La Ligne rouge
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ghyom
ghyom

110 abonnés 150 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 avril 2014
Ca fait un petit moment que je m'interroge. Comment écrire cette put*in de critique ? Quel angle utiliser ? Comment analyser, décrypter, expliquer la poésie de cette œuvre ? Oui comment ? A trop vouloir comprendre et expliquer la poésie on en perd le charme. A ne pas vouloir se laisser porter, sa nature nous fuit. Comment ne pas perdre la magie des mots, de leur chant, de leurs sonorités, de leur rythme ? Et celles des images, de leurs couleurs, de leurs tons et de leurs lumières ? Comment dévoiler le sens, la signification sans perdre le mystère ? Il est bien là le problème. A trop vouloir rationaliser ce film on en perd la saveur. Je vais tenter malgré tout de le faire (Je suis un dingue moi, mon gars ! Tu sais pas à qui t'as à faire ! ^^). Me limiter à l'essentiel et à quelques questions soulevées.

Ce film n'est pas un film de guerre. Certes vous aurez des scènes d'actions où les balles fusent, des blessés et des morts. Certes vous suivrez l'évolution de ces soldats à travers les herbes hautes et vous tremblerez avec eux. Mais ce film est avant tout un poème philosophique magnifiquement réalisé. L'immersivité de la caméra dans les scènes d'action (et ce sans ShakyCam, comme quoi avec le talent tout est possible) n'a d'égal que la beauté des plans contemplatifs de la nature. Un film à part, que vous ne verrez nulle part ailleurs, dans lequel Malick oppose et parallélise sans cesse cette guerre et la nature dans laquelle elle se déroule. Un film choral où les voix-offs, accès aux pensées intimes des personnages, se multiplient et se mêlent dans une polyphonie complexe et envoutante. Ce film nous raconte tout autant l'impact de l'Homme et de cette guerre sur la Nature que l'indifférence de cette dernière face à la guerre que se livre les hommes. Ce n'est pas un fondamentalement un film anti-guerre. La guerre fait somme toute partie intégrante de la Nature, elle même en conflit constant "Quelle est cette guerre au cœur de la nature ? Pourquoi elle rivalise avec elle-même ? Pourquoi la terre affronte-t-elle la mer ? La nature renfermerait-elle une force vengeresse ? Non pas une mais deux ?". La guerre des hommes est-elle si différente ? L'homme s'est-il finalement sorti de l'Etat de nature cher à Rousseau ? Et cet Etat de nature est-il forcément "bon" ?

Le seul problème de ce type d’œuvre c'est qu'elle peut parfois s'avérer trop complexe ou indigeste. Et j'avoue que Malick abuse parfois trop à mon goût de ces voix-offs. J'ai eu du mal à comprendre pourquoi celles-ci me dérangeaient. Habituellement les voix-offs est un outil que j'ai plutôt tendance à apprécier. C'est alors que je me suis rendu compte de deux choses. La première c'est que souvent la voix-off est un outil descriptif, la voix du narrateur pour introduire les éléments de l'histoire et non la manifestation de ses pensées. Et la 2è, c'est que lorsqu'elle est manifestation de ses pensées ce n'est souvent que ponctuel dans le récit. Or ici Malick ne l'utilise que sous cette forme. Il est difficile de donner une voix à nos pensées. Une pensée ne fait pas forcément intervenir le langage mais plutôt des concepts, des "images mentales" et elle s'égare parfois ou s'éclate dans une multitude de direction. Choisir le moindre mot de ces voix-offs pour coller au plus près de l'idée est une rationalisation, une mise en forme qui ne se fait qu'à la verbalisation ou à la rédaction. Il y a donc un côté surnaturel de ces voix-offs, mais tout à fait compréhensible compte tenu de leur rôle, souligné d'autant plus par leur forte présence. Il faudrait presque mettre le film sur pause à la fin de chaque monologue intérieur pour prendre le temps de bien intégrer les concepts dans leurs moindres détails. Un film n'est pas un livre. Je n'aime pas faire pause au milieu (et au cinéma je n'aurais de toutes façons pas le choix) comme je pourrais poser un livre, réfléchir et reprendre ma lecture. Peut être que plus de naturel, moins d'emphase dans ces questionnements et réflexions aurait permis à ce film d'atteindre une dimension encore supérieure.

En conclusion : Malick mélange ici les genres avec une maestria grandiose et malgré ce petit "défaut" des voix-offs nous offre une expérience rare. C'est pour ça que nous aimons l'art et le cinéma. C'est pour vivre ce genre d'expérience, alors ne boudons pas notre plaisir, nous avons à faire ici à un très grand film, peut être même à un chef-d’œuvre.
vivien-b
vivien-b

65 abonnés 206 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 avril 2014
Si La Ligne Rouge ne m'a pas non plus bouleversé, il reste un film différent, sensoriel, mystique, métaphysique et au final assez émouvant sur la 2nde guerre mondiale. La mise en scène de Malick est sensible, proche de la nature, contemplative, un peu trop philosophique pour son bien quelques fois, mais sait aussi être dure, violente et éprouvante. Ajoutez à cela un casting très gros et impressionnant et c'est un quasi chef d'œuvre, dont le seul défaut est qu'il n'a pas su m'atteindre entièrement dans toute sa grâce. J'aime les enfants.
Grouchy
Grouchy

