On n'imaginait plus un film utiliser jusqu'à la corde les clichés les plus usés, tant la production industrielle est calibrée pour ne jamais manquer sa cible. Le métro xxx réussit sans conteste à prouver qu'il est encore possible de cumuler toutes les tares: invraisemblance totale du scénario, invraisemblance tout autant stupéfiante des réactions des personnages, contradiction de ceux-ci... même l'action dormante manque le coche, il ne s'y passe rien. Cinématographiquement, le film n'est qu'une série télévisée policière américaine, adaptée au grand écran: caméra sacadée, effets de lumière et musique rock ou rap, injures (très à la mode)... tout ce bric-à-brac frapperait entre les mains d'un réalisateur ayant quelque chose à dire, mais là c'est un coup fumant, des effets vus, revus, exploités pour faire beau et contrer les puissantes séries pan pan. Pour résumer, autant la forme que le fond sont inexistants. Personnellement, je ne demandais qu'un seul ingrédient, et on a beau chercher, rien ne sauve le film, ou même rien n'y est intéressant. D'habitude fort généreux et propoice à saluer la moindre qualité, j'avoue sans détour que cette recette filmique est vaporeuse, inefficace, inutile. Ne parlons pas du scabreux, du discours religieux redondant, et qui par cet aspect, revêt donc l'habit discret du prosélytisme. Rarement film aura été si hypocrite, si formaté pour plaire à un public basiquement con et rutilant.