut pas. En somme, "La vie de bohème" est un film moyen de bout en bout, mais jamais désagréable à suivre.