140 abonnés 1 033 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 avril 2014
Le film de guerre transformé en sublime méditation sur la condition de l'homme. C'est ainsi la prouesse qu'a accompli Malick, en détournant complètement le genre et inversant ses codes, aussi bien scénaristiquement que dans les normes commerciales ; le film contient très peu de dialogues mais beaucoup de monologues des personnages suppliant Dieu de donner une réponse de sa part quant à la misère qui ronge le monde et entre les hommes. Cette fascination pour l'univers céleste se remarque par les plans en contre-plongée des cimes des arbres, des oiseaux sauvages, symboles de liberté ( les perroquets ) et de malheur ( les vautours ), puis par l'usage de fumée dans les forêts qui semblent montrer la présence d'une puissance divine dans la nature. La manière de Malick de filmer l'homme est reprise du documentaire, où celui-ci côtoie l'animal de la jungle par un formidable montage. Et surtout pas d'exagération de la violence : l'ennemi est très peu montré à l'image, les scènes d'action sont efficaces mais ne sont qu'un complément de toutes les réflexions internes des personnages. Sans ajouter la présence quasi minuscule de Clooney comparée aux acteurs principaux, peu connus du grand public : cette piroutte virtuose permet d'établir un parallèle entre soldats anonymes et généraux importants, sur leurs rapports très tendus. Malick a réalisé un magnifique et cruel poème sur la guerre et la relation de l'homme avec la nature, sérennité présentée par les nombreux animaux, les chants des indigènes et le paysage dans toute sa splendeur, ainsi que la musique de Zimmer qui ne résume pas à une cacophonie bruyante mais à une mélancolie correspondante à la philosophie déchirante du film.
Sid Nitrik
Sid Nitrik

74 abonnés 416 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 avril 2014
LE chef d'oeuvre de Terrence Malick, « The thin red line » est un film de guerre magistral comme on en voit hélas peu. D'une beauté visuelle impressionnante venant intelligemment contraster avec les horreurs du combat, intégrant une dimension poétique et philosophique, pourvu d'un casting exceptionnel (bon par contre Clooney c'est presque de la figuration), rythmé par une musique magnifique, 2h50 d'immersion dans la mythique bataille de Guadalcanal sans le moindre relent patriotique. Malick se concentre sur l'Homme, sur les Hommes, acteurs de ces boucheries sanguinolentes au milieu d'un endroit qui s'apparente au paradis sur Terre. Profondément humaniste dans l'âme, le réalisateur n'hésite pas à filmer également la détresse de l'ennemi, qui est avant tout un être humain lui aussi, et propose certaines scènes bouleversantes sur les militaires japonnais défaits. La narration, pleine de poésie et de sérénité, guide le spectateur dans ce voyage contemplatif et glacial, à la limite de l'hypnose. La mise en scène est magistrale. Du très très grand cinéma.
MC4815162342

450 abonnés 1 489 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 juin 2014
Après deux premiers films qui ne m'ont pas tellement emballé, pour son troisième Terrence Malick nous offre un cruel contraste entre la beauté de la nature et l'horreur de la guerre.
Ça va être dur de faire une critique complète pour moi, je vais surement me cantonner aux traditionnels compliments: Malick nous livre une mise en scène si riche pour une histoire si profonde, il joue sur le contraste parfait entre la plus belle chose du monde, à savoir la nature, les arbres, les oiseaux, la VIE en gros et de l'autre coté nous montre la débilité, l'horreur et la connerie qu'est la guerre, c'est tellement juste, il nous offre par exemples 20/30 minutes d'assaut très violent où ça gueule, ça crie, ça tire et soudainement op un plan sur un arbre, un oiseau en train de sortir de sa coquille, un nuage ou simplement le ciel, pour nous montrer la connerie humaine à coté de cette chose renversante et époustouflante qu'est la nature.
Une construction intelligente pour un fabuleux film qui ne sombrera jamais dans la facilité et dans le happy end, Terrence comme à son habitude nous proposera des décors somptueux, rien d’étonnant donc de ce coté, une réalisation extrêmement soigné et une mise en scène d’orfèvre, rien d'étonnant non plus, Hans Zimmer quant à lui nous sort une BO parfaite, le scénario est lui aussi... bah parfait quoi et le casting est juste... juste faramineux y'a pas d'autre mot, je prendrais facilement dix lignes de plus à citer tous les noms mais ce serait trop long, beaucoup trop long.

