Terrence Malick est un réalisateur hors du commun. Ses réalisations sont peu nombreuses mais dotées d’une profondeur infinie. La Ligne Rouge est un chef d’œuvre, et peut être le plus beau film de guerre jamais crée.
Lors de la Seconde Guerre Mondiale, une bataille oppossa les Américains aux Japonais dans le Pacifique pour le gain d’une île stratégiquement importante. Cette bataille fut appelée : la bataille de Guadalcanal.
A travers la Ligne Rouge, Terrence Malick nous offre une œuvre philosophique sur les réelles conséquences d’une guerre.
La guerre touche les hommes à différents niveaux, eux qui ont des sensibilités différentes. Le film s’ouvre, sur le soldat Witt (Jim Caviezel). L’acteur joue magnifiquement un soldat qui ne comprend pas cette guerre et qui a choisit de déserter plutôt que de participer à ces atrocités. Lors de sa désertion, il ouvrit les yeux sur de nombreuses choses et sur ses propres valeurs. « C’est quoi cette guerre au sein même de la nature ? Pourquoi la nature lutte contre elle-même ? Pourquoi la terre rivalise avec la mer ? Est ce que la nature peut porter en elle la vengeance ? Etre non pas une force, mais deux ? ». La guerre change tout, remet tout en cause. Lors de l’ouverture, les étrangers que rencontre le Soldat Witt sont heureux, apaisées, remplis de bontés. « Ils ne se battent pas ». « J’ai vu un autre monde », résume son sentiment après l’obligation de rejoindre la guerre. Sur l’ile, après de nombreuses batailles, la population locale apparait comme triste, ravagée par une guerre qui ne les concerne pas et qu’ils subissent. Comme si tout espoir avait disparu…
Les plans sont magnifiques, d’une subtilité et peut être d’une naïveté très touchante. A la même façon, que le « Nouveau Monde », on est très rapidement épris par la beauté de la nature et de la manière de filmer de Mallick. Les mélodies de Hans Zimmer sont toutes aussi belles. Et l’ouverture sur le camp mélanésien avec le soldat Witt avec comme fond « Jisas Yu Holem Hand Blom Mi » est une des plus belles scènes de cinéma comme on comprend son importance dans ce film.
Tous les personnages sont touchants, Sean Penn incarne le sergent Edward Welsh, un sergent dur, strict mais très protecteur envers ses sommes et surtout le soldat Witt, peut –être le « meilleur ami qu’il n’a jamais eu ». Tous les oppose mais finalement on remarque une certaine compassion de la part du sergent pessimiste envers ce soldat naïf. Peut-être voudrait t’il comme lui voir cet autre monde ?
Se joignent à ce casting impressionnant, les acteurs Adrien Brody, John Travolta, Ben Chaplin, ou encore Geogre Clooney. Tous ont une vision différente de cette guerre, mais le même espoir porté par le soldat Witt et cette « étincelle ».
Mallick livre un chef d’œuvre sur les conséquences de la guerre sur les relations entre les hommes mais aussi sur la nature ? Comment réagir ? Comment s’en sortir et garder un espoir quelconque ? Quel est le véritable but de s’entretuer ?
L’attaque des américains sur un campement japonais est magnifique et poignante, avec toujours la voix off du soldat Witt.
« Ce grand mal. D’ou est ce qu’il est venu ? Comment est ce qu’il s’est faufilé dans le monde ? Quelle graine, quelle racine l’a fait pousser ? Qui fait ça ? Qui nous tue ? Qui nous arrache la vie et la lumière ? Et nous montre, pour nous narguer, ce qu’on aurait pu connaître ? Est ce que notre ruine profite à la Terre ? Est ce qu’elle aide l’herbe à pousser, le soleil à briller ? Est ce que cette noirceur est en toi, aussi ? As tu toi aussi traversé cette nuit ? »
Les dialogues dans un film de Mallick sont parfois rares mais toujours pleins de sens. Il est difficile de résumer un tel chef d’œuvre. Un film qui vous touche et vous porte autant. Au delà de la superficialité de certaines films qui nous montrent des scènes de guerre pour grand public, le réalisateur ici se penche sur la réelle question de la guerre, son essence même. La guerre est-elle propre à la nature ?