Voilà je ne sais que dire de plus, que du compliment je vous l'avez dit, en même temps ce film n'a aucun point négatif donc bon normal de balancer du compliment à tout va, bref, Malick nous offre un de ses plus grands films et un des plus grands films de guerres qui existent.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 mars 2014
Un des plus beau film des 20 dernières années. Chef d'oeuvre !
Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2014
Terrence Malick revient dans le monde du cinéma après 20 ans d’absence, pour nous livrer un film de guerre fort et poignant "La Ligne Rouge". C'est un film plus cérébral que beaucoup de ce genre (et notamment "Il Faut Sauver Soldat Ryan" de Spielberg, sorti peu de temps avant). La vrai force du film de Malick, c'est d'aborder la guerre et sa folie de manière poignante et surtout de ne pas s’arrêter à un simple conflit entre les USA et le Japon, mais de nous montrer l'horreur de la guerre vis à vis de la nature. Il n'est pas là pour flatter les égos des uns ou des autres, mais il dépeint l'humanité, ses choix, sa nature ou encore sa conscience. Bien évidemment, on ne s'ennuie pas une seconde, tout le long c'est captivant et même fascinant. La photographie est superbe, tout comme le cadre et les paysages. Les interprétations sont dans l'ensemble toutes très bonne. Un grand film de guerre, qui nous plonge directement dans l'horreur et notamment psychologique.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 février 2014
Acteurs, scénarios et images d'exception. Un aperçu global de la cruauté humaine, et du courage. Un voyage au fin fond d'un monde d'ores et déjà honteusement ébranlé.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 27 février 2014
Décidément, Malick a sa vision bien particulière du récit. Il faut aimer...
Le film est ponctué par une voix-over qui m'a laissé un peu indifférente, et tous les plans sur la nature en parallèle aux scènes de guerre m'ont presque endormi. C'est long.
Malick aime jouer sur les voix des personnages, on ne sait plus qui parle, à quel moment, avec qui etc. Il brouille les pistes.
Malick est philosophe, il y a toute cette dimension spirituelle, naïve aussi, mais transcendante qui est intéressante mais il faut se l'approprier je pense ce film. Ce n'est pas toujours facile.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 février 2014
C'est avec une infinie beauté que Monsieur Terrence Malick nous parle de la vie, de la mort, de l'amour, de la guerre et de la nature. Véritable chef-d'oeuvre, La Ligne Rouge ne nous montre ni gentils ni méchant, juste des Hommes, perdus dans la peur et la destruction, et nous offre une très puissante réflexion sur... Et bien sur à peu près tout. D'une incroyable force, presque magnétique, jamais le film ne moralise, mais toujours interroge,et émeut. Chapeau bas, car ça, c'est du cinéma.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 18 février 2014
Très beau paradoxe que ce film de guerre poétique
Somptueux casting !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 22 décembre 2013
Je viens de le voir en Dvd à l'instant,c'est un tres bon film.
Marceau G.
Marceau G.

424 abonnés 365 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 avril 2014
Tout le monde sait que chez Mallick, réalisateur très rare et précieux, chaque image à une signification précise...La ligne rouge en est le plus bel exemple: tous les plans; de batailles, de réflexion, les flash-back
et surtout les images sublimes des îles Mélanésienne veulent dirent quelque chose. Le film utilise très bien les voix-off des soldats et porte un discours philosophique intelligent. Les scènes d'actions sont magistrales et très rudes et violentes. Moins direct que "il faut sauver le soldat Ryan"; "la ligne rouge" n'en est pas moins réussi... Même si le film possède quelques longueurs, il aborde très bien le conflit Pacifique entre les Japonais et les Amércains. Le film n'est pas un simple film de guerre, il parle également de la relation qu'a l'homme avec la nature, les conflits stupide qui séparent les hommes et la dégradation de la nature a cause de l'épanouissement humain et de son pseudo-développement!!! Un très bon film de guerre, réaliste, philosophique, et intelligent. À voir absolument!
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 4 décembre 2013
L'un de mes film de guerre préféré avec "Full Metal Jackett" et "Il faut sauver le soldat Ryan". Une oeuvre intense, poignante, réaliste, marquante, et spectaculaire, recompensé par 8 nominations en 1998 dont celle du meilleur film.
poneyexpress10
poneyexpress10

2 abonnés 50 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 décembre 2013
Le film donne le sentiment d’un fleuve immense qui s’écoule. C’est un film de guerre, avec des combats admirablement reproduits, des rapports humains complexes, l’action n’est pas diluée dans la réflexion philosophique qu’expose la parole intérieure de plusieurs soldats, que sonde le réalisateur. Bien que la guerre soit là, et montré dans toute sa sauvagerie, la focalisation du récit, dépasse le choc frontal de la violence entre les hommes. La nature semble éternelle, ou plutôt elle a un goût d’éternité, et plus que la nature, le discours philosophique qu’on fait sur elle : l’homme à l’état de nature, l’innocence, deux forces opposées : vie et mort, force de vie et force de mort, l’une et l’autre s’emmêlant comme l’image de ce grand arbre étouffé par les racines d’un végétal parasite, une fois encore dans un film de Malick, comme dans « les moissons du ciel » ou « badlands » une voix intérieure porte le récit en voix off, et cela donne une intériorité au récit, comme si on plongeait dans le cœur des âmes des protagonistes. Une fois encore l’âme est mise à nu. Et faire parler ainsi le secret des âmes, nous fait ressentir la dualité entre la réalité et ce qu’on porte en soi. Malick est diplômé de philosophie, et tous ces films en portent le poids.
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